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17/03/2009

Voyages, famille, parti

phpThumb.jpgYankee
Bernard Chambaz

Editions du Panama, 2008

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

De 1920 à 2007, de l’évocation du communiste américain John Reed à celle du trop puissant George Bush, des débuts exaltants de l’URSS à l’agonie du Parti Communiste Français, Yankee, comme une suite à Kinopanorama, obéit à une structure en double alternance : alternance chronologique, puisque l’autobiographie française et politique s’assortit de retours à des épisodes américains antérieurs ; alternance géographique, pour les mêmes raisons.

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13/03/2009

À voir et à lire

Couvcalligb.jpgClaude Debon

Calligrammes dans tous ses états

« Édition critique du recueil de Guillaume Apollinaire »
Éditions Calliopées,  2008

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

Calligrammes est un recueil complexe, dont le titre ne dévoile qu’un aspect, celui des fameux « poèmes dessins », et encore… Il fallait l’immense travail de Claude Debon et de son éditrice pour montrer, au plein sens du terme, cette complexité.
Calligrammes dans tous ses états, livre de grand format, est certes une « édition critique », dont les cinquante premières pages rappellent bon nombre de données indispensables sur l’ancienneté de la tradition (européenne et chinoise) des « poèmes figurés », ainsi que sur les sources livresques et personnelles, dont le goût particulier d’Apollinaire pour le dessin, lui qui n’hésitait pas à écrire : « Il se constitue un art universel, où se mêlent la peinture, la sculpture, la poésie, la musique, la science même… ». L’étude génétique, rigoureuse à tous égards (scientifique, historique, littéraire) n’évite ni l’analyse subtile (sur l’originalité du recueil, sur  son double aspect visuel et musical) ni la minutie générique : comment désigner ces textes qui sont en même temps des dessins ? « Idéogramme lyrique », « poème figuré », « poème visuel », « poème à voir », « poème dessin », « poème formel »… ? Pour Claude Debon, « ces  hésitations sont à la hauteur de l’innovation, quasiment « innommable » ». Car Calligrammes est un livre résolument moderne, où la recherche de « formes nouvelles » n’entre pas en contradiction avec l’idéal de pureté, voire de dépouillement – ce qui n’a pas forcément été compris lors de la parution, la faveur de la critique ayant porté davantage sur les aspects « classiques » du recueil que sur les « calligrammes » eux-mêmes.

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11/03/2009

Touche pas à mon Bost !

bost.jpgPorte-Malheur

Pierre Bost

Le Dilettante, 2009

 

(par Frédéric Saenen)

 

Il serait particulièrement intéressant d’écrire une histoire de la littérature française en dressant le panorama de ses « petits maîtres ». Combien sont ainsi régulièrement redécouverts, qui ne jouèrent de leur temps que des rôles de seconds couteaux dans l’édition ou le monde des revues et ne furent qu’effleurés par les feux de la rampe ? Le cas d’un Emmanuel Bove, écrivain prolifique et de grande qualité qui dut attendre des décennies avant de se voir reconnaître posthumément, a, à cet égard, valeur de paradigme. Le seul vivier des années 1920-1930 réserve encore maintes surprises en la matière. Témoin : Pierre Bost.

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10/03/2009

Éclats de vie

Sean James Rose et nos amours.jpgEt nos amours
Sean James Rose
Denoël, 2009

(par Joannic Arnoi)

En 150 fragments, Et nos amours explore quatre destins ordinaires, quatre mémoires en éclats émoussés. Il y a Hélène, fille de bonne bourgeoisie, traductrice anglomane, longtemps adonnée à des hommes mariés et plus âgés qu’elle. Martin, lui, a passé une jeunesse que certains diraient « dissolue », entre alcool, drogues, fêtes et séduction – car il a beaucoup séduit : des femmes surtout, et une en particulier, Hannah, qui a fini par renoncer. Il a aussi vécu un temps avec Pierre, critique littéraire, journaliste précaire qui s’est un jour installé dans une vie plus tranquille d’enseignant. Hélène a été un jalon amical dans sa vie, comme elle l’a été pour Marie, une enfant sans père devenue croqueuse d’hommes, au fil d’une existence aussi chaotique la nuit que morne le jour.

