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album jeunesse - Page 4

  • Chachuffit !

    sustrac.jpgChut, le roi pourrait t’entendre

    Didier Sustrac et Eric Puybaret

    Gautier-Languereau, 2007

    (par Anne-Marie Mercier)

    Au pays du roi Chachuffit, il faut employer le plus possible de mots avec des « ch », sinon on est puni très cruellement. Ainsi, le roi a changé tous les mots et exerce une terrible surveillance. La maman du jeune Zouri vit dans la peur car elle zozote. Une nuit, son fils part à la recherche des animaux qui ont perdu leur nom pour prendre un peu de leur force ; il emprunte ainsi la mâchoire du loup (appelé « chien-loup »), le cou de la girafe (ou chèvre-cheminée), etc. et se transforme en monstre hybride qui va terroriser le roi et rétablir la liberté du langage. Cette fable originale dont la moitié se passe dans un univers nocturne et la totalité dans un décor étrange est superbement illustrée, dans un style rêveur qui rappelle un peu celui de Rebecca Dautremer.

  • Dakodak

    bou3.jpgBou et les 3 Zours

    Elsa Valentin et Ilya Green

    Le Poisson soluble, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    « L’était une fois une petite Bou qui livait dans la forest avec sa maïe et son païe.
    Un jour, elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.
    — Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dirent sa maïe et son païe.
    — Dakodak, respondit Bou. »

    Et ainsi de suite… Bou rencontre le piaf, le scargot, la flore mini piquinote, etc. jusqu’à la casa des zours… La trame de l’histoire, on la connaît, mais la variante imaginée par Elsa Valentin et illustrée avec humour et candeur par Ilya Green est savoureuse à souhait, dans ce langage à la fois enfantin, joueur et très savant, que l’enfant lecteur décryptera sans mal, tandis que les plus grands s’amuseront à reconnaître archaïsmes, emprunts (à l’espagnol, à l’italien, à l’anglais…), à distinguer les registres de langue et à décortiquer les néologismes polysémiques (qui rappellent par instants l’imaginaire d’un Claude Ponti), comme cette chaise «confordouillette » qui « se bricassa » sous le poids de la fillette. On ne se lasse pas de citer le texte, qui se déguste mieux s’il est lu à haute voix.

    L'éditeur

  • Puff

    puff.jpgPuff le dragon

    Lenny Lipton et Eric Puybaret, adaptation-traduction de Christine Beigel

     Gautier-Languereau, 2008 - à partir de 4 ans

     

    (par M. Gallot)

     

    « Puff the magic dragon », chanté par le groupe Peter, Paul and Mary, fut un tube dans les années 60. La chanson, écrite par Lenny Lipton et mise en musique par Peter Yarrow, raconte la relation complice entre un dragon « qui gambade dans la brume du royaume sous le vent » et un petit garçon, jusqu’à ce que ce dernier grandisse et délaisse son vieil ami, qui sombre dans la nostalgie. Cette jolie fable sur la fin de l’enfance et de l’amitié paraît aujourd’hui sous la forme d’un grand album, illustré avec talent par la peinture imaginative et émouvante d’Eric Puybaret. Ce magnifique album, tour à tour joyeux et mélancolique, ravit autant par ses personnages simples au graphisme attachant que par son rythme musical, qui lui confère une remarquable originalité.

