Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jean-pierre longre - Page 3

  • Tragédie historique, tragédie humaine

    dgeorget3.jpgUne passion hongroise
    Danièle Georget

    Plon, 2008

    (Par Jean-Pierre Longre)

    Les murs sont tombés, les frontières se sont ouvertes, mais on n’a pas oublié les sanglantes tentatives de libération du passé, notamment celle du peuple hongrois en 1956. Danièle Georget, qui après Goodbye Mister President (Plon, 2007) semble se plaire dans le roman historique, s’appuie sur ces événements pour raconter à la fois l’histoire collective et une histoire individuelle – les deux ayant pour point d’intersection la passion et la violence.

    Lire la suite

  • Brûlante commande

    fhernandez3.jpgLa partition
    Felipe Hernandez
    Traduit de l’espagnol par Dominique Blanc
    Verdier, 2008

    (par Jean-Pierre Longre)

    « Si quelqu’un avait assez de clairvoyance et de talent pour appréhender le rythme d’un être et le transformer en harmonie, il transformerait cet être en musique, de telle sorte que si un aveugle entendait cette musique il pourrait voir parfaitement l’image de cet être réel devant lui».

    Pour Nubla, homme étrange et personnalité du monde musical local, cette hypothèse est devenue un but obsessionnel. Il engage donc José Medir, jeune compositeur plein d’avenir mais vivant chichement de leçons de piano, pour donner corps à cette utopie censée défier la mort.

    Lire la suite

  • Une année désarticulée

    jpdubois4.jpgLes accommodements raisonnables
    de Jean-Paul Dubois
    L’Olivier, 2008

    (par Jean-Pierre Longre)

    Le titre est presque une redondance, et il résonne dans le livre d’échos multiples : comment s’accommoder «raisonnablement » des aléas de l’existence ? Paul Stern – l’anti-héros favori de Jean-Paul Dubois – est confronté à des difficultés conjugales et familiales. Sa femme Anna souffre de dépression, son père, naguère patriarche rigide, va devenir un galopin septuagénaire et sacrifier à la mode bling-bling, les enfants et petits-enfants vivent leur vie.

    Lire la suite

  • Mortelle Résidence

    rslocombe.jpgMortelle Résidence
    Romain Slocombe

    Éditions du Masque, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    « Ah, quel drame ! Quel lieu, Lyon… Quelle énergie…Ça m’inspire ! ». Cette réflexion de l’un des personnages résume en quelque sorte la teneur et l’esprit de ce livre foisonnant, qui entrecroise en Rhône et Saône les récits semi-historiques et semi-fictionnels, toujours sanguinaires et terriblement humains. De la Terreur (et même en deçà) à nos jours en passant par l’occupation nazie, du Chili à la France en passant par les camps d’extermination, des pires bains de sang au « performances » du pseudo art contemporain, Mortelle Résidence laisse à peine le temps de souffler. A flux tendu, certains hauts lieux lyonnais du passé et du présent, réels ou à peine déguisés (telle cette « Délivrance » dans laquelle les autochtones reconnaîtront les « Subsistances ») sont le théâtre d’épisodes qui ne laissent pas indifférents. A lire d’un élan, si possible.

  • La Grèce, toujours

    ccogne.jpgToute une nuit au Pirée

    Christian Cogné

     L’Age d’Homme, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Une femme étrange veut retrouver « l’homme qui voulait devenir écrivain », et dans ce but engage un détective qui doit aller le rechercher jusqu’en Grèce. Que lui veut-elle ? Elle l’attend, rien de plus. Simultanément, l’écrivain tente de rattraper le temps perdu en déroulant cinq nouvelles réunies par quelques fils conducteurs communs : le mystère, la tonalité fantastique, la Grèce, toujours, à un moment ou à un autre. Par-dessus tout, comme l’ombre de la mort, comme un fatal avertissement, plane le vol d’animaux fabuleux, « oiseau non identifié » ou papillons énigmatiques… Mise en abyme de la création littéraire, Toute une nuit au Pirée est aussi une plongée dans les secrets insondables de la destinée humaine.

