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Théâtre - Page 3

  • Tous coupables !

    Matéi Visniec

    Le spectateur condamné à mort
    traduit du roumain par Claire Jéquier et Matéi Visniec
    Préface de Gilles Losseroy
    L’espace d’un instant, 2006

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    « Vous avez compris le message de la pièce ? », demande l’un des personnages. « Bien sûr, répond son interlocuteur. Mais vous voyez… Il y a plusieurs niveaux de compréhension. Chaque niveau a son rythme… sa nuance… petit à petit… ».

    Alors ? Selon un premier niveau, on a affaire à une pièce où l’absurde sert la satire : un tribunal (juge, défenseur, procureur, greffier), une brochette de neuf témoins successifs, un accusé muet qui va être condamné à mort pour on ne sait quoi : parce qu’il se tait, parce qu’il est là, parce qu’il est ce qu’il est – ou n’est pas ce qu’il n’est pas, ou est susceptible d’être ce qu’il pourrait être – , parce qu’il ne se dit pas lui-même coupable… On reconnaît là, bien sûr, la substance des procès staliniens, de tous les procès intentés par les régimes totalitaires et au cours desquels juges, greffiers, défenseurs même Si l’on pousse plus avant l’exploration, on s’aperçoit vite que la mascarade concerne tout le monde – le tribunal, les témoins, les spectateurs, la foule extérieure, le genre humain dans son ensemble – tout ce qui existe, et qui finalement se voit condamné à la négation absolue, éternelle. Seul un « clochard aveugle », personnage récurrent des pièces de Visniec, pourra faire un ultime constat : « Vraiment rien ni personne… Je suis pour de vrai seul au monde… ».

    Le monde est un théâtre, c’est bien connu. Parodie de justice, Le spectateur condamné à mort est une parodie de pièce, une parodie du monde. Tout s’y confond, acteurs, auteur, metteur en scène, spectateurs, juges, accusés, accusateur, défenseur et témoins. Le monde entier est un vaste tribunal où chacun tente d’effacer la présence de l’autre, et par là même d’effacer sa propre présence ; la représentation théâtrale, opération cathartique absolue, est une gageure : représenter des êtres qui font tout pour se purger non seulement du mal contenu en eux, mais aussi de leur propre existence.

    Ecrite en roumain en 1984 (période fort critique pour les écrivains du pays), créée en sa langue d’origine en 1992 à Iasi (Jassy), la pièce fut représentée pour la première fois en France en 1998 (Festival off d’Avignon). Comme les autres pièces de Matéi Visniec, elle mériterait de nombreuses autres représentations : du vrai théâtre d’aujourd’hui – et de tout temps.

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    http://www.theatre-contemporain.net

  • La vie, le temps, les personnages et leurs auteurs

    visniec1.jpgMatéi Visniec

    Richard III n’aura pas lieu
    La machine Tchekhov
    La femme-cible et ses dix amants
    Lansman, 2005

     

    (par Jean-Pierre Longre)

    La collection « La preuve par trois » des éditions Lansman s’enrichit de trois volumes de Matéi Visniec, dramaturge franco-roumain qu’il n’est plus besoin de présenter, ni en France ni en Roumanie (ni ailleurs, puisque ses pièces sont jouées dans de nombreux autres pays). Une trilogie ? En quelque sorte, mais une trilogie dont l’unité tient essentiellement au système référentiel : trois visites rendues, dans un esprit chaque fois différent, à des auteurs ou à des traditions du théâtre.

