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Beaux livres

  • À voir et à lire

    Couvcalligb.jpgClaude Debon

    Calligrammes dans tous ses états

    « Édition critique du recueil de Guillaume Apollinaire »
    Éditions Calliopées,  2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Calligrammes est un recueil complexe, dont le titre ne dévoile qu’un aspect, celui des fameux « poèmes dessins », et encore… Il fallait l’immense travail de Claude Debon et de son éditrice pour montrer, au plein sens du terme, cette complexité.
    Calligrammes dans tous ses états, livre de grand format, est certes une « édition critique », dont les cinquante premières pages rappellent bon nombre de données indispensables sur l’ancienneté de la tradition (européenne et chinoise) des « poèmes figurés », ainsi que sur les sources livresques et personnelles, dont le goût particulier d’Apollinaire pour le dessin, lui qui n’hésitait pas à écrire : « Il se constitue un art universel, où se mêlent la peinture, la sculpture, la poésie, la musique, la science même… ». L’étude génétique, rigoureuse à tous égards (scientifique, historique, littéraire) n’évite ni l’analyse subtile (sur l’originalité du recueil, sur  son double aspect visuel et musical) ni la minutie générique : comment désigner ces textes qui sont en même temps des dessins ? « Idéogramme lyrique », « poème figuré », « poème visuel », « poème à voir », « poème dessin », « poème formel »… ? Pour Claude Debon, « ces  hésitations sont à la hauteur de l’innovation, quasiment « innommable » ». Car Calligrammes est un livre résolument moderne, où la recherche de « formes nouvelles » n’entre pas en contradiction avec l’idéal de pureté, voire de dépouillement – ce qui n’a pas forcément été compris lors de la parution, la faveur de la critique ayant porté davantage sur les aspects « classiques » du recueil que sur les « calligrammes » eux-mêmes.

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  • Karpe diem...

    karmasutra.jpgKarma Sutra, 30 positions à fantasmer
    Maïa Brami et Barroux

    Magellan & Cie, 2008

     

    Entretien avec l'auteure.

     

    (par B. Longre)

     

    Caractérisé par un humour léger et un ton vivifiant, cet ouvrage atypique, unique en son genre, énumère des positions sexuelles fantasques tout en égrenant quelques conseils (à ne pas suivre pour certains !) permettant de jouir au mieux de la rencontre amoureuse et/ou charnelle…

    Les textes, courts poèmes subtils qui évitent habilement l’écueil de la vulgarité, décrivent chaque acrobatique position (de celle du petit-beurre à celle du bourdon ardent…), et sont accompagnés d’illustrations graphiquement sobres, qui suggèrent plus qu’elles ne montrent – et, quand elles montrent, la fantaisie l’emporte haut la main. Attention, ne vous méprenez pas sur l’objectif de ce beau livre, qui prend le contrepied des guides et autres manuels susceptibles d’éradiquer toute spontanéité : ici, la lecture stimule avant tout le cerveau et l’imagination de chacun.

     

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  • Les garçons de la plaza Real

    L60580.jpgAlberto
    Daniel Arsand, illustré par José Maria Gonzalez

    Les éditions du Chemin de fer, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Dans les années 1970, jeune homme choyé par ses parents, Daniel s’aventure à Barcelone, entraîné par un ami, ses faux désirs de voyages et ses illusions. « J’avais vingt-cinq ans. Ma jeunesse ne s’était pas colletée vraiment avec le réel, elle se croyait infatigable, incorruptible et éternelle ». Malgré le franquisme déclinant, la ville espagnole apparaît comme « un gouffre luxuriant » plein de libertés, de promesses et de rencontres. C’est dans ce contexte qu’apparaissent Alberto et la passion qu’il suscite d’emblée auprès du narrateur.

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  • Céline, autre et tel qu'en lui-même

    autreceline.jpgUn autre Céline
    De la fureur à la féérie - deux cahiers de prison

    Henri Godard
    Editions textuel, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    Présente-t-on encore Henri Godard ? Henri Godard, l’auteur en 1994 de l’indispensable synthèse que constituait Céline scandale et, plus encore, quelque dix ans auparavant, d’une Poétique de Céline qui fit entrer de plain-pied l’argotier absolu dans le giron de l’Alma mater, jusque là réticente à l’accueillir. Henri Godard, surtout, l’éditeur des quatre volumes de la Pléiade. C’est de cette prestigieuse signature que s’enrichit un coffret de ce que l’on qualifie de « beaux livres ». Si vous comptez parmi vos amis un célinolâtre, ne cherchez pas plus loin ce que vous lui déposerez sous le sapin.

