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anne-marie mercier - Page 3

  • Laissez les lire !

    9782882584656.jpgAffaires de loup
    Pascal Trimouille

    La joie de lire, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)


    Petit album sans paroles, sans couleurs, mais pas sans relief. Les images crayonnées au fusain, très sombres, montrent un loup qui s’ennuie dans sa famille ; il entre dans une chambre d’enfant. Il en sort avec un ours et un livre. Il coule des moments heureux entre ces deux compagnons. Les autres loups, les parents et un autre louveteau, s’y attaquent pour les détruire (ou les dévorer ? image terrible). On ne vous dira pas la suite…
    Belle fable sur les plaisirs du jeu et de la lecture, sur la difficulté de certains enfants pour y accéder sans que la famille en prenne ombrage, sur la lecture d’images et la projection de fantasmes.

  • New age et fantasy

    noman.jpgNoman (Nobles guerriers, III)
    de William Nicholson
    traduit de l'anglais par Diane Ménard

    Gallimard jeunesse, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Ce volume est le dernier de la nouvelle trilogie de William Nicholson, auteur du très inventif du Vent de feu, en trois volumes lui aussi. Moins novateur, ce cycle reste cependant intéressant et au-dessus de ce qu’on peut lire le plus souvent dans ce genre (fantasy). Ce dernier volume croise les destins des trois héros et reprend des fils tirés dès le premier volume : phrases entendues, visions, rêves, tout trouve son aboutissement et sa fin.

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  • Marseille-New York

    aissatou.jpgUn grand éclat de rire
    De Aïssatou Thiam

    éditions Pascal Galodé, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Fable moderne : la narratrice de cette autobiographie est née à Dakar, a grandi à Marseille dans les quartiers nord. Un père envolé, une mère qui meurt jeune, des grands parents aimants mais fragiles, la menace de la DASS, être noire à Marseille… Mais c’est aussi une enfance et une adolescence avec des bonheurs et des chances : la découverte de l’Afrique, de la musique de Bob Marley, des boites, de la littérature…Mannequin, puis actrice, Aïssatou Thiam raconte dans un texte plein de naturel les rencontres, les amitiés, les métiers avec beaucoup de gratitude et de gaieté.

    http://www.pascalgalodeediteurs.com/

  • Bestiaire

    9782020969185.jpgDes bêtes avec du sable entre les orteils
    Des bêtes qui partagent la forêt avec le loup
    Tatsu Nagata

    Seuil jeunesse, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    On connaît les albums d’histoires naturelles de Tatsu Nagata. Voici une autre formule, carrée, dans laquelle plusieurs animaux se côtoient dans un même espace naturel. L’air de rien, cet espace est le véritable personnage : de nuit, de matin, de printemps ou d’hiver, de profondeur ou de surface… chaque animal permet d’en donner une image différentes. Les images sont comme toujours parfaites, mêlant différentes techniques, parfois proches de la photo retouchée, parfois gouache et toujours avec la caricature en action de l’auteur-savant en blouse blanche qui observe de monde à travers de grosse lunettes : ou comment rendre la science proche des enfants ?

  • Pour l’amour des mots

    stanislas.jpgAbécédaire illustré de Stanislas
    Stanislas Barthélémy
    Thierry Magnier, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Illustré par l’un des fondateurs de l’Association (BD indépendante), cet abécédaire est à la fois classique et original : classique par le graphisme et la mise en couleurs qui évoquent les « illustrés » des années 30, et par le dispositif : une lettre en écriture bâton, et des mots qui vont avec. Mais chaque page propose une infinité d’objets et de mots associés et c’est tout un jeu que de les mettre ensemble, de chercher les raisons pour lesquelles on a montré un coq le cœur battant devant une casserole (cocotte minute), et pourquoi l’homme en armure tient un ananas au bout de son épée.
    Quelques doubles pages rompent cette unité en proposant des thèmes (loisirs, métiers…), un planisphère sommaire, un jeu de l’oie des mots.
    C’est un album dans lequel se perdre… à condition d’avoir l’amour des mots, qu’ils soient usuels ou rares, longs ou courts et de prendre son temps.