    Richard III n’aura pas lieu met en scène la mise en scène, ou la tentative de mise en scène sous un régime totalitaire : Meyerhold, voulant monter la célèbre pièce de Shakespeare, se heurte à une censure de plus en plus cauchemardesque et de plus en plus absurde, incarnée par des Commissions de toutes sortes, qui vont jusqu’à inclure parents, femme et enfant (un monstrueux « camarade bébé »). Tout est remis en cause, même le choix de la pièce, même les silences qui rythment le texte, par la voix même de l’autocensure : « Moi, Vsevolod Meyerhold, communiste de la première heure, j’ai fait preuve d’insolence citoyenne rien que par le choix de cette pièce mise en silence ». Pas de silence, donc pas de jeu possible, pas de pièce : le vide. La remise en cause est celle du théâtre même.

    La machine Tchekhov, nettement moins satirique, est, disons, moins directement tragique, même si la mort est au rendez-vous. Mais l’agonie de l’écrivain permet de rassembler autour de lui les personnages de quelques grandes pièces, La cerisaie, Les trois sœurs, Ivanov, Oncle Vania. Voilà l’occasion de méditer sur la destinée, sur la maladie, et aussi sur l’écriture, «dans le sens profond du mot » : « L’écrivain qui veut transmettre à tout prix un message défigure son œuvre. Montrez la vie sans essayer de rien prouver. C’est l’écrivain qui doit être au service du personnage et non le personnage au service de l’écrivain ». Et les questions se posent : les personnages vieillissent-ils ou restent-ils toujours jeunes ? Meurent-ils ou demeurent-ils en vie? Se parlent-ils vraiment, ou leurs voix se superposent-elles sans se fondre ? Dans des « Notes de l’auteur », Matéi Visniec tente de s’expliquer : « Tous les personnages de Tchekhov font partie, d’ailleurs, de la même famille de gens en détresse, ils tournent ensemble sur les chevaux de bois du même carrousel des destins brisés ».

    Des destins brisés, il semble bien qu’il y en ait aussi, à foison, dans La femme-cible et ses dix amants. Une fête foraine s’installant sur une place publique, une « Maison des Horreurs », un « inspecteur chargé de la sécurité des installations foraines », une « femme qui a un couteau enfoncé dans l’œil gauche », un « Animal qui ressemble parfaitement à l’homme », et – abrégeons – un flot de personnages soumis à la menace d’une gomme géante, à leur propre délire, disparaissant, réapparaissant, se posant la question – et la posant au lecteur/spectateur : « Vous êtes plutôt chaussure ou plutôt parapluie ? » ; question qui, sous des dehors déconcertants, pose celle de la mémoire et de la vision du monde. Au milieu du désordre grandguignolesque, un « conteur » vient périodiquement tenter de faire le point, de donner des nouvelles des disparus, de nous faire retrouver l’ordre des choses et du temps.

    Le théâtre de Matéi Visniec joue avec la tradition, en s’appuyant, ici, sur Shakespeare, Tchekhov, le Grand Guignol (ou le théâtre surréaliste d’un Roger Vitrac, par exemple) ; il joue au sens plein du terme, dans un esprit ludique certes, mais aussi théâtralement, littérairement, le plus sérieusement du monde. Et dans cet hommage distancié, dans cette perpétuation incessante de la dramaturgie, se crée un théâtre nouveau, polyphonique, résolument moderne.

    http://www.lansman.org/

    http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/bio-auteur.php?id=713

  • L’Orient, la mort et le mot

    lgaude.jpgLe Tigre bleu de l’Euphrate
    de Laurent Gaudé
    Mise en scène de Gilles Chavassieux

    avril 2006

    (par Nicolas Cavaillès)

     

    L’Orient, la mort et le mot


    À quelques heures de sa fin, le conquérant insatiable que fut Alexandre ne peut s’engager dans le dernier voyage en silence, comme le reste de l’humanité : le premier, il entend dire à la camarde qui est l’homme qui vient à elle, quelle vie de voyages immenses et de victoires grandioses il aura menée, quelle soif d’espaces lointains aura été la sienne jusqu’à cette heure tardive où il avance encore le front haut, avec le langage pour armée et le mot pour cheval d’assaut. Alexandre le Grand mourant, héros tout puissant devenu héraut sous la pression absurde et hautaine de la mort, tel est le narrateur extraordinaire de ce monologue épique, gorgé de sauvagerie, de noblesse, et de vitalité, que l’on doit à la plume possédée de Laurent Gaudé, et que Yannick Laurent élève à des sommets d’intense hypotypose, sur une scène nue, géographie insondable baignée dans le turquoise mystique et dans les percussions troublantes de la musicienne taïwanaise Yi-Ping Yang.

