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francophone - Page 8

  • Fausse rumeur

    bclinton.jpgL’Enlèvement de Bill Clinton

    de Cyrille Martinez

    Les 400 coups, 2008

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Le titre trompe quelque peu : il ne sera que très peu question de Bill Clinton. Mais cette histoire, fausse rumeur d’un enlèvement du président américain à Sarajevo (qui fait écho par coïncidence au mensonge qui vient de faire déraper son épouse dans son ascension vers la présidence des États-Unis), est un événement qui a marqué durant le siège de la ville.


    Tout le « roman » est orienté par l’idée de la perte des repères dans ce temps de guerre : le temps, l’espace, les liens entre les êtres, le rapport à soi, tout est brouillé. Cyrille Martinez propose ici un texte qui est plus un long poème en prose qu’un récit, tentant de reconstruire l’expérience d’un autre, un certain Nedim Hrbat, qui lui a raconté tout cela, la cigarette de marque Prina qui se consume, les feuilles de thé qui infusent, et puis a disparu.

  • Inquiétante étrangeté

    extraterrestres mode d'emploi.gifExtraterrestres, mode d’emploi

    Jérôme Boivin

    Syros (collection les uns les autres), 2008, à partir de 12 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    L’histoire part d’une idée peu banale : un jeune adolescent, Zacharie, soupçonne ses parents, naturistes adeptes de la bio-attitude, d’être des extraterrestres. Cette inquiétante étrangeté le pousse à mener une enquête, afin d’en avoir le cœur net. Pourtant, très vite, le récit donne une impression d’inconsistance et ne se révèle pas aussi captivant qu’il le laissait supposer au premier abord. On a du mal à croire à ces personnages trop caricaturaux, allant du motard tatoué au jeune homosexuel qui se fait appeler « Suzanne ». On a du mal à croire que Zacharie continue à se persuader de l’appartenance de ses parents à une race extraterrestre au fil des mois. Ce fil rouge, rigolo au départ, s’effiloche vite, et semble délivrer une morale somme toutes très convenue (savoir apprécier l’originalité, et ne pas croire que c’est toujours mieux chez les autres). L’auteur pédale dans l’encrier pour essayer de faire tenir l’ensemble, et qui n’est sauvé que par quelques pointes d’humour.

     

    www.syros.com 

  • Récits brefs

    mhost.jpgLe petit chat de neige

    de Michel Host

    Rhubarbe, 2007

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Entre l’histoire d’un rat récalcitrant et celle d’un chat réconfortant, une bonne cinquantaine de textes brefs (une page, parfois un peu plus, parfois un peu moins) explorent l’humanité d’aujourd’hui, mettant généralement en valeur les côtés absurdes, dérisoires, excessifs, aberrants des êtres qui la composent. Les récits denses, incisifs, parfois déroutants, parfois réjouissants, le plus souvent déstabilisants ici concoctés par un écrivain maître en la matière (Prix Goncourt 1986, rappelons-le) touchent à tous les comportements individuels (ou collectifs) avec un humour dont la lucide et délicieuse cruauté n’échappera à aucune de ses victimes.

    http://www.editions-rhubarbe.com/

  • Diversité des cultures, unicité de la langue

    francophoniefeminin3.jpgLa francophonie au féminin
    Elena-Brandusa Steiciuc

    Universitas XXI, Iasi, 2008

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    A Suceava, capitale de la Bucovine, cette belle région de l’extrême nord roumain, l’Université abrite un département de français particulièrement dynamique ; revues francophones (La Lettre R, Atelier de Traduction), colloques, tables rondes et rencontres diverses sont à mettre à l’actif d’un petit groupe d’enseignantes qui non seulement défendent la tradition francophone de la Roumanie, mais illustrent et renouvellent la connaissance de la littérature mondiale de langue française.