  • Nouvelles images

    eco.jpgLes trois cosmonautes et autres contes
    Umberto Eco, illustré par Eugenio Carmi
    Grasset jeunesse, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    « La bombe du général », « Les trois cosmonautes », « Les gnomes de Gnou » sont les trois contes présentés dans cet album au format original tant il est moyen. Les histoires de Eco sont parfaitement bien pensantes pour notre époque et a priori un peu plates : pacifisme, tolérance, écologie… Elles sont sans grande originalité quant aux thèmes. Mais elles présentent toutes un léger décalage qui les rend attachantes : ce sont les atomes qui décident de ne plus servir la guerre ; les cosmonautes appellent leur maman du fond de l’espace, et les gnomes de Gnou ont un bien joli nom et une belle assurance pour refuser les « bienfaits » de la civilisation terrienne.

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  • Le cuisinier, le coiffeur, le peintre, leurs femmes et leur maître

    cdovey.jpgLes liens du sang
    De Ceridwen Dovey
    traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Jean Guiloineau
    Editions Héloïse d’Ormesson, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Roman à la façon de Garcia Marquez qui évoque le renversement d’une dictature dans un pays non identifié, l’entrecroisement des destinées, le perpétuel retour du même, le livre de Ceridwen Dovey est tout cela. Mais il est radicalement autre à bien des égards et on peut comprendre que des critiques aient trouvé aussi une parenté avec les romans de Coetzee, compatriote de l’auteure (qui est née en Afrique du Sud et vit à New York) : les rapports entre hommes et femmes, parents et enfants, maîtres et serviteurs sont remarquablement esquissés à travers toute une série de tableaux d’abord bien distincts, puis qui se mêlent de façon inextricable.

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  • Chatons dans la nuit blanche: la nouvelle comme roman.

    murakami.jpgL’éléphant s’évapore
    Haruki Murakami
    Belfond

    (par Anne-Marie Mercier)

    « Voilà dix-sept nuits que je ne dors plus ». Cette première phrase de la nouvelle intitulée «Sommeil », l’une des plus longues du roman, longue comme une nuit où l’on ne trouve pas le sommeil (ce qui est un type de nuit blanche particulier, voir Le Passage de la nuit, du même auteur) ou comme une sieste profonde dont on sort hébété par un jour de grande chaleur, pourrait être le titre de ce recueil, tant les textes qui le composent offrent des portraits hallucinés de personnages qui dépassent, mais à peine, la limite de ce qui est possible, de ce qui est permis, de ce qui est correct, et semblent flotter entre deux mondes.
    Un coup de fil inquiétant, une faim insatiable, qui amène à l’attaque d’un mac Donald, le dérapage d’un préposé aux lettres de réclamations, les petites choses insignifiantes qui font qu’on se rencontre ou surtout qu’on se manque (terrible), qu’on se sépare, qu’on se hait. Les idées qu’on se fait sur les autres (les chinois, par exemple, les étapes de la vie, la disparition d’un éléphant sans effraction…

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  • Romans de kimono et de sabre

    445.jpgLe village du chat vampire / L’île des ogres
    Lensey Namioka

    (traduits de l'anglais par Nikou Tridon)
    Rocher jeunesse, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Le jeune samouraï Zenta, accompagné de son ami joyeux et maladroit, Matsuzo, revient dans le village de son enfance et découvre que tous, y compris son vieux maître, vivent dans la terreur, entre des colporteurs à l’allure de brigands et un mystérieux monstre qui agresse les jeunes filles. Suspens, aventures et mystère, un roman policier honorable mais sans grande originalité, en dehors de quelques aspects du Japon du XVIe siècle qu’il fait découvrir.
    L’île des ogres, qui suit ce récit tout en étant indépendant, offre le même cocktail de valeur guerrière, de charmante jeunes filles, d’amour discret, de mystère et d’exotisme, tout en étant mené par un autre personnage de ronin, moins héroïque mais plus humain.

