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myriam gallot - Page 2

  • Comédie familiale

    lewycka.jpgUne brève histoire du tracteur en Ukraine

    Marina Lewycka

    traduit de l’anglais par Sabine Porte, Editions des Deux Terres, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

      

    Un très vieux monsieur épouse une jeune femme, blonde à forte poitrine, venue d’Ukraine, qui a besoin de ce mariage pour obtenir des papiers britanniques, et est surtout bien décidée à faire cracher un maximum d’argent à son époux avant de l’enterrer. Rien que de très banal, sauf que la narratrice est la fille du très vieux monsieur, et que sa sœur et elle, bien que fâchées depuis des années, vont se réconcilier et mettre tout en œuvre pour chasser cette sangsue du domicile paternel – et si possible aussi de Grande-Bretagne.

    De ce sujet de comédie, Marina Lewycka, née de parents ukrainiens, mais vivant en Angleterre, se saisit avec bonheur. Elle connaît parfaitement ses personnages, tous d’origine ukrainienne, et hauts en couleurs, que ce soit la belle et ambitieuse Valentina, aussi capiteuse que vénéneuse, sachant user de ses charmes, jusqu’à la vulgarité, pour obtenir ce qu’elle souhaite – et avant tout un meilleur avenir pour elle et son fils, qui pourrait le lui reprocher ? Matérialiste, elle est prête à toutes les combines louches pour échapper à l’Ukraine, et, comme beaucoup de filles de l’Est, rêve du confort occidental.

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  • Poilant

    loup tout nu.gifUn loup tout nu

    De Thierry Robberecht, illustrations de Loufane

    Balivernes (collection Calembredaines), 2008

    A partir de 5 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    L’habit fait-il le moine ? A n’en pas douter oui, puisque le loup, sitôt son pelage déchiré, se retrouve à poil et ne fait plus peur à personne. Même les moutons se moquent de lui, c’est tout dire ! Une poulette couturière accepte certes de lui confectionner un nouveau pelage, mais rien n’est gratuit, et il faudra bien que le loup accepte ses conditions.

    Edité par une jeune maison de la région lyonnaise, Un loup tout nu est un album pétillant qui rappelle l’esprit Looney tunes, par l’humour et le style des illustrations. Les formes rondes et les couleurs vives raviront les petits enfants, qui n’auront plus jamais peur du grand méchant loup.

     

    http://www.balivernes.com

  • Si le père pleure

    Marée d'amour dans la nuit.jpgMarée d’amour dans la nuit

    De Xu Dishan, illustré par Mélusine Thiry

    HongFei Cultures (collection Belle île Formosa), 2008

    Pour tous, à partir de 6 ans

     

    (par Myriam Gallot)

      

    Dans les années 20, Xu Dishan, auteur chinois de Taïwan, écrivit un recueil de quarante histoires tendres, « Pluies magiques dans la montagne légère ». Parmi elle, « Marée d’amour dans la nuit » est pour la première fois traduite en français.

    Elle met en scène un petit garçon dont le père souffre du décès de sa femme, qui a eu lieu 100 jours plus tôt. Le père renonce à accompagner son fils à la fête des lanternes, se réfugiant dans la solitude de la douleur et du deuil. Mais « si le père pleure, comment peut-on s’endormir ? » se demande le petit garçon, de retour de la fête.

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  • Yes, she can

    mama miti.jpgMama Miti la mère des arbres

    De Claire A. Nivola

    Le Sorbier (collection « les ethniques »), 2008

    à partir de 7 ans

     

    (par Myriam Gallot)

      

    Au Kenya, Wangari Maathai est surnommée « Mama Miti », « la mère des arbres » en swahili. Cet album biographique traduit de l’américain retrace à l’aquarelle son parcours, jusqu’au prix nobel de la paix, qu'elle reçut en 2004.

    L’œuvre de Mama Miti ? Avoir su réagir à la déforestation massive de son pays, suite à la mise en place de monocultures en remplacement des cultures vivrières traditionnelles, et à ses dramatiques conséquences écologiques et humaines.

