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anne-marie mercier - Page 2

  • Alice pur sucre

    alice.jpgAlice au pays des merveilles
    Lewis Carroll
    Illustré par Thomas Perino

    Seuil jeunesse, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Un Alice délicieux, anti-Walt Disney. Pour résumer : le texte français est fidèle et simple, bellement traduit par Jacques Papy. Les illustrations sur bois gravé de Thomas Perino mêlent poésie, géométrie, étrange (superbes cartes à jouer, léger frisson de peur). L’album tout entier est très soigné : beau papier crème, illustrations en noir et blanc, quelques touches de rouge, tranche lilas.

  • Portrait de l’artiste, la nuit

    auster.jpgSeul dans le noir
    Paul Auster

    Traduit par Christine le Boeuf
    Actes Sud, 2009

    (par Anne-Marie Mercier)

    Rarement livre aura autant correspondu à son titre. La solitude y est le cœur de tout, le point central et le moteur des rares événements. Récit d’une insomnie, évoquée dans la première phrase comme « une nuit blanche de plus dans le grand désert américain », il se clôt avec cette phrase, répétée plusieurs fois dans les pages précédentes : « ce monde étrange continue de tourner ». Solitude au monde, à son pays (les USA, vu comme un « grand désert »), aux autres et à soi, tout cela se concentre en une seule nuit d’un seul individu – ou presque. En fait, August Brill n’est pas totalement seul : sa fille et la fille de celle-ci partagent le même espace et le même tourment de ne pas dormir, à des rythmes différents. Mais chacune d’elles est un autre concentré de solitude, abrite une autre forme de douleur.

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  • Philosophie en noir et blanc

    9782841569632.jpgLe Maître de tout
    De Bart Moeyaert et Katrien Matthys
    Le Rouergue, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Un chien attaché attend son maître qui ne vient pas. Un chat, perplexe, le regarde, lui parle, guette ses pleurs et gémissements, questionne sur ce maître et ce qui les lie, prêche la révolte, la fuite, en vain, au fur et à mesure que les jours passent. « Un jour sans maître, je sens un manque », dit le chien ; « un jour sans maître, je me sens saltimbanque », dit le chat. L’incompréhension du chat quant au comportement du chien évoque l’une des Histoire comme ça de Kipling, « Le chat qui s’en va tout seul » : « je ne sais pas, je suis le chat » dit le chat. Le thème de la liberté et de l’attachement est au cœur de ces dialogues très elliptiques et pleins d’implicite.

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  • Blanche-neige au miroir

    E113792.gifBelle comme le jour
    Gail Carson Levine
    Traduit par Agnès Desarthe
    L’école des loisirs (Neuf), 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Depuis Ella l’ensorcelée, Gail Carson Levine s’est fait une spécialité des contes revisités. Ici, on ne devine qu’assez tard qu’il s’agit de Blanche Neige (le titre anglais, « Fairest » était plus parlant) malgré les indices livrés dès les premières pages : l’héroïne est une enfant trouvée fort laide ; trop brune dans un pays de gens clairs, trop pâle, aux lèvres trop rouges, mais aussi trop grande. Elevée par des aubergistes, elle arrive au château par une succession de hasard et devient la confidente de la belle princesse au miroir (« dis moi, miroir… »). Cette femme si belle est aussi la perversité même et entraîne la pauvre Aza dans son sillage, amenant le royaume au bord de la ruine, et empoisonnant Aza (avec une pomme, et on connaît la suite) lorsque celle ci devient plus belle qu’elle.

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  • Camomille pour dormir d'ennui

    camomille.jpgLa Sorcière Camomille et les trois petites sœurs au pays des contes
    De Rozer Capdevilla (illustration ?)

