Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

roman jeunesse - Page 2

  • Slamer Rimbaud

    saison rimbaud.jpgUne saison Rimbaud

    Emmanuel Arnaud

    Editions du Rouergue (collection DoAdo), 2008

    A partir de 13 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    On peut faire toutes sortes de rencontres à Benidorm, station balnéaire espagnole où « il n’y a rien que des tours, toutes pareilles, comme à la Défense », et même la rencontre la plus improbable, la plus inimaginable pour un jeune lycéen: celle de la poésie d’Arthur Rimbaud.

    A partir de ce jour, la vie d’Alexandre bascule dans une autre dimension, il est projeté sur « une autre planète », dans « l’hyper espace », avec une puissance telle que la fadeur d’avant n’est plus supportable. Tout doit changer, et en premier lieu la petite amie qui n’y comprend rien et n’y comprendra jamais rien.

    Lire la suite

  • Prison d’enfants

    9782748506884R1.gifMéto, tome 1 : la maison
    De Yves Grevet
    Syros, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Roman d’anticipation, de formation, de collège, La Maison est tout cela sous le signe général de l’enfermement. Des garçons sont réunis dans une maison qui est tout leur monde : amnésiques, ils n’ont pas accès à leur passé, sans famille ils ne se souviennent pas d’en avoir eu une. Ils n’ont pas de futur non plus, ignorant ce que deviennent ceux d’entre eux qui arrivent à l’adolescence et disparaissent. Ils ignorent aussi qu’un autre sexe existe.

    Dirigés par des hommes nommés « César » (César 1, César 2 etc.), eux mêmes portent des noms aux consonances romaines (Claudius, Crassus, Paulus…). La discipline est militaire, carcérale aussi. Les plus vieux initient les plus jeunes. L’entraînement se fait dans un jeu collectif très violent, seul dérivatif à la tension qui les habite tous, et on y joue avec la mort.

    Lire la suite

  • No future

    maltescarrels.jpgScarrels
    de Marcus Malte
    Syros, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Roman étrange et noir, Scarrels se situe dans un monde lui aussi étrange et sombre. On y vit la nuit, il y pleut sans cesse, la ville est un univers clos où la foule erre sans but, les chemins sont des traits de lumière entre la maison et la ville. De curieux oiseaux, des faucons, font la police et traquent et mettent en pièces les mal pensants, les fauteurs de trouble.
    Si le narrateur est un adolescent assez proche de ceux qui pourraient être ses lecteurs, pris entre son amour pour son amie d’enfance et ses relations avec ses parents, ses amis, jeunes comme lui, sont plus improbables : Abel le géant simplet, Jona l’amie mystérieuse, Karen orpheline de nulle part de la classe des « perles », à l’allure de poupée qui teint entre ses bras son double, Tina, une poupée vivante et parlante, changeant à tout moment de costume et de personnalité (Tina-Star, Tina Baila…), un genre de Barbie animée et puissante, Steve l’adolescent borné, Tommy, celui qui sait tout… un clan des six uni par des relations fortes, mais aussi par beaucoup de non dits.

    Lire la suite

  • Un monstre très humain

    doppel1.jpgDoppelgänger
    David Stahler Jr
    traduit de l’anglais par Luc Rigoureau
    Tribal, Flammarion, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Roman s’inscrivant à la fois dans la veine fantastique et dans celle de la chronique adolescente, Doppelgänger décrit un univers réaliste, socialement et affectivement très vraisemblable, alors que le narrateur est par nature un non-humain : un jeune Doppelgänger privé de nom, « une créature primitive », un caméléon qui s’approprie pour un temps la vie d’un être humain qu’il a au préalable assassiné. Un monstre ? Le narrateur « se pose la question depuis que je suis en âge de réfléchir. Je n’ai toujours pas de réponse. Ma mère estimerait que non. D’après elle, notre race n’a rien à voir avec le bien et le mal - "ces sottes conventions humaines". »

    Lire la suite

  • La part manquante

    calouan.jpgCe héros n’est pas mon père

    Calouan

    Les 400 coups, collection Connexion, 2008

     

    (par Caroline Scandale)

     

