Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Musiques

  • Heureux qui comme Ulysse…

    sclavis.JPGLouis Sclavis
    Lost On The Way
    (ECM 179 849-7)

    (par Jacques Chesnel)

    On connaît depuis longtemps les penchants affirmés de notre Louis national, l'un des premiers pionniers du jazz dit européen, pour d'autres territoires musicaux (folklores, musiques ethniques, domaines contemporains), ses relations avec les mondes de Duke Ellington (On the Air) et Jean-Philippe Rameau (Les Violences), le cinéma (autour de Charles Vanel, Dans la Nuit), la danse, les arts plastiques (Ernest Pignon-Ernest, Napoli's Walls) et le langage (L'imparfait des langues).

    Douze plages/étapes pour ce périple musical inspiré d'Ulysse dans l'Odyssée écrite par Homère en 24 chants vers la fin du VIII° siècle avant J.C., poursuivant ainsi le travail inauguré avec le précédent quintet et, dixit Louis : inventer de nouvelles musiques dans lesquelles on s'engage pleinement au risque de se perdre… aller vers l'inconnu… me laisser tomber de Charybde en Scylla en essayant de maîtriser le vent et les vagues pour au retour pouvoir raconter le voyage.

    Lire la suite

  • Atmosphère envoûtante

    originalpimpant.jpgOriginal pimpant
    Émile Parisien Quartet

    (Laborie Jazz Lj 07 ; distribution Naïve)

     

    (par Jacques Chesnel)

      

    1/ La couverture de pochette : le titre pourrait être une sorte d'oxymoron auquel s'ajouterait le dessin d'une affreuse bestiole évoquant le porc-épic, petit rongeur qui possède les plus grands piquants ; au verso, les titres des cinq morceaux (compositions collectives sauf Le Bel à l'agonie d'après le prélude du troisième acte de l'opéra Tristan et Ysolde de Richard Wagner) ne rassurent pas non plus, lecture sépulcrale; d'où cette interrogation sur le "pimpant" (impression de fraîcheur et d'élégance) ; quant à "original" pas de doute à entretenir sur la musique quand on se souvient du premier CD du quartet Au revoir porc-épic (tiens !, déjà). Mais alors !

    Lire la suite

  • Un répertoire hétéroclite

    mirabassi.jpgGiovanni Mirabassi
    Out of Track

    (Discograph 6104035; distribution Discograph)

     

    (par Jacques Chesnel)

     

     

    C'est bien le choix du répertoire qui distingue particulièrement ce disque des autres enregistrements de trios de formules identiques. En effet, réunir dans une cinquantaine de minutes à la fois trois standards, un chant de résistance, des compositions de John Coltrane, Astor Piazolla, Ennio Morricone et sa propre écriture suffit à attirer l'attention. D'autant que le pianiste transalpin (né en 1970 à Perugia, accompagnateur de Chet Baker, au pied levé, à 17 ans, installé en France depuis plus de quinze années et où il aura étudié avec le maître Aldo Ciccolini) a su au fil du temps se faire connaître et reconnaître dans le monde du jazz par ses nombreux concerts et disques dont le superbe Cantapiano (chansons en solo absolu) produit par Philippe Ghielmetti en 2005.

    Lire la suite

  • Un noble souhait

    gael.jpgGaël Horellou : Pour la Terre

    DTC Records DFGCD 8656 ; distribution Harmonia Mundi 

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Autant l'avouer, pourquoi le cacher : je ne raffole pas et même n'adhère pas du tout aux précédentes productions du saxophoniste, le collectif MU, l'électrojazz, les expériences drum'n'bass, les groupes NHX ou Cosmic Connexion.

    Alors que beaucoup de musiciens semblent se tourner ou retourner vers des racines réelles ou fantasmées (effets de mode ou aire du temps ?) avec plus ou moins de bonheur, comme plus avec Pierrick Pedron (Omry), comme moins avec Tigran Hamasyan (Red Hail), Gaël Horellou renoue avec bonheur à un forme qui lui sied à merveille : un jazz post-moderne fortement teinté de be-bop (l'hommage à Jackie McLean, Melody for Melonae), le recours aux standards magnifiés (I remember you et I fall in love too easily), une fougue, une intensité, un investissement et une vigueur communicatives notamment avec Ari Hoenig, batteur renversant qu'il avait fréquenté lors de séjour à New York.

    Lire la suite

  • Un doux voyage avec Chet

    chet.jpgChet Baker / Enrico Pieranunzi

    Soft Journey
    (réédition, Pieranunzi series, Egea reoords)

     

    (par Jacques Chesnel) 

     

    Il y aurait donc eu des avanies (?) pour que ce disque ne soit réédité qu'au bout de trente années d'attente et c'est à l'occasion du vingtième anniversaire de la disparition de Chet que cet album paraît enfin.