    http://www.editionsdurocher.fr/

  • Entendre les voix du collège

    soulat1.jpgSur la photo de classe
    Noam Soulat
    Calmann-Lévy, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Sur la photo de classe des troisièmes E, ils y sont presque tous, et tous, y compris ceux qui n’y figurent pas, ont droit à un portrait individuel de quelques pages, un court chapitre. Ce livre décompose la photo de groupe en autant de vignettes. Ils s’appellent Jamel, Paul, Mohamed, Lolita, Fatima, Cyril, Rachida, Harmonie, Kennedy, Nicolas… Ils sont jeunes et ont peu d’intérêt pour le cours de Français de leur prof, Monsieur Soulat.

    Instantanés d’un moment, ou portraits d’un jour ou parcours égrenés tout au long de l’année. Leur langage, leurs façons, manières et manies, leurs désirs, leurs amitiés et amours, désamitiés et désamours, apparaissent comme pris sur le vif, le plus souvent dans le même cadre, celui de la classe, du collège, rarement à l’extérieur (un salon du livre, le centre commercial). Apparaissent d’autres silhouettes, les autres professeurs, le CPE, le principal (son bureau est le lieu des confrontations graves, du rappel à l’ordre), les parents (parfois violents, surtout à l’égard de leurs enfants). Conseils de classe, conseils de suivi, vacances, rythment le temps autant que les exclusions et l’évolution, de plus en plus brutale, des rapports entre le professeur et certains, ou plutôt certaines de ses élèves. Le constat est terrible, violent.

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  • Prison d’enfants

    9782748506884R1.gifMéto, tome 1 : la maison
    De Yves Grevet
    Syros, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Roman d’anticipation, de formation, de collège, La Maison est tout cela sous le signe général de l’enfermement. Des garçons sont réunis dans une maison qui est tout leur monde : amnésiques, ils n’ont pas accès à leur passé, sans famille ils ne se souviennent pas d’en avoir eu une. Ils n’ont pas de futur non plus, ignorant ce que deviennent ceux d’entre eux qui arrivent à l’adolescence et disparaissent. Ils ignorent aussi qu’un autre sexe existe.

    Dirigés par des hommes nommés « César » (César 1, César 2 etc.), eux mêmes portent des noms aux consonances romaines (Claudius, Crassus, Paulus…). La discipline est militaire, carcérale aussi. Les plus vieux initient les plus jeunes. L’entraînement se fait dans un jeu collectif très violent, seul dérivatif à la tension qui les habite tous, et on y joue avec la mort.

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  • No future

    maltescarrels.jpgScarrels
    de Marcus Malte
    Syros, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Roman étrange et noir, Scarrels se situe dans un monde lui aussi étrange et sombre. On y vit la nuit, il y pleut sans cesse, la ville est un univers clos où la foule erre sans but, les chemins sont des traits de lumière entre la maison et la ville. De curieux oiseaux, des faucons, font la police et traquent et mettent en pièces les mal pensants, les fauteurs de trouble.
    Si le narrateur est un adolescent assez proche de ceux qui pourraient être ses lecteurs, pris entre son amour pour son amie d’enfance et ses relations avec ses parents, ses amis, jeunes comme lui, sont plus improbables : Abel le géant simplet, Jona l’amie mystérieuse, Karen orpheline de nulle part de la classe des « perles », à l’allure de poupée qui teint entre ses bras son double, Tina, une poupée vivante et parlante, changeant à tout moment de costume et de personnalité (Tina-Star, Tina Baila…), un genre de Barbie animée et puissante, Steve l’adolescent borné, Tommy, celui qui sait tout… un clan des six uni par des relations fortes, mais aussi par beaucoup de non dits.