    Le Sorbier, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Cet album donne un nom d’illustratrice et pas de nom d’auteur. On peut supposer que Rozer Capdevilla préfère se contenter de cette fonction et tient peu à la première qui ne viendrait qu’en commentaire des images ? De fait, le texte est extrêmement faible, de même que l’argument : les trois sœurs sont plongées chaque soir dans un nouveau conte (Cendrillon, Blanche-Neige, Le Petit Poucet, etc.) et dans chaque histoire la sorcière tente de régler définitivement leur sort. Mais, grâce à leur vivacité, leur imagination, etc, elles s’en sortent toujours. Un album parfaitement inutile qui utilise une veine commerciale éculée.

  • Images d’hier et de demain

    couchot.jpgDes Images, du temps et des machines dans les arts et la communication
    Edmond Couchot

    Editions Jacqueline Chambon, 2007

    (par Anne-Marie Mercier)

    Ce livre traite de la question fondamentale des rapports entre les images et le temps. Le temps de faire, de transmettre, de regarder, les conditions du regard, tout cela entre en ligne de compte dans l’examen de ce que sont, ont été et seront les images. Mais au-delà se posent aussi celles de nos rapports au temps et à l’Histoire.
    Si la première moitié de l’ouvrage évoque des choses assez connues (développées notamment par R. Debray dans Vie et mort de l’image), la seconde explore un champ plus nouveau, celui des nouvelles images, tant artistiques que documentaires ou ludiques et pose des questions passionnantes en interrogeant le nouveau rapport au temps et au réel qui se dessine à travers notre pratique de celles ci. Les images interactives posent la question de l’auctorialité : comment définir l’auteur et le récepteur de ces œuvres ? de nouvelles machines-images sont capables de simuler des émotions, de décrypter les émotions de ceux qui les manipulent, et de les manipuler à leur tour. Tout peut être remis en question par la révolution numérique, pas seulement les techniques.

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  • Ombres danoises

    otage.jpgL’Otage
    Olav Hergel
    traduit du danois par Laurence W. Ø. Larsen
    Gaïa, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    L’aspect roman policier n’est pas celui qui domine ou qui intéresse le plus : on sait d’avance qui a fait quoi et pourquoi, et la chasse à l’homme de la fin du roman tient une faible place. Mais on est pourtant constamment face à une enquête et à des stratégies de dévoilement.
    Une journaliste travaillant pour un grand quotidien conservateur danois est enlevée en Irak. Son jeune ravisseur la fait évader pour lui éviter la mort et lui demande de mentir sur les conditions réelles de sa fuite afin d’éviter d’en subir les conséquences. D’où une première enquête, celle de ceux qui ne se satisfont pas de ses déclarations lorsqu’elle rentre en héroïne dans son pays et qui tentent de comprendre ce qui s’est réellement passé.

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  • Laissez-les lire

    lire.jpgComment apprendre à ses parents à aimer les livres pour enfants
    Alain Serres, illustrations de Bruno Heitz
    Rue du monde, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Propos paradoxal, puisque ce sont les parents qui achètent les livres pour enfants et qui insistent pour que leurs enfants aiment lire, mais on ne sait jamais ! Il demeure que la liste des raisons de ne pas aimer ces livres est réjouissante et peut s’adresser aussi aux enfants pour leur donner envie de lire ; il faut fuir les livres pour enfants: on y trouve des loups, ça parle de choses qui n’existent pas, ou de la mort, ou de crottes, ou pire, c’est pas utile pour l’école, et puis ça oblige les parents à les lire soir et matin à leurs enfants, horreur.

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  • Vie en ligne

    9782350122014TN.gifLe Monde de Warcraft
    Jean-Paul Bourre

    Scali, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Sous-titré « ma vie en ligne parmi neuf millions d’accros », ce texte n’est pas une analyse du phénomène qu’a été le jeu numérique en ligne « World of Warcraft » lancé par la Société Blizzard en 2004, mais plutôt un témoignage de qui y a passé un an et a subi cette addiction.
    C’est cette addiction qui est au centre de l’écriture et de la composition du texte : le « temps réel » est à peine présent, de même que le lieu réel, ils n’existent que par allusions ou négations. En revanche, le temps du jeu (des nuits sans dormir, un désir de ne pas s’arrêter, une urgence permanente : le cas extrême des « no life ») et les lieux du jeu sont omniprésents (fascination pour la beauté des paysages, des architectures, des rites, des costumes, des « visages »).