  • Miradors de l’abîme

    hbadescu3.jpgMiradors de l’abîme
    de Horia Badescu

    L’Arbre à paroles, collection Résidences, 2007

     (par Jean-Pierre Longre)

    Pour Horia Badescu, personnalité du monde culturel et diplomatique franco-roumain, le français est une « langue bien aimée », « fascinante », « pas plus poétique que la mienne mais magnifiquement autre ». C’est ainsi, dit-il dans la revue Arpa, en juin 2007, qu’il veut « voir si l’imaginaire poétique roumain, mon imaginaire peut s’exprimer pleinement par les outils du français, tout en restant lui-même ou, parfois, en forçant la structure du français à s’y adapter, comme l’a si bien fait, par exemple, Cioran. »

    Lire la suite

  • Coin de campagne

    hdassavray.jpgLes ruines de la future maison

    Hélène Dassavray

    A plus d’un titre, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Le titre le laisse bien entendre : il n’y aura jamais de vraie maison sur ce terrain provençal où poussent les broussailles et la vigne, et où s’est installée une tribu pittoresque et colorée. Jamais de maison, mais un «Campement » (cabane en bois, caravanes, tipi) pour abriter, tant bien que mal, une jeune femme (la narratrice), son compagnon « le Viking », ses enfants et leurs pères (le dit Viking, mais aussi Gainsb et L’Eclaireur qui font partie de la famille), sans compter les amis ou vagues connaissances de passage… Les ruines de la future maison raconte la vie parfois difficile, souvent surprenante, toujours indépendante dans ce coin de campagne, en marge (mais non loin) de la vie paysanne et villageoise. Fidèle jusqu’à un certain point à son parti pris de liberté absolue, la narratrice se retourne par photos interposées sur ce passé proche, n’inventant pas d’artificiels regrets mais ne cachant pas son émotion.

     

    http://aplus1titre.nerim.net/editions.htm

  • Au rendez-vous de la musique, de la poésie et du dessin

    gbrassens3.jpgGeorges Brassens
    de José Corréa

    Nocturne BD, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Illustrateur, affichiste, portraitiste, José Corréa, un an après l’avoir fait pour Léo Ferré, consacre son fin talent d’aquarelliste à Georges Brassens ; et le rendez-vous vaut le coup.


    Plus de vingt pages où, de l’enfance à la maturité, l’ami Georges apparaît sous toutes ses facettes : timide et malicieux, pensif et rieur, nostalgique et attentif, gouailleur et crispé, amical et bourru… Toujours lui, jamais le même, et il suffit d’une courbe de plus ou de moins, d’un trait d’ombre ou de lumière soigneusement placé pour faire apparaître les changements. Autour de lui, avec lui, ses parents, ses amis de l’impasse Florimont, la Jeanne et les autres, sa discrète compagne Püppchen, Pierre Nicolas à la contrebasse, Joël Favreau à la guitare, le jazz qui résonne en lui et dans ses mélodies, les poètes qui lui prêtent leurs mots ; et les repères qui jalonnent sa vie et sa personnalité : la plage de Sète, Paris, la moustache, la pipe, la guitare, un chat. Le scénario est beau, et beaux sont les portraits, avec lesquels dialoguent des extraits bien sentis de quelques chansons.

    Lire la suite

  • L’orgueil des Roca

    vgheorghiu3.jpgLes noirs chevaux des Carpates
    C. Virgil Gheorghiu
    Traduit du roumain par Livia Lamoure. Préface de Thierry Gillyboeuf
    Editions du Rocher, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Ce que l’on connaît de l’œuvre de Virgil Gheorghiu, c’est en général La vingt-cinquième heure, et rien de plus. Sa production est pourtant beaucoup plus abondante que ce qu’il n’y paraît, et il ne faudrait pas oublier, par exemple, L’homme qui voyagea seul ou Les immortels d’Agapia qui, quelque jugement que l’on porte sur certaines positions équivoques de l’homme Gheorghiu, sont à considérer comme des ouvrages majeurs, avec, bien sûr, celui dont il est question ici. Les noirs chevaux des Carpates est paru en 1961 sous le titre La Maison de Petrodava. Cette réédition, assortie d’un changement de titre adapté à la collection (« Cheval Chevaux »), est évidemment une preuve de plus que Gheorghiu mérite réhabilitation. Pas uniquement pour les sujets qu’il aborde, pas tellement pour les racines personnelles et collectives qu’il extirpe d’un oubli plus ou moins justifié, mais surtout pour la manière dont il sait transformer une chronique en roman, un roman en épopée.

