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18/02/2009

Karpe diem...

karmasutra.jpgKarma Sutra, 30 positions à fantasmer
Maïa Brami et Barroux

Magellan & Cie, 2008

 

Entretien avec l'auteure.

 

(par B. Longre)

 

Caractérisé par un humour léger et un ton vivifiant, cet ouvrage atypique, unique en son genre, énumère des positions sexuelles fantasques tout en égrenant quelques conseils (à ne pas suivre pour certains !) permettant de jouir au mieux de la rencontre amoureuse et/ou charnelle…

Les textes, courts poèmes subtils qui évitent habilement l’écueil de la vulgarité, décrivent chaque acrobatique position (de celle du petit-beurre à celle du bourdon ardent…), et sont accompagnés d’illustrations graphiquement sobres, qui suggèrent plus qu’elles ne montrent – et, quand elles montrent, la fantaisie l’emporte haut la main. Attention, ne vous méprenez pas sur l’objectif de ce beau livre, qui prend le contrepied des guides et autres manuels susceptibles d’éradiquer toute spontanéité : ici, la lecture stimule avant tout le cerveau et l’imagination de chacun.

 

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12/01/2009

Masochisme montagnard

culsac.jpgUn cul-de-sac dans le ciel
Bernard Ascal

Rhubarbe, 2008

                            

(par Jean-Pierre Longre)

 

La montagne est capricieuse, difficile, décevante : c’est le paradoxe du grimpeur, que Bernard Ascal développe en courts textes prenant souvent les allures de règlements de comptes entre l’amant masochiste et l’objet de son désir.

 

La relation entre l’homme et le terrain est paradoxale : platitude de la marche « en dépit des creux et des bosses », inhumanité de la nature, trous d’eau abusivement appelés lacs et en réalité « décharges naturelles », chemins qui n’offrent à la vue que les cailloux sur lesquels caler les pieds, et, surtout, malgré l’immensité spatiale qu’offre l’arrivée au sommet, l’impossibilité d’aller plus loin, le « cul-de-sac dans le ciel » et l’obligation de redescendre. Ultime déception, mais déception de privilégié. Car qui sont ces randonneurs ? Non le tout-venant, mais ceux que la vie quotidienne ménage, ceux qui ont le temps de substituer au couple « Fatigue-Travail » le couple « Fatigue-Loisir »…

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30/12/2008

Mini fulgurances littéraires

hoax.jpgHoax
Collectif (Eric Arlix et Jean de la Roche)
Ere, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Le mot « hoax », ou canular informatique transmis le plus souvent par messagerie électronique, est connu en France grâce au site hoaxbuster qui montre comment naissent les rumeurs d’aujourd’hui et comment sont recyclées les vieilles légendes urbaines.
Les auteurs proposent dans une première partie de vrais messages, ceux que nous recevons tous, de veuve de dictateurs ou d’hommes d’affaires prêts à nous faire profiter de leur fortune, ou d’annonce de gains mirobolants à une loterie. Chacun est semé de perles orthographiques, syntaxiques, stylistiques et conceptuelles hilarantes, dignes de figurer dans cette anthologie d’un nouveau langage, le français du net, issu d’un mélange de traductions automatiques et de délires de rédacteurs maladroits.

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28/12/2008

Explorer l'espace du livre

lesgrandsarbres.jpgLes Grands Arbres
Anne Vauclair et Marc Bellini
roman photo (photographies d'identité) en 15 cartes postales. 10.5 x 15, 15 cartes retenues par une bague, imprimées en quadrichromie offset sur couché semi-mat - La Diseuse.

 

(par Blandine Longre)

 

La Diseuse, association de micro-édition co-dirigée par Marc Bellini et Lilas Seewald, propose d’aborder le livre et la lecture autrement… en publiant des livres-objets, en mettant en place des collaborations parfois inattendues entre auteurs, dessinateurs, artistes, en mettant aussi l’accent sur l’innovation graphique.
J’ai récemment découvert quelques-uns de leurs ouvrages, dont une série de quinze cartes postales intitulée Les grands Arbres, qui combine des textes d’Anne Vauclair et des photographies de Marc Bellini, dont le travail inclut un usage original du photomaton.

