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roman jeunesse - Page 3

  • La grande aventure de Champlain

    champlain3.jpgVoyages
    Samuel de Champlain

    Abrégé par Marie-Hélène Sabard
    Classiques abrégés, L’Ecole des Loisirs, 2008

     

    (par Jean-Pierre Tusseau)

    Alors qu’on s’apprête à célébrer le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, si on en profitait pour se replonger dans la grande aventure de Champlain telle qu’il l’a lui-même racontée ?

    De 1603 à 1635, ce navigateur, découvreur, cartographe, a relaté dans le détail ses douze voyages entre la France et la Nouvelle-France, ses explorations et ses relations avec les « sauvages » dont il décrit les habitations, le mode de vie, les croyances, les rivalités entre tribus. Il évoque aussi la complexité des problèmes, évidemment d’ordre climatique, mais aussi techniques et politiques, rencontrés dans sa tentative d’installation d’une véritable colonie et l’édification d’une ville française, celle dont on va célébrer le 400e anniversaire et qu’il ne désigne encore que par « l’habitation ». Le découvreur, gouverneur, gestionnaire porte sur le monde qui l’entoure un véritable regard d’ethnologue.
    Chose exceptionnelle, en publiant ses récits dès 1613 puis entre 1619 et 1632, il a été le premier découvreur et fondateur à diffuser largement, presque « en direct » la progression de ses découvertes.

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  • Pari risqué

    earnaud1.jpgLes Trilingues
    Emmanuel Arnaud

    Le Rouergue (doAdo), 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Gabriel, élève de 6e dans un collège parisien, est en classe trilingue où l’on apprend le japonais. C’est lui qui raconte son année, avec son langage (une version d’oral ado pas toujours crédible). On a ici ce qui pourrait être l’amorce d’une réflexion sur les particularités de ces classes, tant les points qui y sont développés sont nombreux et variés : pourquoi on y est, l’acharnement des enseignants et des parents impliqués à trouver des occasions pour ouvrir la classe sur la culture du pays exotique, la difficulté des élèves d’origine étrangère à se situer dans le groupe… La caricature n’est pas loin, et le texte est très drôle, en un sens.

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  • Fifi, un modèle… d’anticonformisme

    fifi3.jpgFifi Brindacier, l’intégrale
    de Astrid Lindgren
    Hachette jeunesse, 2007

    (Par Caroline Scandale)

    L’impertinente et audacieuse Fifi revient sur le devant de la scène éditoriale. A l’occasion des 100 ans de l’écrivaine suédoise Astrid Lindgren, Hachette jeunesse réédite les trois titres de la série des Fifi (Fifi Brindacier, Fifi Princesse et Fifi à Couricoura) sous forme d’un beau livre relié grand format, illustré par Ingrid Vang Nyman. L’occasion est donnée de faire à nouveau connaissance avec l’héroïne suédoise au caractère très affirmé, ravissante de modernité malgré son demi-siècle.

    Pour la petite piqure de rappel, Fifi Brindacier vit seule dans une grande maison, avec un poney et un singe. Autrefois, elle a eu une maman, mais elle ne s’en souvient plus. Cette dernière est morte quand Fifi n’était qu’un tout petit bébé « qui braillait tellement fort que personne n’arrivait à rester à côté d’elle ». Par contre, la petite fille n’a pas oublié son papa, capitaine au long cours. Elle l’avait accompagné sur son navire, jusqu’au jour de sa disparition en mer, emporté par une terrible vague. Mais elle est sûre qu’un jour il reviendra et que, pour le moment, il est le roi d’une tribu de cannibales sur une île perdue…

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  • L’art de prendre des gants… avec les mots

    almassy1.jpgAutobiographie d’un fantôme et autres fictions
    Eva Almassy

    Médium de l'Ecole des loisirs, 2007

    (Par Caroline Scandale)

    Madeleine Delande est la seule écrivaine au monde à n’écrire qu’avec des gants. Ses contes, nouvelles, lettres ou récits rivalisent d’inventivité. Les pensées surgissent à vau-l’eau, comme furieusement inspirées par la matière, l’apparence et l’utilisation de l’habit. D’ailleurs qu’il soit de tissu, de laine ou de cuir, l’écrin lui va comme un gant.