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  • Contes tordus

    pef.jpgMotordu, Sang-de-Grillon et autres contes
    De Pef
    Gallimard jeunesse, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Motordu se met aux contes et les revisite avec une virtuosité toujours étonnante. Dans l’histoire que raconte sa fille Marie-Parlotte pour endormir le Prince de Motordu, celle qu’on nomme Sang-de Grillon (Cendrillon), car toujours fourrée dans une cheminée, épouse le très vache Barbe-Meuh. Elle s’enfuit et rencontre la Belle au bois mordant dont le bois est vraiment redoutable, et aussi Planche Beige et sa méchante Belle-Amère, le Chat Empoté et le marquis de quatre Cabas, l’Appétit poussé qui a toujours très faim… De nombreux personnages secondaires complètent le tableau, dont le spirituel Gars rosse qui la transporte et menace de se transformer après minuit en six trouilles, voire davantage.

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  • Eclairages sur l’esclavage

    lumieres.jpgEsclavage et Lumières
    Jean Ehrard
    André Versaille, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Le livre de Jean Ehrard, dix-huitièmiste de renom, sur la question de « l’esclavage colonial et l’opinion publique en France au 18e siècle » (c’est le sous-titre du livre) est passionnant à de nombreux égards. L’histoire de l’évolution de la pensée du temps sur la question est longue et complexe (Les détours de l’Encyclopédie forment un chapitre entier, avec un tableau fort utile) l’auteur la conduit jusqu’aux années qui précèdent la révolution de 1789 et s’arrête aux projets des réformateurs issus de la société des Amis des Noirs fondée à Paris en 1788. Il intervient dans des débats récents et prend une position claire, celle de l’historien des idées qui demande de revenir aux originaux et de remettre les faits en contexte. Certains propos choqueront sans doute ceux qui attendent une répétition des condamnations portées contre le dix-huitième siècle, ou à l'inverse d'autres qui imaginaient que les Philosophes avaient amené l'abolition. Le propos n’est pas ici pour l’auteur de dénoncer encore une fois (sa position est claire sur l’horreur de l’esclavage), ni d’analyser tous ses aspects, mais de tenter de comprendre comment cela a pu exister dans une époque qui se disait civilisée et comment les esprits ont commencé à s’ouvrir sur ce problème. Son point de vue est donc orienté vers les occidentaux, vers la France.

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  • Un Chaperon noir américain (ou le Blues du loup)

    loup.jpgLe loup de la 135e
    De Rébecca Dautremer, illustré par Arthur Leboeuf
    Seuil jeunesse, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Rébecca Dautremer, illustratrice, se fait ici écrivaine pour conter une nouvelle version du Petit Chaperon rouge. Quand la forêt est le Manhattan des années 50, de la 135e rue à Brooklyn Bridge en passant par Central Park et Broadway, le petit chaperon rouge est un gamin noir tout de rouge vêtu et le loup est un voyou, Chili Vince. Le loup propose une course et prend le métro pendant que l’enfant s’émerveille de tout ce qu’il voit à la surface et arrive trop tard… pour pouvoir rentrer en métro chez lui.