    Le pianiste romain entre dans sa trente-et-unième année ; d'après la complète discographie sur www.chetbaker.net/, c'était sa première rencontre avec Chet ; ils se retrouveront en mars 1987 (C.B. with the Jazz Space trio) et en duo à la fin de l'année suivante trois mois avant la mort du trompettiste le 13 mai. Début également de la collaboration avec Riccardo Del Fra.

  • Chaperon rose

    9782844206893.jpgLe Chaperon rouge
    Illustrations de Nathalie Choux, adaptation d’Olivier Cohen, musique de Pierre Choley
    raconté par Roland Giraud

    Thierry Magnier, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Encore un Chaperon, proche au début de celui de Perrault, mais avec des variantes curieuses et peu convaincantes. Une fin qui donne le beau rôle au chaperon et qui dissout toute l’angoisse possible du conte. Les illustrations sont elles aussi un peu mièvres (esthétique Charlie Brown, la cruauté en moins) et la mise en son assez traditionnelle, avec quelques effets de dramatisation et de suspens bien calculés.

  • Du groove, encore du groove, toujours du groove

    ericl.jpgEric Legnini
    Trio   trippin'
    (B flat recordings, Discograph)

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Commencé avec Miss Soul (2005), poursuivi par Big Boogalo l'année dernière voici, ce Trippin' clôt cette trilogie dédiée à lart du trio façon Legnini.
    Répertoire rôdé alternant avec maestrio huit compositions personnelles et standards (quatre) plus (excusez du peu) Dizzy Gillespie (Con Alma), Stevie Wonder (The Secret Lif of Plants) et Ray Charles (Them That Got) ; le tout rempli ras bord de l'esprit du blues, du gospel, de la soul sans revivalisme et que résume parfaitement sa déclaration d'intention : " il faut assumer et se servir de tout ce passé pour construire l'actualité…" tout en se libérant des modèles afin de proposer quelque chose de bien à soi (Rock the Days au fender ou sa version de ce thème sublimissime A Sleepin' Bee, magnifiquement intériorisée en piano solo, moment de grande poésie comme l'est également le délicat Darn that Dream où Frank Agulhon m'a fait penser, ô compliment, au grand Vernell Fournier du trio Ahmad Jamal de sa plus grande époque (1958), le tout suivi d'un énergique Bullitt Mustang Fastback, composition du pianiste sur un train d'enfer, à fond la caisse).

    Lire la suite

  • L'Art Poétique

    temps.jpgJean-Philippe Viret, Edouard Ferlet, Fabrice Moreau
    Le temps qu'il faut 
    (MELISSE, MEL666004, Abeille Musique)

     

     (par Jacques Chesnel)

     

    Lu dans le communiqué de presse: « la beauté et le mystère de cet album pourrait être cachée dans les titres des quatre précédents albums du trio "Considérations", "Etant donnés", "L'Indicible", "Autrement dit"… » Et à chaque fois, l'importance des titres en relation très intime avec la composition, une rareté.

    Ce qui saute aux oreilles depuis le début de ce trio hors normes, c'est de constituer un VRAI groupe par la cohésion et l'empathie dans le(s) choix esthétique(s) sans céder au faire-valoir ou savoir-faire systématiques ; chaque disque est le prolongement naturel du précédent, une rareté également.

    Lire la suite

  • 2001, année Jarrett

    keithj.jpgKeith Jarrett, Gary Peacock, Jack DeJohnette
    Yesterdays 
    (ECM 2060)

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Voici donc LE Keith Jarrett de l'année… celui de l'année 2001; en effet, c'est le quatrième album à prendre place dans les enregistrements collectés lors de cette tournée mondiale cette année-là, entre Always Let me Go (avril) et My Foolish Heart /Montreux (22 juillet) et The Out-of-Towners (le 28) ; trois sur quatre sont consacrés exclusivement aux standards de Broadway (« on sait à quel point ces chansons sont gorgées de musicalité ; les musiciens de jazz ne sont pas condamnés à sans cesse briser portes et fenêtres en quête de nouveaux territoires: la musique peut très bien se trouver déjà dans la pièce », déclare K.J.) ou aux compositions phares du be-bop.