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03/03/2009

De voix de maître

Riboulet amant morts.jpgL’Amant des morts
Mathieu Riboulet

Verdier, 2008

(par Joannic Arnoi)

Mathieu Riboulet est un écrivain frugal. Ses récits se tiennent souvent à la centaine de pages. À rebours d’une littérature romanesque composant de vastes tableaux, leur trame évoque un voile que l’on relève sur un infime fragment du monde.
L’Amant des morts ne déroge pas à la règle, même si davantage qu’auparavant l’auteur élargit la focale pour embrasser un sentiment nouveau : l’Histoire — qu’il côtoie ou qu’il accompagne plutôt qu’il ne l’embrasse.

Au centre, un personnage, Jérôme Alleyrat, que la narration suit avec une fidélité à peu près chronologique, mais en se tenant en léger retrait, de telle sorte que persistera toujours une certaine opacité.

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02/03/2009

Ce que nous dit le petit doigt de Caradec

9782213638096-V.jpgLe doigt coupé de la rue du Bison

François Caradec

Fayard Noir, 2008

                            

(par Jean-Pierre Longre)

 

Il y a certes un « doigt coupé » de femme, dans ce faux roman policier (ou « rompol ») – et le commissaire Pauquet (« avec Pauquet, in the pocket ! ») est bel et bien chargé, à la suite d’obscures consignes ministérielles, d’enquêter sur ce mystère apparemment lié à des pratiques sectaires. Mais le titre ne dit pas tout, loin de là, et à mesure que l’intrigue (les intrigues) avance (nt), la comédie vire à l’évocation tragique du passé proche, celui de l’occupation et d’une diabolique invention nazie : le « Lebesborn » ou « source de vie », destiné à « créer la super-race nordique artificielle qui dominerait le monde pendant mille ans ».

 

Comment ces deux récits arrivent-ils à se superposer ? On le saura en allant jusqu’au bout de ce livre qui présente au demeurant bien d’autres intérêts. Caradec n’était pas à court d’inventions, et Le doigt coupé de la rue du Bison est comme une somme de ses talents divers : scènes de bistrot avec conversations tout azimut, jeux verbaux et orthographiques (en particulier dans la bouche d’un policier simplet), monologues induisant une pluralité de points de vue (celui d’un réfractaire au STO, celui d’une chienne, celui de la police etc.), dialogues à caractère théâtral, déambulations parisiennes, voyages lointains, inventaires en bonne et due forme…

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26/02/2009

Fait divers

julie telle que.jpg

Julie telle que
Nadia Xerri-L.
Actes Sud Junior, 2008

(Par Caroline Scandale)

La collection « D’une seule voix » chez Actes Sud Junior rassemble des monologues d’adolescents aux thèmes très forts. Entre émotions secrètes et révoltes partagées, elle propose aux jeunes adultes une approche de la littérature par l’oralité, d’ailleurs les gros caractères qui égrènent le texte sont spécialement pensés pour faciliter la lecture à haute voix.
Dans Julie telle que, l’auteure fait entendre la voix de Julie dans les minutes qui précèdent le procès d’Alex son grand frère. Un an auparavant, sous l’effet de l’alcool, il aurait tué un homme à la sortie d’un bar. L’arme du crime, un couteau à cran d’arrêt, s’est volatilisée et
Alex ne semble pas se souvenir de ce qui s’est passé cette nuit-là. 

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21/02/2009

Conte à régler, conte à rebours

vanc.jpgLa nuit dernière au XVème siècle
Didier Van Cauwelaert

Albin Michel, 2008

 

(par Radu Bataturesco)

 

 

Qu’est-ce qu’un écrivain digne de ce nom? Évidemment, pas celui qui noircit les pages à la queue leu leu, ni celui qui publie et même vend des dizaines de milliers d’exemplaires. Un écrivain digne de ce nom a le style (limpide), le savoir-faire (au zénith) et la liberté (intérieure), construit un monde et une œuvre propres, avec des thèmes et des livres singuliers et complémentaires pour soutenir l’édifice, et surtout, surtout, un écrivain digne de ce nom est touché par la grâce. À travers cette grille, les écrivains, les vrais, se comptent sur les doigts d’une main en territoire francophone. À travers cette grille, malgré leur imposante stature (médiatique), Houellebecq et Sollers (par exemple) paraissent tout à coup un tantinet laborieux ou trop appliqués pendant que Modiano et Van Cauwelaert se retrouveraient tout naturellement aux premières loges. Deux plumes, deux mesures : chez Modiano, entre les lignes, se dessinent des couchers de soleil, des univers sépia et des temps suspendus entre chien et loup, chez Van Cauwelaert, entre les lettres, danse le feu follet des petites lumières : éclairs généreux, regards d’intelligence, connivences rayonnantes rendent l’écriture de ce dernier ensoleillée, habitée. Habités sont aussi ses personnages principaux, miroirs de l’auteur projetés dans une double dimension.  