    Lire la suite

  • Beatlemania

    attal.jpgLes Beatles / Le rouge et le bleu
    Jérôme Attal
    Le mot et le reste, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Jérôme Attal, jeune auteur, compositeur et chanteur parisien, a découvert les Beatles « d’un bloc, dans la boulimie maladroite de deux albums de compilation » que sa tante lui a offerts l’un après l’autre : Rouge et Bleu. Alors s’est nouée une relation privilégiée entre l’auteur et le groupe d’une génération antérieure, certes, mais dont la musique suscite en lui « un monde à la fois magique et protecteur ».
    C’est de cette relation que ce petit livre fait part, dans une suite particulièrement adéquate de textes brefs et divers : souvenirs, récits, poèmes, variations sur des thèmes (la chanson bien sûr, l’amour, l’amitié, la littérature même – Dostoïevski, Tolstoï, Stendhal). Il ne s’agit pas seulement de nostalgie, mais d’une vraie tentative pour comprendre « comment les chansons des Beatles infusent dans l’existence » et pour saisir par les mots les mystères de leur musique.

     

    http://atheles.org/lemotetlereste/

  • Un langage et plus encore

    imagesamimots3.jpgImages à mi-mot
    Pierre Fresnault-Deruelle

    Les Impressions nouvelles, 2008

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Comme toute création, la bande dessinée et le dessin d’humour cachent et dévoilent, dans un mouvement de va-et-vient entre expression et impression, entre image et verbe. D’emblée la question s’impose : « Dessine-t-on pour raconter ou l’inverse ? ». Pierre Fresnault-Deruelle, éminent spécialiste (voir ses nombreux ouvrages sur la bande dessinée, la peinture, l’image, Hergé…), y répond d’une manière subtile en suivant ses propres préceptes : « Lire une image n’est pas la « décortiquer », c’est, sans la détourner de sa fonction, permettre à l’œil de faire jouer aussi le système qui la sous-tend » et, à partir de là, « accompagner les images d’un double langage ».

    Sans pédantisme mais avec précision, l’auteur articule son propos autour de deux types de formes, les « formes longues » (bandes dessinées) et les « formes courtes » (dessins d’humour »). Et toujours, de l’introduction à la conclusion incluses, ce propos s’appuie sur des exemples concrets, accessibles à tous, analysés soit dans le détail d’une planche ou d’une vignette, soit dans la continuité d’un album.

    Lire la suite

  • Les deux sœurs

    avisdei3.jpgL’exil d’Alexandra
    Anca Visdei

    Actes Sud, 2008

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    "Toujours ensemble", la devise des deux sœurs Popesco, est aussi le titre d’une pièce qui, depuis quelques années, est jouée dans plusieurs pays, parfois sous le titre de Puck en Roumanie. Le succès d’Anca Visdei, longuement mûri et largement justifié, est d’abord celui de son abondante œuvre théâtrale.