  • Cavalier bleu

    cavalierbleu.jpgLe cavalier bleu

    Philippe Lechermeier, illustré par Delphine Jacquot

    Thierry Magnier, 2007

     

    (par F. Mattes)

     

    C’est une histoire noire et… bleue…Le bleu du « cavalier que l’on ne voit jamais mais qu’on entend passer », le cavalier qui finira sa vie en fuyant inlassablement pour semer des poursuivants. Le début est plutôt rose, un enfant est déposé devant la porte d’un roi et d’une reine qui se lamentaient de ne pouvoir avoir de fils. Les premières années sont très heureuses, ils sont tout à leur bonheur d’éduquer cet enfant tombé du ciel. Mais cela ne dure qu’un temps, le roi est rapidement exaspéré par la douceur de cet enfant dans lequel il se reconnait si peu. Il congédie donc épouse, nourrices et précepteur et décide de s’occuper lui même de l’éducation de son fils. Une éducation « à la dure » où on lui apprend la ruse du renard, la cruauté de l’aigle, l’agressivité du loup… L’enfant devenu adulte ressemble plus à une bête qu’à un humain… Il est craint de tous. A la mort de son père (heureux d’avoir façonné son fils à son image), le cavalier part à la recherche d’une épouse… mais malgré sa puissance, n’arrive pas à ses fins et finit enchaîné dans un cachot. Celle qu’il avait convoitée a pitié de lui et le libère de sa prison… Un album grand format où les illustrations prennent toute leur place et renforcent admirablement la tension sous-jacente. Une histoire un peu sombre mais fort bien écrite.

  • Livre transformable

    egehin.jpgRendez-vous

    Elisa Géhin

    Le poisson soluble, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Ce petit livre carré qui se présente sous la forme de pochette (forcément surprise) amusera les enfants et étonnera les plus grands. Car cette «histoire à rebondissements dépliables» et transformable au fil de la lecture (et du dépliage, donc) est-elle vraiment un livre ? Parlons plutôt de jeu narratif astucieusement conçu, qui propose un récit évolutif tant au niveau des images (dont la découverte se fait peu à peu) que du texte (sur le mode du cadavre exquis), une histoire par conséquent presque impossible à raconter, sauf pour dire qu’il y est question d’amour, de petits animaux et de quelques monstres… Une réalisation réjouissante (fournie avec le mode d’emploi…), à découvrir sans tarder.

     

    http://mesjeudisamusants.over-blog.com/

    L'éditeur

  • Le quai Branly en jeunesse

    askelaad3.jpgAskelaad et l’ours blanc aux yeux bleus
    Anne Archambault et Xavier Besse

    Editions RMN, 2008

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    L’histoire n’a rien de très original, tout en étant parfaite à bien des égards car elle réunit de nombreux ingrédients clefs de la littérature de jeunesse : un orphelin rejeté, un vieux sage qui le guide, un peu de magie, la rencontre d’un animal-totem, le retour triomphal dans la tribu.
    Mais tout cela se passe dans le cadre de la civilisation Inuit et l’album propose à chaque double page (ou presque) une petite photo d’un objet important et beau de cette culture, lié à l’étape de l’histoire : traîneau, harpon, herminette…

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  • Sibérie fantasmée

    babayaga.jpgBabayaga

    Taï-Marc Le Than, ill. Rebecca Dautremer

    Gauthier-Languereau, Les petits Gautier, 2008, dès 4 ans

     

    (par C. Scandale)

    On retrouve dans ce conte deux figures emblématiques de l’imaginaire féminin diabolique, la méchante sorcière et l’odieuse marâtre. Babayaga est l’incarnation russe de la dévoreuse d’enfants. L’adaptation par Taï-Marc le Thanh, illustrée par Rébecca Dautremer, rend parfaitement compte de l’atmosphère froide et rustre des confins d’une Sibérie fantasmée. Babayaga n’a qu’une seule dent. Et c’est probablement ce qui l’a rendue si méchante. Ogresse par vocation, elle n’a de passion que pour la dégustation de petits enfants bien dodus et bien gras. Le jour où la vieille femme n’a plus rien à se mettre sous la dent, elle s’adresse à sa sœur Cacayaga pour lui trouver de la chair fraîche. Cette dernière devenue marâtre de la petite Miette l’envoie mielleusement chercher du fils et une aiguille à coudre chez sa sœur, la méchante ogresse. Comment s’en sortir quand on est une fillette haute comme trois pommes et qu’on se retrouve coincée dans l’antre de Babayaga ? S’ensuit une angoissante fuite. Pleine d’ingéniosité et de courage la petite fille se débrouille plutôt bien pour retrouver sa liberté…