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  • Un Troie de trop

    resize.php?ref=9782081210981&type=1&w=250&h=250&r=0.4&s=0.6Les Survivants de Troie
    vol. 2 : La Forteresse des oracles

    De Michel Honaker

    Flammarion, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Le premier volume n’était pas mal ; fidélité relative à la trame de l’Enéide, mise en lumière d’Ascagne, une dose de fantastique moderne, avec un rythme soutenu, soit. Ce deuxième volume est plus gênant. On y retrouve certes habilement adaptés quelques-uns des épisodes marquants de l’épopée, notamment le combat contre Turnus avec l’infernale Alecto. Mais d’autres sont transformés inutilement ou totalement inventés (comme l’invention du supplice d’Ascagne dans le palais de Didon). Pourquoi s’inspirer de textes existants et célèbres, si c’est pour y greffer ses propres inventions et ainsi les trahir de façon bien simpliste ?

    Le Tome 1

    Editions Flammarion 

  • Procès futuriste

    kgeorges.jpgLa mue de l’hermaphrodite
    Karoline Georges
    Ere, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    982 jours après le verdict qui l’a condamnée à la réclusion à perpétuité, l’hermaphrodite bénéficie d’une expérimentation judiciaire : elle doit, devant le public de la toile, se livrer à une performance de 97 minutes livrant le « comment du pourquoi » de son crime. Suit un long monologue, coupé de remarques techniques de son interrogateur-médecin, d’indication du nombre de captations signalant l’intérêt du public mondial, ou de notations horaires. L’hermaphrodite parle, éructe, chante, soupire, murmure sa confession, sans interlocuteur.
    Née hermaphrodite, dotée d’une aura, capable de beaucoup de choses étranges et fortes, l’être qui finit par se nommer au bout de quelques années Hermany Mésange apparaît dans la première partie de la performance comme un produit de la médecine (insémination artificielle par un procédé révolutionnaire, chez une mère à la dérive qui se suicide peu après sa naissance).

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  • Munch: cris et chuchotements

    E109939.gifEdward Munch, l'enfant terrible de la peinture
    Arnaud Cathrine

    L’école des loisirs, collection Belles vies, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    La vie du peintre norvégien Munch est évoquée par des témoignages de contemporains : sa soeur, d’autres peintres (Krogh), des écrivains (Jaeger, Goldstein, Przybyszewski), un médecin, des historiens d’art, des témoins divers. Si ces témoignages sont fictifs, leur matière ne l’est pas : les événements et les idées du peintre sont tirées de journaux, lettres, entretiens.

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  • Ouesterne du Nord

    nord.jpgIl était une fois dans le nord
    De Philip Pullman
    traduit de l'anglais par Jean Esch
    Gallimard Jeunesse, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    On retrouve dans ce petit volume des personnages de la fameuse trilogie de Pullman, A la croisée des mondes : Lee Scoresby, ici jeune aérostatier novice et Iorek Byrnison, l’ours en armure, jeune lui aussi, et ne portant alors qu’un casque. Le récit fait connaître les circonstances de leur rencontre dans une lutte commune au service des opprimés, contre les méchants et les pourris.
    Altercations de saloon, belle inconnue à secourir, coups de winchester contre les hommes de main recrutés par les riches, combat inégal dans un entrepôt, suspens… tout cela ressemble à un western classique. Mais on retrouve un peu de l’ambiance des Royaumes du nord avec les daemons qui ajoutent une touche d’humour, et surtout le « lapin» Hester, donneur de conseil peureux qui se découvre à la fin de l’histoire lièvre arctique.
    Les gravures de John Lawrence rappellent les livres d’aventure d’antan, tout comme la présentation du livre, toilé, et les fausses reproductions de documents d’ « époque » (un procédé semblable se trouvait dans J’étais un rat ! du même auteur). Un jeu de société est fourni, sous la forme d’un plateau de jeu, d’une « boussole » et de pions de papier, délicieux pastiche des jeux de l’oie qui rendent fous.

    http://www.philip-pullman.com/

    http://www.gallimard-jeunesse.fr/

  • Andersen rhabillé

    millyard.jpgLes Habits presque neufs de l’empereur
    De Anne Millyard, illustré par Josée Brisaillon

