18.12.2008

Il y a cinquante ans: naissance d'une "nouvelle vague"

bossa.jpgSoirée à Copacabana - BD Bossa 

L'histoire de la bossa-nova "volume 1" (2 CD) (Nocturne)

par Marcus Wagner

 

(par Jacques Chesnel)

 

Le mouvement artistique et surtout musical nommé "bossa-nova" est né au Brésil à la fin des années 50 "d'une rencontre entre la samba brésilienne et le jazz moderne" ainsi que le définissait brièvement Antonio Carlos Jobim (1927 - 1994) qui fut avec Vinicius de Moraes (1913 - 1980) et João Gilberto (1931) l'une des premières grandes vedettes populaires. Le jazz avait connu au Brésil une certaine vogue dès les années 30 et suscité des variantes locales dont la gaferia avec notamment le clarinettiste-saxophoniste Paulo Moura, puis s'intègra progressivement à la samba (dont le nom provient vraisemblablement de l'angolais semba) à partir du chorro (le blues brésilien); mais c'est surtout Johnny Alf (1929) qui en sera le précurseur (méconnu) en 1949. C'est à la fin de 1958 que Desafinado (désacordé, faux) de Tom Jobim et Newton Mendoça  devint l'hymne de ce nouveau style musical dont la popularité allait exploser au Brésil avec le succès de l'album de João Gilberto Chega de saudade et dans le monde grâce au film de Marcel Camus Orge Negro. Dans ce superbe coffret en noir & blanc, Marcus Wagner et son équipe de journalistes et historiens nous présente l'ère pré-bossa-nova autrement dit les prémices de ce qui allait devenir le moment le plus important de la musique brésilienne du 20e siècle.

Lire la suite

00:05 Écrit par sitartmag (Webmaster) dans Bande dessinée, Musiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bossa nova, nocturne, jacques chesnel

17.12.2008

Laissez les lire !

9782882584656.jpgAffaires de loup
Pascal Trimouille

La joie de lire, 2008

(par Anne-Marie Mercier)


Petit album sans paroles, sans couleurs, mais pas sans relief. Les images crayonnées au fusain, très sombres, montrent un loup qui s’ennuie dans sa famille ; il entre dans une chambre d’enfant. Il en sort avec un ours et un livre. Il coule des moments heureux entre ces deux compagnons. Les autres loups, les parents et un autre louveteau, s’y attaquent pour les détruire (ou les dévorer ? image terrible). On ne vous dira pas la suite…
Belle fable sur les plaisirs du jeu et de la lecture, sur la difficulté de certains enfants pour y accéder sans que la famille en prenne ombrage, sur la lecture d’images et la projection de fantasmes.

L’Afrique m’avait salement rattrapé

couv_7729.jpgSarcelles Dakar
Insa Sané
Sarbacane, collection Exprim

(par Christophe Rubin)

Il faut lire Sarcelles Dakar. La seule troisième partie, racontant le voyage en Casamance d’un jeune homme de dix-neuf ans, mérite que ce roman soit acheté et lu.
Insa Sané, slameur et comédien. D’après la liste des albums qui composent la « bande son » qui précède le texte (Erykah Badu, Bob Marley, Oxmo Puccino, Public Enemy, The Roots…), il a des oreilles. Il a aussi une vraie plume et il sait surprendre son lecteur… Ce roman de formation, qui alterne les songes prémonitoires et l’action, dénude peu à peu son héros, Djiraël, et le découvre à lui-même au fur et à mesure qu’il s’approche de l’Afrique de ses ancêtres. Au début, ce ne sont que de petites histoires de banlieue entre jeunes : amours et arnaques de débutants, avec le langage qui va avec. Tout cela semble bien superficiel, à juste titre : même le père absent – il est retourné au pays – et le malaise éprouvé par le fils semblent banals. Il s’agit dans un premier temps de dire cette banalité, en tant qu’absence de repère et de sens, dans la vie comme dans le roman.

Lire la suite

16.12.2008

New age et fantasy

noman.jpgNoman (Nobles guerriers, III)
de William Nicholson
traduit de l'anglais par Diane Ménard

Gallimard jeunesse, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Ce volume est le dernier de la nouvelle trilogie de William Nicholson, auteur du très inventif du Vent de feu, en trois volumes lui aussi. Moins novateur, ce cycle reste cependant intéressant et au-dessus de ce qu’on peut lire le plus souvent dans ce genre (fantasy). Ce dernier volume croise les destins des trois héros et reprend des fils tirés dès le premier volume : phrases entendues, visions, rêves, tout trouve son aboutissement et sa fin.