    Lire la suite

  • E C M : Nouvelle Collection

    ecm2.jpgTouchstones  40 Rééditions

    (par Jacques Chesnel)

     

    Le catalogue ECM a maintenant plus de mille références. Le créateur du label munichois, Manfred Eicher (au début avec la collaboration du regretté Tomas Stowsand), qui ne manque de bonnes idées, présente ces 40 premières "pierres de touche" en digisleeve (pochette cartonnée),  disques enregistrés entre 1971 et 1993, pour la plupart indisponibles sur le marché depuis une vingtaine d'années.  

    Bien évidemment, on n'a que l'embarras du choix dans cette occasion de compléter sa discothèque ou, pour certains, de remplacer les vinyles endommagés suite aux écoutes répétées ; on retrouve ici la qualité d'enregistrement : "le plus beau son après le silence", ainsi que le même soin de production et le concept esthétique, caractéristiques du label.

    Lire la suite

  • Plus qu’une musique métissée : une musique de l’altérité

    jazzoccident.jpgLe jazz et l’Occident. Culture afro-américaine et philosophie

    Christian Béthune

    Klincksieck, 2008 (collection d’esthétique)

     

    Entretien avec l’auteur

     

    (Par Christophe Rubin)

     

    Je commençais une thèse de linguistique sur les textes de rap, lorsqu’un ami m’a appelé pour me dire à peu près ceci : « J’étais à un salon du livre et il y avait une conférence d’un philosophe sur le rap… j’y suis allé par curiosité. Tu as sûrement dû t’inspirer de son bouquin car ce que tu m’as expliqué, c’est exactement ce qu’il a dit. Mais, sans vouloir te vexer, ça allait plus loin, c’était formidable. J’ai pensé à toi : j’ai été lui demandé son adresse à la fin, si tu veux lui écrire...»

     

    Non, je ne connaissais ni le philosophe, ni le livre en question : Le rap, une esthétique hors la loi (éditions Autrement, collection « Mutations », 1999, réédité en 2003 avec beaucoup d’enrichissements)… Mais je me suis dépêché de le lire, avec un certain scepticisme : j’avais lu quelques rares ouvrages instructifs sur la question, mais rien qui ait pu me permettre d’avancer vraiment. Plongé dans le détail de mes analyses stylistiques et rythmiques, j’observais des phénomènes qui dépassaient largement ce que je m’attendais à trouver : une organisation très élaborée mais dont la logique m’échappait et que j’étais incapable de mettre en relation avec ce que je ressentais à l’écoute de certains enregistrements. Je pouvais certes poursuivre mes analyses mais je m’impatientais de ne pouvoir établir de liens entre mes divers résultats : de donner du sens à mes observations… Je pouvais concevoir une interprétation très générale – psychologique ou anthropologique – à certains aspects rythmiques et vocaux mis en place par l’écriture de ces textes, mais je ne parvenais pas à cerner leur spécificité.

     

    Dès les premières pages de l’ouvrage de Christian Béthune, ce fut une série de surprises, qui me faisaient passer de la dénégation à l’enthousiasme de trouver enfin un sens humain aux phénomènes qui m’avaient été révélés en partie par l’analyse stylistique. J’avais l’habitude d’imaginer un lien lointain entre le rap et certaines pratiques culturelles d’Afrique de l’ouest, de la Jamaïque voire le gospel ; mais, au delà de la pure actualité afro-américaine de ce mouvement, je n’avais jamais vraiment songé à y voir un lien très fort avec le blues ou le jazz. Or c’était bien une conscience ontologique particulière née de l’esclavage que Béthune décrivait de façon cohérente et très documentée dans les divers aspects vocaux, textuels, musicaux et sociologiques du rap, en montrant que celui-ci était finalement un parent direct de toutes les autres formes d’expression afro-américaine, à commencer par le jazz.

    Lire la suite

  • Il y a cinquante ans: naissance d'une "nouvelle vague"

    bossa.jpgSoirée à Copacabana - BD Bossa 

    L'histoire de la bossa-nova "volume 1" (2 CD) (Nocturne)

    par Marcus Wagner

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Le mouvement artistique et surtout musical nommé "bossa-nova" est né au Brésil à la fin des années 50 "d'une rencontre entre la samba brésilienne et le jazz moderne" ainsi que le définissait brièvement Antonio Carlos Jobim (1927 - 1994) qui fut avec Vinicius de Moraes (1913 - 1980) et João Gilberto (1931) l'une des premières grandes vedettes populaires. Le jazz avait connu au Brésil une certaine vogue dès les années 30 et suscité des variantes locales dont la gaferia avec notamment le clarinettiste-saxophoniste Paulo Moura, puis s'intègra progressivement à la samba (dont le nom provient vraisemblablement de l'angolais semba) à partir du chorro (le blues brésilien); mais c'est surtout Johnny Alf (1929) qui en sera le précurseur (méconnu) en 1949. C'est à la fin de 1958 que Desafinado (désacordé, faux) de Tom Jobim et Newton Mendoça  devint l'hymne de ce nouveau style musical dont la popularité allait exploser au Brésil avec le succès de l'album de João Gilberto Chega de saudade et dans le monde grâce au film de Marcel Camus Orge Negro. Dans ce superbe coffret en noir & blanc, Marcus Wagner et son équipe de journalistes et historiens nous présente l'ère pré-bossa-nova autrement dit les prémices de ce qui allait devenir le moment le plus important de la musique brésilienne du 20e siècle.