    Le but poursuivi dans Un autre Céline est annoncé sans ambages : « Ce panorama, dressé hors de toute visée biographique et même hors chronologie, afin de donner leurs justes proportions à quelques-unes des composantes du paysage de Céline, ne cherche pas à en faire une étude systématique. Mais l’iconographie est là pour prendre le relais de l’analyse. Elle aussi, de manière différente, est de nature à enrichir la lecture des textes en montrant visuellement des images que le romancier ne laisse affleurer que par des coups de projecteurs toujours brefs ».

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  • Lupus est homo homini

    loupsarbacane3.jpgUn LOUP peut en cacher un autre
    collectif d'illustrateurs - textes de François David
    Sarbacane, 2006

    (par B. Longre)

     

    Après l’éléphant, un animal autrement plus ambivalent a été retenu par les éditions Sarbacane pour ce deuxième album grand format, qui réunit une trentaine d’illustrateurs, et dont le fil conducteur est une nouvelle fois offert par François David et ses poèmes – en regard de chacune des créations graphiques. Un bel éventail, donc, qui permet à la fois de (re)découvrir des artistes et d’observer le loup à travers le prisme d’univers imaginaires forcément très hétérogènes ; un animal qui n’a jamais cessé d’inspirer pléthore d’auteurs – comme en témoigne, parmi tant d’autres, les pièces de Joël Pommerat et de Jean-Claude Grimberg ou un bel album paru récemment au Rouergue, Dans la gueule du loup de Fabian Negrin, un Petit Chaperon Rouge écrit du point de vue du loup…

     

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  • Chacun cherche son éléphant...

    elephant3.jpgUn éléphant peut en cacher un autre
    collectif d'illustrateurs - textes de François David
    Sarbacane, 2005

    (suivi d'un entretien avec Emmanuelle Beulque, éditrice)

    (par B. Longre)

    Imaginez que l'on demande à des illustrateurs aux univers très différents de représenter un éléphant : jeu auquel se sont prêtés plus d'une trentaine d'entre eux - à la demande des éditions Sarbacane, chacun proposant une vision personnelle de l'animal : du réalisme au merveilleux, du naïvisme à l’ultra graphique, chaque représentation animale reflète des mondes intérieurs uniques.
    La plupart de ces illustrations grand format en disent beaucoup à elles seules et on se surprend à "écouter" ces récits muets, en y superposant ses propres histoires ; un second fil conducteur, cette fois textuel, permet néanmoins de donner une belle cohérence à l'ensemble : les textes en vers libres de François David (dont on ne présente plus le travail par crainte de se répéter, tant il est abondant et de qualité…), qui s'est penché sur chaque illustration et qui livre son regard d'écrivain et ses réflexions tour à tour amusantes (par le biais de nombreux jeux de mots), mélancoliques ou oniriques.

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  • Barbara Yelin

    yelin.jpgLe visiteur
    de Barbara Yelin
    Ed. de l'AN 2, nov. 2004

    L’absence des mots ne gênera pas le lecteur : dans ce monde onirique, les illustrations expressionnistes rendent compte des sentiments successifs de la petite fille solitaire, elle aussi autosuffisante. C'est l'histoire d'une rencontre imaginaire, celle de l'enfant et d'un énorme corbeau au plumage luisant qui est entré par la fenêtre de sa maison. Ce dernier, affamé, dévore le repas qu'elle a préparé, sans en laisser une miette. Voyant cela, la petite repart pêcher, mais l'oiseau noir la suit et dérobe les quelques poissons qu'elle a appâtés... Cet ouvrage peut être lu à tout âge, mais sa noirceur initiale et la relation ambiguë qui se construit entre les deux personnages confèrent à l'ensemble une sensation de menace omniprésente. Il n'empêche qu’il suffit d'observer les superbes crayonnés de Barbara Yelin pour tomber sous le charme de ce roman visuel, dans lequel les images parlent d'elles-mêmes, différemment selon le lecteur, laissant deviner de multiples interprétations possibles.

    L'éditeur