Lire la suite

Vivre avec les loups

dhearst3.jpgLes Chroniques du Loup, tome 1, la promesse des Loups
Dorothy Hearst

traduit de l’anglais par Marina Boraso
Albin Michel, 2008

(par B. Longre)

« Ne jamais se mêler aux humains.
Ne jamais tuer un humain sans provocation.
Ne jamais laisser en vie un loup de sang mêlé... »


Telles sont les trois règles qui régissent les meutes de la Grande Vallée. Aussi, le jour où Ruuqo, chef de meute, égorge les frères et les sœurs de la jeune Kaala et bannit sa mère qui a enfreint la loi en choisissant un mâle extérieur à la vallée, la petite louve épargnée se voit traitée en étrangère par la plupart de ses compagnons. Elle s’adapte malgré tout à la vie collective et se fait des amis, dont Ázzuen, louveteau malingre mais futé, et Tlitoo, un corbeau qui veille sur elle.
Cette saga préhistorique qui se déroule il y a 14 000 ans, quelque part dans le sud de l’Europe, est un beau roman des origines qui mêle mythologie, onirisme, fable politique et morale (les femelles, progressistes, s’opposent souvent aux mâles – réactionnaires, figés par la loi), pragmatisme de la survie et spiritualité, et met en scène des loups qui, tout en se comportant en animaux (instinct, sauvagerie, sens aiguisés, rivalités et hiérarchie de la meute, etc.) n’en possèdent pas moins des capacités intellectuelles et une émotivité propres aux humains.

Lire la suite

15.12.2008

Poilant

loup tout nu.gifUn loup tout nu

De Thierry Robberecht, illustrations de Loufane

Balivernes (collection Calembredaines), 2008

A partir de 5 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

L’habit fait-il le moine ? A n’en pas douter oui, puisque le loup, sitôt son pelage déchiré, se retrouve à poil et ne fait plus peur à personne. Même les moutons se moquent de lui, c’est tout dire ! Une poulette couturière accepte certes de lui confectionner un nouveau pelage, mais rien n’est gratuit, et il faudra bien que le loup accepte ses conditions.

Edité par une jeune maison de la région lyonnaise, Un loup tout nu est un album pétillant qui rappelle l’esprit Looney tunes, par l’humour et le style des illustrations. Les formes rondes et les couleurs vives raviront les petits enfants, qui n’auront plus jamais peur du grand méchant loup.

 

http://www.balivernes.com

Meckert le juste

9782070787678.gifNous sommes tous des assassins

Justice est faite

Jean Meckert

Joëlle Losfeld, 2008

 

(par Frédéric Saenen)

 

« Le style est à droite, et les idées à gauche. » S’il y a un auteur dont la fréquentation pousse à remettre ce poncif en question, c’est Jean Meckert (1910-1995), que les amateurs de polars connaissent peut-être mieux sous le pseudonyme de Jean Amila.

Cet anar, pacifiste indéfectible, demeure une figure méconnue qui n’est plus destinée à survivre dans nos mémoires que par ses pages percutantes et la voix qu’il y a déposée, à vif, unique. L’éditeur Joëlle Losfeld lui rend depuis quelques années toute son importance en publiant ses textes les plus engagés et qu’il signa de son nom. Les deux derniers titres parus témoignent de l’originalité de sa démarche et de la souplesse de sa plume. 

Avec Nous sommes tous des assassins (1952) et Justice est faite (1954), le matériau de base n’est pas l’actualité (comme ce fut le cas pour l’affaire Dominici, dans La Tragédie de Lurs) mais plutôt deux films de Cayatte, portant sur des sujets de société à forte teneur explosible. C’est Gallimard en personne qui passa commande de ces « novélisations » d’œuvres cinématographiques, une technique dont Meckert sera en quelque sorte l’un des pionniers en France. Notre homme aurait pu se contenter de reproduire les dialogues, de restituer les scènes filmées, de poivrer les atmosphères de quelques adjectifs bien sentis, pour emballer l’affaire. Mais consentir à la facilité, c’eût été trop mal servir la gravité des sujets mis en avant par le réalisateur, soit la peine de mort et l’euthanasie. Meckert ne transcrit donc pas, il transpose. Se détachant de son pré-texte, le texte gagne en autonomie et s’impose chef d’œuvre.

