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14/07/2008

Le quai Branly en jeunesse

askelaad3.jpgAskelaad et l’ours blanc aux yeux bleus
Anne Archambault et Xavier Besse

Editions RMN, 2008

 

(par Anne-Marie Mercier)

 

L’histoire n’a rien de très original, tout en étant parfaite à bien des égards car elle réunit de nombreux ingrédients clefs de la littérature de jeunesse : un orphelin rejeté, un vieux sage qui le guide, un peu de magie, la rencontre d’un animal-totem, le retour triomphal dans la tribu.
Mais tout cela se passe dans le cadre de la civilisation Inuit et l’album propose à chaque double page (ou presque) une petite photo d’un objet important et beau de cette culture, lié à l’étape de l’histoire : traîneau, harpon, herminette…

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13/07/2008

Sibérie fantasmée

babayaga.jpgBabayaga

Taï-Marc Le Than, ill. Rebecca Dautremer

Gauthier-Languereau, Les petits Gautier, 2008, dès 4 ans

 

(par C. Scandale)

On retrouve dans ce conte deux figures emblématiques de l’imaginaire féminin diabolique, la méchante sorcière et l’odieuse marâtre. Babayaga est l’incarnation russe de la dévoreuse d’enfants. L’adaptation par Taï-Marc le Thanh, illustrée par Rébecca Dautremer, rend parfaitement compte de l’atmosphère froide et rustre des confins d’une Sibérie fantasmée. Babayaga n’a qu’une seule dent. Et c’est probablement ce qui l’a rendue si méchante. Ogresse par vocation, elle n’a de passion que pour la dégustation de petits enfants bien dodus et bien gras. Le jour où la vieille femme n’a plus rien à se mettre sous la dent, elle s’adresse à sa sœur Cacayaga pour lui trouver de la chair fraîche. Cette dernière devenue marâtre de la petite Miette l’envoie mielleusement chercher du fils et une aiguille à coudre chez sa sœur, la méchante ogresse. Comment s’en sortir quand on est une fillette haute comme trois pommes et qu’on se retrouve coincée dans l’antre de Babayaga ? S’ensuit une angoissante fuite. Pleine d’ingéniosité et de courage la petite fille se débrouille plutôt bien pour retrouver sa liberté…

10/07/2008

Cuisiner, voyager

luisa.jpgLe maïs de Luisa

Sophie Cottin et Amandine Piu

Petit à petit, 2008

 

(par B. Longre)

 

Dans la collection « Marmitontaine et Tonton » des éditions petit à petit, on trouve Les pâtes de Francesca (Viva la pasta !), Le riz de Ly (Faisons danser les grains de riz !) et ce dernier album, qui nous emmène, après l’Italie et le Vietnam, au Mexique ; là, une jeune guide, Luisa, propose plusieurs plats relativement faciles à réaliser et pour la plupart savoureux - comme les fajitas au bœuf, le cocktail de poisson crus marinés, ou encore le riz à la mexicaine. Mais plus qu’un simple manuel gastronomique énumérant les recettes, ce livre aux illustrations foisonnantes et bigarrées est aussi prétexte à faire voyager le lecteur, qui découvre un peuple (détails historiques, du quotidien, des cartes, quelques mots d’espagnol ponctuent l’ensemble…) par le biais de sa cuisine, dont le maïs, « cadeau des dieux » pour les mayas, est la base. Un joli album à ranger dans la cuisine, forcément.

L'éditeur

07/07/2008

L’infidélité a du bon

honaker4.jpgLes survivants de Troie, vol.1, Le prince sans couronne
Michel Honaker

Flammarion, 2008

 

(par Anne-Marie Mercier)

 

Après l’Odyssée, voici l’Énéide en trilogie (c’est le premier tome), revue par Michel Honaker, dans un volume très bien présenté (belle maquette, belle illustration de couverture de Laurent Beauvallet, fidèle à ce qu’on trouvera dans le livre : l’accent mis sur un jeune héros et une troupe hétéroclite et errante). On ne reviendra pas sur la déception, l’agacement causé par la première série, bien loin de l’esprit de l’épopée. Ne s’attendant à rien d’autre on pourra savourer ce gros roman plein d’événements, de bruit et de fureur, moins tragique cependant que ses illustres modèles. La prise de Troie et le massacre des habitants sont évoqués rapidement et avec discrétion – par volonté d’épargner les jeunes lecteurs ?