    Ce livre est l’histoire d’une absence, celle du père. Caroline, jeune adolescente, n’a jamais connu ce dernier. Il les a abandonnées lorsqu’elle était bébé. Ce manque perturbe terriblement son existence au point qu’elle doute constamment d’elle. Préférant cacher la vérité à ses camarades plutôt que de leur faire pitié, elle s’invente un père héroïque trop occupé à sauver le monde pour l’élever. Le mensonge se transforme en déni, sorte de carapace de protection contre le désespoir…

    Lire la suite

  • « SF congelée »

    sanvoisinfrois.jpgMathis, l’enfant qui venait du froid
    Eric Sanvoisin
    Editions Anna Chanel, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    La collection « teenager 2168 »  des éditions Anna Chanel, dédiée aux adolescents, promet de « nous plonger dans une réalité qui pourrait bien se superposer à la nôtre ». De fait, Mathis, l’enfant qui venait du froid, décline de nombreuses angoisses actuelles quant au futur de la planète et de l’humanité : la terre a été ravagée par des catastrophes causées par le réchauffement climatique, le contact des hommes avec l’univers naturel a été rompu ; ils sont obligés de vivre sous terre, ne se reproduisent plus, n’ont plus goût à rien. Dans cette société, ceux qu’on appelle les Réveillés, les malades venus du passé, gelés en attente de nouvelles découvertes médicales et progressivement ramenés à la vie sont censés tantôt la perturber, tantôt la sauver – on ne sait.

    Lire la suite

  • Les débuts sont des moments délicats

    tgornet3.jpgJe n’ai plus dix ans
    Thomas Gornet
    Neuf, L’école des Loisirs, 2008

    (par Madeline Roth)

    « Il y a un film de science-fiction qui commence dans les étoiles. On les voit s’allumer une par une. Et ensuite une tête de femme apparaît, comme si elle flottait dedans. Et elle dit : « Les débuts sont des moments délicats ».

    Je n’ai plus dix ans est le deuxième livre de Thomas Gornet, après Qui suis-je ?, publié dans la collection Medium de L’Ecole des Loisirs, en 2006. Ce premier livre avait déjà ce goût de terre, de cour d’école, de bleus au genou. Il y a des auteurs qui parlent de l’enfance comme s’ils n’en étaient jamais tout à fait partis. Pas quelque chose posé à côté, dissonant. Et puis il faut voir Thomas Gornet sur scène aussi, pour se remplir d’images.

    Lire la suite

  • Miraculeux ? Assurément.

    edouard.jpgLe miraculeux voyage d’Édouard Tulane
    Kate DiCamillo

    illustrations de Bagram Ibatoulline, traduit par Sidonie Van Den Dries, Tourbillon, 2007

     

    (par B. Longre)

    Ce roman illustré, aux allures de beau-livre, réserve d’insoupçonnables ravissements au lecteur. Littérature « jeunesse » ? Pas vraiment. Éminemment picaresque, et pourtant bâtie comme un conte qui s’inspirerait de nombreux autres tout en demeurant unique, l’histoire d’Édouard, lapin de porcelaine narcissique et superficiel, recèle tant de niveaux de lecture que chacun est susceptible d’y trouver son compte. Malmené par de multiples événements, balloté par les éléments ou les humains qui croisent sa route, Édouard est un héros au prime abord peu sympathique, qui évolue bien malgré lui, de la déchéance à la rédemption : il s’humanise peu à peu, se métamorphosant au fil des ans, tandis qu'il se découvre un cœur et des sentiments. Le raffinement des illustrations à l’ancienne rappelle par instants la précision d’un Norman Rockwell et ajoute à l’ensemble un charme désuet qui s’accorde à la perfection à ce roman sans âge, qui a déjà tout d’un classique.