Lire la suite

13.12.2008

Si le père pleure

Marée d'amour dans la nuit.jpgMarée d’amour dans la nuit

De Xu Dishan, illustré par Mélusine Thiry

HongFei Cultures (collection Belle île Formosa), 2008

Pour tous, à partir de 6 ans

 

(par Myriam Gallot)

  

Dans les années 20, Xu Dishan, auteur chinois de Taïwan, écrivit un recueil de quarante histoires tendres, « Pluies magiques dans la montagne légère ». Parmi elle, « Marée d’amour dans la nuit » est pour la première fois traduite en français.

Elle met en scène un petit garçon dont le père souffre du décès de sa femme, qui a eu lieu 100 jours plus tôt. Le père renonce à accompagner son fils à la fête des lanternes, se réfugiant dans la solitude de la douleur et du deuil. Mais « si le père pleure, comment peut-on s’endormir ? » se demande le petit garçon, de retour de la fête.

Lire la suite

Folies musicales

le_quatuor.jpgCorps à Cordes

Spectacle musical proposé par le Quatuor

Mise en scène Alain Sachs

Théâtre des Célestins, Lyon, 9-31 décembre 2008.

 

(par Françoise Anthonioz)

 

Ils se présentent toujours en queue de pie et nœud papillon avec leurs instruments à cordes, gage de l’apparence du sérieux ! Et cela dure depuis plus de 20 ans... Musiciens, chanteurs, poètes, clowns, danseurs, acrobates, ils savent tout faire. Ils nous entraînent pendant plus d’une heure et demie dans leur délire musical, s’amusant autant que nous, public, dans leur joie contagieuse. Les trouvailles succèdent aux trouvailles sur un rythme effréné dans des tableaux aux thèmes précis : il y a les saisons, l’Espagne, la musique tsigane, les musiques religieuses, les musiques modernes, le rap, le blues , le rock, les variétés, le tout suivant une mise en scène inventive et farfelue.

Lire la suite

12.12.2008

Livre objet

murani.jpgLe Vendeur d’animaux
De Bruno Munari

Seuil jeunesse, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Cet album très court (10 pages), fait partie d’une série publiée par Munari en 1945. Album léger (couverture de carton fin mais pages sur beau papier solide), il est un bel exemple du « livre objet » qui adapte sa forme à son sujet : le vendeur d’animaux propose successivement un flamant, un hérisson, un tatou, une chauve-souris, un mille-pattes et chaque animal apparaît en monochrome plus ou moins fantaisiste (la chauve souris est bleue, le flamant d’un beau rouge) dans une double page au format variable. La page de droite est toujours plus petite que celle qui lui fait face, diminuant progressivement (et devenant celle de gauche de la page suivante). A droite, imprimé sur le bord droit de la dernière page, donc toujours visible, le marchand apparaît comme tenant en laisse chacun des animaux tour à tour. Le dialogue est cocasse (les bonnes raisons pour ne pas vouloir de ces animaux chez soi) et la « chute », masquée par un carré de papier à soulever, très… savoureuse.

http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/evenemen/mu...

Tourments et apaisement

3saisons.jpgTrois saisons poétiques

Magda Carneci
Collection GRAPHITI

Editions PHI en coédition avec Les Ecrits des Forges, 2008

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

Magda Carneci est historienne de l’art, essayiste, traductrice, membre du « Parlement Culturel Européen », directrice de l’Institut Culturel Roumain de Paris… Ses diverses responsabilités, sa participation active à la vie culturelle roumano-française n’occultent pas sa qualité de poète : Trois saisons poétiques, son dernier recueil, témoigne précisément de cette qualité.
Ecrits directement en français ou traduits du roumain par Odile Serre et Linda Maria Baros, les poèmes, qui mêlent la musique et l’espace au temps, sont ponctués de photographies (de l’auteur) illustrant les distorsions auxquelles sont soumises l’écriture et la quête de soi.