    Les 400 coups, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Cet album souple aux couleurs chaudes reprend la célèbre histoire d’Andersen, en modifiant la fin : l’empereur fait endosser ses habits fictifs à ses ministres flatteurs qui défilent rouges de honte tandis qu’il se fait acclamer par son peuple, vêtu en Père Noël. Même si l’expérience a appris à l’empereur qu’il devait cesser de délaisser sa charge pour des occupations futiles, il n’est pas sûr que le message politique reste intact dans cette transformation. Le malaise de voir le roi nu disparaît, et le scandale avec, certes, mais ne fallait-il pas qu’il y ait malaise pour que le conte perdure jusqu’à nous dans toute sa force ?
    L’histoire est cependant fort bien racontée dans cette adaptation, avec beaucoup d’implicite jusqu’à la surprise finale, qui est bien préparée. Les illustrations qui mêlent des motifs imprimés découpés en bandes ou en forme de vêtements (rayures, pois, carreaux, motifs floraux…), les petits habits posés ça et là en attente d’un corps comme ceux des planches en carton à découper d’autrefois, les corps déformés et les regards ébahis donnent une belle atmosphère à l’ensemble.

    http://www.editions400coups.ca/

  • Mini fulgurances littéraires

    hoax.jpgHoax
    Collectif (Eric Arlix et Jean de la Roche)
    Ere, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Le mot « hoax », ou canular informatique transmis le plus souvent par messagerie électronique, est connu en France grâce au site hoaxbuster qui montre comment naissent les rumeurs d’aujourd’hui et comment sont recyclées les vieilles légendes urbaines.
    Les auteurs proposent dans une première partie de vrais messages, ceux que nous recevons tous, de veuve de dictateurs ou d’hommes d’affaires prêts à nous faire profiter de leur fortune, ou d’annonce de gains mirobolants à une loterie. Chacun est semé de perles orthographiques, syntaxiques, stylistiques et conceptuelles hilarantes, dignes de figurer dans cette anthologie d’un nouveau langage, le français du net, issu d’un mélange de traductions automatiques et de délires de rédacteurs maladroits.

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  • Flicka en Asie

    9782081210097_cm.jpgLa Route du nord
    Xavier-Laurent Petit

    Castor poche, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    La jeune Galshan, héroïne de 153 jours en hiver et du Col des mille larmes, du même auteur, passe l’été avec son grand père, dernier habitant d’un campement de nomades d’Asie centrale. La sècheresse et l’exode des troupeaux vers le nord, la tempête qui les surprend et les disperse, l’amour des chevaux et l’attente de la naissance du poulain qui lui sera destiné, la présence d’une jeune femme photo reporter, la mort du grand père…Tous ces événements tissent un récit très cohérent qui entrecroise sans se perdre plusieurs destins. C’est une histoire très classique et sans surprises, avec un peu de sel ethnologique et tout ce qu’il faut pour plaire aux jeunes lecteurs amateurs de grands espaces.

  • Un Barbe bleue très noir

    barbebleue.jpgBarbe Bleue
    De Chiara Carrer

    La joie de lire, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    On savait le conte de Barbe bleue inquiétant, ici il est terrifiant tant les ellipses textuelles et graphiques sont efficaces. L’histoire est rythmée par des heures, anticipant et remplaçant le fameux décompte du conte (« Anne,ma soeur Anne… ») : 8h : une femme disparaît ; 20h, un homme se met en colère… 8h, une autre femme disparaît… jusqu’à la troisième, appelée Rose, qui saura un peu mieux se défendre.
    Le texte, très bref et factuel comme un emploi du temps, occupe la page de gauche. Il laisse de nombreux éléments dans l’ombre ; sur la page de droite, les images déclinent les émotions, les instants, les fragments. Le crème et le jaune alternent avec le bleu nuit et le noir, la couleur de l’homme et de la souffrance.