    Il suffit à Madeleine de glisser ses mains dans des mitaines en cuir pour qu’elle devienne un instant la jeune Emma, éprise d’un bel inconnu à l’odeur sauvage. Parée de gants délicatement œuvrés en dentelle d’Irlande, Annaig, apprentie dentellière sur son île bretonne, est convoquée à la table d’écriture. Affublée de gants rouges très longs, Madeleine imagine la romance cruellement délicieuse de Zita et Antonio. L’insaisissable amoureux disparaît subitement de l’existence de sa belle en lui laissant d’ardents messages de rupture : « Mon amour, mon âme, mon tout. Ma demoiselle, ma Zita, mon orageuse…Si tu me regrettes, tu me reverras. Si tu me revois, tu le regretteras… »

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  • J’ai deux amours…

    ldelachair3.jpgBoris Vian et moi
    Lou Delachair

    Roman Exprim, Sarbacane, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    Elsa, 18 ans, arrive à Paris afin d’étudier la littérature (accessoirement) et surtout de tenter de sauver le couple déjà « vieux » qu’elle forme avec Louis, son premier « grand » amour, connu cinq ans plus tôt au lycée. Car tandis qu’Elsa est convaincue de toujours l’aimer, Louis semble s’être muré dans une indifférence qui ne fait qu’accroître le mutisme et l’angoisse de la jeune fille – incapable de rompre ce statu quo, de le quitter, de le libérer, de passer à autre chose. Ils ne s’installent pas ensemble, vivent chacun de leur côté dans la même rue du quartier latin ; et même si, imperceptiblement, tout a changé entre eux, ils continuent de se voir chaque jour, par la force de l’habitude, sans qu’il ne se passe plus grand-chose – hormis la lente agonie de leur histoire.

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  • Mu, Le feu sacré de la terre

    mu3.jpgLa trilogie du gardien, tome 1 : Mu Le feu sacré de la terre
    de David Klass

    traduit de l’anglais par Julien Ramel
    Intervista, 2007 - collection 15-20 ans

     

     (Par Catherine Gentile)

     


    Une nouvelle collection chez Intervista, co-dirigée par Denis Guiot
    et Constance Joly-Girard : « 15-20 ».

     

     

    Denis Guiot explique que la démarche éditoriale qu’il a choisi d’adopter avec Constance Joly-Girard vient combler le « no man’s land éditorial » que l’on constate en ce qui concerne les jeunes adultes. Ceux-ci ne se retrouvent ni dans la littérature de jeunesse, justement trop ciblée pour les enfants et les adolescents, ni dans la littérature pour adultes. Captés bien souvent par d’autres centres d’intérêt, ils délaissent alors la lecture.
    Denis Guiot précise encore : « La collection « 15-20 » proposera des romans en prise avec les grands enjeux de notre société, des romans pour rêver et prendre conscience, des romans d’apprentissage où les héros devront « mouiller leur chemise », des romans écrits dans une langue claire, dynamique et naturelle. Notre politique éditoriale s’appuie sur du divertissement de qualité au service d’une ouverture sur la vie, et prend en compte les pratiques culturelles de la tranche d’âge visée. Les titres que nous publions en 2008 parleront du danger que court la planète, du suicide des jeunes, de l’immigration clandestine, de la ghettoïsation des banlieues, etc. Mais sans prêchi-prêcha et en gardant toujours à l’idée que lire n’est ni une obligation, ni une occupation démodée, ni une activité élitiste, ni une fuite hors du monde, mais un plaisir simple, intense et actuel, qui fait partie de la Vie. »

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  • Rêver pour vivre et vice-versa

    mademoiselles3.jpgLa vie rêvée de Mademoiselle S.
    Samira El Ayachi

    Exprim, Sarbacane, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    Entre deux eaux, Salima a bien du mal à réconcilier son présent et ce qu’elle éprouve (et laisse rarement sortir) – ses frustrations, sa lassitude face aux pressions qui viennent de toutes parts, ou tout ce qu’elle n’ose espérer vivre un jour. Fille d’immigrés marocains, issue d’un milieu modeste, la jeune lycéenne de terminale, pétrie de contradictions, semble ne plus savoir quelle route emprunter : certes, elle reconnaît la valeur de son travail scolaire et ses camarades lui en savent gré (profitant de « la » bonne élève comme bouée de sauvetage), tout comme ses professeurs (qui peuvent compter sur elle quand les autres les désespèrent…), mais Salima reste pourtant lucide sur la finalité de ce qu’elle apprend au lycée. Simultanément, cette étiquette d’élève brillante et consciencieuse (« dans le système, attrapée docile », dit-elle) lui pèse tout autant que certains rituels familiaux qui l’ennuient ou les incitations à « continuer ainsi » de ses parents qui veulent lui assurer le meilleur avenir possible. Alors, quoi faire ? Chercher un petit boulot ? Entrer dans la vraie vie ? Oui, mais comment ?