Lire la suite

Marseille-New York

aissatou.jpgUn grand éclat de rire
De Aïssatou Thiam

éditions Pascal Galodé, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Fable moderne : la narratrice de cette autobiographie est née à Dakar, a grandi à Marseille dans les quartiers nord. Un père envolé, une mère qui meurt jeune, des grands parents aimants mais fragiles, la menace de la DASS, être noire à Marseille… Mais c’est aussi une enfance et une adolescence avec des bonheurs et des chances : la découverte de l’Afrique, de la musique de Bob Marley, des boites, de la littérature…Mannequin, puis actrice, Aïssatou Thiam raconte dans un texte plein de naturel les rencontres, les amitiés, les métiers avec beaucoup de gratitude et de gaieté.

http://www.pascalgalodeediteurs.com/

11.12.2008

Smell like teen spirit

mes premières fois.jpg

Mes premières fois

Claire Loup

Plon, 2008

 

(par Caroline Scandale)

 

La production éditoriale pour « jeunes adultes » n’est pas vraiment futile… Et heureusement ! Mais parfois, il est agréable de lire une histoire légère et fruitée.

On est d’abord séduit par l’évanescente demoiselle de la couverture. D’ailleurs, au cas où le lectorat féminin n’aurait pas compris que cet ouvrage lui est destiné, sa couleur rose acidulé le lui rappelle illico. Pour autant ce roman n’appartient pas au courant de la chick-lit ou « littérature de poulette » car Claire Loup, la jeune auteure, fait preuve de qualités littéraires en signant ce premier roman.

Lire la suite

Whisky avec l'accent belge

indvirg1V.jpg

Qui a peur de Virginia Woolf ?
Edward Albee - Mise en scène de Peter Van des Eede
Théâtre du Point du Jour, Lyon - Du 9 au 13 décembre 2008
autres dates

(par Nicolas Cavaillès)

Une nuit de fête, et deux couples. Des hommes ambitieux, des femmes meurtries, dont le même drame est soit consommé (les amers Martha et George) soit à venir (les naïfs Honey et Nick). L’alcool aidant, des failles apparaissent, des crises éclatent… Les secrets de polichinelle sont incendiés, les vérités douloureuses fouettées au sang – et l’on en rit ! Loin du film de Mike Nichols (1966, avec Liz Taylor et Richard Burton), Qui a peur de Virginia Woolf ? devient entre les mains de la compagnie belge « De KOE » une vaste déconnade vicieuse et jouissive, au centre de laquelle Natali Broods, qui joue Martha, est sensationnelle.

Lire la suite

10.12.2008

Bestiaire

9782020969185.jpgDes bêtes avec du sable entre les orteils
Des bêtes qui partagent la forêt avec le loup
Tatsu Nagata

Seuil jeunesse, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

On connaît les albums d’histoires naturelles de Tatsu Nagata. Voici une autre formule, carrée, dans laquelle plusieurs animaux se côtoient dans un même espace naturel. L’air de rien, cet espace est le véritable personnage : de nuit, de matin, de printemps ou d’hiver, de profondeur ou de surface… chaque animal permet d’en donner une image différentes. Les images sont comme toujours parfaites, mêlant différentes techniques, parfois proches de la photo retouchée, parfois gouache et toujours avec la caricature en action de l’auteur-savant en blouse blanche qui observe de monde à travers de grosse lunettes : ou comment rendre la science proche des enfants ?

La musique, passionnellement, éternellement

ladyday.jpgLady Day, histoire d’amours
Alain Gerber
Fayard, 2005 / Le Livre de Poche, 2008

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

Il faut toujours prêter attention aux sous-titres, lorsqu’il y en a. Celui du dernier roman d’Alain Gerber, « histoire d’amours », pourrait paraître anodin et passe-partout ; c’est le contraire, et le pluriel y est capital. Car la vie de Billie Holiday (1915-1959), pour brève qu’elle fût, a été une suite d’amours et, il faut bien le dire, de désamours – ce que le récit, en pas moins de 600 pleines pages, fait passionnément découvrir.

 

Eleanora Fagan, ou Eleanor Halliday, ou Nora, ou Bill, ou Lady, ou Billie Holiday (selon les périodes et les narrateurs) eut-elle la destinée qu’elle méritait ? Si l’on en croit Melissa, journaliste qui l’a bien connue, oui : « Le blues, le jazz et Billie Holiday se contrefichent de l’éternité. Ils ont déjà le plus grand mal à envisager leur avenir, et leur passé les talonne. Ils vont de déboires en excès et se fabriquent ainsi de toutes pièces un parcours semé d’embûches, cachant aux autres et se dissimulant à eux-mêmes qu’ils tournent en rond. Leur vie n’est qu’artifice. Ce sont les acteurs d’un mélodrame écrit de leur propre main ». Pourtant, cette éternité, Alain Gerber et sa verve inimitable contribuent grandement à la forger.