  • Cuisiner, voyager

    luisa.jpgLe maïs de Luisa

    Sophie Cottin et Amandine Piu

    Petit à petit, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Dans la collection « Marmitontaine et Tonton » des éditions petit à petit, on trouve Les pâtes de Francesca (Viva la pasta !), Le riz de Ly (Faisons danser les grains de riz !) et ce dernier album, qui nous emmène, après l’Italie et le Vietnam, au Mexique ; là, une jeune guide, Luisa, propose plusieurs plats relativement faciles à réaliser et pour la plupart savoureux - comme les fajitas au bœuf, le cocktail de poisson crus marinés, ou encore le riz à la mexicaine. Mais plus qu’un simple manuel gastronomique énumérant les recettes, ce livre aux illustrations foisonnantes et bigarrées est aussi prétexte à faire voyager le lecteur, qui découvre un peuple (détails historiques, du quotidien, des cartes, quelques mots d’espagnol ponctuent l’ensemble…) par le biais de sa cuisine, dont le maïs, « cadeau des dieux » pour les mayas, est la base. Un joli album à ranger dans la cuisine, forcément.

    L'éditeur

  • Chroniques d’une Vieille Taupe - 3e épisode

    tetu.jpgMonique la taupe vous invite à découvrir quelques albums...

     

    (par Monique)

     

    J’suis là, youhou !
    Bon.
    Mais quand même.

    J’ai eu un moment d’absence, je sais. De désespoir. D’abandon aussi. Des trucs de vieille taupe. Je me posais des tas de questions, sur les bêtes, la vie sous Terre et l’aveuglement. Ben oui, je broyais du noir. Et quand je vois noir, c’est noir. La guerre, la mort de grand-papounet, la séparation, la peur au ventre lors de l’invasion des topinambours, tout ça a refait surface là-dessous, si je puis m’exprimer ainsi, et d’un coup.

    Et puis hier, Bernard a dit le truc qu’il fallait pour que je remue :
    - Monique, arrête de tirer une tête de cinq kilomètres, ou va t’enterrer ailleurs où j’y suis pas.

    Bref. Il était temps de réagir. Je lui ai fichu un bon coup de patte dans le museau, et je suis montée. Tu devineras jamais sur quel livre je suis tombée, direct ! La cave aux oiseaux. Une histoire où justement, de sales bombes obligent les p’tits piou-piou à se terrer dans le noir en attendant que ça passe. J’ai eu la glotte qu’a joué des castagnotte-gnettes et les quenottes qu’ont eu la tremblette-blotte. C’était tout comme moi, ça, vindiou ! Heureusement, à la fin, dans cette histoire pas rigolote, il est question de liberté. Ouf ! Sauvée, Monique.

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  • De l’introduction des Nursery rhymes dans la culture française

    goose3.jpgComptines de ma mère l’oie/ Mothergoose. The old nursery rhymes
    Bilingue (traduction de l’anglais de Françoise Morvan)
    Chantées par Susie Morgenstern et Isa Fleur
    Illustré par A. Rackham
    Actes Sud Junior, 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Ce très joli livre accompagné d’un CD part d’une belle idée : donner aux enfants français un accès aux Nursery Rhymes, grand classique des comptines anglaises, en leur en proposant une version en langue originale et en traduction française. Se faisant face sur le livre, les deux versions s’entrelacent dans les chants, ce qui facilite l’accès aux paroles et à la musique. On y trouve de grands classiques : Hickory, Dickory, dock, Ring-a-ring-a-roses, Black sheep… la traduction de Françoise Morvan se donne assez de liberté pour rechercher la musicalité, les rimes et le rythme tout en gardant une certaine fantaisie. Ses choix ont de beaux effets et l’ensemble est charmant.