    Alexandre meurt seul, comme il aura vécu seul, seul avec son ambition, n’ayant de frères en ce monde qu’en son ennemi perse Darius, qu’en la Mort, qu’en cet énigmatique Tigre bleu de l’Euphrate, vision irrésistible qui mène Alexandre jusqu’aux confins de l’Orient (Tyr, Babylone, Kandahar, Samarcande...). Guerrier et bâtisseur, esthète civilisé fasciné par le monde barbare, Alexandre touche au divin par sa soif de périls vierges et de paysages nouveaux, avant de sombrer à son tour dans une humanité vulnérable dont les errances doivent un jour s’arrêter. Mais si Alexandre n’est lui-même que dans la conquête, il ne se présente pas à la mort sous un masque : il présente ses conquêtes, il dit les mondes traversés, les obstacles surmontés, les adversaires terrassés, et par cette voix fortement évocatrice, jaillie d’un aède dont les poses saisissantes révèlent que l’être vivant se mue, dans l’agonie, en statue de feu, par cette confession de soi toute en images bestiales et en désir inexpugnable, par cette audace qui tutoie la mort pour revivre sous ses yeux la fièvre du dépassement de soi dans l’ailleurs, Le Tigre bleu de l’Euphrate donne tout son sens au mot théâtre.

     

    Théâtre Les Ateliers
    5, rue du petit david
    69002 Lyon

    avec
    Yannick Laurent, comédien
    Yi-Ping Yang, musicienne, percussions



    Théâtre Les Ateliers
    http://www.theatrelesateliers-lyon.com

  • Autour du trou

    Matéi Visniec

    Mais, Maman, ils nous racontent au deuxième acte ce qui s’est passé au premier

    Traduit du roumain par l’auteur.

    Editions L’espace d’un instant, 2004

    Cette « fantaisie, mascarade, bouffonnerie et expérience en deux actes » a été écrite en roumain en 1979, et aussitôt censurée. Matéi Visniec la livre maintenant au public français, et c’est tant mieux. Autour d’un trou, symbole d’on ne sait quoi, mais d’un « on ne sait quoi » dans lequel se tapit, on le subodore, du malheur, de l’oppression, de la séduction, de la résignation… autour de ce trou donc, grouille, se précipite, se dispute, se perd, se retrouve, s’enfuit tout un monde d’humains anonymes ou identifiés, atemporels ou historiques, menteurs ou sincères.

    Et là, dans ce magma d’illusion, émergent quelques instants de vraie vie, quelques instants qui font que la folie vaut d’être exhibée, avec toute la liberté dont dispose le metteur en scène, par la grâce de l’auteur qui précise bien cependant : « Le titre de la pièce est sacré ».

    http://www.sildav.org

    http://www.theatre-contemporain.net

  • Résonances théâtrales

    Matéi Visniec

    Du pain plein les poches et autres pièces courtes
    Actes Sud – Papiers, 2004

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Ce recueil rassemble quatre pièces des années 1990, la première traduite du roumain par Virgil Tanase, les trois autres directement écrites en français. Un ensemble qui pourrait paraître de prime abord artificiel, mais dont la lecture permet de déceler l’unité, une unité qui résulte de caractéristiques tenant à la fois de la sobriété dramaturgique (décors discrets, petit nombre de personnages), des résonances intertextuelles (Beckett au premier plan, mais pas seulement), des jeux de miroirs, de doubles, de mise en abîme du théâtre, et des leçons de dérision, voire de désespoir que dispense cette lecture.

