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16/04/2007

Une couleur à part

macouleur3.jpgMa couleur
Catherine Leblanc & Sophie Charpin (illustrations)
Balivernes, 2007

 

 

Fathi, bouleversé par la séparation de ses parents, a perdu sa « couleur de famille », sa «couleur d’enfant » ; il se cherche, ne se retrouve plus, et seule une question le taraude à présent : « De quelle couleur je suis ? » ; une question qu’il pose à tous ceux qui l’entourent (au point d’exaspérer sa mère) sans entendre de réponse satisfaisante, ni dans la famille de son père, ni dans celle de sa mère, ni à l’école… Noir, blanc, chocolat, couleur de poussière ou couleur « de crotte » (selon certains camarades de classe…) ? En tout cas, il sait qu’il n’est pas couleur « lait tourné », contrairement au nouvel amoureux de sa mère...

(par B. Longre)

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26/02/2007

Un peu de maths

38perro.jpg38 Perroquets
Grigori Oster (traduit du russe par Marina Abelskaïa), illustré par Samuel Ribeyron

Points de Suspension, 2006

 

(par B. Longre)

 

Un singe, un éléphanteau et un perroquet tâchent de venir en aide à un «petit» (tout est relatif) boa constrictor qui s’est mis en tête de se mesurer… Le problème mathématique agite les quatre compagnons, d’abord parce que le boa est long (si long qu’il faut parfois du temps pour remonter de sa queue à sa tête), mais aussi parce qu’il est bien difficile d'appréhender la notion d’unité de mesure… C’est le perroquet, ainsi que le laisse entendre le titre, qui détient la solution et donnera l’exemple à ses compagnons.

 

Ce joli conte au didactisme léger, mené par des dialogues enlevés (que l’on doit à l’un des grands noms de la littérature jeunesse en Russie), est mis en scène par Samuel Ribeyron, quia créé, pour l’occasion, quatre personnages (entre papier mâché et pâte à modeler) photographiés avec, à l’arrière-plan, quelques sobres décors peints ; des animaux aux mines très expressives, naïfs et amusants, et toujours en mouvement, ce qui confère à l’ensemble la vivacité d’un dessin animé.

 

Samuel Ribeyron

 

L'éditeur

11/12/2006

L’amour "global"

amulpas3.jpg

La fille du papillon, d'Anne Mulpas
Sarbacane, Romans Exprim’ 2006
à partir de 13 ans

(par Blandine Longre)

« Ce n’est pas un banal coup de foudre, ce n’est pas une bête histoire d’amour. Non, non et non. C’est autre chose », écrit Solveig dans le journal intime qu’elle a choisi d’écrire, en dépit de ses principes… car elle a enfin quelque chose à raconter et à confier depuis qu’elle a rencontré celui qu’elle baptise d’emblée « le Monde », le garçon qui va prendre désormais beaucoup de place dans ses pensées et dans sa vie.

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30/11/2006

Sous le silence, le sens

anneherbauts3.jpgPetites météorologies

Anne Herbauts
Les albums Duculot, Casterman, 2006

 

(par B. Longre)

 

Une missive vogue de page en page, traversant des paysages gris ou ternes, un nuage de vapeur rose sorti d’une cafetière s’en va rejoindre un comparse bleu échappé d’une seconde cafetière… Sous les autres nuages, derrière des portes ou des fenêtres à rabats, des personnages, des objets, quelques scènes de la vie quotidienne, des instantanés en concentré d’un instant T. sur un espace circonscrit par les bords du livre.

D’un point de vue esthétique, le travail d’Anne Herbauts est irréprochable, et l’on plonge avec curiosité dans ses créations qui nous happent par leur illisibilité première, procurant un sentiment de spontanéité ; des pleines pages silencieuses qui pourtant nous parlent, disent de multiples petits riens qui, en se combinant et en s’accumulant, racontent plusieurs histoires croisées, de brèves émotions, dont la plupart vont s’accorder à l’univers imaginaire de chaque lecteur. La lecture se fait ici acte individuel et intime, par le biais d’une observation vagabonde – l’auteure n’imposant aucun sens de lecture, ni explication prémâchée.