  • SF écolo

    soon.jpgApocalypse Maya

    Frédérique Lorient

     Syros, collection Soon, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Une nouvelle collection a vu le jour aux éditions Syros : dirigé par Denis Guiot, Soon entend proposer des romans de SF intelligents, ouverts sur l’ailleurs – une façon comme une autre d’inciter à réfléchir à l’ici et au maintenant, mais aussi de divertir le lecteur. Des caractéristiques habilement conjuguées dans Apocalypse Maya, qui peut se lire de diverses manières – comme un roman d’apprentissage relatant l’éveil d’une conscience sociale et environnementale ; comme une fable qui rappellerait que l’Histoire est composée de situations cycliques et d’atrocités (il est ici question de deux génocides, à des décennies de distance) vouées à se répéter à moins d’agir pour en atténuer l’ampleur ; comme une illustration de ce qui ne manque pas d’arriver si on laisse la rentabilité l’emporter sur l’humain, sur l’éthique et sur l’équilibre naturel (le fameux « science sans conscience »…) ; ou encore comme une aventure plutôt bien menée et écrite, qui réserve nombre de rebondissements. Certaines « leçons » écologiques ou historiques sont parfois amenées de manière très explicite (trop, peut-être), mais on lit d’une traite l’histoire du jeune Jové, du vieil Indien qui le convertit à ses valeurs et de l’étonnant peuple des Suris (leur langage, en particulier, fascine, tout comme leur propension artistique), confrontés à l’organisation toute-puissante qui a colonisé la planète Maya.

    http://www.syros.fr/nouveautes.asp

  • Retenez ce titre...

    apercin3.jpgL'âge d'ange

    Anne Percin

    L'école des loisirs, Médium, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Retenez ce titre : L'âge d'ange. Un roman dont il est bien difficile de parler, pour diverses raisons dont certaines n'apparaissent qu'au fil de la lecture... Disons simplement qu’il s'agit d'une rencontre inattendue autour d'un livre fascinant (d’abord adoré, puis désacralisé, et pour finir inoubliable), de l'éveil d'une conscience et d’un corps, d’une émancipation et, surtout, du bouleversement intime (« Le choc fut si violent que, des années plus tard, alors que j’écris ces lignes, je tremble. ») qu’éprouve un ange solitaire, au contact d’un autre ange, peut-être : « A la limite, on pouvait presque lui trouver une tête romaine. Un peu comme Marlon Brando, du temps de sa splendeur. » L’histoire, d’une grande justesse, est teintée de nostalgie mais aussi de fatum, et l’intrigue emprunte nécessairement à la tragédie grecque, entre terreur et pitié, violence et tension (mais il faut le lire pour comprendre). L’ensemble va bien au-delà du très conventionnel roman d’apprentissage et le regard rétrospectif de la narration confère une richesse certaine au récit, qui navigue entre impressions et sensations passées et souvenirs au présent de ces moments d’une rare intensité.

    http://www.ecoledesloisirs.fr

  • Roman d'été

    mazard2.jpgUn cow-boy dans les étoiles
    Claire Mazard
    Seuil jeunesse, collection chapitre, 2008

     

    (par B. Longre) 

    Une fillette passe des vacances estivales à la Fariguette, où elle a retrouvé ses grands cousins, Louis et Tristan, qu’elle admire ; en leur compagnie, Anne se fait aventurière, partage leurs rêves et découvre un trésor (un vrai, qui sera en quelque sorte l’un des fils conducteurs du récit) et grandit un peu. Ces instants presque idylliques sont pourtant anéantis, peu de temps après, par un coup du sort sur lequel aucun des personnages n’aura de prise. Des années plus tard, Anne se souvient, revenant sur cette période figée dans un passé à jamais révolu, mais pourtant inoubliable, toujours vivante en elle. Une évocation nostalgique de l’insouciance bouleversée, un récit entre enfance et adolescence qui se goûte avec un plaisir rare.

  • Contact Direct avec les morts

    cprice3.jpgCe qu’ils savent

    Charlie Price

    traduit de l’anglais (US) par Pierre Charras

    éditions Thierry Magnier, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    La disparition d’une adolescente à la sortie du gymnase où elle s’entraîne en tant que pom-pom girl est le point de départ de ce roman noir, qui se distingue par sa subtilité.

     

    L’inspecteur Gates mène l’enquête, et il est bien forcé de constater que la réalité n’est pas nécessairement réduite à sa stricte rationalité : pour résoudre cette tragique énigme, il lui faudra aussi tenir compte de récits a priori invérifiables, au risque d’être moqué par sa hiérarchie. Celui d’un jeune homme souffrant d’amnésie, d’abord, mais aussi les voix qu’entend Murray, adolescent ombrageux qui aime fréquenter la nécropole et s’entretenir avec ses morts, qu’il considère comme des amis.