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  • Refusez de la faire

    2soldats.jpgLes deux soldats

    Michel Piquemal, illustrations de Julien Billaudeau

    Rue du monde (collection Pas comme les autres), 2008

    A partir de 5 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Ils étaient deux « braves gars », celui de chez nous s’appelait Thomas, celui de là-bas Tibo. Tous deux goûtaient la vie, aimaient la nature et une belle jeune fille de leur pays. Tous deux moururent au front, sacrifiés par la mère patrie, absurdement opposés l’un à l’autre. Sans savoir qu’ils étaient frères. C’était il y a 90 ans. C’était la première guerre mondiale, racontée aux enfants avec des mots simples, dans cet album-miroir aux couleurs de fraternité et de poésie.
    Mais ce sont aussi toutes les guerres, dont les bénéfices reviennent aux puissants. La manipulation et la souffrance seront toujours dans les deux camps et il n’y aura jamais qu’un vainqueur : les marchands d’armes scandaleusement enrichis sur le sang des « petits gars d’ici et de là-bas ». Du moins jusqu’au jour où les « petits gars » refuseront d’y aller et préfèreront « compter les étoiles réunies, celles de là-bas et celles d’ici, dans le grand mystère de la nuit ». Un message de paix universel porté par les illustrations-collages vibrantes, au style très personnel d’un tout jeune artiste-dessinateur, Julien Billaudeau, et les rimes de Michel Piquemal.

     

    Présentation de la maison d'édition Rue du monde

  • Slamer Rimbaud

    saison rimbaud.jpgUne saison Rimbaud

    Emmanuel Arnaud

    Editions du Rouergue (collection DoAdo), 2008

    A partir de 13 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    On peut faire toutes sortes de rencontres à Benidorm, station balnéaire espagnole où « il n’y a rien que des tours, toutes pareilles, comme à la Défense », et même la rencontre la plus improbable, la plus inimaginable pour un jeune lycéen: celle de la poésie d’Arthur Rimbaud.

    A partir de ce jour, la vie d’Alexandre bascule dans une autre dimension, il est projeté sur « une autre planète », dans « l’hyper espace », avec une puissance telle que la fadeur d’avant n’est plus supportable. Tout doit changer, et en premier lieu la petite amie qui n’y comprend rien et n’y comprendra jamais rien.

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  • Pour cœur brisé rien d’impossible

    choses cassées d'octavio.jpgLes choses cassées d’Octavio

    Texte d’Agnès de Lestrade

    Illustrations de Pascaline Mitaranga

    Gautier-Languereau, 2008

    à partir de 3 ans

     

    (par Myriam Gallot) 

     

    Octavio et sa fidèle assistante, une poulette bricoleuse, réparent tout : les mers démontées, les trous de mémoire, « les tuiles, les bosses et les coups du sort. » Mais comment réparer le cœur de Madeline, la jolie voisine ? Une fable imaginative, à l'écriture soignée, et servie par des illustrations colorées, douillettes et drôles, qui en font un petit bijou de malice et de tendresse. Encore une très belle réalisation des éditions Gautier-Languereau.

     

    http://www.gautier-languereau.fr

  • Territoires du deuil

    rien que l'arctique.jpgRien que l’Arctique

    Hanne Ørstavik
    traduit du norvégien par Terje Sinding

    illustrations de Pierre Duba

    Six pieds sous terre, 2008

     

    (par Myriam Gallot) 

     

    Pendant le solstice d’été 2004, des artistes français et norvégiens furent réunis par le centre culturel français d’Oslo à l’archipel du Svalbard (à 500km à l’Est du Groenland). Au cours de ce séjour, l'écrivaine norvégienne Hanne Ørstavik et le dessinateur Pierre Duba – connu en particulier dans le milieu de la bande dessinée - travaillent ensemble. Dans la froidure nordique et ses lumières barrées de noir naît un livre singulier, « Rien que l’Arctique ».

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  • Deux contes minuscules chinois

    pince coeur.gif

    Pince-cœur
    d’après Guo Ju-Jing, illustrations de Selma Mandine
    Mûres mûres

    d’après Guo Ju-Jing, illustrations de Gaëlle Duhazé
    HongFei Cultures (collection Cœur vaillant), 2008
    A partir de 3 ans

     

     (par Myriam Gallot)

      

    Hong Fei, « grand oiseau en vol », en chinois, est une toute jeune maison d’édition interculturelle qui cherche à « favoriser la rencontre des cultures européennes et extrême-orientales ». Parmi ses premières publications figurent deux « contes minuscules » à destination des tout-petits, adaptés de classiques chinois du XIIIème siècle.