     

    On ne s’étonnera donc pas de voir dans L’exil d’Alexandra, roman épistolaire, une sorte de mise en récit d’un dialogue aux accents dramaturgiques entre Alexandra et Ioana : la première a fui la dictature, la seconde, restée avec leur mère et leur grand-mère, tente tant bien que mal de se débrouiller dans le vide étouffant du règne de Ceausescu. Leur échange de lettres, sur une période de plus de 15 ans (avec une longue interruption) dit la tendresse, les anecdotes, les difficultés, les rancoeurs, les jalousies, l’amour de deux êtres qui voudraient ne rien se cacher, mais qui ne peuvent s’exprimer qu’à mots voilés : « Tante Prudence », l’odieuse et imbécile censure, veille, mais aussi, parfois, s’interposent les pudeurs et les remords… Cet échange dit aussi les métamorphoses de soi, ou plutôt du monde (« Je ne change pas. C’est la vie autour de moi qui change. Si on ne se durcit pas, on ne survit pas. Et c’est notre âge qui a changé »), la liberté retrouvée (« Dans mes rêves les plus fous, je n’espérais pas vivre ça »), mais la liberté trahie par une apparence de révolution, les faux-semblants politiques et les déceptions culturelles.

    Lire la suite

  • Récits brefs

    mhost.jpgLe petit chat de neige

    de Michel Host

    Rhubarbe, 2007

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Entre l’histoire d’un rat récalcitrant et celle d’un chat réconfortant, une bonne cinquantaine de textes brefs (une page, parfois un peu plus, parfois un peu moins) explorent l’humanité d’aujourd’hui, mettant généralement en valeur les côtés absurdes, dérisoires, excessifs, aberrants des êtres qui la composent. Les récits denses, incisifs, parfois déroutants, parfois réjouissants, le plus souvent déstabilisants ici concoctés par un écrivain maître en la matière (Prix Goncourt 1986, rappelons-le) touchent à tous les comportements individuels (ou collectifs) avec un humour dont la lucide et délicieuse cruauté n’échappera à aucune de ses victimes.

    http://www.editions-rhubarbe.com/

  • A la grecque

    grecs.jpgVa te marrer chez les Grecs

    Recueil de blagues grecques anciennes

    Mille et une Nuits, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Les potaches qui planchent sur les textes antiques ne se doutent pas forcément que les auteurs qu’ils traduisent parfois en rechignant pouvaient être de joyeux drilles, et que ce n’est pas d’aujourd’hui que le rire est le propre de l’homme, quel qu’il soit.

    Lire la suite

  • Diversité des cultures, unicité de la langue

    francophoniefeminin3.jpgLa francophonie au féminin
    Elena-Brandusa Steiciuc

    Universitas XXI, Iasi, 2008

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    A Suceava, capitale de la Bucovine, cette belle région de l’extrême nord roumain, l’Université abrite un département de français particulièrement dynamique ; revues francophones (La Lettre R, Atelier de Traduction), colloques, tables rondes et rencontres diverses sont à mettre à l’actif d’un petit groupe d’enseignantes qui non seulement défendent la tradition francophone de la Roumanie, mais illustrent et renouvellent la connaissance de la littérature mondiale de langue française.

    A la tête de cette équipe, Elena-Brandusa Steiciuc poursuit avec La francophonie au féminin une exploration de ce domaine déjà entamée dans plusieurs ouvrages antérieurs, dont Panorama des littératures francophones. Roman (2001) et Horizons et identités francophones (2006). Ici, l’étude tourne autour d’un double axe : l’écriture féminine (comme l’indique le titre) et la « situation bilingue » avec le français en tant que langue d’élection. Ainsi, comme le signale Liliana Ramorosoa dans l’avant-propos, se construit « la parfaite harmonie des points de vue et des voix de la « francophonie au féminin » et mieux encore, celle de la vision du monde qu’elle met en partage ».

    Lire la suite

  • Poète du bégaiement

    luca.jpgSept slogans ontophoniques

    Ghérasim Luca

    José Corti, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Changez une lettre dans le titre, cela peut donner « Sept slogans orthophoniques ». Bien sûr, pour Ghérasim Luca, le grand « poète du bégaiement », il ne s’agit pas de parler « droit », mais d’inclure l’être même au plus sonore de la voix, au plus profond d’une parole aux limites du sens et de la forme. Cet ensemble de textes fragmentaires à lire, à dire, à déclamer, qui tiennent de la communication détournée et de la poésie provocatrice, joue sur le sonore et le visuel, sur le choc énigmatique et déroutant des lettres, des syllabes et des mots. « L’esprit au pied de la lettre / La lettre au pied de l’esprit » pour « percer ensemble l’indicible » et saisir la «vacuité sublime » du langage et de l’être.