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19/12/2008

Géographie littéraire

gard.jpgBalade dans le Gard, sur les pas des écrivains
Sous la direction de Bernard Bastide, préface de Christian Giudicelli - Editions Alexandrines, 2008

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

La promenade va s’effectuer dans un département qui marie, comme Christian Giudicelli le dit dans la préface à propos de Nîmes, « un charme italien à une austérité huguenote », et qui permet de passer des montagnes cévenoles à la mer, en faisant étape dans la garrigue. On le sait, les écrivains sont les meilleurs guides pour faire goûter non seulement la saveur des lieux, mais aussi leur histoire, leurs secrets, et même leur imaginaire. Cette Balade dans le Gard propose une belle alliance de la géographie et de la littérature, qui toutes deux se répondent, se font écho, aidées en cela par les textes des écrivains eux-mêmes (natifs, d’adoption ou de passage), par les biographies détaillées (toutes confiées à des spécialistes) et par l’iconographie (photos évocatrices des lieux et des auteurs).

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12/12/2008

Livre objet

murani.jpgLe Vendeur d’animaux
De Bruno Munari

Seuil jeunesse, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Cet album très court (10 pages), fait partie d’une série publiée par Munari en 1945. Album léger (couverture de carton fin mais pages sur beau papier solide), il est un bel exemple du « livre objet » qui adapte sa forme à son sujet : le vendeur d’animaux propose successivement un flamant, un hérisson, un tatou, une chauve-souris, un mille-pattes et chaque animal apparaît en monochrome plus ou moins fantaisiste (la chauve souris est bleue, le flamant d’un beau rouge) dans une double page au format variable. La page de droite est toujours plus petite que celle qui lui fait face, diminuant progressivement (et devenant celle de gauche de la page suivante). A droite, imprimé sur le bord droit de la dernière page, donc toujours visible, le marchand apparaît comme tenant en laisse chacun des animaux tour à tour. Le dialogue est cocasse (les bonnes raisons pour ne pas vouloir de ces animaux chez soi) et la « chute », masquée par un carré de papier à soulever, très… savoureuse.

http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/evenemen/mu...

23/11/2008

Envie d'une gâterie ?

Vebret.jpg

Friandises littéraires
choisies par Joseph Vebret
Éditions Écritures, 2008

 

(par Frédéric Saenen)

 

Au royaume de l’érudition, l’anecdote est reine ! L’anecdote… Ce trait d’esprit gratuit, acidulé juste ce qu’il faut pour pimenter une conversation ou la relancer si elle vient à s’engourdir. Le sac plein de Friandises littéraires que nous tend Joseph Vebret regorge de ces faits divers en trois lignes, bons mots, réparties et ultima verba que le sens de l’à-propos, conjugué à une certaine sagesse, amène à resservir. Enfilées sans ordre réel, ces perles de culture permettront, à celui qui s’en (em)parera, de briller en société. À une table d’amis, au comptoir d’un bar ou entre deux zakouskis chauds, le petit doigt levé ou les coudes sur la table, livrez-vous donc à l’exercice...

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Amour partagé

stjean.jpgL’amant de Saint-Jean
Vedrana Donić

Vedrana éditions, 2007

 

(par B. Longre)

 

En accord avec l’un des objectifs de la petite structure éditoriale montée par l’auteure, qui entend inciter les lecteurs « à trouver, lier, relier, tisser les éléments pour tisser lui-même sa propre lecture », ce livre en apparence déstructuré se présente comme un puzzle amoureux et ludique à éventuellement reconstituer, à feuilleter, à lire dans le désordre (ou non). Pas de trame narrative à proprement parler, mais des instantanés évoquant des sensations, quelques gestes, des moments captés en quelques mots (« Comme deux fleurs d’églantiers, nos tiges sont enlacées », « Tu te cambres, parfum d’ambre »…). Les poèmes en vers libres sont accompagnés de créations visuelles réussies, composées de papiers déchirés, collages, découpages, gribouillages, pochoirs, superpositions, où les corps, morcelés ou non, se devinent. Ce livre atypique m’a rappelé, peut-être pour sa liberté de ton et son audace formelle, Amourons-nous de Geert De Kockere et Sabien Clement (Le Rouergue), un ouvrage poétique en images qui lui aussi parlait d’amour partagé.