    A la tête de cette équipe, Elena-Brandusa Steiciuc poursuit avec La francophonie au féminin une exploration de ce domaine déjà entamée dans plusieurs ouvrages antérieurs, dont Panorama des littératures francophones. Roman (2001) et Horizons et identités francophones (2006). Ici, l’étude tourne autour d’un double axe : l’écriture féminine (comme l’indique le titre) et la « situation bilingue » avec le français en tant que langue d’élection. Ainsi, comme le signale Liliana Ramorosoa dans l’avant-propos, se construit « la parfaite harmonie des points de vue et des voix de la « francophonie au féminin » et mieux encore, celle de la vision du monde qu’elle met en partage ».

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  • Variations

    blondeur.jpgLa Blondeur

    Cécile Mainardi

    les petits matins, 2008

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Ode, ou hymne à la blondeur en neuf chants : la blondeur comme idée, comme posture, comme essence ; la blondeur dans le regard de l’autre, la blondeur comme paysage, comme nuit, comme un adieu.
    Livre qui se fait parfois lettre d’adieu à un blond dont toute l’âme (du moins ce que le scripteur en voyait/supposait) était dans la blondeur, c’est aussi un livre qui tangue, qui change de posture et d’allure, de lieu et de vie. Un livre sans capitaine, ou dont le capitaine « sombre avec le livre qu’il écrit », sous l’effet d’un blond d’une éblouissante obscurité.
    La langue est belle et souple, s’emporte parfois, ne sait plus s’arrêter. Ce livre est un curieux objet qui vaut qu’on s’y arrête.

    http://www.lespetitsmatins.fr/

  • Poète du bégaiement

    luca.jpgSept slogans ontophoniques

    Ghérasim Luca

    José Corti, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Changez une lettre dans le titre, cela peut donner « Sept slogans orthophoniques ». Bien sûr, pour Ghérasim Luca, le grand « poète du bégaiement », il ne s’agit pas de parler « droit », mais d’inclure l’être même au plus sonore de la voix, au plus profond d’une parole aux limites du sens et de la forme. Cet ensemble de textes fragmentaires à lire, à dire, à déclamer, qui tiennent de la communication détournée et de la poésie provocatrice, joue sur le sonore et le visuel, sur le choc énigmatique et déroutant des lettres, des syllabes et des mots. « L’esprit au pied de la lettre / La lettre au pied de l’esprit » pour « percer ensemble l’indicible » et saisir la «vacuité sublime » du langage et de l’être.

    http://www.jose-corti.fr/

  • Pierrot est mort, Pierrot est ressuscité

    gbonnet3.jpgPantomimes fin de siècle
    Textes présentés et annotés par Gilles Bonnet

    Éditions Kimé, 2008

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Comment faire un livre avec des pantomimes ? Le paradoxe est inévitable, le pari audacieux. Car comme chacun le sait, la pantomime et ses personnages sont muets. Le principe de l’ouvrage est pourtant clair : fournir des textes, pour la plupart méconnus (en tout cas du lecteur courant et du Lagarde et Michard), se présentant sous la forme de simples canevas, de scénarios ou de narrations dialoguées – textes représentatifs de l’évolution d’une genre hérité de la « Commedia dell’arte », et qui a parcouru tout le XIXe siècle.

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  • Toute la vie

    alaska.jpgAlaska
    Eugène Nicole
    Editons de l’Olivier, 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Roman universitaire ou de campus, récit de voyage, exploration de la mémoire, ce roman est tout cela à la fois. Le protagoniste fuit un chagrin d’amour en acceptant un poste de lecteur en Alaska, à l’Université de Fairbanks. Il y découvre la nature du nord, les nuits longues, la neige et la glace, la peur des ours, les montagnes. Il y rencontre de nombreux excentriques, hommes et femmes et découvre tout ce qui a pu les attirer dans ces terres : l’amour des grands espaces, la langue eyak, les études sur les séismes…
    L’ombre d’une jeune française disparue avant son arrivée, les sons du piano de celle qui est perdue dans sa sonate, les peintures de l’un, les gravures de l’autre, des images se superposent et donnent au récit une grande sensibilité, un léger flou. Histoires d’amour, de mort, toute la vie en une année universitaire baignée par la nuit et traversée de gigantesques fêtes.

    http://www.editionsdelolivier.fr/

  • Que la force...

