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Romans - Page 7

  • Sade et dieu

    sadedieu.jpgDiscours contre Dieu
    Sade
    préface d'Aymeric Monville

    Ed. Aden 2008

     

     

    (par B. Longre)

     

    Cette compilation d’extraits de l’œuvre sadienne regroupe les textes athées de l’auteur, tirés des romans - en particulier de La Nouvelle Justine - où la « chimère d’un dieu », dont l’existence est impossible à prouver, revient sans cesse, comme l’un des fondamentaux de la pensée de l’auteur : une philosophie rationnelle (l’athéisme étant un «combat pour la rationalité », comme le rappelle le préfacier) et matérialiste (la nature étant « matière en action », Discours de Dolmancé, dans La Philosophie dans le boudoir) que Sade construit avec cohérence au fil de ses écrits argumentés, de réfutations en virulentes démonstrations qui n’ont rien perdu de leur impact, comme en témoigne cette exhortation à la raison : « Faibles et absurdes mortels qu’aveuglent l’erreur et le fanatisme, revenez des dangereuses illusions où vous plongent la superstition tonsurée, réfléchissez au puissant intérêt qu’elle a de vous offrir un Dieu, au crédit puissant que de tels mensonges lui donnent sur vos biens et vos esprits, et vous verrez que de tels fripons ne devaient annoncer qu’une chimère… » (Fantômes).

     

    Dans la même collection, vient de paraître Jean Meslier, curé et fondateur de l’athéisme révolutionnaire, Introduction au mesliérisme - extraits de son œuvre présentés par Serge Deruette.

     

    http://atheles.org/aden/

  • Conte, botanique, histoires...

    mbail3.jpgEucalyptus
    Murray Bail

    traduit de l'anglais par Michèle Albaret-Maatsch
    10/18, 2008

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Ce livre inclassable et passionnant est à la fois une plongée dans l’univers fascinant de la botanique, un conte moderne et un recueil de petites histoires courtes, souvent fragmentaires, à la manière du Calvino de Si par une nuit d’hiver un voyageur

    Conte : un père offre la main de sa fille à celui qui résoudra une épreuve impossible : reconnaître et nommer les centaines d’eucalyptus communs ou rares de sa propriété ; de multiples soupirants échouent ; en arrive un autre qui réussit une à une toutes les épreuves, au grand dam de la fille qui ne sait comment se sauver de ce destin.

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  • Élémentaire, mon Chesterton !

    chesterton3.jpgLes Enquêtes du Père Brown
    Gilbert Keith Chesterton

    Édtion présentée par Francis Lacassin

    Omnibus, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    Un détective, c’est avant tout une silhouette, reconnaissable entre mille. Celle de l’inénarrable Miss Marple, menue et portant beau son élégance acidulée ; celle de Sherlock Holmes, l’œil grossi par la loupe, et affublé d’une indévissable casquette à carreaux ; celle de Maigret, engoncé dans son imperméable, avec aux dents une pipe dont la fumée flatte les oracles de la déduction…

     

    Parmi cette galerie, il est une personnalité d’importance, hélas trop souvent omise : il s’agit du Père Brown, sorti tout droit de l’esprit so british de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936). Les Éditions Omnibus rendent enfin la place revenant de droit à cet auteur prolifique, qui avait compris mieux qu’aucun de ses contemporains que le récit policier est « la première et unique forme de littérature populaire à donner un sens poétique à la vie moderne ».

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  • Le syndrome adolescent

    godzilla3.jpgLe syndrome Godzilla
    Fabrice Colin

    collection Les Mues, Intervista

     

    (par B. Longre)

     

    Entre France et Japon, Fabrice Colin nous invite à entrer dans le monde intérieur d’un adolescent qui rêve de métamorphose, un univers narratif composé de séquences relativement brèves, parfois morcelées, qui empruntent de temps à autre au style cinématographique. Le garçon rêve d’une transformation radicale qui lui permettrait de donner un sens à sa vie, de se trouver, et peut-être de surmonter la disparition d’une mère dont on ne saura pas grand-chose, hormis qu’elle se serait suicidée, une perte qui a marqué l’enfance. La mère, justement, présence qui dit rarement son nom mais qui plane dans l’esprit du narrateur - solitaire de son plein gré, nomade par le métier de son père.

