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22/10/2007

Une caravane pour l’égalité des sexes

allez3.jpgAllez Yallah !
Documentaire de Jean-Pierre Thorn

France, 2006

(par Nicolas Cavaillès)

Dans la caravane, une joyeuse bande de femmes bien décidées à lutter contre les discriminations dont leur sexe est victime, de part et d’autre de la Méditerrannée, au Maghreb comme en France. Jean-Pierre Thorn les a suivies, de petits villages marocains en austères cités de la région lyonnaise, caméra sur l’épaule et bonnes intentions affichées, dans le contexte ô combien brûlant de la sur-médiatisation du port du voile.

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22/08/2007

La politique comme fiction

amindada.jpgBarbet Schroeder
Général Didi Amin Dada, autoportrait
France, 1974
DVD Carlotta Films 2006

 

 (par Nicolas Cavaillès)

" Un monde sans tyrans serait aussi ennuyeux qu’un jardin zoologique sans hyènes." - Cioran

 

Récompensée par un Oscar, la performance de Forest Whitaker jouant le rôle d’Amin Dada dans The Last King of Scotland était impressionnante ; celle d’Amin Dada lui-même, dans le documentaire de Barbet Schroeder Général Didi Amin Dada, autorportrait l’est plus encore. La comparaison n’est pas insignifiante : dans cet « autoportrait » d’Amin par Schroeder, dans ce document exceptionnel relatant quelques semaines de la vie du tyran ubuesque d’Ouganda, Amin dépasse très largement le cadre du politique et du réel pour créer instinctivement sa propre fiction, pour se forger lui-même sa propre dimension mythologique. Nous sommes en 1974, Barbet Schroeder en est à ses débuts, lorsqu’il décide, moins scandalisé que fasciné (ce n’est pas peu dire), de filmer un homme de pouvoir dont la monstruosité, toute d’égotisme, de force physique et de naïveté déconcertante, constitue une terrifiante exacerbation de l’ego démesuré des puissants de tous temps, de Néron, Louis XIV, ou Mao, jusqu’à Mobutu, Mitterrand, ou Berlusconi (liste non exhaustive).


" Un monde sans tyrans serait aussi ennuyeux qu’un jardin zoologique sans hyènes." - Cioran

 

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26/06/2007

La grande famille tzigane

gypsycaravan3.jpgGypsy Caravan – When the road bends…
un film de Jasmine Dellal

Etats-Unis, 2007

 

(par Nicolas cavaillès)

 

Raga, lautari, flamenco… La musique traditionnelle tzigane jaillit dans toute sa richesse, avec ce documentaire américain sur la tournée commune de cinq groupes tziganes aux Etats-Unis et au Canada : dans le même bus, on entend chanter et rire tous ensemble la célèbre chanteuse macédonienne Esma Redzepova, la non moins fameuse Fanfare Ciocarlia, de Roumanie (qui accompagna notamment Goran Bregovic, ou Ovidiu Lipan Tandarica), et, également roumain, le Taraf de Haïdouks (introduit par Johnny Depp, qui a côtoyé le Taraf pour The Man who cried), mais encore le danseur flamenco espagnol Antonio El Pipa, et enfin, venu du Rajasthan, l’impressionnant groupe Maharaja.

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11/12/2006

Le désert de notre conscience

daratt3.jpgDaratt (saison sèche)
de Mahamat-Saleh Haroun
Prix du Jury à Venise 2006

Sortie le 27 décembre 2006
Avec Ali Bacha Barkai, Youssouf Djoro, Aziza Hisseine
Film français, belge, autrichien, français, 2006
Durée : 1h 35min

(par Nicolas Cavaillès)

Dans un pays sec, miséreux, ravagé par une guerre civile qui dure depuis 41 ans, comme c’est le cas du Tchad, la mort a toujours une longueur d’avance : même un jeune homme réservé comme Atim (l’Orphelin, joué par Ali Bacha Barkaï) est né avec un meurtre à accomplir, celui du meurtrier de son père. Poussé par son grand-père aveugle, le héros introverti de Daratt (Saison sèche) se lance donc à la recherche de l’homme qu’il doit tuer, Nassara, et il quitte son village pour N’djamena, où l’ancien criminel de guerre tient maintenant une paisible boulangerie : partagé entre le besoin d’un père et le devoir instinctif de vengeance, entre le désir d’avoir un guide et la tentation de tout abandonner au chaos général, Atim devient petit à petit l’apprenti de Nassara.

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17/10/2006

Festival international du film de Vancouver

vanc4.jpgSous les documentaires, les merveilles d'Asie

 

Retour sur le XXVe Festival international du film de Vancouver qui s'est déroulé du 28 septembre au 13 octobre dernier.