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  • De la modernité et du jeu dans un album (1910)

    pnewell3.jpgLe livre en pente
    Peter Newell
    traduit de l’anglais par Michelle Nikly
    Albin Michel, 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    L’originalité n’est pas synonyme de nouveauté, la preuve, cet album de 1910 (The slant book), réédité en italien puis en français, toujours aussi surprenant. Son format surtout étonne, non par sa taille mais par la forme choisie, celle d’un parallélogramme sans aucun angle droit, qui donne d’emblée une impression de vertige. Le texte s’inscrit dans la même pente, donnant à ce livre, une fois ouvert, une allure de ligne de fuite perpétuelle.

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  • Fine bluette

    chaixnord3.jpgMais qui a volé le Maillot de la Maîtresse en maillot de Bain ?
    Lilas Nord et Carole Chaix

    Après la lune jeunesse, 2007

    (par B. Longre)

     

    Après le lancement des premiers romans jeux (collection Des vacances toute l'année) en juin dernier, Christine Beigel, directrice de la collection jeunesse des éditions Après La Lune, propose un premier titre dans la nouvelle collection Z'Alboum ! joyeusement intitulé Mais qui a volé le Maillot de la Maîtresse en maillot de Bain ? Clin d'oeil, sans nul doute, à une autre collection du même éditeur, La Maîtresse en maillot de bain, dont nous avions déjà parlé, et dans laquelle on trouve entre autres des textes signés Christine Beigel et Lilas Nord (mais aussi Caryl Férey, Jean-Pierre Andrevon ou encore Paul Fournel).

     

    L'heure est grave : la maîtresse, sans son maillot à fleurs, ne peut rejoindre ses élèves au bord de la piscine, tandis que ces derniers attendent (assez sagement, il faut le dire) de pouvoir entrer dans le grand bain pour la première fois... Le jeune narrateur et ses camarades s'interrogent (mines perplexes des petits qui ont un peu froid...), mais aucun des personnages imaginaires ou des animaux-bouées qui leur vient en tête ne semble coupable... L'occasion pourtant de rêver la piscine autrement, histoire de patienter, ou de se demander, en fin de compte, à quoi peut bien servir un maillot de bain...

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  • Yllavu, le sauveur

    yllavu3.jpgYllavu

    Gambhiro Bhikkhu, illustrations de Samuel Ribeyron

    Editions Hongfei, 2007

     

    (par Blandine Longre)

     

    Toute nouvelle maison d’édition fondée par Chun-Liang Yeh et Loïc Jacob, HongFei (littéralement, « Grand oiseau en vol » en chinois) souhaite « s’engager dans l’édition des lettres chinoises » en se concentrant sur des textes qui n’ont pas encore été traduits, une façon de créer une synergie entre deux cultures. Trois albums ont déjà parus en octobre dernier, dont Yllavu, conte philosophique composé par Gambhiro Bhikkhu, un moine bouddhiste d’origine hawaïenne, installé à Taiwan, illustré par Samuel Ribeyron (qui signe déjà, dans un tout autre genre, 38 Perroquets de Grigori Oster chez Points de Suspension, ou encore les illustrations qui accompagnent les CD d’Amélie-Les-Crayons).

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  • Un peu de maths

    38perro.jpg38 Perroquets
    Grigori Oster (traduit du russe par Marina Abelskaïa), illustré par Samuel Ribeyron

    Points de Suspension, 2006

     

    (par B. Longre)

     

    Un singe, un éléphanteau et un perroquet tâchent de venir en aide à un «petit» (tout est relatif) boa constrictor qui s’est mis en tête de se mesurer… Le problème mathématique agite les quatre compagnons, d’abord parce que le boa est long (si long qu’il faut parfois du temps pour remonter de sa queue à sa tête), mais aussi parce qu’il est bien difficile d'appréhender la notion d’unité de mesure… C’est le perroquet, ainsi que le laisse entendre le titre, qui détient la solution et donnera l’exemple à ses compagnons.