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  • Tu ne me connais pas

    klass.jpgTu ne me connais pas
    David Klass

    traduit de l’anglais par
    Jean et Claude Demanuelli
    Seuil jeunesse, 2002

    (Par Catherine Gentile)

    Dès l’entrée dans le roman, on entre de plein fouet dans le désarroi du narrateur, John, un adolescent malheureux qui s’adresse à sa mère et ne s’exprime que par la négation : elle ne le connaît pas, l’homme qui vit avec elle n’est pas son vrai père, son école est une anti-école, sa maison n’est pas la sienne… John souffre de l’apparente indifférence de sa mère, une femme usée par le travail en usine et surtout, de la violence de son beau-père, qui le « corrige » sans laisser de traces. John n’épargne donc personne, pourtant son récit n’est pas un règlement de comptes.

    Ouvrir le roman, c’est surtout entendre la voix de cet adolescent, une voix fière et forte, un garçon malheureux qui s’avère pourtant plein de ressources. Il montre une lucidité étonnante et raconte le monde qui l’entoure avec un humour décapant, ce qui lui permet de le trouver sans doute plus supportable. Il a aussi recours à son imaginaire en s’inventant une tribu exotique, les Palulu du Lashasa, et en se demandant ce que ferait cette tribu dans telle situation vécue par lui. Il raconte aussi ses premiers pas dans le domaine amoureux, d’une manière à la fois très pudique et désopilante.

    On a rarement aussi bien parlé de l’adolescence et ce roman mérite vraiment le détour. Un texte étonnant et juste qui montre bien la difficulté de se construire à cette période de la vie. A conseiller à de bons lecteurs à partir de 13 ans, garçons et filles.

  • Rififiction dans l’édition jeunesse

    gloire3.jpgLa Gloire de mon frère
    Emmanuel Arnaud

    Editions du Rouergue (doAdo), 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Non, La Gloire de mon frère n’est pas un remake de Pagnol mais est construit à partir d’un soupçon d’autobiographie. Ce court roman reprend de façon tout à fait originale l’histoire du premier roman d’Emmanuel Arnaud, Les Trilingues, édité lui aussi au Rouergue (2006). Il reprend non les personnages, ni l’intrigue ni les thèmes, mais l’histoire de la publication d’un roman pour ados et la découverte que l’auteur a faite des métiers de l’édition à cette occasion. Éditrice, correctrice, conseillère, une certaine Sophie, guide l’écriture finale, pilote l’auteur dans les salons du livre, interviews, etc. et veille à l’avenir de l’œuvre.


    Tout cela est une fiction et non une autobiographie, même si le premier roman évoqué s’intitule ici Les Bilingues, le second Les Trilingues, etc. (c’est d’une série qu’il est ici question) et si l’expérience de ce premier roman a pu nourrir l’œuvre.

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  • Savoir, plutôt que "croire"

    servais3.jpgServais des Collines, un aventurier de la Renaissance
    d'Anne Percin
    Oskar jeunesse, 2007 - à partir de 13 ans

    (par B. Longre)

     À première vue, le nouveau roman d’Anne Percin est bien différent, voire aux antipodes du précédent (Point de côté) : il s’agit là d’un roman historique, fresque vivante, foisonnante, érudite et très vraisemblable d’une Renaissance tumultueuse telle qu’elle est vécue, l’espace de deux années (fin 1532- début 1535), par Servais, jeune lyonnais que son père imprimeur, adepte d’Erasme, envoie faire des études à Paris afin de réaliser par procuration son propre rêve d’érudition.

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  • La vie à refaire

    mcuvelier3.jpgLes mots, ça m’est égal
    Mélanie Cuvelier

    Exprim’ Sarbacane, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    « Avez-vous des idées noires. Je vis des idées blanches, et je me porte au plus pâle. »

     

    Résolument composé sous le signe de la poésie, avec Barbara qui veille en exergue sur les mots à venir, ce premier roman de Mélanie Cuvelier et sa narratrice Jeanne, dix-huit ans, accrochent d’emblée la sensibilité du lecteur, qui aura bien du mal à lâcher ces lignes, quel que soit le degré des souffrances, des frustrations et des brisures qu’elles renferment. Le langage prend à la gorge, tandis que Jeanne, enfermée en hôpital psychiatrique par ses parents, ces « ils » « d’où elle est née » (un constat qu’elle aimerait pouvoir invalider, enviant à certains leur statut d’orphelin) se raconte, dévide le fil de ses pensées tremblantes, de son incapacité à se « dire » à haute voix mais aussi à se résigner à son sort malgré la lassitude qui l’habite ; à pas prudents, elle énonce son désespoir, le morcellement qui la hante, sa privation de liberté, l’irritation qu’elle éprouve face à ces « blouses » anonymes, l’obsession du temps qui passe, dehors, sans elle, ou son désir de mort qui la suit comme une ombre.

