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anne-marie mercier - Page 5

  • De l’introduction des Nursery rhymes dans la culture française

    goose3.jpgComptines de ma mère l’oie/ Mothergoose. The old nursery rhymes
    Bilingue (traduction de l’anglais de Françoise Morvan)
    Chantées par Susie Morgenstern et Isa Fleur
    Illustré par A. Rackham
    Actes Sud Junior, 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Ce très joli livre accompagné d’un CD part d’une belle idée : donner aux enfants français un accès aux Nursery Rhymes, grand classique des comptines anglaises, en leur en proposant une version en langue originale et en traduction française. Se faisant face sur le livre, les deux versions s’entrelacent dans les chants, ce qui facilite l’accès aux paroles et à la musique. On y trouve de grands classiques : Hickory, Dickory, dock, Ring-a-ring-a-roses, Black sheep… la traduction de Françoise Morvan se donne assez de liberté pour rechercher la musicalité, les rimes et le rythme tout en gardant une certaine fantaisie. Ses choix ont de beaux effets et l’ensemble est charmant.


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  • De la modernité et du jeu dans un album (1910)

    pnewell3.jpgLe livre en pente
    Peter Newell
    traduit de l’anglais par Michelle Nikly
    Albin Michel, 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    L’originalité n’est pas synonyme de nouveauté, la preuve, cet album de 1910 (The slant book), réédité en italien puis en français, toujours aussi surprenant. Son format surtout étonne, non par sa taille mais par la forme choisie, celle d’un parallélogramme sans aucun angle droit, qui donne d’emblée une impression de vertige. Le texte s’inscrit dans la même pente, donnant à ce livre, une fois ouvert, une allure de ligne de fuite perpétuelle.

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  • Rififiction dans l’édition jeunesse

    gloire3.jpgLa Gloire de mon frère
    Emmanuel Arnaud

    Editions du Rouergue (doAdo), 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Non, La Gloire de mon frère n’est pas un remake de Pagnol mais est construit à partir d’un soupçon d’autobiographie. Ce court roman reprend de façon tout à fait originale l’histoire du premier roman d’Emmanuel Arnaud, Les Trilingues, édité lui aussi au Rouergue (2006). Il reprend non les personnages, ni l’intrigue ni les thèmes, mais l’histoire de la publication d’un roman pour ados et la découverte que l’auteur a faite des métiers de l’édition à cette occasion. Éditrice, correctrice, conseillère, une certaine Sophie, guide l’écriture finale, pilote l’auteur dans les salons du livre, interviews, etc. et veille à l’avenir de l’œuvre.


    Tout cela est une fiction et non une autobiographie, même si le premier roman évoqué s’intitule ici Les Bilingues, le second Les Trilingues, etc. (c’est d’une série qu’il est ici question) et si l’expérience de ce premier roman a pu nourrir l’œuvre.

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  • Serbie : un cauchemar d’avant

    basara3.jpgGuide de Mongolie
    Svetislav Basara

    Traduit du serbe par Gojko Lukic et Gabriel Iaculli
    Les allusifs, 2006

    parution en poche : juin 2008, 10-18

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Guide de Mongolie, autant dire itinéraire dans un pays sombre, corrompu, lamentable, repoussant et écœurant. Les Mongols n’en seraient pas contents. Mais la ressemblance avec la véritable Mongolie est plus que faible, même si certaines scènes sont censées se passer à Oulan Bator. Elle est davantage un prétexte (on pense au Kazakhstan du film Borat), une fable qui tente de dire la décomposition du monde.

    Ce monde pourrait être celui de la Yougoslavie d’avant l’embrasement, un pays étouffé par la langue de bois et la méfiance, par la fausse fraternité et une économie ubuesque, « pays merdique » (le texte a été écrit avant la dernière guerre des Balkans). Ce pourrait être aussi l’univers mental de l’auteur, dans lequel l’extase religieuse et l’abattement éthylique (et vice-versa) se côtoient, où un mort issu d’un texte sadien, un évêque protestant transparent, un ex officier russe reconverti en lama tibétain et l’envoyé spécial d’un journal américain disparu et l’auteur, ou plutôt son double, Svetislav Basara, se rencontrent au bar de l’hôtel d’Oulan Bator où séjourne presque sans mot dire Charlotte Rampling. Ils y jouent les mille et une nuits en se racontant des histoires, entre une exécution de sorcière et une séance de psychanalyse grotesque. La théologie médiévale et la philosophie moderne s’y rencontrent aussi pour débattre de la nature du temps humain. L’amour impossible et prédestiné hante les rares espaces clairs, illuminés par le souvenir d’enfance.

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  • Biographie et génie

    v_book_49.jpgShakespeare. La biographie
    Peter Ackroyd
    Traduit de l’anglais par Bernard Turle
    Philippe Rey, 2006

    (par Anne-Marie Mercier)

    Bien plus qu’une biographie, ce livre propose à la fois les données les plus récentes de la recherche shakespearienne, un portrait précis et documenté sur la vie à Stratford et à Londres sous Elisabeth 1e et Jacques II, une description de la vie théâtrale du temps et enfin une analyse des conditions de création de ses pièces et de l’origine de ce qu’on nomme le « génie » d’un grand artiste. Ce pari déjà ambitieux est accompagné par un grand souci de lisibilité. Des chapitres très courts organisent le texte d’une façon qui n’est pas totalement chronologique et proposent des éclairages sur des points précis, qui peuvent être sociologiques, littéraires, purement historiques, psychologiques, etc. La traduction est belle et précise (seul reproche : que les vers de Shakespeare cités en français ne soient pas toujours donnés aussi dans la langue originale).

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  • Adapter / rapprocher ?

    honaker3.jpgOdyssée
    tome II, Les naufragés de Poséidon

    Michel Honaker
    Flammarion, 2006

    (par Anne-Marie Mercier)

    L’Odyssée, adaptée par un auteur à succès comme Michel Honaker, devait être un bon moyen pour faire goûter une œuvre qui n’est plus beaucoup lue par les jeunes lecteurs (encore que les programmes de français de 6e la recommandent comme l’un des textes «fondateurs » dont l’étude est recommandée). Michel Honaker écrit bien, il manie même avec naturel les épithètes homériques, et certaines pages ont du souffle.

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