Au calendrier des grands festivals du film, Vancouver suit Toronto de près. Mais au plan de la renommée, la capitale ontarienne creuse l'écart chaque année avec ses vedettes hollywoodiennes et son vaste marché du film.
A Vancouver, depuis 25 ans, l'événement est tourné vers le public, ce qui donne de longues files d'attente dans une ambiance très bon enfant et une programmation cosmopolite adaptée à cette ville-monde.

Ne renoncer à filmer pour rien au monde

Sur le thème général "Une planète, plusieurs mondes" ("Same Planet, Different Worlds"), les documentaires se sont taillés la part du lion. La caméra semble devenue l'émetteur-récepteur principal pour témoigner du monde et satisfaire la volonté d'être en prise réelle avec lui. Ainsi "Rampage", de l'Australien George Gittoes, plonge dans l'un des quartiers les plus déshérités de Miami et filme comme sur Fox News de jeunes rappeurs américains forts en gueule. L'un d'entre eux revient d'Irak, un autre est tué par balle, un troisième lance son premier album... L'enquête voyeuriste change facilement d'objet en plein film, sans évolution des personnages.
Le manque d'écriture se ressent aussi dans "The Railroad All Stars", documentaire espagnol qui suit une équipe de football composée de prostituées guatémaltèques travaillant dans un secteur à haut risque. Cependant, grâce à un habile montage, il en ressort des scènes colorées de la vie de quartier et quelques témoignages très poignants, présentés en gros plan.

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10/01/2005

Du tagalog dans le catalogue

bangkok6.jpgIIe festival international du film de Bangkok
janvier 2005 

 

(par François Cavaillès)

 

Au IIIe festival international du film de Bangkok, joyeux gavage de 150 films projetés en deux semaines dans des centres commerciaux, les oeuvres philippines sont ressorties du lot. Drôles, dignes et sans prétention, Homecoming, de Gil M. Portes et Keka, de Quark Henares, se sont démarqués de tant de produits très typés, savamment étiquetés en fait pour le marché du film qui s’est tenu en même temps dans un grand hôtel au bord du Chao Phraya.

 

Bangkok adore les marchés. Celui du film n’a pas échappé à la règle, le mois dernier. Américains, européens, japonais ou encore chinois, les nombreux acheteurs s’y sont naturellement retrouvés. Leurs regards sont tournés vers la Thaïlande depuis une année 2004 rayonnante pour le cinéma siamois (grâce notamment au solide Ong Bak et au visionnaire Tropical Malady).

Du même coup d’œil intéressé, les diffuseurs ont aussi lorgné sur les pays voisins, attelés à la relance de leur industrie cinématographique. En effet, les pays riches d’Asie du Sud-Est, Thaïlande et Malaisie en tête, ne se contentent plus de jouer les plaques tournantes entre Hollywood, Hong Kong ou Bollywood. Un cinéma régional émerge, avec ses propres vedettes, ses décors de rêve où tourner à moindre coût, et surtout avec ses images. Ainsi même la cité-Etat de Singapour, dominée par la recherche de la marge de profit optimale et par la culture de l’argent, a pu présenter quelques films locaux (Perth de Djinn et Cut de Roystan Tan)… En général, les progrès technologiques ont facilité la création, mais les metteurs en scène du Sud-Est asiatique se heurtent encore à un système de production loin d’être aussi encourageant que celui de la Corée du Sud, la nation-phare du cinéma asiatique actuel. Deux grands défis se posent alors en Asie du Sud-Est, avant même la question de la distribution : comment se dégager de l’influence de la mondialisation à l’américaine, et comment ne pas trop céder sous l’écrasant modèle culturel chinois revenu au galop du nouveau capitalisme.

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05/12/2003

Rencontre du troisième type entre Québec et France

cinequebec3.jpgMission 2003 accomplie pour la SODEC, organe de promotion du cinéma québécois. Une dizaine de longs-métrages maison, projetés à Paris comme une sonde spatiale, ont attiré un public nombreux, déjà en train de scruter le ciel pour le prochain envoi annuel de bobines. Deux de ces films ont même emballé les distributeurs ! Le Neg’, un polar rural sur fond de racisme, tentera une carrière française au début 2004. Puis, le 17 mars prochain, est prévue une sortie nationale de La Grande Séduction, une comédie réaliste sociale gentillette, portée par Benoît Brière, Bruno Blanchet et Lucie Laurier… des acteurs à découvrir !

 

(par François Cavaillès)

Les hallucinations se sont répétées du 3 au 9 décembre, place Clichy. Né en 1997, « Cinéma du Québec » a pris cette année l’air d’une soucoupe volante amicale, à l’accent irrésistible, même sous-titré. Agréable bouffée d’énergie dépaysante, remède réconfortant contre le cynisme et les prises de tête, le film québécois est souvent mâtiné de bons sentiments. En la matière, la palme revient à Séraphin, un homme et son péché, superbe adaptation d’un classique de la littérature nationale.

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15:37 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : festival, québec, sodec