 

http://www.vedranaeditions.com/

29/09/2008

J'ai un truc

truc.jpgMoi, mon truc

M. Lisa et D. Perret
L’Atelier du poisson soluble / musée du Louvre, 2008

 

(par B. Longre)

 

Un titre du Poisson soluble à classer, une fois encore, parmi les inclassables et autres curiosités… D’abord, la couverture astucieuse de ce petit ouvrage souple offre la possibilité de l’envoyer tel quel par la poste ; mais on insistera davantage sur ce qu’il contient : une énumération de situations où l’on se sent en position d’infériorité, par la faute de petits détails en réalité bien anodins ; des situations qui sentent assurément le vécu et qui partent d’un postulat commun à nombre d’entre nous (« Quand je ne peux plus me voir en peinture… », d’où l’une des raisons du partenariat éditorial avec le Louvres). Les auteures nous offre une petite solution simple mais efficace pour s’accepter tel que l’on est – encore fallait-il y penser.


http://www.poissonsoluble.com/main.html

15/07/2008

Livre transformable

egehin.jpgRendez-vous

Elisa Géhin

Le poisson soluble, 2008

 

(par B. Longre)

 

Ce petit livre carré qui se présente sous la forme de pochette (forcément surprise) amusera les enfants et étonnera les plus grands. Car cette «histoire à rebondissements dépliables» et transformable au fil de la lecture (et du dépliage, donc) est-elle vraiment un livre ? Parlons plutôt de jeu narratif astucieusement conçu, qui propose un récit évolutif tant au niveau des images (dont la découverte se fait peu à peu) que du texte (sur le mode du cadavre exquis), une histoire par conséquent presque impossible à raconter, sauf pour dire qu’il y est question d’amour, de petits animaux et de quelques monstres… Une réalisation réjouissante (fournie avec le mode d’emploi…), à découvrir sans tarder.

 

http://mesjeudisamusants.over-blog.com/

L'éditeur

30/12/2005

Art culinaire, art poétique

arton2846.jpgLe presque rien nourrissant
Dan Arsenie

Françoise Truffaut éditions

(par Jean-Pierre Longre)

 

En guise de mise en bouche, Mihaï Sora mesure dans sa préface la portée du livre : « Manger et boire, voir et concevoir, penser et parler, ce sont là autant de voies d’accès à ce qu’il y a de plus sacré au tréfonds de nous, et qui est le fait même que l’on est (à condition que ce soit pour de bon…) ». L’enjeu profondément humain des textes de Dan Arsenie est lié non seulement au sujet, la nourriture, mais aussi à la manière dont il est traité : des textes d’une à quelques pages, où le poétique le dispute au philosophique, au pratique, au narratif, à l’existentiel…

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26/10/2005

Mini-roman pour un grand amour

erlendloe.jpgMaria & José

Erlend Loe, illustrations Kim Hiorthøy
roman traduit du norvégien par J-B. Coursaud, Gaïa 2005

 

(par B. Longre)

 