    lleborgne3.jpgJe suis ta nuit
    Loïc Le Borgne

    Intervista 2008 (collection 15-20)

     

     (par Catherine Gentile)

     

     

    Loïc Le Borgne, écrivain journaliste, s’est fait connaître en littérature avec sa trilogie publiée chez Mango, dans la collection Autres mondes : Le Cycle d’Eden. Destiné aux adolescents, ce Space opera entraîne les lecteurs dans un voyage à la fois poétique et très animé, en compagnie de la jeune Marine et de ses compagnons embarqués à la recherche d’un mythique Monde bleu. L'auteur revient aujourd’hui en force avec un roman fantastique d’une rare intensité, dans lequel il explore les terreurs de l’enfance.
    Le narrateur, un homme de 37 ans, n’a rien oublié de son enfance à Duarraz, petit village breton proche de Rennes, de ses amis disparus, des heures noires vécues avec eux, et surtout du Bonhomme noir qui a hanté leurs jours et leurs nuits. Pour un temps seulement, cela s’était estompé, bulle de répit illusoire, mais voilà que cela revient aujourd’hui, alors que son fils, Tristan, dix-sept ans, veut se rendre seul à l’enterrement de son amie, parce que l’on ne peut pas lutter contre le temps, on ne peut pas effacer.

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  • Friandise

    fleutiaux.jpgL’os d’aurochs

    Pierrette Fleutiaux, vu par Cristine Guinamand

    Editions du Chemin de fer, 2007

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Encore un excellent choix des éditions du chemin de fer que cette pétillante fable canine signée Pierrette Fleutiaux. Véritable friandise pour lecteur que cet os malicieux que l’on dévore jusqu’à la dernière ligne dès qu’on a le bonheur de l’avoir entre les mains. L’histoire ? Chien perdu rencontre un jour chien-errant, à moins que ce soit plutôt chien-malin, ou chien-crétin, ou chien-méchant, ou chien-collant… car rien n’est plus difficile que de cerner le caractère d’un humain – pardon, d’un chien ! Quand en plus le hasard et l’amour s’en mêlent, c’est à n’y plus retrouver ses petits. Toute ressemblance avec un bipède existant ou ayant existé serait bien entendu fortuite et indépendante de la volonté de l’auteur.

     

    http://www.chemindefer.org/

  • Grandir, c’est renoncer

    ailes contrebasse.jpgLes ailes de la contrebasse

    Hervé Mestron

    Syros (tempo +), 2008

    A partir de 12 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Il n’est pas facile d’avoir 13 ans et de quitter son moi enfant, surtout quand l’adolescence vous surprend au saut du lit. Evans, le personnage d’Hervé Mestron découvre du jour au lendemain cette dure réalité : son doudou disparaît et ses parents lui offrent un nécessaire à rasage pour son anniversaire. Quand en plus son professeur de contrebasse lui demande d’abandonner sa chère « Denise » pour un nouvel instrument plus adapté à sa taille, c’en est trop et Evans ne sait comment gérer autant de bouleversements simultanés.

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  • Adieux

    pbesson.jpgSe résoudre aux adieux
    Philippe Besson
    10/18, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

    Abandonnée par l’homme qu’elle aimait, Louise parcourt le monde (Cuba, New York, Venise, Paris), en quête d’on ne sait quoi : l’oubli (de soi, de l’autre) ? le renouveau ? la certitude ? Mais elle sait bien qu’aimer, « c’est prendre des risques ». Apparemment, elle tente de les reprendre, ces risques, par correspondance. Le livre entier est composé des lettres, que depuis ses résidences lointaines elle adresse à Clément. Ces lettres rassemblent « les pièces dispersées d’un puzzle », celui de la vie amoureuse, des instants de bonheur et de doute, elles effectuent des retours sur un passé en dents de scie, sur la vie à deux, sur la solitude. Roman épistolaire à sens unique (aucune réponse ne parviendra, Louise en est vite persuadée), Se résoudre aux adieux tisse des variations sensibles et subtiles sur la désillusion, sans fermer la porte à l’espoir.