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  • Adolescence en fuite

    9782844206848.jpgDans sa peau
    De Benoît Broyard

    Thierry Magnier, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Ce pourrait n’être qu’un roman social de plus : le héros de l’histoire est un adolescent qui fuit sa famille après avoir incendié une grange. Père alcoolique et chômeur (était-ce bien nécessaire ?), mère à antécédents psy (était ce bien nécessaire ?) et alcoolique elle aussi. Rien d’exaltant, donc, sur le plan du cadre de l’histoire.

    Mais ce roman touche pourtant juste et fort. Tout d’abord par le choix de la voix qui le porte : celle du personnage dont on ne saura pas le nom, et qui se choisit le prénom d’un autre, Antoine. Une écriture à la première personne très habitée et saturée elle-même d’autres voix, celles de son passé qui sont restées inscrites en lui, comme gravées par la souffrance, voix du père, voix de la mère. Ce que disent ces voix ne relève pas de l’exception qu’aurait pu induire le contexte médico-social choisi, mais du banal, avec ses expressions triviales, trop entendues : une façon de dénoncer le langage des adulte très ordinaires lorsqu’ils s’adressent à leurs enfants.

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  • La revanche du Nord

    artop.jpgLe Cantique de l’apocalypse joyeuse
    Arto Paasilina
    traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
    Denoël, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Ce récit, loufoque comme la plupart de ceux de Paasilina, évoque comme le titre l’indique, une progressive fin du monde : tout s’arrête et c’est pas triste ! Guerre mondiale (dont on sait peu de choses, les communications étant coupées), catastrophes atomiques, Europe bien lointaine mais vue comme un recours, effondrement des démocraties… le tableau devrait être sombre.
    Mais tout cela est vu de très loin, depuis un tout petit village du fin fond de la Laponie qui s’édifie au fil du roman et fait figure de paradis retrouvé. Partant d’une « fondation funéraire » faite pour satisfaire au vœu d’un défunt, athée et brûleur d’églises, qui pour se racheter fait construire une église (en bois) et son cimetière, le village se fait avec la venue d’écolos incapables mais sympathiques, d’artisans, d’une école, de réfugiés de divers endroits (lapons, russes, etc.) et fonctionne en autarcie.

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  • De la vie des abeilles rêveuses

    E111512.gifLes rêves de Pauline
    De Chris Donner

    L’Ecole des loisirs (Mouche), 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Pauline est une abeille qui n’a pas d’ailes et qui s’endort à tous moments. Mais elle a un talent : elle rêve et ses rêves distraient la reine qui la favorise et la protège. Cette fable pourrait soutenir de nombreux propos lénifiants sur le handicap, ou d’autres qui le sont moins, sur les délices de la paresse, la place des artistes dans un monde utilitariste, la vie en collectivité, le caprice des puissants…
    Mais Chris Donner ne la prend pas au sérieux et mène son récit avec humour, désinvolture, et un ton délicieusement narquois qui évite à cette histoire de tomber dans la leçon de morale à l’usage des écoles. Le dernier rêve de Pauline est d’ailleurs un cauchemar d’école. « Comment peux-tu rêver des choses aussi affreuses ?» dit la maîtresse. « Je ne sais pas. Il faudrait demander à celui qui écrit le livre sur moi ». Nous le direz-vous, Chris Donner ? Pauline est-elle un masque de l’écrivain? Nous le saurons (peut-être) au prochain épisode.
    En attendant, ce tout petit récit est délicieux.

    http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

  • Candide en enfer

    9782702139219-V.jpgAu paradis de Candide
    Paul Melki
    Calmann-lévy, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Présenté à la façon du dix-huitième siècle à travers une fiction éditoriale ( un manuscrit perdu et retrouvé par un homme de ménage), ce récit propose une suite des aventures de Candide sous le titre « chapitres inconnus des aventures de Candide ». Frappé par la chute d’une poutre, Candide se retrouve à notre époque, paralysé et bavant, sous l’échangeur de Bagnolet. S’ensuivent toute une série de quiproquos dans lesquels Candide peine à communiquer avec ceux qu’il rencontre.