     

    Ce joli conte au didactisme léger, mené par des dialogues enlevés (que l’on doit à l’un des grands noms de la littérature jeunesse en Russie), est mis en scène par Samuel Ribeyron, quia créé, pour l’occasion, quatre personnages (entre papier mâché et pâte à modeler) photographiés avec, à l’arrière-plan, quelques sobres décors peints ; des animaux aux mines très expressives, naïfs et amusants, et toujours en mouvement, ce qui confère à l’ensemble la vivacité d’un dessin animé.

     

    Samuel Ribeyron

     

    L'éditeur

  • Lupus est homo homini

    loupsarbacane3.jpgUn LOUP peut en cacher un autre
    collectif d'illustrateurs - textes de François David
    Sarbacane, 2006

    (par B. Longre)

     

    Après l’éléphant, un animal autrement plus ambivalent a été retenu par les éditions Sarbacane pour ce deuxième album grand format, qui réunit une trentaine d’illustrateurs, et dont le fil conducteur est une nouvelle fois offert par François David et ses poèmes – en regard de chacune des créations graphiques. Un bel éventail, donc, qui permet à la fois de (re)découvrir des artistes et d’observer le loup à travers le prisme d’univers imaginaires forcément très hétérogènes ; un animal qui n’a jamais cessé d’inspirer pléthore d’auteurs – comme en témoigne, parmi tant d’autres, les pièces de Joël Pommerat et de Jean-Claude Grimberg ou un bel album paru récemment au Rouergue, Dans la gueule du loup de Fabian Negrin, un Petit Chaperon Rouge écrit du point de vue du loup…

     

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  • Petite fable du racisme et de la tolérance ordinaires

    fdavidalibeu.jpgOn n’aime pas les chats
    François David et Géraldine Alibeu

    Sarbacane, 2006

    (par B. Longre)

    En des temps bien mouvementés pour les différences et la pluralité (des origines, des couleurs, des opinions…) cet album tombe à point nommé : On n’aime pas les chats se présente comme une fable universelle qui transcende les époques et les lieux, à la fois grave et éminemment ironique, et le texte de François David, illuminé par les étonnantes illustrations pleine page de Géraldine Alibeu, se lit et se relit avec un bonheur toujours renouvelé, chaque lecture apportant des éléments nouveaux et engendrant de multiples échos avec ce que l’on peut lire ou entendre quotidiennement, dans la presse ou autour de soi.

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  • Fable géopolitique à l'usage des Mafous, Ratafous ou autres humains fous...

    mafou4.jpgL’histoire sans fin des Mafous et des Ratafous
    Marie Sellier et Diagne Chanel

    Paris Musées, 2005

     

    (par B. Longre) 

     

    Après un premier album grand format très réussi, Miriam, Mafou métisse, l’histoire d’une petite Mafou noire et bleue confrontée au racisme des Mafous unicolores, Marie Sellier et Diagne Chanel ont composé un second ouvrage qui, cette fois, traite ingénieusement, à plus large échelle, des conflits entre les peuples ou les ethnies – un récit de conquête-soumission-révolte (processus que l’on ne connaît que trop bien) dont la résolution se veut foncièrement réaliste. L’histoire sans fin des Mafous et des Ratafous se présente comme une parabole géopolitique sombre mais décapante dont aucun protagoniste ne sort indemne, ni les agresseurs (les Ratafous) ni les victimes (les Mafous), ni la communauté internationale (les Toutous, Toumous, Froufrous…), prompte à l’aveuglement volontaire (on retrouve ici le dilemme jamais résolu de l'ingérence), incompétente à gérer les conflits à temps ou de façon cohérente.

