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29/01/2009

Abrutissement généralisé

debris.jpgDébris

Dennis Kelly

traduit de l’anglais par  Philippe Le Moine et Pauline Sales

Editions théâtrales, Culturesfrance, collection Traits d'union, 2008

 

(par B. Longre)

 

« Pauvre maman. Elle n’avait pas compris que les gens dans le poste ne sont pas réels, ce n’est qu’un écran magique, les mots ne sont plus qu’une collection chaque jour plus abstraite de sons dans les airs. La réalité était bel et bien dans son ventre, la réalité grandissait là, c’était moi la réalité. Une enfant-plante suçant la mort par sa langue-pomme de terre – c’était ça la réalité. »

 

Texte saisissant, Débris traite de la déliquescence familiale, sociale et humaine et examine avec acuité la manière dont les rapports (de force ou d'amour) entre les générations évoluent, corrompus par l’incommunicabilité, elle-même engendrée par la télévision, omniprésente : un mal déréalisant qui provoque une perte des repères, du sens et pire encore. Il s’agit là d’un théâtre essentiellement allégorique, où l’horreur des situations exposées sert avant tout à mettre l’accent sur les dysfonctionnements qui agitent les rapports humains, en particulier la relation parent-enfant.

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26/12/2008

Songes d’une nuit d’été

peca.jpgThe sunshine play

Peca Stefan

Traduit du roumain par Fanny Chartres
Editions Théâtrales, 2008

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

Sur un toit brûlant de Bucarest, par une belle nuit de juillet, trois jeunes gens confrontent leurs désirs, leurs doutes, leurs colères, leurs déceptions, leurs espoirs… Il y a là Iza la Roumaine, Trifon le Bulgare et Dan le Roumain, de retour de Colombie après un mariage raté. L’amour et la séparation sont au cœur de leurs dialogues, qui se déroulent tantôt en roumain (et en traduction française pour la présente édition) tantôt en anglais (lorsque Roumains et Bulgare veulent s’entendre mutuellement…) : stéréotype de l’internationalisme linguistique ? En tout cas, on sent bien que ces trentenaires venus d’horizons différents ont des élans similaires, soutenus par les mêmes rêves d’autres choses et d’autres lieux.

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11/09/2008

Père et fils

dkeene.jpgL’apprenti
Daniel Keene
Editions Théâtrales jeunesse, 2008

 

(par Madeline Roth)

 

Julien aborde Pascal à la terrasse d’un café. L’homme est d’abord étonné de ce petit garçon qui semble le connaître. Julien habite en face, et il observe Pascal depuis longtemps. Aujourd’hui il l’aborde et il a une drôle d’idée en tête. Pour Julien, chacun devrait avoir la possibilité de choisir son père.
La pièce se déroule en treize scènes, sur une année. D’un mois d’avril à l’autre, la relation étrange qui se noue entre l’adulte et l’enfant bouge, se tord, et dans leurs discussions, Pascal et Julien questionnent le monde. L’apprenti est une pièce très courte qui convoque énormément de choses. Dans ses « Notes pour la mise en scène » (L’apprenti a notamment été joué lors du festival Off d’Avignon 2008), Daniel Keene précise qu’on « ne devra en aucun cas essayer de créer un environnement réaliste ». Il y a des choses universelles – la famille, le lien, l’amour – qui ne se donnent peut-être que dans le dénuement ou le vide autour. Devant l’amour de Julien, Pascal est forcé d’interroger ce qui le lie lui à son père. Non, on ne choisit pas sa famille, mais l’amour peut changer des choses, celles-là même qu’on croyait figées l’instant d’avant.

 

L'éditeur