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  • « Le bonheur c’est simple comme une lobotomie »

    carazina3.jpgHeureux les simples d’esprit

    Cara Zina

    Robert Laffont, 2008

     

    (Par Caroline Scandale)

     

     

    C’est l’histoire d’une résistance à la crétinerie établie, l’immersion réaliste dans le monde glauque des squats puis dans le quotidien funky d’une institutrice de province. Le roman s’inspire de la vie de son auteure Cara Zina mais son héroïne est encore plus radicale qu’elle. Cette autofiction est aussi rythmée et révoltée que les textes punk’n’rap écrits il y a presque vingt ans avec son amie Virginie Despentes au sein des Straight Royeur.

    Elles se rencontrent en colo. « Quand elle était petite, la grande n’était pas encore Virginie Despentes, mais c’était déjà quelqu’un, une forte tête, à la voix grave et railleuse et à la carrure rassurante, une énergie encore en friche qui ne demandait qu’à sortir et que je ne demandais qu’à suivre. » A son contact elle devient punk et ensemble elles suivent les Beruriers Noirs à travers la France entière, en tapant la manche avec d’autres adeptes de la crête, rencontrés en route. Entre squats et back-stages de concerts, Cara et Virginie mettent leur rage au service de la lutte anti sexiste et anti raciste. Elles montent leur propre groupe et écrivent des textes énervés contre la prédominance blanche et mâle.

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  • Coin de campagne

    hdassavray.jpgLes ruines de la future maison

    Hélène Dassavray

    A plus d’un titre, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Le titre le laisse bien entendre : il n’y aura jamais de vraie maison sur ce terrain provençal où poussent les broussailles et la vigne, et où s’est installée une tribu pittoresque et colorée. Jamais de maison, mais un «Campement » (cabane en bois, caravanes, tipi) pour abriter, tant bien que mal, une jeune femme (la narratrice), son compagnon « le Viking », ses enfants et leurs pères (le dit Viking, mais aussi Gainsb et L’Eclaireur qui font partie de la famille), sans compter les amis ou vagues connaissances de passage… Les ruines de la future maison raconte la vie parfois difficile, souvent surprenante, toujours indépendante dans ce coin de campagne, en marge (mais non loin) de la vie paysanne et villageoise. Fidèle jusqu’à un certain point à son parti pris de liberté absolue, la narratrice se retourne par photos interposées sur ce passé proche, n’inventant pas d’artificiels regrets mais ne cachant pas son émotion.

     

    http://aplus1titre.nerim.net/editions.htm

  • On y croit

    ruines.jpgLes Ruines
    Scott Smith
    traduit de l’anglais par Arnaud Regnauld
    M. Laffon, 2007 / Le Livre de Poche, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Six jeunes vacanciers au Mexique, un septième parti sur un site de fouilles archéologiques en pleine jungle, des Indiens peu hospitaliers et une colline couverte d’une végétation luxuriante, parsemée de belles fleurs rouges. Tout est posé pour que démarre un huis clos se déroulant sur quelques jours, fable tragique et morbide, susceptible de générer nombre d’angoisses (mais dont on taira la source…), certes éprouvante pour les nerfs du lecteur, mais terriblement efficace.

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  • Mort naturelle et sagesse indienne

    jharrison3.jpgRetour en terre
    Jim Harrison

    traduit de l’anglais par Brice Matthieussent
    Christian Bourgois, 2008

     

    (par Nicolas Cavaillès)


    Tel Tolstoï pour La Mort d’Ivan Ilitch, il a fallu à Jim Harrison une certaine maturité (une bonne dizaine de très bons romans) pour approcher le thème de la mort et s’aventurer dans ces contrées éprouvantes, insupportables si l’on se garde de sombrer dans le mélo-dramatique. Son dernier ouvrage, Retour en terre, s’inscrit d’emblée sur le fil de cette corde raide, précisément pour raconter les déboires d’une famille confrontée à la mort précoce du pater, Donald, métis Indien-Finnois atteint d’une sclérose en plaques : comment mourir, comment vivre avec un mourant, comment survivre à un mort – il faut une certaine expérience à la fois de la vie et de la littérature pour servir en romancier cette manne universelle et délicate, souvent traitée, très souvent maltraitée. Puisant dans la spiritualité indienne, et armé comme toujours de son extraordinaire verve truculente et humaniste, Jim Harrison traverse avec justesse et sensibilité la forêt sombre et sauvage de la mort et du deuil, poursuivant par ailleurs l’immense fresque de l’Amérique dont son œuvre chante les drames distendus et les menus répits.