    Lire la suite

  • Folies musicales

    le_quatuor.jpgCorps à Cordes

    Spectacle musical proposé par le Quatuor

    Mise en scène Alain Sachs

    Théâtre des Célestins, Lyon, 9-31 décembre 2008.

     

    (par Françoise Anthonioz)

     

    Ils se présentent toujours en queue de pie et nœud papillon avec leurs instruments à cordes, gage de l’apparence du sérieux ! Et cela dure depuis plus de 20 ans... Musiciens, chanteurs, poètes, clowns, danseurs, acrobates, ils savent tout faire. Ils nous entraînent pendant plus d’une heure et demie dans leur délire musical, s’amusant autant que nous, public, dans leur joie contagieuse. Les trouvailles succèdent aux trouvailles sur un rythme effréné dans des tableaux aux thèmes précis : il y a les saisons, l’Espagne, la musique tsigane, les musiques religieuses, les musiques modernes, le rap, le blues , le rock, les variétés, le tout suivant une mise en scène inventive et farfelue.

    Lire la suite

  • Affinités rares

    peur.jpgArchipels - Cie Dominique Pifarély

    3 CD (label : Poros éditions)

    Impromptu (acdp 001) - Dominique Visse, Dominique Pifarély, François Couturier. Poèmes de Paul Celan, André du Bouchet, Jacques Dupin. Introduction de François Bon.

    Trio (acdp 002) - Dominique Pifarély, Julien Padovani, Eric Groleau

    Peur (acdp 003) - François Bon (texte, voix), Dominique Pifarély, François Corneloup, Eric Groleau, Thierry Balasse

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Dès les années 20, une abondante littérature écrite s’est efforcée de capter l’esprit du jazz sous des formes très diverses ; dont la poésie. Parmi les premiers écrivains, Langston Hugues, Philippe Soupault, Pierre Reverdy, Charles-Albert Cingria… Plus tard, Jack Kerouac et ses poèmes de Mexico City Blues, The Last Poets et LeRoi Jones/Amin Baraka, André Hodeir et Anna Livia Plurabelle de James Joyce, Gil Scott-Heron, Steve Swallow et Robert Creeley (Home) ; plus récemment Yves Buin avec Fou-l’Art-Noir et la musique de Mimi Lorenzini, l’oratorio pour trompette et voix Clameurs de Jacques Coursil sur des textes de Franz Fanon, Edouard Glissant, Monchoachi et Antar…(liste non exhaustive).

    Lire la suite

  • La batterie pense elle aussi

    0794881899821_230.jpgDrums immersion
    Gérard Siracusa  

    (Radio France, Signature  SIG 11065; distr. Harmonia Mundi HM CD 83

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Gérard Siracusa un inconnu, loin de là ; né en 1957 à Tunis, il participe à Marseille en 1978 à la création du GRIM (Groupe de Recherche et d’Improvisation Musicales) qu’il quittera sept ans plus tard, collabore à divers projets dont le Tour de France de Louis Sclavis, fait partie de l’ensemble Musique Vivante de Diégo Masson et du groupe Un Drame Musical Instantané. Particularité, et non des moindres, il est bien le premier percussionniste improvisateur français à enregistrer tout un disque en solo, Jardins de paille (1983). Il a travaillé avec de nombreux réalisateurs de radio (France Culture) et avec des comédiens et des écrivains.

    Lire la suite

  • Hier, maintenant, demain

    sgoubert.jpgBackground

    Simon Goubert
    Le Chant du Monde CDM 131

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Autant l’avouer ici, je ne suis pas un grand lecteur de ces textes laudateurs souvent anonymes ou de ces déclarations d’attention et d’intention de musiciens qui accompagnent les envois de disques (identiques aux quatrièmes de couvertures des livres) ; mais il peut y avoir exception, surtout pour un artiste qu’on aime et apprécie. C’est le cas pour moi avec Simon Goubert dont, rappelons–le, j’avais chroniqué en juin 2005 le disque intitulé et après (d’où le « chapeau » de cet article) en insistant sur la complétude de son travail (compositeur, arrangeur, leader, interprète).