    http://www.jose-corti.fr/

  • Pierrot est mort, Pierrot est ressuscité

    gbonnet3.jpgPantomimes fin de siècle
    Textes présentés et annotés par Gilles Bonnet

    Éditions Kimé, 2008

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Comment faire un livre avec des pantomimes ? Le paradoxe est inévitable, le pari audacieux. Car comme chacun le sait, la pantomime et ses personnages sont muets. Le principe de l’ouvrage est pourtant clair : fournir des textes, pour la plupart méconnus (en tout cas du lecteur courant et du Lagarde et Michard), se présentant sous la forme de simples canevas, de scénarios ou de narrations dialoguées – textes représentatifs de l’évolution d’une genre hérité de la « Commedia dell’arte », et qui a parcouru tout le XIXe siècle.

    Lire la suite

  • Adieux

    pbesson.jpgSe résoudre aux adieux
    Philippe Besson
    10/18, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

    Abandonnée par l’homme qu’elle aimait, Louise parcourt le monde (Cuba, New York, Venise, Paris), en quête d’on ne sait quoi : l’oubli (de soi, de l’autre) ? le renouveau ? la certitude ? Mais elle sait bien qu’aimer, « c’est prendre des risques ». Apparemment, elle tente de les reprendre, ces risques, par correspondance. Le livre entier est composé des lettres, que depuis ses résidences lointaines elle adresse à Clément. Ces lettres rassemblent « les pièces dispersées d’un puzzle », celui de la vie amoureuse, des instants de bonheur et de doute, elles effectuent des retours sur un passé en dents de scie, sur la vie à deux, sur la solitude. Roman épistolaire à sens unique (aucune réponse ne parviendra, Louise en est vite persuadée), Se résoudre aux adieux tisse des variations sensibles et subtiles sur la désillusion, sans fermer la porte à l’espoir.

  • Mais la liberté, maman ?

    coco3.jpgJe suis une vieille coco !
    Dan Lungu
    traduit du roumain par Laure Hinckel
    Ed. Jacqueline Chambon, 2008

    (par Jean-Pierre Longre)

    Emilia Apostoae est une vieille dame qui vit dans la Roumanie d’aujourd’hui et qui se souvient… Sa mémoire la ramène à son enfance rurale, à sa fuite en ville, à ses parents, à tante Lucrecia et tonton Andrei qui l’invitaient chez eux et lui faisaient goûter aux plaisirs citadins tout en l’attelant aux tâches ménagères, à son travail en usine, à son mariage, à sa fille Alice partie faire carrière et se marier au Canada… Comme une remise à plat de tout le passé, « comme une carte de géographie pleine de petites ampoules qui s’allument simultanément », ses souvenirs posent la question centrale : « Emilia Apostoae a-t-elle été réellement heureuse ou est-ce seulement une impression ? » ; et la question subsidiaire : «Comment as-tu pu être heureuse quand tous ces gens étaient malheureux ? »

    Lire la suite

  • Dérision

    noguez4.jpgŒufs de Pâques au poivre vert

    Dominique Noguez

    Zulma, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Dans la catégorie farces et attrapes littéraires, les Œufs de Pâques au poivre vert sont du meilleur goût, voire d’un goût de revenez-y. Non seulement on se laisse volontiers prendre aux pièges de ces textes d’une ligne ou de quelques pages, mais on y prend un plaisir toujours renouvelé. «Historiettes » fantaisistes jusqu’à l’absurde, vrais faux rêves, nouvelle astrologie, autobiographie fragmentaire et détournée, textes performatifs se résolvant dans la pratique même de la censure… L’esprit de dérision de Dominique Noguez nous sert des pages épicées, délicieuses à souhait, agrémentées d’illustrations aux légendes subtilement acidulées. De quoi passer de joyeuses Pâques, quel que soit le moment.

    http://www.zulma.fr/

     

    du même auteur : L’Embaumeur - Fayard.