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29/11/2006

Adapter / rapprocher ?

honaker3.jpgOdyssée
tome II, Les naufragés de Poséidon

Michel Honaker
Flammarion, 2006

(par Anne-Marie Mercier)

L’Odyssée, adaptée par un auteur à succès comme Michel Honaker, devait être un bon moyen pour faire goûter une œuvre qui n’est plus beaucoup lue par les jeunes lecteurs (encore que les programmes de français de 6e la recommandent comme l’un des textes «fondateurs » dont l’étude est recommandée). Michel Honaker écrit bien, il manie même avec naturel les épithètes homériques, et certaines pages ont du souffle.

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28/11/2006

Jacques, cet inconnu…

jcartier3.jpgJacques Cartier
Claire Ubac
L’école des loisirs, collection belles vies, 2006


(par B. Longre)

ou comment (ré)concilier fiction et documentaire biographique.

Adolescent, Jacques Cartier rêve d’horizons lointains, imagine voguer dans le sillage des navires qui font escale à Saint-Malo (ce « vaisseau de pierres ») et suit avec passion les récits de voyages qui arrivent jusqu’à ses oreilles… Né l’année qui précède la découverte des «Indes» (les occidentales) par Colomb, il baigne dans cet univers stimulant et novateur, et très vite, s’engage comme marin sur des navires de pêche — à l’époque, les Malouins partent régulièrement pour Terre-Neuve et ses eaux poissonneuses. On ne sait pas avec exactitude où l’ont mené ses premiers « pas », mais il est certain qu’en 1520, quand il rencontre François 1er (en personne !) il est déjà un navigateur chevronné (même si, comme ses contemporains, il mesure encore la longitude «à l’estime »…). Le roi voudrait rentrer dans la course aux richesses bien entamée par les Portugais ou les Espagnols et cherche des marins capables d’investir de nouveaux territoires en son nom et, au mieux, de découvrir cette fameuse route vers l’Orient, ce passage que tous s’évertuent à ne pas trouver, avec l’idée de partir du nord, aux alentours de Terre-Neuve — Magellan découvrira son détroit deux ans plus tard, mais y perdra la vie (18 marins sur plus de 200 rentreront à bon port au bout de trois ans…). Jacques doit toutefois se montrer patient (François guerroie du côté de l’Italie et a d’autres chats politico-financiers à fouetter), et ce n’est qu’en 1532 (déjà 41 ans) qu’il est enfin engagé par le roi pour mener à bien une première expédition vers « les Indes »…

Biographie romancée aux allures de docu-fiction, le Jacques Cartier de Claire Ubac vaut son pesant d’écus et il serait fort dommage de passer à côté de si bonnes pages, d’un récit aussi enlevé, vivant – et « instructif »… chose qu’on tendrait presque à oublier tant l’auteure sait jongler entre fiction et biographie.

Comment, justement, tenir un jeune (ou moins jeune) lecteur en haleine et l’inciter à aller toujours plus loin, à partir d’une thématique historique qui n’est certes pas rébarbative, mais dont le caractère même pourrait bien avoir raison de sa motivation ? Pour ce faire, l’auteure, fine stratège, apporte à l’écriture une pointe de fantaisie qui allège le sérieux du sujet – sans pour autant manquer de rigueur historique. Plusieurs surprises narratives nous attendent : l’intervention inopinée d’un conférencier, les dialogues récurrents de deux marins malouins, Le jeune et Morbihan, qui commentent à leur façon les progrès des trois voyages de Cartier, des adresses aux lecteurs dans le plus pur esprit classique, ou encore l'intervention directe de la romancière, qui va jusqu'à remettre son travail en question... des procédés qui font de cet ouvrage un artefact hybride, entre fiction et récit historique, entre imaginaire et réalité...

 

Les passages relatant rencontres et échanges avec les autochtones sont savoureux, et on s’amuse beaucoup de l’exposition des préjugés des uns et des autres ou des tentatives (infructueuses et frisant le ridicule) de Cartier pour convertir les « sauvages » un peu retors (mais on les comprend) et forcément très réticents, voire hostiles (voir entre autres la scène où Cartier, très inspiré, lit des passages de l’évangile aux Indiens…) — la justesse de l’humour servant à mettre l’accent sur les absurdités et les hypocrisies des expéditions (la promesse de convertir des peuples indiens allant de pair avec l’intention de s’approprier impunément territoires et richesses) sans pourtant déprécier entièrement le personnage et son parcours : Cartier reste un héros au Canada (nom issu du terme générique « Kanata », signifiant «village» en huron et que le navigateur aurait pris pour le nom d’une ville indienne) et on ne saurait nier ses qualités (affrontant courageusement ses responsabilités, mais aussi le froid, la maladie, les pertes humaines et les déceptions, se montrant rarement cruel ou destructeur).