  • Cachez ce sein…

    idelette3.jpgLa garde-robe ou Les phrases de taffetas

    Idelette de Bure

    Arléa, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Certains noms de tissus et de vêtements sont presque aussi beaux que les étoffes et les atours qu’ils désignent. Caraco, cardigan, gabardine, catogan, corsage, soie grège, capeline, houppelande : comment rester insensible à la puissance de suggestion de ces mots un peu magiciens ?

     

    C’est un envoûtement que la belle écriture ô combien sensuelle et féminine d’Idelette de Bure. Une délicieuse poésie de l’artifice, dont la légèreté n’a rien de superficiel. Bien au contraire, une femme - la narratrice - se drape et se dévoile dans ses parures, tour à tour mousseline transparente et carapace, en un jeu de cache-cache à la malice duquel le pseudonyme de l’auteur vient encore ajouter (mais oui ! souvenez-vous ! Idelette, la discrète épouse de Jean Calvin, celui-là même qui refusait que les bons chrétiens portent des vêtements ostentatoires ou fassent preuve de fantaisie…)

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  • Pari risqué

    earnaud1.jpgLes Trilingues
    Emmanuel Arnaud

    Le Rouergue (doAdo), 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Gabriel, élève de 6e dans un collège parisien, est en classe trilingue où l’on apprend le japonais. C’est lui qui raconte son année, avec son langage (une version d’oral ado pas toujours crédible). On a ici ce qui pourrait être l’amorce d’une réflexion sur les particularités de ces classes, tant les points qui y sont développés sont nombreux et variés : pourquoi on y est, l’acharnement des enseignants et des parents impliqués à trouver des occasions pour ouvrir la classe sur la culture du pays exotique, la difficulté des élèves d’origine étrangère à se situer dans le groupe… La caricature n’est pas loin, et le texte est très drôle, en un sens.

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  • Dans les forges de Billancourt

    msonnet3.jpgAtelier 62

    Martine Sonnet

    éditions Le temps qu’il fait, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Le père de Martine Sonnet a travaillé à l’usine Renault à Billancourt pendant une quinzaine d’années, quittant au début des années 50 son métier de charron-forgeron et la vie rurale pour la fournaise et le vacarme des forges de l’industrie automobile, l’atelier 62, réputé le plus dur de toute l’usine, et s’installant avec toute sa famille dans un appartement de banlieue.

     

    Martine Sonnet a grandi dans ce milieu néo-ouvrier, auprès de ce colosse inconnu et pudique qu’était son père, mort depuis une vingtaine d’années. Elle est ingénieure de recherche en Histoire au CNRS, mais sa démarche dans Atelier 62 n’est pas exactement celle d’une historienne. C’est plutôt celle d’une fille cherchant dans les archives et les souvenirs la trace de ce que fut l’existence de son père et celle des milliers d’ouvriers de la régie Renault – 38 000 à la grande époque, autant que d’habitants à la ville de Chartres. Vies dont il ne reste plus rien sur cette île où tout a été détruit pour laisser place à de nouveaux projets immobiliers.

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  • Le dernier des punks

    cpaviot3.jpgCassé (Kurt Cobain)
    Christophe Paviot

    Naïve, 2008

     

    (par Blandine Longre)

     

     

    « J’ai pas choisi mais la douleur est ma seule vérité. »

    S’inspirant d’une figure musicale culte tout en la faisant autre, lui conférant une humanité que le personnage public n’aura jamais acquise à nos yeux d’individus (fans ou non) lambdas, Cassé (Kurt Cobain) se présente comme un objet romanesque nécessairement hybride, entre fausse autobiographie sur le mode du renversement et vrai roman hommage ; un parcours éclair, chaotique et poignant, de ceux qui prennent par surprise et broient tout sur leur passage, en particulier les cadres conventionnels de ce que nous entendons habituellement par « fiction ».

     

    Aussi, il serait vain de chercher à démêler le vrai du faux, de croire qu’on trouvera dans ce récit abrupt des éclairages et des données biographiques exacts (hormis la discographie, fidèle à la réalité – même si les morceaux mentionnés ne font l’objet que d’enregistrements amateurs au cours du roman) ou de s’imaginer que la figure de Cobain peut se réduire à ce que le personnage Cobain nous dit de lui.