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  • Guère littéraire

    djacob.jpgLa Guerre littéraire
    Didier Jacob
    Ed. Héloïse d’Ormesson, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Sous titré « critique au bord de la crise de nerfs », ce texte est un texte de crise. Plutôt que d’une crise de la littérature, il est traité ici presque exclusivement d’une crise de sa médiatisation.
    Auteurs paranos (il y a de quoi), critiques harcelés, prix truqués, bonnes pages de Match ou VSD… on est loin de la littérature elle-même. Les auteurs cités ne sont pas ceux auxquels on penserait comme sujet de l’écriture de notre temps mais plutôt ceux dont on parle (Angot, Beigbeder, BHL…).

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  • Fouilles tragiques

    v_book_104.jpgLa Chute de Troie
    De Peter Ackroyd
    Traduit de l'anglais par Bernard Turle
    Ed.Philippe Rey, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Auteur de merveilleuses biographies (dont celle de Shakespeare chroniquée l'an dernier), Peter Ackroyd propose ici un roman, proche du roman d’aventures comme du roman historique. Un archéologue allemand autodidacte, persuadé d’avoir retrouvé le site de Troie, mène des fouilles à la manière de l’époque (fin XIXe siècle) c’est à dire sans beaucoup de précautions, en échafaudant de nombreuses hypothèse hardies sur ce qu’il trouve, lorsque cela correspond à ce qu’il veut trouver et en détruisant ce qui risque de contredire sa théorie. Derrière ce personnage mégalomane et excessif, proche de la folie, se dessine le personnage du fameux Heinrich Schliemann, l’ «inventeur » de Troie qui n’est guère flatté par son avatar.
    Le récit est mené avec allant, mêlant évocations de l’Illiade, fragments du texte d’Homère, amours, mystères, découvertes, drames, catastrophes en tous genres et il donne une vision des premières fouilles de Troie vivante et étonnante.

    http://www.philippe-rey.fr/f/index.php

  • « SF congelée »

    sanvoisinfrois.jpgMathis, l’enfant qui venait du froid
    Eric Sanvoisin
    Editions Anna Chanel, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    La collection « teenager 2168 »  des éditions Anna Chanel, dédiée aux adolescents, promet de « nous plonger dans une réalité qui pourrait bien se superposer à la nôtre ». De fait, Mathis, l’enfant qui venait du froid, décline de nombreuses angoisses actuelles quant au futur de la planète et de l’humanité : la terre a été ravagée par des catastrophes causées par le réchauffement climatique, le contact des hommes avec l’univers naturel a été rompu ; ils sont obligés de vivre sous terre, ne se reproduisent plus, n’ont plus goût à rien. Dans cette société, ceux qu’on appelle les Réveillés, les malades venus du passé, gelés en attente de nouvelles découvertes médicales et progressivement ramenés à la vie sont censés tantôt la perturber, tantôt la sauver – on ne sait.

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  • coup de génie

    hippocrate.jpgHippocrate, le médecin de l’île aux jasmins
    Orietta Ombrosi et Anna Castagnoli
    Seuil jeunesse, 2008

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Ce petit album de la collection coup de génie propose une biographie d’Hippocrate très sensible, qui retrace à travers lui l’évolution de la médecine : du traitement par les prêtres d’Asclépios au diagnostic de ce moderne et à l’invention de la théorie des humeurs (bien expliquée, avec des mots simples), jusqu’au serment d’Hippocrate encore actuel (ne pas viser la richesse, ne jamais prescrire de poison, transmettre son savoir…). Elle montre les débuts de la célébrité, les étapes et le fait tout en dressant le portrait d’un enfant, puis d’un homme et d’un vieillard attachant, guidé par l’observation, le souci d’autrui et l’expérience.
    Les illustrations ont elles aussi beaucoup de charme, mêlant détails antiques et scènes naïves.