Claire Ubac évoque avec précision le contexte d’un siècle qui s’ouvre tout juste à l’humanisme, d’un temps agité par de nombreuses découvertes (et pas seulement territoriales), où les occidentaux rejettent peu à peu l’immuabilité en toutes choses que l’église chrétienne a instaurée depuis des siècles : « La vision du monde ne cesse alors de se modifier et de se préciser. L’idée se répand que les mers reliées entre elles, loin d’être une étendue de perdition, offrent des routes multiples pour accéder aux terres émergées ! » Et plus loin, d’ajouter : «C’est alors que la vieille vision chrétienne oscille sur sa base. » — enfin !
Un seul regret pour le lecteur désireux de parfaire ses connaissances : ne pas disposer, en fin d’ouvrage, d’une courte bibliographie permettant d’aller plus loin ou de découvrir les sources de l’auteure. En revanche, on apprécie les cartes retraçant les différents itinéraires de Cartier lors de ses explorations et que l’on suivra parallèlement au texte, ainsi qu’un dossier iconographique de quelques pages au centre de l’ouvrage.
Un conseil et un seul : lire ce Jacques Cartier plein d’allant comme on lirait un roman, sans se désoler des inévitables lacunes biographiques ; au contraire, en profiter, comme le conseille habilement l’auteure (en partie pour justifier les libertés prises avec l'histoire), pour laisser libre cours à son imagination.

 

Lire aussi
Les voyages de Jacques Cartier
de Maryse Lamigeon et François Vincent
L'école des Loisirs, Archimède, 2006 - dès 6 ans

 

http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

13/11/2006

Chronique d’une métamorphose

annepercin3.jpgPoint de côté, d'Anne Percin
Editions T. Magnier, 2006
à partir de 14 ans

(par Blandine Longre)

Le premier roman d’Anne Percin (« réécrit 3 fois en 15 ans ») est l’aboutissement d’un travail de longue haleine et, à la lecture, l'on sent à quel point l’auteure s’est attachée à son personnage ; elle l'examine avec compassion, décrivant avec précision l’état d’extrême solitude d’un adolescent que la vie étouffe. Et malgré le désespoir palpable de Pierre, les trois cahiers qui composent son journal conservent une fraîcheur de ton et une autodérision qui laissent penser qu’il va parvenir à s’extraire de sa dépression (cette « vieille envie de ne plus en être »), qui n’en finit pas de perdurer.

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14/04/2006

Petite fable du racisme et de la tolérance ordinaires

fdavidalibeu.jpgOn n’aime pas les chats
François David et Géraldine Alibeu

Sarbacane, 2006

(par B. Longre)

En des temps bien mouvementés pour les différences et la pluralité (des origines, des couleurs, des opinions…) cet album tombe à point nommé : On n’aime pas les chats se présente comme une fable universelle qui transcende les époques et les lieux, à la fois grave et éminemment ironique, et le texte de François David, illuminé par les étonnantes illustrations pleine page de Géraldine Alibeu, se lit et se relit avec un bonheur toujours renouvelé, chaque lecture apportant des éléments nouveaux et engendrant de multiples échos avec ce que l’on peut lire ou entendre quotidiennement, dans la presse ou autour de soi.

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03/04/2006

Le paradis...

destinationparis3.jpgDestination Paris
Claude Combet, Thierry Lefèvre
illustrations Magali le Huche

« Hors Collection »
Actes Sud Junior, 2006

 

(par B. Longre)


« Ajoutez deux lettres à Paris : c'est le paradis »
Jules Renard

 

Vous saurez tout sur Paris… En cinq chapitres et un questionnaire, ce guide aisément transportable, destiné tout autant aux Parisiens qu’aux (nombreux) autres, joyeusement illustré, ponctué d’anecdotes amusantes (genre « Livre des records »), propose un petit tour instructif et ludique de la capitale : son histoire, ses évolutions urbaines, son sous-sol, ses transports, ses curiosités…

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21/12/2005

Fable géopolitique à l'usage des Mafous, Ratafous ou autres humains fous...