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  • Chacun cherche son éléphant...

    elephant3.jpgUn éléphant peut en cacher un autre
    collectif d'illustrateurs - textes de François David
    Sarbacane, 2005

    (suivi d'un entretien avec Emmanuelle Beulque, éditrice)

    (par B. Longre)

    Imaginez que l'on demande à des illustrateurs aux univers très différents de représenter un éléphant : jeu auquel se sont prêtés plus d'une trentaine d'entre eux - à la demande des éditions Sarbacane, chacun proposant une vision personnelle de l'animal : du réalisme au merveilleux, du naïvisme à l’ultra graphique, chaque représentation animale reflète des mondes intérieurs uniques.
    La plupart de ces illustrations grand format en disent beaucoup à elles seules et on se surprend à "écouter" ces récits muets, en y superposant ses propres histoires ; un second fil conducteur, cette fois textuel, permet néanmoins de donner une belle cohérence à l'ensemble : les textes en vers libres de François David (dont on ne présente plus le travail par crainte de se répéter, tant il est abondant et de qualité…), qui s'est penché sur chaque illustration et qui livre son regard d'écrivain et ses réflexions tour à tour amusantes (par le biais de nombreux jeux de mots), mélancoliques ou oniriques.

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  • Tentation, prison, évasion !

    zooclub3.jpgZoo Club
    Julie Mercier
    Editions Points de Suspension, 2005


    (par B. Longre)

     

    Nul parmi les animaux n'a encore deviné ce que dissimule « Le Paradis du zoo » et l'annonce publicitaire particulièrement alléchante : « 100 % bonheur, 100 % vacances » ; elle atteint néanmoins sa cible et les animaux du monde, de la girafe africaine au tigre de Chine, en passant par la famille suricate et les pingouins du pôle, partent de suite à la découverte de ce «séjour d’enfer»... en toute confiance. Chacun, selon son origine ou sa fantaisie, choisit un moyen de transport lui permettant d’arriver à bon port : en car-brousse, en tandem, en trottinette ou autres roulettes, en montgolfière, en fusée, en pousse-pousse ou plus simplement à pattes, tous les véhicules sont de la partie ; le flot d’animaux se rendant au zoo gonfle à vue d’œil, au travers des illustrations belles et chaleureuses de Julie Mercier, entre art naïf et effets de matière (peinture ou pastels gras).

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  • Un classique

    nadja1.gifChien bleu
    Nadja
    L'Ecole des loisirs , 2002 - Petite bibliothèque

    (par B. Longre)

    Chien bleu est un ouvrage dont les illustrations, de véritables peintures à la gouache, sont les premiers éléments qui accrochent le regard ; le travail sur les visages, souvent mélancoliques et très expressifs, est en harmonie avec l'histoire elle-même : celle de la petite Charlotte, qui reçoit chaque soir la visite d'un chien bleu ; il vient de nulle part, et pourtant, l'on ne remet pas en question son existence, comme la petite fille, qui accepte spontanément ce nouveau compagnon. Mais sa mère, que cette nouveauté inquiète, refuse de garder ce chien à la maison.
    Chien bleu est pourtant un chien qui, si l'on oublie sa couleur, a tout du chien ordinaire ; il en possède du moins les qualités légendaires : fidèle, affectueux, doux et courageux, capable de protéger la fillette lorsque l'esprit des bois (encore une créature dont on admettra qu'elle existe vraiment, elle aussi), transformé en panthère noire, cherche un bon repas.
    L'atmosphère évolue de page en page et l'on doit ce sentiment à une étude approfondie des couleurs et de la chaleur des tons, qui sont susceptibles de transmettre diverses émotions au lecteur (peur, anxiété, joie, chagrin...). Aujourd'hui réédité dans un petit format, ce conte surnaturel et tendre, qui narre une amitié à la fois banale et étrange, attise l’imagination.

    http://www.ecoledesloisirs.fr