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  • A l'impératif féminin

    fenetresurlabime.jpgFenêtre sur l'abîme
    Sumana Sinha
    Editions de la différence, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Peut-on survivre à son appétit de vivre ? Madhuban, jeune indienne éprise de liberté, n’en doute pas quand elle quitte Calcutta pour Paris, fuyant le regard inquisiteur de ses parents sur sa vie amoureuse qu’ils réprouvent, au nom de la tradition.

    Madhuban, femme passionnée à la présence vive, s’enivre de la vie parisienne et de ses découvertes, rencontre un professeur d’université qu’elle épouse, malgré leur différence d’âge – comment rester à Paris sans papiers ? – s’étourdit dans les bras d’un amant par besoin de mettre des couleurs dans sa vie. Elle finit par se perdre à force de chercher des fenêtres à travers les corps et les mots, chercher le souffle et la lumière qui parviendraient à exprimer son être, cette intensité, « le vibrato intime nommé poésie ».

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  • Un été en adolescence

    arton78.jpgA marée basse de Jim Lynch, traduit de l’anglais (US) par Jean Esch, éditions des 2 terres, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    « Il faut généralement plusieurs décennies pour que les gens aient une vision de l’univers, s’ils prennent la peine de le comprendre. Moi, je l’ai compris au cours d’un été délirant où je me suis retrouvé assailli par la science, la célébrité et les manifestations divines. »

     

    Ainsi parle Miles, âgé de 13 ans, qui raconte son été dans les eaux de la baie de Puget Sound (Etat de Washington), où il vit.

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  • Le petit livre noir de la Chine

    fbobin3.jpgVoyage au centre de la Chine
    Frédéric Bobin
    Picquier, poche, 2008

    (par Myriam Gallot)

    A l’écart des fastes du nid d’oiseau et des jeux olympiques, ce livre-reportage, écrit par l’ancien correspondant du journal Le Monde à Pékin (de 1998 à 2004), brosse les portraits de Chinois «ordinaires », rencontrés dans des classes sociales et régions très diverses.

    Frédéric Bobin raconte ainsi par petites touches une population en souffrance, soumise à des potentats locaux corrompus. Les injustices faites aux citoyens sont criantes, des expropriations de paysans ou de citadins des quartiers pauvres – dont les compensations sont dérisoires – aux licenciement des anciens héros du travail de Mandchourie, qui ne touchent parfois même pas une retraite, après avoir été donnés en exemple pendant les années Mao. Les abus de pouvoir peuvent atteindre des sommets : ainsi en a-t-il été pour cette veuve dont la tombe du défunt mari a été labourée à la pelleteuse sans qu’elle soit prévenue, afin de construire sur le terrain une menuiserie et une distillerie.

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  • Grand et petit

    hmeunier2.jpgGrand et petit
    Henri Meunier et Joanna Concejo

    L’atelier du poisson soluble, 2008

     

    (par M. Gallot)

    « Grand et petit », c’est l’histoire d’une amitié inattendue entre un petit garçon et son alter ego géant, né le même jour que lui, et dont la taille va diminuer jusqu’à disparition, à mesure que le petit garçon deviendra grand à son tour. Le récit, dont on peut faire bien des lectures symbolistes, est empreint de merveilleux et de grâce poétique, de beauté et de silences. Les dessins crayonnés sur du papier jauni, à la manière d’un vieux carnet au charme sépia, ajoutent encore en émotion et délicatesse à la mystérieuse amitié de grand et petit. Cet album, particulièrement soigné, sait convoquer d’une manière originale l’imagination et la sensibilité du jeune lecteur.