    Du pain plein les poches met en scène deux hommes dont l’esquisse nominale se réduit à un accessoire (« chapeau » et « canne »), et un chien invisible (mais parfois audible), puisqu’il est tombé au fond d’un puits. Le dialogue autour du puits (faut-il secourir la bête, et si oui comment et avec qui, sinon pourquoi et qu’en résultera-t-il ?), tour à tour amical, vindicatif, absurde, argumentatif, rassurant… tourne à la fable politique, sociale, humaine. La richesse symbolique de la pièce multiplie les possibilités de lecture, de l’histoire ancienne à l’actualité, et sa portée est celle d’une véritable tragi-comédie, dont la trame s’adapte à toute situation.

    Le titre suivant, Le dernier Godot, est transparent, mais la pièce a l’épaisseur et la complexité du théâtre dit « de l’absurde ». Le postulat de départ repose sur une double anomalie (ou une double audace) : Godot est enfin arrivé, on n’a plus à l’attendre, et Beckett est devenu un personnage fictif ; tous deux se mettent à ressembler à Vladimir et Estragon, cherchent des preuves de l’existence, des traces d’identité, constatant la mort du théâtre (et ainsi de l’homme, toujours en représentation). Pourrait-on qualifier Le dernier Godot de suite d’En attendant Godot ? Réponse ambiguë, ou non-réponse, puisque la pièce de Visniec finit comme celle de Beckett débute…

    Plus audacieusement encore, L’araignée dans la plaie renvoie au Nouveau Testament, précisément aux derniers instants du Christ en croix, entouré des deux larrons. Ceux-ci, effrayés par une araignée qui menace de monter vers eux, sollicitent les interventions miraculeuses de leur illustre compagnon d’agonie. Il ne peut que manifester son impuissance, et lancer son fameux « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Dérision absolue et pathétique, ce sont les deux larrons qui, dans un geste trivial et désespéré, tout simplement humain, tenteront de protéger de l’araignée de la mort le « minable bavard » en qui ils auraient voulu croire.

    Avec Le Deuxième Tilleul à gauche, triomphe le « théâtre dans le théâtre », démontant les mécanismes de l’illusion. En deux actes rigoureusement parallèles et complémentaires, un homme et une femme font croire à un compagnon-spectateur (et par la même occasion se font croire à eux-mêmes) qu’ils sont maîtres des faits et gestes de leur vis-à-vis. Marionnettistes manipulés, ils mettent en avant les renversements cause-effet / effet-cause, que l’on peut appliquer aussi bien au spectacle théâtral qu’à celui de la vie.

    Car c’est bien là l’un des mérites importants de l’art de Matéi Visniec : son écriture traduit à coup sûr une parfaite maîtrise du théâtre, qui plus est du théâtre moderne, utilisant les acquis du passé pour mieux en démonter les procédés, faisant intervenir des personnages en quête d’eux-mêmes, ne se berçant pas d’illusions et ne se privant pas de faire « réfléchir » le langage scénique sur lui-même, et ainsi de faire réfléchir le spectateur sur ce qu’il voit et entend. Mais surtout, c’est de la littérature, celle qui met l’homme devant lui-même, devant ses mensonges et ses vérités : de la littérature de tous les temps.

    http://www.actes-sud.fr

  • Quinze pièces brèves

    Matéi Visniec

    Attention aux vieilles dames rongées par la solitude
    Lansman, 2004

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Chez Matéi Visniec, écrivain d’origine roumaine, la dramaturgie passe d’abord par le goût de la langue d’adoption, cette langue française qui lui fournit des titres sonores et percutants (voir Petit boulot pour vieux clown, L’histoire des ours panda racontée par un saxophoniste qui a une petite amie à Francfort, L’histoire du communisme racontée aux malades mentaux etc.). Attention aux vieilles dames rongées par la solitude (titre du volume et de l’un des textes qui le composent) est un recueil de 15 pièces brèves groupées autour de trois thèmes spatiaux : « Frontières », « Agoraphobies », « Désert ». Structure ferme, laissant pourtant aux metteurs en scène « le soin de choisir et organiser les scènes en fonction de leurs propres options dramaturgiques ».