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  • Cavalier seul

    chevalierb3.jpgChevalier B.
    de Martine Pouchain

    Sarbacane, Romans Exprim’ 2007

     

    entretien avec l'auteure à la suite de l’article.

     

    (par B. Longre)

     

    Barnabé Bouton aime Rosa Valet, qui ne le sait pas. Il lui écrit, mais signe ses missives de son initiale, et Rosa a beau se creuser la cervelle, elle est loin de soupçonner que c’est « le gros Barnabé » qui compose de si belles lettres, pleines d’envolées toutes bucoliques – lui qui a quitté l’école dès 16 ans. Entres deux lettres, Barnabé passe ses journées à travailler dans la ferme familiale et à écouter une vieille cassette du Concerto n°3 de Rachmaninov en compagnie de son champ de maïs (qui apprécie la musique), en laissant voguer son imagination et en rêvant à l’inaccessible Rosa ; lui vient alors une idée : pour gagner son cœur et attirer son attention, il pourrait changer le monde, et dans ce cas, autant s’attaquer à ce qu’il connaît si bien, son village, où tout ne marche pas nécessairement comme il faudrait… à commencer par le champ de maïs transgénique, qui rencontre la désapprobation de tous les habitants : « une mission parfaite pour un chevalier », se dit le jeune fermier…

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  • (Re-)vivre enfin

    cleblanc3.jpgRester vivante
    de Catherine Leblanc

    Actes Sud Junior 2007

     

    (par B. Longre)

     

     

    Nombre de lecteurs (jeunes et moins jeunes) se retrouveront certainement dans Jo, la narratrice créée par Catherine Leblanc, un personnage crédible, touchant, et qui surtout parvient à mettre en mots son mal-être, des mots qui lui permettent de mieux appréhender ses émotions contradictoires ; et ce, en dépit de la méfiance que le langage lui inspire d’ordinaire : « Parler n’empêche pas d’être seul, c’est une illusion de penser que les autres peuvent nous comprendre. » lance-t-elle un jour à son professeur de philosophie – une discipline qui d’abord l’intrigue, puis la déçoit en ce début d’année de terminale.
    Comme beaucoup de narrateurs de romans miroirs, Jo a du mal à communiquer, en particulier avec ses parents, des êtres résignés au désenchantement ambiant, qui se disputent perpétuellement : la mère est intrusive et superficielle, pleine de fausse sollicitude, passant son temps à s'apitoyer sur son sort, le père reste indifférent à sa fille, lui imposant sa vulgarité depuis plusieurs années. La rage qui envahit par instants la jeune fille et la médiocrité des adultes qui l’entourent fait immanquablement repenser, entre autres, à Jeanne, l’adolescente de Mémoires d'une sale gosse de Cédric Erard.

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  • Une couleur à part

    macouleur3.jpgMa couleur
    Catherine Leblanc & Sophie Charpin (illustrations)
    Balivernes, 2007

     

     

    Fathi, bouleversé par la séparation de ses parents, a perdu sa « couleur de famille », sa «couleur d’enfant » ; il se cherche, ne se retrouve plus, et seule une question le taraude à présent : « De quelle couleur je suis ? » ; une question qu’il pose à tous ceux qui l’entourent (au point d’exaspérer sa mère) sans entendre de réponse satisfaisante, ni dans la famille de son père, ni dans celle de sa mère, ni à l’école… Noir, blanc, chocolat, couleur de poussière ou couleur « de crotte » (selon certains camarades de classe…) ? En tout cas, il sait qu’il n’est pas couleur « lait tourné », contrairement au nouvel amoureux de sa mère...

    (par B. Longre)

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  • L’amour "global"

    amulpas3.jpg

    La fille du papillon, d'Anne Mulpas
    Sarbacane, Romans Exprim’ 2006
    à partir de 13 ans

    (par Blandine Longre)

    « Ce n’est pas un banal coup de foudre, ce n’est pas une bête histoire d’amour. Non, non et non. C’est autre chose », écrit Solveig dans le journal intime qu’elle a choisi d’écrire, en dépit de ses principes… car elle a enfin quelque chose à raconter et à confier depuis qu’elle a rencontré celui qu’elle baptise d’emblée « le Monde », le garçon qui va prendre désormais beaucoup de place dans ses pensées et dans sa vie.

