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02/12/2008

Un hymne intime à l’échange

tubes.jpgTubes. La philosophie dans le juke-box

Peter Szendy

Les Editions de Minuit, 2008

 

(par Christophe Rubin)

 

Comment expliquer la persistance auditive de certains tubes, un peu comme certaines images lumineuses provoquent une persistance rétinienne ? Ces chansons qui, en dépit de leur « mélodie obsédante », semblent confiner à la plus extrême banalité peuvent-elles prétendre à la dignité d’un objet philosophique ?

L’écrivain Peter Handke avait écrit un Essai sur  le juke-box ; Peter Szendy en a d’ailleurs placé un extrait en exergue de son livre, avant d’explorer le phénomène des « tubes ». C’est Boris Vian qui aurait popularisé ce terme dans ce sens, notamment dans une chanson de 1957 qui portait ce titre et qui révélait « les accessoires pour faire un succès » : une rencontre banale racontée sur un air non moins banal : rien, donc, qui puisse nous empêcher de nous identifier...

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20/05/2008

Roman policier post-moderne ou critique littéraire expérimentale ?

pbayard3.jpgL’affaire du chien des Baskerville

Pierre Bayard

Éditions de Minuit, coll. « Paradoxe », 2008

 

(par Christophe Rubin)

  

Pierre Bayard est professeur de littérature et psychanalyste. Dans ses derniers livres, il tente d’approfondir notre compréhension du texte littéraire en partant de paradoxes apparemment peu sérieux, pour révéler des propriétés textuelles intéressantes, voire profondes. C’est ainsi que son précédent ouvrage, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus, a fait beaucoup parler de lui. Auparavant, il avait commencé un cycle d’enquêtes relevant d’une forme de «critique policière », avec Qui a tué Roger Ackroyd et Enquête sur Hamlet, cycle qu’il poursuit aujourd’hui avec L’affaire du Chien des Baskerville, incluant pour ses nouveaux lecteurs un rappel des principes et de la genèse de sa méthode – qui pose de nouveau à sa façon la question des Limites de l’interprétation ou au contraire de L’œuvre ouverte, comme dirait Umberto Eco, qui s’est d’ailleurs lui-même approché du genre policier dans certains de ses romans.

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19/01/2000

Le bonheur là où l’on peut

echenoz.gifJean Echenoz

Je m'en vais
(Editions de Minuit, 1999)
Prix Goncourt 1999

                            

(par Jean-Pierre Longre)

 

« Je m'en vais » sonne un peu comme le « Allons-y » des vagabonds de Beckett. D'emblée on décide de partir, mais pour où ? Et à la fin, le désir d'y aller est toujours présent, mais on reste là à attendre Godot ou l'on ne sait quoi, l'on ne sait qui. Non, on ne restera pas vraiment : le temps de prendre un verre, de quitter sa femme, d'en voir passer quelques autres, de courir à la recherche d'antiquités exotiques dans le Grand Nord, de se faire voler les dites antiquités par un usurpateur d'identité, de négocier avec des peintres à la mode et des collectionneurs snobs.

L'art, la virtuosité de Jean Echenoz, c'est d'évoquer les péripéties les plus diverses, en une narration qui prend tour à tour des allures de roman d'aventures (l'expédition sur la banquise), de roman policier (sur les traces des objets volés), de roman d'amour (la belle Hélène, une femme différente), de roman satirique (les excès du mercantilisme artistique), de roman existentiel (les errances sentimentales et les fragilités cardiaques du héros), et en même temps de montrer comme le temps passe, aussi vide que le métro un dimanche d'été, jusqu'à ce que tout recommence, dans une circularité digne des romans de Queneau (Queneau, que l'on retrouve au coin de certaines pages dans l'art du raccourci et de l'accélération, ou chez certains personnages dont la consistance ne s'épaissit qu'au fil des pages).

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