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  • Partout la poésie

    sibran.jpgLe monde intervalle
    Anne Sibran
    Panama, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Échos de la vie quotidienne, ces chroniques résonnent comme des harmoniques. Ni roman, ni essai, ni autobiographie, mais plutôt journal des sens et de l’essentiel, Le monde intervalle dévoile des drames petits et grands, des sensations (odeurs, sons, regards, qui n’excluent ni le goût ni le toucher), des souvenirs d’enfance et de voyages, présente des scènes de bistrot métamorphosées en spectacle théâtral, propose des évocations de la nature jusque dans les recoins urbains, des frayeurs (celles de la narratrice, celles des autres), des esquisses et des portraits… Partout la poésie affleure, répondant au besoin de saisir les faits, les choses, les êtres avec délicatesse, d’appréhender aussi les secrets mêmes de l’écriture. « Ainsi peu à peu je comprends combien la « périphérie », l’épiphanie des petits événements, nourrit le cœur de l’essentiel ».

     http://www.editionsdupanama.com

  • « Le droit à la beauté et à la poésie »

    mercure3.jpgMercure liquide, revue littéraire et graphique

    Numéro 8 (janvier 2008)

     

    (par Myriam Gallot)

     

    « Mercure liquide construit, depuis huit numéros maintenant, une esthétique de la diversité et de la sensibilité. Son moteur est toujours le sentiment d’une urgence : celle d’un dialogue créatif entre les arts.»

     

    Petite promenade subjective dans ce dernier numéro.

     

    Tout de suite explose à la figure la déflagration des mots de « Party incendiaire »,  qui vomit la société française et sa reproduction de la caste dominante. FP. Meny, « à la rue », exclu d’un système absurde et violent, le dénonce avec l’énergie de celui qui ne veut pas crever : « Je n’ai demandé qu’une chose. Elle m’a toujours été refusée. J’ai lutté pour l’obtenir, vraiment. Cette chose, mes semblables l’ont sans la chercher. Cette chose n’est ni l’argent, ni l’amitié, ni la gloire. C’est une place parmi les hommes, une place à moi, une place qu’ils reconnaîtraient comme mienne sans l’envier, puisqu’elle n’aurait rien d’enviable. »

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  • À chacun son secret…

    vdurand3.jpgCes gens-là
    Virgile Durand

    Plon, 2008

     

    Entretien avec l'auteur à la suite de cet article.

     

    (par B. Longre)

     

    Ces gens-là, premier roman de Virgile Durand, retrace plusieurs parcours d’existence plus ou moins liés, sur plusieurs générations ; un entrelacs d’histoires impeccablement échafaudé, dont il est bien difficile de s’extirper tant on se laisse porter par une écriture volontairement sobre et par les personnages qui se voient attribuer chacun un long chapitre : Jens, d’abord, jeune soldat de l’armée allemande, qui a subi une terrible mutilation quand il était enfant, un secret qu’il confiera pourtant à Simon, l’un des prisonniers dont il a la charge… La guerre terminée, Simon s’installe avec Louise, qui a connu les mêmes épreuves et privations que lui.

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  • Douze variations sur les blessures intimes

    lbarrere3.jpgRescapés ordinaires

    Laurence Barrère

    D’un Noir si Bleu éditeur (collection Traverses)

     

    (par Myriam Gallot)

      

    Ils ne sont pas nombreux les éditeurs spécialisés dans la publication de nouvelles, et qui revendiquent les qualités de ce prétendu petit genre littéraire. Ceux qui laissent leur chance à de jeunes auteurs inconnus, n’ayant jamais publié de roman. D’un Noir si Bleu éditeur propose ainsi aux lecteurs qui aiment sortir des sentiers battus un recueil de nouvelles de Laurence Barrère qui mérite ce détour par les marges.

     

    Rescapés ordinaires n’est pas une compilation d’histoires, mais un véritable recueil dans lequel douze nouvelles s’interrogent les unes les autres, un édifice traversé de signes et de connivences, mais aussi de tensions.

     

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