    Lire la suite

  • Lecture en herbe

    vlydie.jpg24 heures dans la vie de Théo
    Virginie Lydie, ill. Yann Hamonic
    Balivernes, 2008, dès 6 ans

     

    (par C. Scandale)

     

    24 heures dans la vie de Théo nous plonge au cœur d’une journée riche en rebondissements, où tout bascule dans sa vie. Sa maman ne va pas bien du tout. Sur le trottoir, à côté des galeries Farfouinettes, elle a posé un petit carton, à côté d’elle, à même le sol. Elle n’aurait jamais fait ça si elle n’était pas malade, mais la poudre blanche coute cher. Théo doit faire quelque chose pour la sauver. Ce petit roman réaliste traite avec sensibilité d’un sujet délicat, rarement évoqué dans des livres pour petits. Il rend compte de la souffrance d’un petit garçon face à une maman toxicomane et sans le sou. Destiné à des lecteurs en herbe, il est résolument optimiste et se clôt sur une note d’espoir. Ses jolies illustrations, son thème moderne et son écriture dynamique font de ce court roman un excellent petit objet littéraire qui ne prend pas les enfants pour des bébés.


    L'éditeur

  • L’infidélité a du bon

    honaker4.jpgLes survivants de Troie, vol.1, Le prince sans couronne
    Michel Honaker

    Flammarion, 2008

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Après l’Odyssée, voici l’Énéide en trilogie (c’est le premier tome), revue par Michel Honaker, dans un volume très bien présenté (belle maquette, belle illustration de couverture de Laurent Beauvallet, fidèle à ce qu’on trouvera dans le livre : l’accent mis sur un jeune héros et une troupe hétéroclite et errante). On ne reviendra pas sur la déception, l’agacement causé par la première série, bien loin de l’esprit de l’épopée. Ne s’attendant à rien d’autre on pourra savourer ce gros roman plein d’événements, de bruit et de fureur, moins tragique cependant que ses illustres modèles. La prise de Troie et le massacre des habitants sont évoqués rapidement et avec discrétion – par volonté d’épargner les jeunes lecteurs ?

    Lire la suite

  • Une photo-reporter dans les camps de réfugiés

    bienvenue à Goma.jpgBienvenue à Goma

    Isabelle Collombat

    Editions du Rouergue – collection doAdo monde, à partir de 14 ans, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    L’histoire se passe en 1994. Une très jeune fille s’embarque aux côtés d’une journaliste radio pour Goma, au Zaïre, où s’entassent les réfugiés rwandais réchappés du génocide. Elsa a tout juste 18 ans, elle rêve de devenir photographe-reporter. Elle découvre la pénible réalité du terrain et les difficultés du travail de journaliste dans un pays en guerre. Ce roman réaliste est d’inspiration autobiographique, puisque son auteur, fraîchement émoulue d’une école de journalisme, a travaillé pour une radio humanitaire au Zaïre en 1994. L’intérêt de son récit est principalement documentaire : Pourquoi quitte-t-on le confort occidental pour une des régions les plus dangereuses du monde ? Comment, pris en étau entre les demandes d’une rédaction versatile, friande de reportages lacrymaux, et la dangerosité de mener une enquête sérieuse et politiquement compromettante, un journaliste peut-il trouver sa place ? Comment photographier l’horreur avec un regard juste ? Comment créer des relations humaines dans de telles conditions ? La trame romanesque est certes un peu grossière, et le style sans relief, mais ce roman pourra séduire de jeunes lecteurs attirés par le journalisme et curieux de connaître certaines réalités du métier.

     

    http://www.lerouergue.com

  • Rescapé du Rwanda

    Innocent.jpgInnocent

    Magali Turquin

    Editions du Jasmin, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Le Rwanda est apparemment un sujet littéraire porteur pour les écrivains français. Depuis le prix Médicis 2007 attribué à Jean Hatzfeld pour « La stratégie des antilopes », les récits-témoignages fleurissent. Les éditions du Jasmin publient ainsi le court roman de Magali Turquin, histoire à la première personne d’un rescapé tutsi du génocide. L’auteur cherche à se mettre à la place de celui qui a survécu à l’impossible et nous livre un monologue lyrique de souvenirs décousus et de douleur. Le sujet est inattaquable, et l’intention louable. C’est plutôt bien écrit, le style est limpide et simple, afin que chacun puisse se représenter l’indicible et entendre la voix des victimes. Et pourtant, l’ensemble donne une impression de déjà-vu assez décevante. A réserver à ceux qui n’ont encore rien lu sur le sujet.