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17/02/2009

Glissements vers le pire

hlacroix.jpgDix-sept histoires de dolce vita
Hugo Lacroix
La Différence, collection « Littérature », 2008

 

(par Éric Vauthier)

 

Parmi les livres de récits brefs parus ces derniers mois, Dix-sept histoires de dolce vita fait figure d’œuvre singulière et quelque peu dérangeante. Romancier plutôt éclectique, Hugo Lacroix débute en 1976 au Seuil, dans la collection « Fiction et Cie », avec l’original Raideur digeste, avant d’intégrer la vogue « néo-polar » grâce à Zizanie dans le métro paru en 1979 chez Jean Goujon. Trente ans et une poignée d’ouvrages plus tard, dont deux livres sur l’architecture, il donne à lire aujourd’hui son premier recueil de nouvelles.

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16/02/2009

Sauce Potter

84626100243960M.gifAbracadagascar
Ménéas Marphil

Au Diable Vauvert, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Un jeune orphelin découvre qu’il est un sorcier, qu’il doit aller dans une école pour parfaire ses dons (immenses bien sûr) au plus vite afin de sauver le monde… Cela a beau se passer dans un cadre un peu différent, on se lasse vite de voir toujours cette même histoire resservie à différentes sauces. On est encore plus las quand on voit que là aussi le jeune sorcier est aussi immédiatement pourvu d’un gros compte en banque mais qu’à la différence de Harry Potter cela lui donne droit (à quoi rêvent les enfants) à une carte de crédit. Et quand les stéréotypes sexistes s’affirment avec une telle franchise, on se demande quelle œuvre est en avance sur l’autre et, répondant à cette question, on se demande si ce livre est utile à quelque chose.

10/02/2009

L’épopée du vulgaire

plouktown.jpgPlouk Town
Ian Monk

Introduit par Jacques Roubaud
Éditions Cambourakis, 2007

                            

(par Jean-Pierre Longre)

 

Au commencement était la contrainte et la contrainte s’est faite verbe et le verbe s’est fait avalanche. Ainsi : Plouk Town est un long texte poétique en onze parties : la première contient un poème (x) d’un vers (x2) d’un mot (x), la seconde deux parties (x) de quatre vers (x2) de deux mots (x), la troisième trois poèmes (x) de neuf vers (x2) de trois mots (x) et ainsi de suite, jusqu’à la dernière partie contenant 11 poèmes de 121 vers de 11 mots… L’avalanche, extension du principe oulipien de « boule de neige », sert donc à l’auteur de contrainte rythmique, et au texte de cadre poétique, à l’intérieur duquel d’autres contraintes (anaphores, rimes et antérimes, recherche de toutes les combinaisons possibles d’un ensemble de 9 mots aboutissant à la composition de 81 vers (99)…) guident le texte.

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09/02/2009

Petit thriller adolescent

vendeur cauchemars.jpgVendeur de cauchemars

André Benchetrit

Le Rouergue, collection « DoAdo noir », 2008

à partir de 12 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

Dans la famille « roman noir pour ado », je demande le fils et la fille. Leurs parents flambeurs ont quelques ennuis avec les huissiers. La fille est victime de visions : un insupportable nain roi de pique lui apparaît et dialogue avec elle. Le fils s’occupe de sa petite sœur tout en révisant ses cours, pendant que les parents sont au travail pour tenter d’éponger leurs dettes. C’est alors qu’apparaît un géant psychopathe déguisé en représentant de commerce au sourire tout droit sorti d’une émission de variétés. Sa marotte est de s’immiscer chez les gens et de les effrayer avant de les assassiner sauvagement.

Vendeur de cauchemars est un petit thriller en huis-clos balançant entre réalisme et fantastique, épouvante et comique de situation. La fin est heureuse, très heureuse - trop heureuse ? Sans doute qu’à rebours de tout ce qui précède, André Benchetrit a voulu conférer à son roman des vertus éducatives en rappelant aux jeunes qu’ils peuvent avoir confiance en les adultes. Y croiront-ils vraiment ?