  • Vilains moutons

    vilainsmoutons.jpgVilains moutons
    Katja Lange-Müller

    traduit de l’allemand par Barbara Fontaine
    Editions Laurence Teper, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Succès éditorial en Allemagne (35 000 exemplaires vendus), Vilains moutons est le récit à la première personne d’une histoire d’amour vécue par une Berlinoise de l’Est, Soja, passée à l’Ouest dans les années 80. Sous la forme d’une lettre écrite à l’être aimé, Harry, un junkie qu’elle a rencontré alors qu’il sortait de prison, elle revient sur leur relation, de ses débuts improbables à sa fin prévisible, dans une stricte chronologie narrative. Elle s’appuie sur ses propres souvenirs et un cahier que remplissait Harry, dont elle ignorait l’existence du temps de leur relation, et duquel Soja est totalement absente : désir de la protéger ou indifférence ? Les doutes subsistent, et le mystère de cet homme ne sera pas levé. Roman de la complexité amoureuse, Vilains moutons est un monologue parfois bavard parfois intrigant, qui souffre d’une écriture sèche et inexpressive. Oscillant entre réinterprétation du passé et chant d’amour, sans parvenir à être tout à fait convaincant ni réellement émouvant, ce récit se révèle finalement plutôt fade, et souffre mal la comparaison avec l’excellent Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver, lui aussi roman épistolaire monodique de fin d’amour.

     

    http://www.editionslaurenceteper.com

  • De l’art du melting-pot culturel

    cgatard3.jpgBureau d’études (récit de société)
    Christian Gatard
    Les impressions nouvelles, 2008

     (par Myriam Gallot)

     

    Christian Gatard, sociologue de formation, est le fondateur de Gatard et associés, institut d’étude et de recherche en marketing et communication pour le compte d’entreprises et de publicitaires. Depuis plusieurs décennies, il sillonne le monde et hume l’air du temps pour conseiller ses clients sur la meilleure manière de « construire un univers, un imaginaire qui va charger le produit d’une désirabilité nouvelle. » « La consommation est une fécondation. L’industrie est en couches perpétuelles. Nous assistons les sages-femmes du commerce, nos clients » résume-t-il.

    Dans Bureau d’études, il puise dans ses souvenirs des anecdotes tirées de son quotidien professionnel, bien moins insignifiantes qu’on pourrait le croire a priori. Le dada de Christian Gatard : comment le mythe travaille la réalité et la transfigure sans cesse – toutes les sciences molles, philosophie, sémiologie, sociologie, psychanalyse, ethnologie et cetera seront convoquées sans complexe tour à tour, ou plus souvent concomitamment, dans un art du coq à l’âne international parfaitement assumé. Entre impératifs économiques et pensée magique, Christian Gatard ébauche ainsi un syncrétisme furieusement contemporain, et idiosyncrasique, s’il en est.

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  • Berceuse

    bonnenuit.jpgBonne nuit mon tout-petit
    Soon-hee Jeong
    texte français de Michèle Moreau
    Didier jeunesse, 2008, à partir de 2 ans

     

    (par M. Gallot)

    Cet album est l’adaptation d’une berceuse coréenne. Une mère tient son enfant dans ses bras et lui montre les animaux endormis, chien, souris, poissons, grenouilles se reposent - et le bébé à son tour s’endort sur son tatami. Tout en douceur et en tendresse, sur des tons pastels posés sur papier mat, texte et images invitent au calme et au silence de la nuit, dans la chaleur des bras maternels. Cette atmosphère paisible et rassurante, en accord avec le rythme de la nature, est propice à l’endormissement. Une lecture conseillée à l’heure du coucher, en particulier pour les petits qui ont du mal à trouver le sommeil ou ont peur du noir.

    L'éditeur

  • Amitiés féminines au Japon

    kakuta3.jpgCelle de l’autre rive
    Mitsuyo Kakuta

    traduit du japonais par Isabelle Sakaï
    Actes Sud, 2008

    (par Myriam Gallot)

     