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  • Tu seras notable, mon fils

    tstorm3.jpgLe fils du marin (Hans et Heinz Kirch)

    Theodor Storm

    Traduit de l’allemand par Roland Fuentès

    Syros, collection « Les uns les autres », 2007

    Dès 14 ans

     

    (par Myriam Gallot)

      

    En mer baltique, Hans Kirch a travaillé très dur pour réussir à devenir propriétaire de son navire et à s’enrichir grâce au commerce et à la navigation. C’est tout naturellement qu’il ambitionne pour son fils unique, Heinz, de développer l’affaire familiale et de se hisser aux plus hautes fonctions politiques locales, consécration d’une ascension sociale sur plusieurs générations. Comme beaucoup de parents, il envisage l’existence de son fils comme la continuation de sa propre existence et fonde de grands espoirs en son rejeton. Tel est le point de départ de ce roman dense et poignant, un classique de la littérature allemande du XIXème siècle qui paraît dans une nouvelle traduction française.

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  • Petite mort contre moment de vie intense

    dsegalen3.jpgAu poisson qui fume
    Dominique Segalen

    Ed. Luce Wilquin, 2007

     

    (par Caroline Scandale)

     

    Louise Anne, petit garçon castré, intègre très tôt sa différence. Considérée par ses parents comme un objet rebutant, elle intériorise le fait d’être « un vilain bouton de fièvre sur le visage familial. » Elle pousse tordue, bancale, envers et contre tout. Systématiquement rejetée par ceux qui devraient l’aimer par-dessus tout, elle se construit une image d’elle-même dévalorisée. Elle est le « déshonneur familial et [la] monstruosité perverse. » Dans ce désert affectif, elle bénéficie heureusement du froid soutien muet des cadavres de sa maison de croques-morts.

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  • L’orgueil des Roca

    vgheorghiu3.jpgLes noirs chevaux des Carpates
    C. Virgil Gheorghiu
    Traduit du roumain par Livia Lamoure. Préface de Thierry Gillyboeuf
    Editions du Rocher, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Ce que l’on connaît de l’œuvre de Virgil Gheorghiu, c’est en général La vingt-cinquième heure, et rien de plus. Sa production est pourtant beaucoup plus abondante que ce qu’il n’y paraît, et il ne faudrait pas oublier, par exemple, L’homme qui voyagea seul ou Les immortels d’Agapia qui, quelque jugement que l’on porte sur certaines positions équivoques de l’homme Gheorghiu, sont à considérer comme des ouvrages majeurs, avec, bien sûr, celui dont il est question ici. Les noirs chevaux des Carpates est paru en 1961 sous le titre La Maison de Petrodava. Cette réédition, assortie d’un changement de titre adapté à la collection (« Cheval Chevaux »), est évidemment une preuve de plus que Gheorghiu mérite réhabilitation. Pas uniquement pour les sujets qu’il aborde, pas tellement pour les racines personnelles et collectives qu’il extirpe d’un oubli plus ou moins justifié, mais surtout pour la manière dont il sait transformer une chronique en roman, un roman en épopée.

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  • Photoroman

    portillo.jpgEt que la nuit glisse sur le bleu de ta jupe

    Chantal Portillo et Hally Pancer (photographies)

    T. Magnier, collection photoroman, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    « Une série de photographies dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s’aventure alors dans l’écriture d’un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer » : tel est le point de départ de la jolie collection carrée « photoroman ». Les personnages inventés par Chantal Portillo glissent comme la nuit sur le bleu de la jupe de Bleuet, une jeune prostituée muette installée dans un village, et qui présente la particularité de faire la chose debout. Tous ressemblent plus à des esquisses qu’à de véritables personnages, jusqu’au mystérieux Tim, revenu de ses frasques à la capitale pour se régénérer, et qui réussira enfin, à faire coucher Bleuet. L’auteur a cherché à créer une atmosphère proche de celle du photographe, plus qu’à rebondir sur le potentiel narratif des images, avec lesquelles elle prend une grande liberté. L’intégration des photos dans le récit n’est pas totalement convaincante, et la contrainte se transforme un peu en artifice, laissant une impression d’inachevé à ce petit roman, pourtant pas dénué d’un certain charme.

  • La chambre où finit l’enfance…

    cbredesable3.jpgLa chambre de sable

    de Joëlle Wintrebert

    Editions Glyphe, 2008

     

    (Par Caroline Scandale)

     

    Marie, douce rêveuse surdouée de 11 ans, aspire à transcender la grisaille du quotidien en laissant divaguer son âme hors d’elle-même. Sa mère, qu’elle donnerait volontiers en pâture à un dragon familier, ne l’entend pas ainsi. Comme « mystérieusement avertie » chaque fois que sa fille est heureuse, elle n’a de cesse de venir briser ses instants d’échappée belle… Marie rêve d’échanger cette mère si grise contre son amie Nana, flamboyante artiste épicurienne, éprise de liberté, pleine de vie et d’envies.