    Ce compromis entre la rigueur et la liberté, entre l’unité et la pluralité se retrouve dans la conduite de ces mini-pièces, dont la brièveté pourrait faire penser au Théâtre de chambre de Jean Tardieu, mais qui abordent une grande diversité de sujets dans des tonalités non moins variées : la guerre et ses drames, la mort et ses cas de figure, le désespoir et sa violence, le désir de bonheur et ses déceptions, la vie et ses fantômes, la destinée et son absurdité… Les personnages et les situations dans lesquelles ils se laissent surprendre représentent un panel à la fois surprenant et familier, attendrissant et repoussant, de l’humanité (le sous-titre précise : « Théâtre de la tendresse et de la folie ordinaire ») : serveuses et clients, vieil indien et son fils, photographe des « grandes marées », petits et grands chefs, morts au champ d’honneur en quête de reconnaissance, snipers, victimes des hommes ou de la fatalité, conseiller en mendicité, auto-stoppeuse indifférente, amoureuse déçue, mère-porteuse virginale, homme blessé et passant curieux, aveugle et son chien etc.

    Mais ce n’est pas un « théâtre de situation ». Il y a de la satire, de la revendication, de l’humour (noir le plus souvent), de la tragédie, de l’absurde (généralement point de départ des intrigues), de la provocation, des crises, du mystère aussi… Au théâtre, tout est signe, comme on le sait (ou « tout est langage », selon Ionesco). Ici, Visniec fait naviguer le lecteur (le spectateur potentiel) entre « engagement » et « absurde », mais aussi et finalement déborde cet apparent dilemme ; l’essentiel est la création, une création d’une profonde humanité, qui passe avant tout par les mots. On a affaire à de vrais textes théâtraux, riches, ambigus, poétiques, et ainsi à une véritable mise en scène du langage.

    http://www.lansman.org/

  • Dire non à la guerre

    lysis.jpgLysistrata, d'Aristophane
    Traduit du grec par Raphaël Meltz et Laetitia Bianchi
    Arléa, 2003

    (par B. Longre)

    Une traduction vivifiante, au service d'un texte résolument moderne et populaire.

    La pièce est de circonstance (justement, le 3 mars dernier, une lecture universelle s'est déroulée dans tous les coins du monde, 1031 lectures dans 59 pays...) et l'on sait que la préoccupation essentielle d'Aristophane concernait la guerre et la paix ; cette comédie est jouée pour la première fois en 411, durant la guerre du Péloponnèse (les Athéniens et les Spartiates s'affrontaient depuis vingt ans) et peut être considérée, au-delà du genre comique, comme une tentative d'enfin vivre en paix.

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  • Mère Courage en Espagne

    chava1.gifChava
    François Martinez
    L'Harmattan, 2002
    (Théâtre des 5 continents

    (par B. Longre)

    La guerre d'Espagne vient de s'achever, les républicains sont vaincus ; Chava la Sèche est chassée de son village pour avoir hébergé son gendre républicain, le père de Petit-fils. Sa fille est en prison, ou a été fusillée, et Chava erre sur les routes avec l'orphelin, un garçon obstiné, qui refuse de croire à la mort de ses parents. Mais sa grand-mère a les pieds sur terre et estime que l'on n'a pas le droit de s'appesantir sur le passé lorsqu'il faut survivre, et toujours, elle va de l'avant, mendiant ou volant, parfois ; selon elle, "L'Espagne n'est plus qu'un pays de mendigots" et il faut se battre pour ne pas se faire traiter de bohémiens...

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