Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

caroline scandale - Page 2

  • « Le bonheur c’est simple comme une lobotomie »

    carazina3.jpgHeureux les simples d’esprit

    Cara Zina

    Robert Laffont, 2008

     

    (Par Caroline Scandale)

     

     

    C’est l’histoire d’une résistance à la crétinerie établie, l’immersion réaliste dans le monde glauque des squats puis dans le quotidien funky d’une institutrice de province. Le roman s’inspire de la vie de son auteure Cara Zina mais son héroïne est encore plus radicale qu’elle. Cette autofiction est aussi rythmée et révoltée que les textes punk’n’rap écrits il y a presque vingt ans avec son amie Virginie Despentes au sein des Straight Royeur.

    Elles se rencontrent en colo. « Quand elle était petite, la grande n’était pas encore Virginie Despentes, mais c’était déjà quelqu’un, une forte tête, à la voix grave et railleuse et à la carrure rassurante, une énergie encore en friche qui ne demandait qu’à sortir et que je ne demandais qu’à suivre. » A son contact elle devient punk et ensemble elles suivent les Beruriers Noirs à travers la France entière, en tapant la manche avec d’autres adeptes de la crête, rencontrés en route. Entre squats et back-stages de concerts, Cara et Virginie mettent leur rage au service de la lutte anti sexiste et anti raciste. Elles montent leur propre groupe et écrivent des textes énervés contre la prédominance blanche et mâle.

    Lire la suite

  • Petite mort contre moment de vie intense

    dsegalen3.jpgAu poisson qui fume
    Dominique Segalen

    Ed. Luce Wilquin, 2007

     

    (par Caroline Scandale)

     

    Louise Anne, petit garçon castré, intègre très tôt sa différence. Considérée par ses parents comme un objet rebutant, elle intériorise le fait d’être « un vilain bouton de fièvre sur le visage familial. » Elle pousse tordue, bancale, envers et contre tout. Systématiquement rejetée par ceux qui devraient l’aimer par-dessus tout, elle se construit une image d’elle-même dévalorisée. Elle est le « déshonneur familial et [la] monstruosité perverse. » Dans ce désert affectif, elle bénéficie heureusement du froid soutien muet des cadavres de sa maison de croques-morts.

    Lire la suite

  • La chambre où finit l’enfance…

    cbredesable3.jpgLa chambre de sable

    de Joëlle Wintrebert

    Editions Glyphe, 2008

     

    (Par Caroline Scandale)

     

    Marie, douce rêveuse surdouée de 11 ans, aspire à transcender la grisaille du quotidien en laissant divaguer son âme hors d’elle-même. Sa mère, qu’elle donnerait volontiers en pâture à un dragon familier, ne l’entend pas ainsi. Comme « mystérieusement avertie » chaque fois que sa fille est heureuse, elle n’a de cesse de venir briser ses instants d’échappée belle… Marie rêve d’échanger cette mère si grise contre son amie Nana, flamboyante artiste épicurienne, éprise de liberté, pleine de vie et d’envies.

    Plutôt cérébrale et solitaire, l’enfant fuit la compagnie des autres adolescents, portés bien plus qu’elle sur la découverte de la sensualité. Elle refuse toute concession et reste libre de ne faire absolument que ce qu’elle entend, au gré de ses passions du moment. Et cet été, Marie ne trouve rien de mieux que de se livrer à son passe temps favori, filer son nouveau voisin, un vieux monsieur énigmatique qui la fascine.

    Lire la suite

  • Dans le mal se trouve toute volupté…

    gordon3.jpgGordon

    Edith Templeton

    traduit de l'anglais par Marie-Hélène Sabard
    10/18, 2007

     

    (par Caroline Scandale) 

     

    « Quand il me possédait avec un acharnement tel qu’il m’entraînait au bord des ténèbres, il me donnait cette extase : savoir que j’avais atteint la chose, la seule chose que j’eusse jamais voulue... » Le ton de cette scandaleuse histoire d’amour est donné.

    Louisa Walbrook, 28 ans, rencontre dans un pub un inconnu de vingt ans son aîné, dont elle devient la maîtresse ou, plutôt, l’unique objet de perversion. L’inconnu, Gordon, qui est psychiatre, entraîne Louisa dans un rapport de domination/soumission et prend plaisir à exhumer les souvenirs refoulés dans l’inconscient de sa partenaire. Entre chaque séance d’intrusions mentales, Gordon la pénètre froidement et en tire une satisfaction éclair. A son corps défendant, Louisa jouit comme jamais de cette exquise sensation d’impuissance et quand, à deux reprises, Gordon la viole, elle est heureuse d’être mortifiée de la sorte car son emprise lui donne la « délicieuse impression d’être à l’abri ».