 

http://www.lerouergue.com/

 

http://andre.benchetrit.free.fr/

06/02/2009

Le cœur en charpie

adam.jpgDes vents contraires
Olivier Adam

Éditions de l’Olivier, 2008

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

Sarah a disparu sans laisser de traces, abandonnant son époux et ses deux jeunes enfants à leurs éternelles questions (Où est-elle ? A-t-elle fui ? A-t-elle été enlevée ? Est-elle morte ?) et, surtout, au vide désespéré de leur cœur. Paul Anderen, scénariste et romancier en mal d’écriture, décide alors de revenir avec Clément et Manon au pays de son enfance, dans cette Bretagne où les vents et la mer accompagnent et trahissent la violence des sentiments.

 

Paul retrouve à Saint-Malo des souvenirs, le goût salé de l’océan, quelques êtres affectueux comme son frère Alex et sa belle-sœur Nadine (qui l’embauchent en douce dans leur auto-école), mais aussi la froide brutalité de la société et de ses institutions, auxquelles ses enfants et lui-même n’arrivent pas adapter leur existence. Le manque est toujours là, qu’ils tentent de pallier par l’amour inconditionnel qu’ils se vouent mutuellement.

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05/02/2009

L'Afrique autrement

pinguilly.gifLa défaite des mères

Yves Pinguilly, Adrienne Yabouza

Oslo éditions, collection Temps qui passe, 2008

 

(par Annie Forest-Abou Mansour)

 

Sous des abords candides et simples, La défaites des mères est un éreintage subtil et savoureux de la politique coloniale européenne des années quatre vingt en Centre Afrique (« il avait fait un voyage en Egypte comme consultant pour une ONG qui, après avoir vendu du sel à la mer, envisageait de vendre du sable au désert ») et de la misère populaire qui en découle. Avec humour (« Dieu a dit : « tu travailleras six jours sur sept, mais si tu es pauvre tu auras en plus la chance de travailler le dimanche au noir... »), une syntaxe et des figures de style souvent puériles et hybrides (« C’était fait, la Terre ronde, qui continuait à tourner sur elle-même et autour du soleil, comptait un empire de plus, turluttu chapeau pointu ! », après l’auto proclamation de Bokassa), les deux auteurs révèlent une  connaissance approfondie des mentalités et de la politique de la région : « papa Bok Ier en profita pour glisser dans les poches du roi de France, à l’insu de son plein gré, quelques petits diamants de rien du tout. Juste ce qu’il faut pour qu’en reprenant l’avion de sa royale république, il ne soit pas en excédent de poids. »

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04/02/2009

Le jeu troublant de l’existence

dlachaud.jpgLe vrai est au coffre
Denis Lachaud
Actes Sud, 2005 / Babel 2009

 

(par B. Longre)

 

Des parents aimants et une atmosphère familiale relativement paisible ne pourront empêcher le petit Thomas, qui démarre son récit à l’âge de cinq ans, de peu à peu glisser dans un monde parallèle, semi imaginaire, qui annonce de façon ténue la fracture identitaire à venir. Les indices offerts au lecteur sont d’abord maigres : la création, entre autres, d’une famille virtuelle avec son amie Véronique et ses poupées, un éparpillement de réalités qui se superposent dans l’esprit du jeune narrateur et qui n’inquiètent pas d’emblée, des jeux en surface innocents qui ouvrent pourtant la voie à un malaise plus ample, qui prend corps quand Thomas (Tom pour lui-même et Toto pour ses parents…) entre à l’école primaire, et devient le bouc émissaire d’une catégorie brutale d’élèves, prompts à tourner en dérision son comportement qu’ils disent efféminé.

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31/01/2009

La vie devant soi

jolie fille rien que pour moi.jpgUne jolie fille rien que pour moi

Aurélie Antolini

Editions Intervista, collection « les mues », 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

A n’en pas douter, Aurélie Antolini s’est amusée en écrivant son premier roman. Coup de cœur de Constance Joly-Girard, directrice de la collection « les mues », Une jolie fille rien que pour moi a l’art de capturer dès les premières lignes.
Son secret ? Un savoureux langage pré-adolescent à la Romain Gary qui explose (de rire évidemment) à chaque page, mélange de jeux de mots, de réflexions de bon sens, d’images décalées et de petits détournements de textes de la vie de tous les jours (étiquettes, mots fléchés, etc)

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28/01/2009

Quête frénétique

daddy frénésie.jpgDaddy frénésie

Tristane Banon

Plon, 2008

 

(par Caroline Scandale)

 

Daddy Frénésie est le troisième roman de Tristane Banon. On y retrouve son héroïne, la jeune Flore, dans une quête frénétique dont le but est de blesser celui qui l’a abandonnée à la naissance.