    Plutôt cérébrale et solitaire, l’enfant fuit la compagnie des autres adolescents, portés bien plus qu’elle sur la découverte de la sensualité. Elle refuse toute concession et reste libre de ne faire absolument que ce qu’elle entend, au gré de ses passions du moment. Et cet été, Marie ne trouve rien de mieux que de se livrer à son passe temps favori, filer son nouveau voisin, un vieux monsieur énigmatique qui la fascine.

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  • Savourer sa vie

    jtiano3.jpgL’enchanteur et illustrissime gâteau café-café d’Irina Sasson

    Joëlle Tiano

    Intervista, collection Les mues, 2007

     

    (par Myriam Gallot)

      

    « Pour un gâteau de huit convives compter trois paquets de Thé Brun, 125 grammes de beurre fin, de Normandie de préférence, sept cuillères à bouche de sucre en poudre et un sachet de sucre vanillé ou une pointe à couteau des graines d’une gousse fendue en deux… »

     

    Ainsi commence la recette aux contours de laquelle s’écrit la destinée d’Irina Sasson, la clé de voûte d’une existence et d’un roman au ton aussi enchanteur – à défaut d’être illustrissime - que le mythique gâteau café-café. Entre la pâtisserie et la vie, pas de frontière car c’est parfois en cuisine que se dessinent les arcanes d’une psyché féminine, à l’écart des bruits du vaste monde. Les mots de la recette, désuets et envoûtants comme le gâteau d’Irina, récités dans toutes les langues de son histoire, rythment sa mémoire comme une litanie et la bercent au crépuscule de sa vie.

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  • Les deux sœurs

    avisdei3.jpgL’exil d’Alexandra
    Anca Visdei

    Actes Sud, 2008

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    "Toujours ensemble", la devise des deux sœurs Popesco, est aussi le titre d’une pièce qui, depuis quelques années, est jouée dans plusieurs pays, parfois sous le titre de Puck en Roumanie. Le succès d’Anca Visdei, longuement mûri et largement justifié, est d’abord celui de son abondante œuvre théâtrale.

     

    On ne s’étonnera donc pas de voir dans L’exil d’Alexandra, roman épistolaire, une sorte de mise en récit d’un dialogue aux accents dramaturgiques entre Alexandra et Ioana : la première a fui la dictature, la seconde, restée avec leur mère et leur grand-mère, tente tant bien que mal de se débrouiller dans le vide étouffant du règne de Ceausescu. Leur échange de lettres, sur une période de plus de 15 ans (avec une longue interruption) dit la tendresse, les anecdotes, les difficultés, les rancoeurs, les jalousies, l’amour de deux êtres qui voudraient ne rien se cacher, mais qui ne peuvent s’exprimer qu’à mots voilés : « Tante Prudence », l’odieuse et imbécile censure, veille, mais aussi, parfois, s’interposent les pudeurs et les remords… Cet échange dit aussi les métamorphoses de soi, ou plutôt du monde (« Je ne change pas. C’est la vie autour de moi qui change. Si on ne se durcit pas, on ne survit pas. Et c’est notre âge qui a changé »), la liberté retrouvée (« Dans mes rêves les plus fous, je n’espérais pas vivre ça »), mais la liberté trahie par une apparence de révolution, les faux-semblants politiques et les déceptions culturelles.

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  • Enorme

    varenne.jpgLe gâteau mexicain

    Antonin Varenne

    Editions Toute latitude, 2008

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Voici un polar énorme. Un flic obèse et pétomane, des prostituées paumées, un manouche philosophe, rassemblés dans une intrigue retorse, pour ne pas dire franchement farfelue. Entre pseudo-réalisme se plaisant dans l’abject et grosse blague façon canular, cette histoire brillante et labyrinthique balance – et apparemment l’auteur s’en balance, à en juger par le récit qui encadre le polar. Si on est charmé au début par les personnages hauts en couleur et quelques belles trouvailles d’écriture (Antonin Varenne possède incontestablement un style bien à lui), le rythme effréné parvient de moins en moins à cacher la vacuité de ce divertissement compliqué et de ses rebondissements au forceps aussi peu crédibles les uns que les autres. Les amateurs de fantaisie débridée apprécieront sûrement, ceux qui recherchent du sens et de la profondeur auront plus de mal à trouver leur bonheur dans cette démonstration de bravoure.