mafou4.jpgL’histoire sans fin des Mafous et des Ratafous
Marie Sellier et Diagne Chanel

Paris Musées, 2005

 

(par B. Longre) 

 

Après un premier album grand format très réussi, Miriam, Mafou métisse, l’histoire d’une petite Mafou noire et bleue confrontée au racisme des Mafous unicolores, Marie Sellier et Diagne Chanel ont composé un second ouvrage qui, cette fois, traite ingénieusement, à plus large échelle, des conflits entre les peuples ou les ethnies – un récit de conquête-soumission-révolte (processus que l’on ne connaît que trop bien) dont la résolution se veut foncièrement réaliste. L’histoire sans fin des Mafous et des Ratafous se présente comme une parabole géopolitique sombre mais décapante dont aucun protagoniste ne sort indemne, ni les agresseurs (les Ratafous) ni les victimes (les Mafous), ni la communauté internationale (les Toutous, Toumous, Froufrous…), prompte à l’aveuglement volontaire (on retrouve ici le dilemme jamais résolu de l'ingérence), incompétente à gérer les conflits à temps ou de façon cohérente.

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15/03/2005

Tentation, prison, évasion !

zooclub3.jpgZoo Club
Julie Mercier
Editions Points de Suspension, 2005


(par B. Longre)

 

Nul parmi les animaux n'a encore deviné ce que dissimule « Le Paradis du zoo » et l'annonce publicitaire particulièrement alléchante : « 100 % bonheur, 100 % vacances » ; elle atteint néanmoins sa cible et les animaux du monde, de la girafe africaine au tigre de Chine, en passant par la famille suricate et les pingouins du pôle, partent de suite à la découverte de ce «séjour d’enfer»... en toute confiance. Chacun, selon son origine ou sa fantaisie, choisit un moyen de transport lui permettant d’arriver à bon port : en car-brousse, en tandem, en trottinette ou autres roulettes, en montgolfière, en fusée, en pousse-pousse ou plus simplement à pattes, tous les véhicules sont de la partie ; le flot d’animaux se rendant au zoo gonfle à vue d’œil, au travers des illustrations belles et chaleureuses de Julie Mercier, entre art naïf et effets de matière (peinture ou pastels gras).

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29/12/2004

Entre rêve et réalité

chaboud3.jpgSous les sables d'Afghanistan
Jack Chaboud
Editions du jasmin, 2004

 

(par B. Longre)

 

Ayoub, quinze ans, est apprenti bijoutier chez maître Hosseini, qui tient une échoppe dans un caravansérail où les nomades vont et viennent, au fil des saisons. Le garçon, orphelin, plutôt orgueilleux, aime à pavoiser devant ses camarades plus jeunes, mais rêve aussi d’espaces lointains en observant les voyageurs qui font halte dans ce lieu ; il attend plus particulièrement une «fille aux yeux dorés», aperçue un an plus tôt, qui lui avait mystérieusement annoncé : «Tu es comme moi, tu peux écouter les voix de l’intérieur. Elles nous parlent de loin.» avant de repartir avec son peuple. C'est en interrogeant maître Hosseini que le garçon apprend que les nomades vivent comme hors du temps et à l’écart, quand ils le peuvent, des sombres réalités contemporaines qui frappent l’Afghanistan depuis des décennies : ils « sont libres comme l’air ; ils vont sans hâte, loin des villes et des guerres. Ils forment les maillons d’une chaîne qui les unit à tous leurs semblables du passé et de l’avenir. »

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17/06/2004

Pour les enfants qui n’aiment pas la plage

genevievebrisac5.jpgViolette et la boîte de sable
Geneviève Brisac
Mouche de L’Ecole des Loisirs, 2004

 

(par Louise Charbonnier)

 

C’est les vacances. Violette et son petit frère Bruno doivent se dépêcher car Maryse la baby-sitter est pressée d’aller rejoindre son amoureux à la plage. Puis Bruno part jouer avec son copain, laissant Violette seule avec son ennui. Car Violette n’aime pas la plage. Elle a beau essayer de décalquer sur le sable les formes que prennent les nuages, la mer vient inexorablement effacer son œuvre. Violette se sent plus que jamais « seule, abandonnée et sans forces » dans un monde « décidément décevant. Pas solide. Non, pas solide du tout ». C’est alors que Violette aperçoit une boîte en bois ballottée par les vagues. De cette boîte surgit tout un monde, le monde intérieur de Violette, plein de sensations agréables qui s’assemblent et esquissent un sourire.

