17.06.2008

« Un manifeste [poétique] poivré » : « il faut [bien] loger fureur meurtrière quelque part »

tdimanche3.jpgD’où que la parole théâtre

Thierry Dimanche

Éditions de L’Hexagone, Montréal, 2007

(par Christophe Rubin)

Le poète québécois Thierry Dimanche poursuit le cycle de ses Encycliques désaxées, avec ce troisième recueil composé de cinq chapitres – ou mouvements musicaux, puisque chacun se voit attribuer un tempo, comme une partition. Si le premier, intitulé « Sur les ruines les plus fraîches » s’annonce furioso, c’est aussi parce qu’il énonce un projet qui tranche avec toute mièvrerie parfois attribuée à la parole poétique : il s’agit de libérer les identités possibles d’une voix qui surgit avec fougue et cruauté, en faisant déraper la syntaxe et en revendiquant une brutalité prosodique et imaginative.

« D’où que théâtre parole
il faut loger fureur meurtrière quelque part
brûler / dicter l’horrible et qui lacère la voix
(…) que syllabes accélèrent destruction de l’atone
ou neutralisent apathie dans une illusion utile
(…)
j’assassine la page minée par d’autres à satiété de mollesse »

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