    Seule et unique oeuvre traduite en français de Mitsuyo Kakuta, ce roman, qui reçut le prestigieux prix Naoki en 2005, raconte en parallèle deux amitiés, à des époques différentes de la vie, l’une à l’adolescence et l’autre à la trentaine, entre des femmes à la recherche d’une vie plus libre que celle que leur offre le Japon contemporain.
    Dans cette société corsetée où la norme fait loi, raccourcir la jupe de son uniforme scolaire d’un tour de ceinture est déjà un acte hautement significatif, presque une conquête, pour Nanako et Aoï, rencontrées dans les couloirs étriqués d’un lycée pour jeunes filles.
    Quant aux femmes adultes, travailler à l’extérieur ne va pas de soi, loin de là. Si elles mettent un point d’honneur à la perfection ménagère, ce n’est qu’un piètre dérivatif à un désir d’ailleurs non étanché. Aoï, devenue chef d’entreprise célibataire, et Sayoko, la femme mariée qu’elle emploie, mais aussi bien d’autres figures féminines qui traversent le récit, résistent à la culpabilisation de la femme qui travaille, que ce soit par la belle-mère, le mari, les employés de la société, ou pire encore, les femmes au foyer, qui les accusent de délaisser leurs enfants en les confiant à la crèche, qui les rendrait brutaux (sic !)

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  • Contact Direct avec les morts

    cprice3.jpgCe qu’ils savent

    Charlie Price

    traduit de l’anglais (US) par Pierre Charras

    éditions Thierry Magnier, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    La disparition d’une adolescente à la sortie du gymnase où elle s’entraîne en tant que pom-pom girl est le point de départ de ce roman noir, qui se distingue par sa subtilité.

     

    L’inspecteur Gates mène l’enquête, et il est bien forcé de constater que la réalité n’est pas nécessairement réduite à sa stricte rationalité : pour résoudre cette tragique énigme, il lui faudra aussi tenir compte de récits a priori invérifiables, au risque d’être moqué par sa hiérarchie. Celui d’un jeune homme souffrant d’amnésie, d’abord, mais aussi les voix qu’entend Murray, adolescent ombrageux qui aime fréquenter la nécropole et s’entretenir avec ses morts, qu’il considère comme des amis.

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  • Love

    love3.jpgLove
    Toni Morrison
    trad. de l’anglais (US) : Anne Wicke
    10-18, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Les éditions 10-18 publient en poche les romans de Toni Morrison, prix Nobel de littérature unanimement saluée comme l’une des plus grands écrivains américains vivants. Love, son dernier roman, vient de paraître dans la collection (première publication en français en 2004 chez C. Bourgois). L’histoire se passe dans le milieu afro-américain, deux vieilles dames décadentes se disputent l’héritage de Bill Cosey, directeur d’un hôtel pour Noirs fortunés sur la côte Est des Etats-Unis dans les années 30-40.

     

    Love est un roman complexe et foisonnant, composé d’incessants allers-retours entre passé et présent, dans une composition très libre et jazzistique, qui fait apparaître progressivement chaque personnage dans son décor et ses actes, par ajouts de détails successifs, sur une toile de fond au début très impressionniste. Un roman exigeant dans lequel le lecteur doit accepter de ne comprendre que très progressivement, jusqu’à la clé finalement révélée dans les dernières pages (ce que d’aucuns trouveront peut-être agaçant). Avec une grande maîtrise, Toni Morrison aborde l’amour sous l’angle de la haine, qui en est l’une de ses formes les plus élaborées et imaginatives, nous fait-elle comprendre. Les mobiles de ses personnages intransigeants apparaîtront dans toute leur vanité, au crépuscule de vies chahutées, desquelles l’horreur étalée au grand jour aura saccagé le glamour.

    www.10-18.fr

  • Pour ceux qui en rêvent...

    merenpoemes.jpgMer en poèmes

    de Michelle Daufresne

    Seuil jeunesse, 2008

    (par Myriam Gallot)

     

    Des collages de matériaux divers peints à l’aquarelle sur un beau papier mat épais créent de changeants effets de matière et de lumière. Chaque double page illustre et définit un mot de la mer (grève, falaises, jeux de plage, oiseaux de mer, etc.), assorti d’un ou plusieurs courts poèmes marins qui correspondent au mot. Aimé Césaire, Baudelaire, Blaise Cendrars et bien d’autres – dont l’auteur elle-même - prêtent leur plume à cet album propice à l’imagination, qui compose une belle initiation au pouvoir d’évocation des mots et à la poésie. « C’est la mer pour la mer/ et pour ceux qui en rêvent » (Supervielle).