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14/04/2004

« Où est la liberté, Yacine, où est le bonheur ? »

clefdessages3.jpgLa Clef des Sages
Michèle Bayar et Jean-Claude Djian

illustrations d’Arnaud Bétend
Petit à Petit, 2003

(par Martine Falgayrac)

Un tapis soyeux file dans le ciel de l’Algérie contemporaine. Conduit par la magie et l’amour, «libre comme la grive», il emporte deux jeunes gens, avides de bonheur, vers la demeure d’un vieux sage…
Yacine dévore les livres et apprécie par-dessus tout la poésie ; il ne va plus au collège depuis qu’il a pris la relève de son père, tisserand à Tlemcen. Maintenant, le jeune garçon de quinze ans, reconnu intelligent, cultivé et habile, «travaille le jour, étudie la nuit et rêve tout le temps». Il aimerait tant retourner à l’école, revoir Amina dont il est amoureux, être remarqué par le père de la jeune fille, se payer un ordinateur pour l’échoppe… Dernièrement, le vieux sage Ali Amoura lui est apparu en songe, brandissant sous son nez la clef du bonheur ! Yacine partirait bien sur un tapis volant pour aller chercher ce trésor, pour que tout s’arrange. Hélas « ce n’est pas en rêvant qu’on arrive à quelque chose » lui répète son père. Pour l’heure, il faut terminer le tapis de soie qui doit être livré demain… Zitouna, somptueuse chatte angora aux pouvoirs merveilleux, douée de parole, persuade Yacine de «prendre son destin en main» et transforme l’ouvrage en tapis volant. L’amour qui est «plus fort que toutes les magies» conduit l’équipage jusqu’à la villa d’Amina ; c’est décidé, les adolescents feront ensemble le voyage jusqu’à la grotte du sage…

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03/02/2004

Pérégrinations d'une pierre qui roule...

janineteisson3.jpgLa petite pierre de Chine
Janine Teisson
illustrations de Chen Jiang Hong
Actes Sud Junior, les contes philosophiques 2004

 

(par B. Longre)

 

Ce conte va volontairement à l'encontre de l'adage populaire qui dit qu'une pierre qui roule n'amasse pas mousse... Car la petite pierre de ce "road-movie" philosophique va profondément s'enrichir, découvrant le monde, les hommes, la nature et le sens des choses, tirant une sage leçon de chacune de ses expériences.

 

Avant d'entreprendre, un peu malgré lui, ce long voyage, le caillou sans importance se tient immobile entre deux énormes rochers surplombant la Chine, Paah et Maah (qui jouent le rôle de père et de mère), imperturbables : « Personne ne savait qu'il existait un petit espace entre les deux rochers géants et que, dans cet espace minuscule, il y avait une petite pierre. » Cette dernière n'ose bouger, croyant que sans elle les deux gros cailloux s'écrouleront ; un jour, pourtant, ce sont les éléments qui vont se charger de la transporter ailleurs. D'abord l'eau, puis des animaux (un poisson argenté, un canard, une perdrix...) mais aussi les hommes, qui tour à tour la rejettent ou s'en servent, la traitent avec indifférence ou lui montrent combien elle peut être utile ; par sa faute, un homme mourra ; grâce à elle, une femme aura avancé dans son travail...

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13/01/2003

Métamorphoses

chauffeusedebus2.jpgLa Chauffeuse de bus
Vincent Cuvellier
Illustrations de Candice Hayat
Le Rouergue, 2002 - collection Zigzag

(par B. Longre)

Le petit Benjamin habite loin de l'école et chaque matin, il prend le car scolaire qui, malheureusement, le dépose toujours à l'heure ; c'est un peu de la faute de la chauffeuse du bus, une femme taciturne dont les enfants se moquent souvent : c'est une femme, mais pourquoi a-t-elle de si gros muscles ? Ce qui incite certains à l'appeler "Monsieur", lui déniant ainsi toute féminité et la considérant d'emblée comme monstrueuse ou anormale ; il est vrai qu'elle est costaude, qu'elle fume cigarette sur cigarette, qu'elle a un "gros pif" et qu'elle "pue"... bref, elle est moche ! Un prétexte suffisant pour les enfants, qui, le reste du temps, l'ignorent royalement...
Mais un matin où il est plus fatigué que d'habitude, Benjamin s'endort dans le bus et se réveille au dépôt... et se retrouve, pour la première fois, seul avec elle, figure familière et inconnue à la fois. Elle se méfie, fait comprendre qu'elle ne supporte pas les "gosses" et qu'elle va bien vite le ramener à l'école.