  • Fausse rumeur

    bclinton.jpgL’Enlèvement de Bill Clinton

    de Cyrille Martinez

    Les 400 coups, 2008

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Le titre trompe quelque peu : il ne sera que très peu question de Bill Clinton. Mais cette histoire, fausse rumeur d’un enlèvement du président américain à Sarajevo (qui fait écho par coïncidence au mensonge qui vient de faire déraper son épouse dans son ascension vers la présidence des États-Unis), est un événement qui a marqué durant le siège de la ville.


    Tout le « roman » est orienté par l’idée de la perte des repères dans ce temps de guerre : le temps, l’espace, les liens entre les êtres, le rapport à soi, tout est brouillé. Cyrille Martinez propose ici un texte qui est plus un long poème en prose qu’un récit, tentant de reconstruire l’expérience d’un autre, un certain Nedim Hrbat, qui lui a raconté tout cela, la cigarette de marque Prina qui se consume, les feuilles de thé qui infusent, et puis a disparu.

  • Jane en détective

    barron.jpgJane Austen et l’héritage du comte
    Stéphanie Barron

    traduit (USA) par Patricia Christian
    Le Masque (labyrinthes), 2008.

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Huitième volume traduit d’une série d’aventures policières dont l’héroïne est Jane Austen, ce titre a les charmes de son contexte : manoirs, chaumières, domestiques et Lords, jeunes femmes célibataires, campagne anglaise délicieuse et parfois inquiétante, intrigues sentimentales où l’argent n’est jamais bien loin.
    Du côté du policier, c’est moins réussi : des invraisemblances, des complications inutiles, des personnages tout d’une pièce (ceci n’étant pas antinomique avec le genre). Mais c’est une bonne lecture de vacance pour ceux qui trouvent que Jane Austen aurait dû écrire plus de livres et sont prêts à tout pour la retrouver.

  • Toute la vie

    alaska.jpgAlaska
    Eugène Nicole
    Editons de l’Olivier, 2007

     

    (par Anne-Marie Mercier)

     

    Roman universitaire ou de campus, récit de voyage, exploration de la mémoire, ce roman est tout cela à la fois. Le protagoniste fuit un chagrin d’amour en acceptant un poste de lecteur en Alaska, à l’Université de Fairbanks. Il y découvre la nature du nord, les nuits longues, la neige et la glace, la peur des ours, les montagnes. Il y rencontre de nombreux excentriques, hommes et femmes et découvre tout ce qui a pu les attirer dans ces terres : l’amour des grands espaces, la langue eyak, les études sur les séismes…
    L’ombre d’une jeune française disparue avant son arrivée, les sons du piano de celle qui est perdue dans sa sonate, les peintures de l’un, les gravures de l’autre, des images se superposent et donnent au récit une grande sensibilité, un léger flou. Histoires d’amour, de mort, toute la vie en une année universitaire baignée par la nuit et traversée de gigantesques fêtes.

    http://www.editionsdelolivier.fr/

  • Que la force...

    lleborgne3.jpgJe suis ta nuit
    Loïc Le Borgne

    Intervista 2008 (collection 15-20)

     

     (par Catherine Gentile)

     

     

    Loïc Le Borgne, écrivain journaliste, s’est fait connaître en littérature avec sa trilogie publiée chez Mango, dans la collection Autres mondes : Le Cycle d’Eden. Destiné aux adolescents, ce Space opera entraîne les lecteurs dans un voyage à la fois poétique et très animé, en compagnie de la jeune Marine et de ses compagnons embarqués à la recherche d’un mythique Monde bleu. L'auteur revient aujourd’hui en force avec un roman fantastique d’une rare intensité, dans lequel il explore les terreurs de l’enfance.
    Le narrateur, un homme de 37 ans, n’a rien oublié de son enfance à Duarraz, petit village breton proche de Rennes, de ses amis disparus, des heures noires vécues avec eux, et surtout du Bonhomme noir qui a hanté leurs jours et leurs nuits. Pour un temps seulement, cela s’était estompé, bulle de répit illusoire, mais voilà que cela revient aujourd’hui, alors que son fils, Tristan, dix-sept ans, veut se rendre seul à l’enterrement de son amie, parce que l’on ne peut pas lutter contre le temps, on ne peut pas effacer.

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