    Lire la suite

  • Fifi, un modèle… d’anticonformisme

    fifi3.jpgFifi Brindacier, l’intégrale
    de Astrid Lindgren
    Hachette jeunesse, 2007

    (Par Caroline Scandale)

    L’impertinente et audacieuse Fifi revient sur le devant de la scène éditoriale. A l’occasion des 100 ans de l’écrivaine suédoise Astrid Lindgren, Hachette jeunesse réédite les trois titres de la série des Fifi (Fifi Brindacier, Fifi Princesse et Fifi à Couricoura) sous forme d’un beau livre relié grand format, illustré par Ingrid Vang Nyman. L’occasion est donnée de faire à nouveau connaissance avec l’héroïne suédoise au caractère très affirmé, ravissante de modernité malgré son demi-siècle.

    Pour la petite piqure de rappel, Fifi Brindacier vit seule dans une grande maison, avec un poney et un singe. Autrefois, elle a eu une maman, mais elle ne s’en souvient plus. Cette dernière est morte quand Fifi n’était qu’un tout petit bébé « qui braillait tellement fort que personne n’arrivait à rester à côté d’elle ». Par contre, la petite fille n’a pas oublié son papa, capitaine au long cours. Elle l’avait accompagné sur son navire, jusqu’au jour de sa disparition en mer, emporté par une terrible vague. Mais elle est sûre qu’un jour il reviendra et que, pour le moment, il est le roi d’une tribu de cannibales sur une île perdue…

    Lire la suite

  • L’art de prendre des gants… avec les mots

    almassy1.jpgAutobiographie d’un fantôme et autres fictions
    Eva Almassy

    Médium de l'Ecole des loisirs, 2007

    (Par Caroline Scandale)

    Madeleine Delande est la seule écrivaine au monde à n’écrire qu’avec des gants. Ses contes, nouvelles, lettres ou récits rivalisent d’inventivité. Les pensées surgissent à vau-l’eau, comme furieusement inspirées par la matière, l’apparence et l’utilisation de l’habit. D’ailleurs qu’il soit de tissu, de laine ou de cuir, l’écrin lui va comme un gant.

    Il suffit à Madeleine de glisser ses mains dans des mitaines en cuir pour qu’elle devienne un instant la jeune Emma, éprise d’un bel inconnu à l’odeur sauvage. Parée de gants délicatement œuvrés en dentelle d’Irlande, Annaig, apprentie dentellière sur son île bretonne, est convoquée à la table d’écriture. Affublée de gants rouges très longs, Madeleine imagine la romance cruellement délicieuse de Zita et Antonio. L’insaisissable amoureux disparaît subitement de l’existence de sa belle en lui laissant d’ardents messages de rupture : « Mon amour, mon âme, mon tout. Ma demoiselle, ma Zita, mon orageuse…Si tu me regrettes, tu me reverras. Si tu me revois, tu le regretteras… »

    Lire la suite

  • Entre lame et chair…

    barbiere3.jpgLa barbière
    de Caroline Lamarche et Charlotte Mollet
    Les impressions nouvelles, 2007

    (Par Caroline Scandale)

    Erotisme et exigence littéraire sont les maîtres mots de ce conte pour adultes, diablement transgressif. Chez la Barbière, douleur et volupté s’entremêlent. Prêtresse en son salon, elle effleure la peau des hommes de sa lame affûtée. Elle rase comme on caresse. Les clients s’abandonnent. Commence alors un étrange rituel, entre lame et chair… Par leur sacrifice consenti, les clients de la Barbière font une offrande bien particulière au Grand Ob, maître de la cité et garant de la paix. Dans cette ville frôlant le chaos, pas un homme qui ne rêve de s’allonger sur son siège incliné. Assistée de Mira la narratrice, la Barbière exécute sans relâche les mêmes gestes, précis, doux et cruels à la fois.

    Lire la suite

  • Trente cinq ans après la publication de Du côté des petites filles, où en sommes-nous ?

    quoideneuf3.jpgQuoi de neuf chez les filles ?

    Entre stéréotypes et libertés

    Christian Baudelot et Roger Establet

    Nathan, Collection L'enfance en questions, 2007

     

    (Par Caroline Scandale)

     

    En 1973, Elena Gianini Belotti publiait aux éditions Des Femmes un livre fondateur sur l’origine sociale des inégalités entre les deux sexes. De manière claire et irréfutable, elle mettait en évidence le caractère socialement construit des différences entre le masculin et le féminin : «La soi-disant infériorité des femmes naît de leur conditionnement, elle n’est pas plus naturelle que ne l’est la supériorité de l’homme et si l’éducation ne visait qu’à développer des qualités humaines de l’enfant, sans tenir compte de son sexe, cette inégalité s’effacerait d’elle-même. » Trente cinq ans plus tard, le livre de Christian Baudelot et Roger Establet, Quoi de neuf chez les filles ? Entre Stéréotypes et libertés, en filiation directe avec le premier, dresse un panorama des continuités et des ruptures intervenues depuis, en s’appuyant sur les derniers travaux issus de différents champs disciplinaires (sociologie, histoire, neurobiologie, psychanalyse, psychologie). L’école est devenue mixte, les mères travaillent et, paraît-il, les pères font la vaisselle… Pour autant les attentes et les comportements des adultes à l’égard des filles et des garçons ont-ils réellement changé ? Les petites filles ne sont-elles plus traitées différemment des garçons ? Leur position sociale s’est-elle améliorée ?

    Lire la suite