     

    http://www.editions-du-jasmin.com

  • Tu seras notable, mon fils

    tstorm3.jpgLe fils du marin (Hans et Heinz Kirch)

    Theodor Storm

    Traduit de l’allemand par Roland Fuentès

    Syros, collection « Les uns les autres », 2007

    Dès 14 ans

     

    (par Myriam Gallot)

      

    En mer baltique, Hans Kirch a travaillé très dur pour réussir à devenir propriétaire de son navire et à s’enrichir grâce au commerce et à la navigation. C’est tout naturellement qu’il ambitionne pour son fils unique, Heinz, de développer l’affaire familiale et de se hisser aux plus hautes fonctions politiques locales, consécration d’une ascension sociale sur plusieurs générations. Comme beaucoup de parents, il envisage l’existence de son fils comme la continuation de sa propre existence et fonde de grands espoirs en son rejeton. Tel est le point de départ de ce roman dense et poignant, un classique de la littérature allemande du XIXème siècle qui paraît dans une nouvelle traduction française.

    Lire la suite

  • Inquiétante étrangeté

    extraterrestres mode d'emploi.gifExtraterrestres, mode d’emploi

    Jérôme Boivin

    Syros (collection les uns les autres), 2008, à partir de 12 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    L’histoire part d’une idée peu banale : un jeune adolescent, Zacharie, soupçonne ses parents, naturistes adeptes de la bio-attitude, d’être des extraterrestres. Cette inquiétante étrangeté le pousse à mener une enquête, afin d’en avoir le cœur net. Pourtant, très vite, le récit donne une impression d’inconsistance et ne se révèle pas aussi captivant qu’il le laissait supposer au premier abord. On a du mal à croire à ces personnages trop caricaturaux, allant du motard tatoué au jeune homosexuel qui se fait appeler « Suzanne ». On a du mal à croire que Zacharie continue à se persuader de l’appartenance de ses parents à une race extraterrestre au fil des mois. Ce fil rouge, rigolo au départ, s’effiloche vite, et semble délivrer une morale somme toutes très convenue (savoir apprécier l’originalité, et ne pas croire que c’est toujours mieux chez les autres). L’auteur pédale dans l’encrier pour essayer de faire tenir l’ensemble, et qui n’est sauvé que par quelques pointes d’humour.

     

    www.syros.com 

  • Que la force...

    lleborgne3.jpgJe suis ta nuit
    Loïc Le Borgne

    Intervista 2008 (collection 15-20)

     

     (par Catherine Gentile)

     

     

    Loïc Le Borgne, écrivain journaliste, s’est fait connaître en littérature avec sa trilogie publiée chez Mango, dans la collection Autres mondes : Le Cycle d’Eden. Destiné aux adolescents, ce Space opera entraîne les lecteurs dans un voyage à la fois poétique et très animé, en compagnie de la jeune Marine et de ses compagnons embarqués à la recherche d’un mythique Monde bleu. L'auteur revient aujourd’hui en force avec un roman fantastique d’une rare intensité, dans lequel il explore les terreurs de l’enfance.
    Le narrateur, un homme de 37 ans, n’a rien oublié de son enfance à Duarraz, petit village breton proche de Rennes, de ses amis disparus, des heures noires vécues avec eux, et surtout du Bonhomme noir qui a hanté leurs jours et leurs nuits. Pour un temps seulement, cela s’était estompé, bulle de répit illusoire, mais voilà que cela revient aujourd’hui, alors que son fils, Tristan, dix-sept ans, veut se rendre seul à l’enterrement de son amie, parce que l’on ne peut pas lutter contre le temps, on ne peut pas effacer.

    Lire la suite

  • Grandir, c’est renoncer

    ailes contrebasse.jpgLes ailes de la contrebasse

    Hervé Mestron

    Syros (tempo +), 2008

    A partir de 12 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Il n’est pas facile d’avoir 13 ans et de quitter son moi enfant, surtout quand l’adolescence vous surprend au saut du lit. Evans, le personnage d’Hervé Mestron découvre du jour au lendemain cette dure réalité : son doudou disparaît et ses parents lui offrent un nécessaire à rasage pour son anniversaire. Quand en plus son professeur de contrebasse lui demande d’abandonner sa chère « Denise » pour un nouvel instrument plus adapté à sa taille, c’en est trop et Evans ne sait comment gérer autant de bouleversements simultanés.

    Lire la suite