A la compagnie des hommes, Maria, rayonnante et cultivée, préfère les échanges virtuels avec le monde entier. Comblée par cette existence en cercle paradoxalement fermé, elle ignore qu’un amoureux clandestin loge depuis peu dans son oreille : José, un homme miniature, qui veille sur elle et s’affaire à la protéger (des virus ou impuretés), une relation unilatérale et platonique qui prend bientôt une tournure plus charnelle… Le récit fantaisiste d’Erlend Loe (dont on a découvert l’œuvre grâce à son traducteur Jean-Baptiste Coursaud et aux éditions Gaïa) tient autant du merveilleux que du nonsense : langue limpide et distanciée, empreinte d’ironie cocasse, illustrations (découpages, collages et dessins au trait nerveux) parfaitement accordées aux univers juxtaposés mais distincts des amants - la douceur pour Maria, davantage de noirceur pour l’esprit plus torturé de José. Incartade irréaliste insérée dans le quotidien, cette nouvelle graphique perturbe nos horizons d’attente, sans pourtant nous ôter l’envie de croire à cette lumineuse histoire d’amour décalée.

21/10/2002

Hasards mesurés de l'alphabet

spielberger3.gifLa vie triée
Christophe Spielberger
éd.N. Philippe - coll. La Marelle, 2002

(par Jean-Pierre Longre)

Depuis " À bas les défilés " jusqu'à " Zut un voyageur va passer sur les rails ", Christophe Spielberger décline sa vie intérieure et extérieure en touches brèves et aphoristiques qui ne doivent rien à l'ordre chronologique, rien au rythme aléatoire de la mémoire, tout aux hasards mesurés de l'alphabet.

L'alphabet a du succès en ce moment, pas seulement dans les écoles : Anne F. Garréta, dans Pas un jour (Grasset), couche les femmes désirées " dans l'ordre impersonnel de l'alphabet ". Christophe Spielberger, lui, s'approprie l'alphabet, le fait sien et personnel, arrange le flot des souvenirs et des réflexions et, dans une sorte de mouvement perpétuel, provoque par ce procédé même l'apparition d'autres réflexions et souvenirs. N'oublions pas que, avant Garréta et Spielberger, d'autres - et non des moindres - avaient utilisé, suivant des principes divers, les riches potentialités de l'alphabet; Georges Perec en tête, avec son Drame alphabétique ou son Petit abécédaire illustré, Georges Perec dont le souvenir de Je me souviens, comme celui des puzzles de La vie mode d'emploi, n'est sans doute pas étranger à La vie triée.

La vie triée : à part le jeu de mots, que voir derrière ce titre donné par un écrivain qui dit de lui-même : " En général, je ne suis pas taxé d'évidence " ? Justement, peut-être, le souci d'une transparence qui ne va pas de soi, la volonté de conjuguer les détails subjectifs de la vie privée, professionnelle, sentimentale avec les contraintes de l'écriture objective, d'assurer la présence de l'humanité entière dans l'évocation énumérative de quelques personnages : " ma femme ", " la conne ", " le con ", très épisodiquement " mon père ", " ma sœur ", et abondamment " moi " ou " je " (pas moins de 17 pages pour ce dernier à la lettre " j "), ce qui semble normal dans un écrit autobiographique.

Tout cela produit un ensemble original, qui se lit par morceaux, à sauts et à gambades plutôt qu'en continu, et qui propose quelques brillants éclats de verre, de vrais petits bonheurs souvent colorés de cynisme. Au hasard de l'alphabet et de la lecture, avec un seul échantillon par rubrique (priorité au texte) : des jeux dans l'esprit du titre (" A la fin de l'année n'oubliez pas de payer votre déchéance "), des subtilités (" Les sexes sont des palindromes "), des confidences (" Je m'ennuie seulement avec les autres "), des maximes (" Il n'y a de preuves que romanesques "), des aveux littéraires adressés au " cher atome de mon lectorat " ("L'écriture est la seule sphère dans laquelle je me sens responsable. L'éditeur de ce récit n'a pu en changer la moindre virgule "), des observations malicieuses (" Mon texte aurait besoin d'un traitement "), des regrets pédagogiques (" Si les lettres vraiment modernes étaient enseignées ") etc. Un et cetera qui en dit long, et qui laisse le champ libre, tout compte fait, à l'exploration de soi.

http://spielberger.free.fr/