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  • Adapter / rapprocher ?

    honaker3.jpgOdyssée
    tome II, Les naufragés de Poséidon

    Michel Honaker
    Flammarion, 2006

    (par Anne-Marie Mercier)

    L’Odyssée, adaptée par un auteur à succès comme Michel Honaker, devait être un bon moyen pour faire goûter une œuvre qui n’est plus beaucoup lue par les jeunes lecteurs (encore que les programmes de français de 6e la recommandent comme l’un des textes «fondateurs » dont l’étude est recommandée). Michel Honaker écrit bien, il manie même avec naturel les épithètes homériques, et certaines pages ont du souffle.

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  • Chronique d’une métamorphose

    annepercin3.jpgPoint de côté, d'Anne Percin
    Editions T. Magnier, 2006
    à partir de 14 ans

    (par Blandine Longre)

    Le premier roman d’Anne Percin (« réécrit 3 fois en 15 ans ») est l’aboutissement d’un travail de longue haleine et, à la lecture, l'on sent à quel point l’auteure s’est attachée à son personnage ; elle l'examine avec compassion, décrivant avec précision l’état d’extrême solitude d’un adolescent que la vie étouffe. Et malgré le désespoir palpable de Pierre, les trois cahiers qui composent son journal conservent une fraîcheur de ton et une autodérision qui laissent penser qu’il va parvenir à s’extraire de sa dépression (cette « vieille envie de ne plus en être »), qui n’en finit pas de perdurer.

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  • Les voyages forment la jeunesse, c’est bien connu...

    genevievebrisac6.jpgAngleterre
    Geneviève Brisac
    Médium de L’Ecole des Loisirs, 2005

     

    (par B. Longre)

    Les parents d’Adélaïde décident de l’envoyer en séjour linguistique sans l’avoir consultée au préalable (pour des raisons d'abord obscures), la toute jeune fille est révoltée – et se plie malgré tout à l’autorité parentale… Quand elle arrive en Angleterre, elle va de surprises en déconvenues, portant un regard critique sur tout et sur tous – transformant ainsi certaines scènes au demeurant banales en une comédie très acide : la famille d’accueil en prend pour son grade, mais les Français qui l’accompagnent aussi.

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  • Entre rêve et réalité

    chaboud3.jpgSous les sables d'Afghanistan
    Jack Chaboud
    Editions du jasmin, 2004

     

    (par B. Longre)

     

    Ayoub, quinze ans, est apprenti bijoutier chez maître Hosseini, qui tient une échoppe dans un caravansérail où les nomades vont et viennent, au fil des saisons. Le garçon, orphelin, plutôt orgueilleux, aime à pavoiser devant ses camarades plus jeunes, mais rêve aussi d’espaces lointains en observant les voyageurs qui font halte dans ce lieu ; il attend plus particulièrement une «fille aux yeux dorés», aperçue un an plus tôt, qui lui avait mystérieusement annoncé : «Tu es comme moi, tu peux écouter les voix de l’intérieur. Elles nous parlent de loin.» avant de repartir avec son peuple. C'est en interrogeant maître Hosseini que le garçon apprend que les nomades vivent comme hors du temps et à l’écart, quand ils le peuvent, des sombres réalités contemporaines qui frappent l’Afghanistan depuis des décennies : ils « sont libres comme l’air ; ils vont sans hâte, loin des villes et des guerres. Ils forment les maillons d’une chaîne qui les unit à tous leurs semblables du passé et de l’avenir. »

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  • Chronique sociale au futur de l'indicatif

    loiduplusbeau3.jpgLa loi du plus beau
    Christophe Lambert
    Autres Mondes, Mango, 2004

    (par B. Longre)

    En tant que genre, l'anticipation vise avant tout à poser des questions qui ont une résonance contemporaine, une façon détournée, mais qui ne trompe personne, de dénoncer certains comportements politiques ou sociaux et leurs dérives, en les amplifiant, parfois sur le mode de la caricature. C'est le thème de l'apparence qu'a cette fois retenu Christophe Lambert, auteur de romans d'anticipation et de science-fiction pour la jeunesse depuis 1997.

    La loi du plus beau nous projette vingt ans en avant, dans un monde urbain qui ressemble beaucoup à celui que nous connaissons (hormis quelques gadgets amusants ou autres inventions technologiques très vraisemblables) : libéralisme, chômage, difficultés sociales, etc. ; des données certes accentuées par les discriminations physiques institutionnalisées par le gouvernement : le secrétariat d'État à l'Esthétique a en effet imposé un classement intitulé «l'échelle d'Apollon», à partir duquel les individus sont étiquetés, dès l’enfance, selon leur "beauté".

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