    Lire la suite

  • La douce magie de Chet

    chet3.jpgChet Baker with the Bradley Young trio

    Chet in Chicago

    The legacy vol.5  (Enja ENJ – 9525 2 ; distr. Harmonia Mundi)

     

    (par Jacques Chesnel)

      

    Je me souviens de l’interrogation d’Yves Buin à la fin de son livre Thelonious Monk (Le Castor Astral) sur l’opportunité de publier des inédits ad infinitum : «  certes, de cette éventuelle profusion, nous le savons, il y aura présent le génie, mais celui-ci pourra demeurer secret et silencieux ; ainsi ne doit-on pas s’attendre à un catalogue de merveilles qui changerait l’opinion que l’on peut avoir de Monk. »

     

    Rassurons-nous, ce n’est pas le cas pour Chet, tout au moins pour ce témoignage là enregistré deux ans presque jour pour jour avant sa mort à Amsterdam. Partageant la fin de sa vie entre l’Europe et les USA, Chet se trouve à Chicago quand il est invité par le pianiste local Bradley Young à être leader d’une session de studio mystèrieusement restée longtemps inédite et publiée aujourd’hui dans le cadre de la collection Chet Baker legacy dont c’est le  volume 5.

    Lire la suite

  • Quand la musique fait son cinéma …

    voices.jpgMatt Turner, Peg & Bill Carrothers

    The Voices That Are Gone, The Music Of Stephen Foster

    Illusions IIl 313003

     

    Greg Zlap  Road Movie (S)
    Le Souffle du Blues SB002 ; distr.Nocturne.

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Encore une histoire de cinéma, comme le précise Philippe Ghielmetti, assidu des ciné-clubs télévisuels et producteur de ce disque à nul autre pareil.

    Après l’enregistrement de Armistice 1918 avec ces mêmes musiciens, le violoncelliste américain Matt Turner fait part de son envie d’un projet autour de Stephen Collins Foster (1826 -1864), considéré comme le père de cette musique américaine que l’on retrouve notamment dans le film de John Ford The Sun Shines Bright et dans I Dream of Jeanie de Allan Dwan, film biographique sur Stephen Foster dont toute la musique est constituée de quelques-unes de ses partitions (voir la liste complète de ses œuvres sur wwww.pdmusic.org/foster.html).

    Lire la suite

  • Une musique qui coule de source(s).

    elm.jpgDAVID EL-MALEK  music from source  (Nocturne NTCD4513)

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Ce CD très pensé, élaboré, abouti est le fruit d’une rencontre et/ou d’une fusion entre deux cultures, deux musiques, le répertoire des chants folkloriques israéliens et airs juifs traditionnels, musiques de son enfance ET le jazz qu’il pratique depuis ses débuts il y a plus de dix ans alors qu’il est devenu depuis le musicien confirmé que l’on connaît et apprécions notamment pour sa collaboration avec Baptiste Trotignon (cf. leurs deux disques).

    Lire la suite

  • Une couronne méritée

    dinah3.jpgDinah Washington
    La Reine – The Queen 1943-1957

    Direction artistique, texte livret (24 pages) et discographie: Jean Buzelin
    (double CD Frémeaux & Associés FA 5209 ; distribution Nocturne
    )

    (Par Jacques Chesnel)

    Dinah Washington (Ruth Lee Jones, 1924 – 1963) a sa place au panthéon des grandes vocalistes de jazz aux côtés de Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Carmen McRae, Sarah Vaughan, Nina Simone, Betty Carter, Abbey Lincoln, Shirley Horn (sans oublier Anita O’Day), toutes nées au cours du siècle dernier. Elle fut sans conteste celle qui fut la plus attachée à s’appuyer sur les racines du gospel et surtout du blues (n’en fut-elle pas surnommée La Reine) ce qui la distingue principalement de ses consœurs, tout en étant, souligne Jean Buzelin, "une musicienne capable de chanter, ave un égal résultat, blues, ballades, pop songs, jazz, standards de Broadway… elle déclarait elle-même : « je peux tout chanter » " ; elle le démontre admirablement tout au long de ce coffret.
    Sa voix : légèrement acidulée, vibrato de grande flexibilité, parfaite justesse. " Elle possédait une diction parfaite, un sens de la nuance toute en subtilités et une « sophistication naturelle », n’appuyant jamais ses effets, ne cherchant pas à travailler une voix légèrement nasillarde qui conservera toujours la fraîcheur mutine de sa jeunesse" (J.B).

    Lire la suite