A vingt sept ans, la jeune femme a depuis bien longtemps cessé de le chercher, persuadée que sa mort lui serait égale. Mais un jour en feuilletant le Figaro, une annonce lui laisse entrevoir la possibilité d’une rencontre avec l'absent. Commence alors une filature digne d’un détective privé pour apercevoir son père sans être découverte.

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22/01/2009

Entretien avec Thierry Galibert sur Artaud

bestialite.jpgLa Bestialité

Thierry Galibert

Sulliver, 2008

 

(par Frédéric Saenen)

 

Thierry Galibert a signé en juin 2008 un essai aussi vaste qu’exigeant sur le thème de la bestialité tel qu’on le rencontre dans la modernité occidentale, et ce à travers le prisme de l’œuvre d’Antonin Artaud. La majorité de la critique, découragée sans doute par les quelque 500 pages serrées de cet ouvrage, semble avoir préféré le passer sous silence. Or, le travail de ce professeur de littérature française à l’université d’Aix-Marseille mérite considération. Il offre en effet des perspectives étonnamment fécondes à propos de sujets que l’on croyait entendus depuis longtemps, des plus particuliers (l’évolution personnelle d’Artaud) aux plus généraux (l’histoire du surréalisme, les idéologies totalitaires, les rapports entre aliénation et création, etc.)

 

À aucun moment pourtant, l’érudition n’apparaît forcée, car Thierry Galibert possède un atout précieux, garant de son crédit : il maîtrise à fond sa matière. Rares sans doute sont les spécialistes patentés d’Artaud qui excellent à citer l’épistolier, le dramaturge, le poète ou l’essayiste avec autant d’aisance, et prouvent de la sorte qu’ils ne méconnaissent aucun recoin de cet esprit tourmenté et déroutant. La démonstration, si ardue soit-elle, finit donc par emporter la conviction. Artaud disait « Définir une vérité, c’est la tuer. ». Nous n’aurons ni cette prétention ni cette cruauté. Voilà pourquoi, plutôt que de résumer pesamment – ou pire : dénaturer – le propos de l’auteur, nous avons préféré lui laisser la parole, dans le cadre de l’entretien qu’on va lire…

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21/01/2009

Les garçons de la plaza Real

L60580.jpgAlberto
Daniel Arsand, illustré par José Maria Gonzalez

Les éditions du Chemin de fer, 2008

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

Dans les années 1970, jeune homme choyé par ses parents, Daniel s’aventure à Barcelone, entraîné par un ami, ses faux désirs de voyages et ses illusions. « J’avais vingt-cinq ans. Ma jeunesse ne s’était pas colletée vraiment avec le réel, elle se croyait infatigable, incorruptible et éternelle ». Malgré le franquisme déclinant, la ville espagnole apparaît comme « un gouffre luxuriant » plein de libertés, de promesses et de rencontres. C’est dans ce contexte qu’apparaissent Alberto et la passion qu’il suscite d’emblée auprès du narrateur.

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17/01/2009

Tribulations d’un ethnolinguiste en Afrique de l’Est

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Le serval noir

Marc Vassart

Au diable Vauvert, 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

Somerset Bienvenue est ethnolinguiste au musée de l’homme, menacé de fermeture suite à l’inauguration du musée du quai Branly. Un éclair de génie – à moins que ce soit de folie - le conduit au Kenya, dans le berceau de l’humanité, alors sous les bombes américaines, pour y dénicher une poterie ancienne. L’un de ses confrères a en effet découvert une machine permettant de lire dans les sillons d’une poterie comme sur ceux d’un disque vinyle, et donc de restituer les paroles prononcées pendant la fabrication d’une poterie. Si Somerset Bienvenue réussit à ramener la poterie hadzabé, il pourra peut-être remonter à la langue-mère, à l’origine de toutes les autres, et – qui sait ? – parvenir ainsi à sauver le musée de l’homme par cette découverte majeure.

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