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10/05/2002

Un classique

nadja1.gifChien bleu
Nadja
L'Ecole des loisirs , 2002 - Petite bibliothèque

(par B. Longre)

Chien bleu est un ouvrage dont les illustrations, de véritables peintures à la gouache, sont les premiers éléments qui accrochent le regard ; le travail sur les visages, souvent mélancoliques et très expressifs, est en harmonie avec l'histoire elle-même : celle de la petite Charlotte, qui reçoit chaque soir la visite d'un chien bleu ; il vient de nulle part, et pourtant, l'on ne remet pas en question son existence, comme la petite fille, qui accepte spontanément ce nouveau compagnon. Mais sa mère, que cette nouveauté inquiète, refuse de garder ce chien à la maison.
Chien bleu est pourtant un chien qui, si l'on oublie sa couleur, a tout du chien ordinaire ; il en possède du moins les qualités légendaires : fidèle, affectueux, doux et courageux, capable de protéger la fillette lorsque l'esprit des bois (encore une créature dont on admettra qu'elle existe vraiment, elle aussi), transformé en panthère noire, cherche un bon repas.
L'atmosphère évolue de page en page et l'on doit ce sentiment à une étude approfondie des couleurs et de la chaleur des tons, qui sont susceptibles de transmettre diverses émotions au lecteur (peur, anxiété, joie, chagrin...). Aujourd'hui réédité dans un petit format, ce conte surnaturel et tendre, qui narre une amitié à la fois banale et étrange, attise l’imagination.

http://www.ecoledesloisirs.fr

25/03/2002

Pinochien...

chiensaucisse1.gifChien-Saucisse
Gaëtan Dorémus

Le Rouergue, 2001

(par B. Longre)

Le chien de René a tout pour être heureux : un gentil maître, une existence passée à jouer et à dormir et... des saucisses à profusion, puisque René est charcutier. Mais ce que René ne sait pas, c'est que son chien est un voleur, qu'il grappille des saucisses dès qu'il a le dos tourné, et qu'il est aussi un sacré menteur. Une situation qui ne peut plus durer, car peu à peu, le chien voit son corps s'allonger, grandir et s'étirer... est-ce la faute aux mensonges ou aux saucisses? Sûrement un peu des deux, et plus son chien grandit, plus René le soupçonne : le chien-saucisse est né ! Finira-t-il en rondelles, en chair à saucisse, ou l'auteur nous réserve-t-il d'autres surprises ?
Ce petit ouvrage mi-absurde, mi-réaliste est un régal de drôlerie ; l'aventure de ce "pinochien" permet d'aborder des thèmes cruciaux (le vol et le mensonge) sans que la morale ou la réprimande ne s'en mêlent directement : René semble plutôt soulagé lorsque son chien avoue ses crimes et l'animal parviendra à trouver tout seul une façon de se faire pardonner ; un exemple d'éducation en douceur, des illustrations malicieuses, des textes fourmillant de jeux de mots, entre album et BD.

http://www.lerouergue.com/

23/10/2001

Conte cruel

chantdesgenies.jpgLe Chant des génies
Nacer Khémir

illustrations de Emre Orhun
Actes Sud Junior, 2001

(par B. Longre)

Un pauvre paysan sans terre, qui a "reçu de son père la pauvreté en héritage" rêve d'offrir à son fils unique une existence moins misérable que la sienne. Afin de s'enrichir, il franchit une frontière taboue, s'aventurant sur une terre broussailleuse qui appartient aux génies : il se l'approprie mais au lieu de le transformer en sauterelle ou en grenouille, les génies l'aident à défricher le champ, à le labourer et à le semer, le nombre de génies augmentant chaque jour davantage. Le paysan, assuré alors d'une excellente récolte, oublie de rester sur ses gardes en dépit des avertissements plein de bon sens de sa femme… c'est ainsi que la générosité trompeuse des génies se retourne brutalement contre lui et sa famille.

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