Lire la suite

09.12.2008

Céline, autre et tel qu'en lui-même

autreceline.jpgUn autre Céline
De la fureur à la féérie - deux cahiers de prison

Henri Godard
Editions textuel, 2008

 

(par Frédéric Saenen)

 

Présente-t-on encore Henri Godard ? Henri Godard, l’auteur en 1994 de l’indispensable synthèse que constituait Céline scandale et, plus encore, quelque dix ans auparavant, d’une Poétique de Céline qui fit entrer de plain-pied l’argotier absolu dans le giron de l’Alma mater, jusque là réticente à l’accueillir. Henri Godard, surtout, l’éditeur des quatre volumes de la Pléiade. C’est de cette prestigieuse signature que s’enrichit un coffret de ce que l’on qualifie de « beaux livres ». Si vous comptez parmi vos amis un célinolâtre, ne cherchez pas plus loin ce que vous lui déposerez sous le sapin.

Le but poursuivi dans Un autre Céline est annoncé sans ambages : « Ce panorama, dressé hors de toute visée biographique et même hors chronologie, afin de donner leurs justes proportions à quelques-unes des composantes du paysage de Céline, ne cherche pas à en faire une étude systématique. Mais l’iconographie est là pour prendre le relais de l’analyse. Elle aussi, de manière différente, est de nature à enrichir la lecture des textes en montrant visuellement des images que le romancier ne laisse affleurer que par des coups de projecteurs toujours brefs ».

Lire la suite

08.12.2008

Pour l’amour des mots

stanislas.jpgAbécédaire illustré de Stanislas
Stanislas Barthélémy
Thierry Magnier, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Illustré par l’un des fondateurs de l’Association (BD indépendante), cet abécédaire est à la fois classique et original : classique par le graphisme et la mise en couleurs qui évoquent les « illustrés » des années 30, et par le dispositif : une lettre en écriture bâton, et des mots qui vont avec. Mais chaque page propose une infinité d’objets et de mots associés et c’est tout un jeu que de les mettre ensemble, de chercher les raisons pour lesquelles on a montré un coq le cœur battant devant une casserole (cocotte minute), et pourquoi l’homme en armure tient un ananas au bout de son épée.
Quelques doubles pages rompent cette unité en proposant des thèmes (loisirs, métiers…), un planisphère sommaire, un jeu de l’oie des mots.
C’est un album dans lequel se perdre… à condition d’avoir l’amour des mots, qu’ils soient usuels ou rares, longs ou courts et de prendre son temps.

La liberté, et quoi d’autre ?

grondahl.jpgPiazza Bucarest
Jens Christian Grondahl

traduit du danois par Alain Gnaedig
Folio, 2008 (Gallimard, 2007)

 

 (par Jean-Pierre Longre)

 

Ce roman de l’un des écrivains les plus en vue actuellement en Europe explore les relations complexes d’un photographe américain résidant au Danemark et d’une jeune Roumaine. Sans préméditation, sur une sorte de coup de tête, Scott, au cours d’un voyage professionnel dans la Roumanie de 1988, propose à Elena le mariage qui lui permettra de fuir la dictature de Ceausescu. Mariage blanc ? Elan amoureux ? Peu à peu, le narrateur, ami de Scott, nous dévoile ce que lui-même a appris de la bouche de l’homme, puis de la jeune femme : son passé tourmenté qui n’est pas sans conséquences sur le présent et l’avenir.

Lire la suite

07.12.2008

Nouvelles images

eco.jpgLes trois cosmonautes et autres contes
Umberto Eco, illustré par Eugenio Carmi
Grasset jeunesse, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

« La bombe du général », « Les trois cosmonautes », « Les gnomes de Gnou » sont les trois contes présentés dans cet album au format original tant il est moyen. Les histoires de Eco sont parfaitement bien pensantes pour notre époque et a priori un peu plates : pacifisme, tolérance, écologie… Elles sont sans grande originalité quant aux thèmes. Mais elles présentent toutes un léger décalage qui les rend attachantes : ce sont les atomes qui décident de ne plus servir la guerre ; les cosmonautes appellent leur maman du fond de l’espace, et les gnomes de Gnou ont un bien joli nom et une belle assurance pour refuser les « bienfaits » de la civilisation terrienne.

Lire la suite