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01/07/2008

Dans les arbres

jedors.jpgJe dors parfois dans les arbres

Paul Vincensini, illustrations Jean-Paul Galeron

Motus, 2007

 

(par Anne-Marie Mercier)

 

Plusieurs idées de la poésie sont à l’œuvre ici. Poèmes brefs presque classiques : « Le cheval / Tout en buvant l’eau du ciel / Broute un peu l’ombre de ses yeux ». Inventions langagières : « Les noiseaux mangent des noisettes / Les crapauds des pâquerettes / les chats des chalumettes / Quand il fait frais / Des chalumeaux / Quand il fait chaud ». Confidences proposant un autre regard : « Ce n’est pas l’arbre / Qui m’intéresse / Mais de voir à travers ses branches / De voir aussi un peu les branches / Peut-être ». Fantaisies d’invention, soit sur les mots, soit sur le monde, toutes belles et simples, mais pas sans profondeur.
Les illustrations au crayon sont drôles, inventives, sur un papier légèrement gaufré, gris bleu. Elles aident à voir et proposent une lecture tantôt au pied de la lettre tantôt décalée. Un très joli livre pour de beaux textes.

L'éditeur

13/06/2008

Une photo-reporter dans les camps de réfugiés

bienvenue à Goma.jpgBienvenue à Goma

Isabelle Collombat

Editions du Rouergue – collection doAdo monde, à partir de 14 ans, 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

L’histoire se passe en 1994. Une très jeune fille s’embarque aux côtés d’une journaliste radio pour Goma, au Zaïre, où s’entassent les réfugiés rwandais réchappés du génocide. Elsa a tout juste 18 ans, elle rêve de devenir photographe-reporter. Elle découvre la pénible réalité du terrain et les difficultés du travail de journaliste dans un pays en guerre. Ce roman réaliste est d’inspiration autobiographique, puisque son auteur, fraîchement émoulue d’une école de journalisme, a travaillé pour une radio humanitaire au Zaïre en 1994. L’intérêt de son récit est principalement documentaire : Pourquoi quitte-t-on le confort occidental pour une des régions les plus dangereuses du monde ? Comment, pris en étau entre les demandes d’une rédaction versatile, friande de reportages lacrymaux, et la dangerosité de mener une enquête sérieuse et politiquement compromettante, un journaliste peut-il trouver sa place ? Comment photographier l’horreur avec un regard juste ? Comment créer des relations humaines dans de telles conditions ? La trame romanesque est certes un peu grossière, et le style sans relief, mais ce roman pourra séduire de jeunes lecteurs attirés par le journalisme et curieux de connaître certaines réalités du métier.

 

http://www.lerouergue.com

12/06/2008

Rescapé du Rwanda

Innocent.jpgInnocent

Magali Turquin

Editions du Jasmin, 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

Le Rwanda est apparemment un sujet littéraire porteur pour les écrivains français. Depuis le prix Médicis 2007 attribué à Jean Hatzfeld pour « La stratégie des antilopes », les récits-témoignages fleurissent. Les éditions du Jasmin publient ainsi le court roman de Magali Turquin, histoire à la première personne d’un rescapé tutsi du génocide. L’auteur cherche à se mettre à la place de celui qui a survécu à l’impossible et nous livre un monologue lyrique de souvenirs décousus et de douleur. Le sujet est inattaquable, et l’intention louable. C’est plutôt bien écrit, le style est limpide et simple, afin que chacun puisse se représenter l’indicible et entendre la voix des victimes. Et pourtant, l’ensemble donne une impression de déjà-vu assez décevante. A réserver à ceux qui n’ont encore rien lu sur le sujet.

 

http://www.editions-du-jasmin.com

11/06/2008

Chroniques d’une Vieille Taupe - 3e épisode

tetu.jpgMonique la taupe vous invite à découvrir quelques albums...

 

(par Monique)

 

J’suis là, youhou !
Bon.
Mais quand même.

J’ai eu un moment d’absence, je sais. De désespoir. D’abandon aussi. Des trucs de vieille taupe. Je me posais des tas de questions, sur les bêtes, la vie sous Terre et l’aveuglement. Ben oui, je broyais du noir. Et quand je vois noir, c’est noir. La guerre, la mort de grand-papounet, la séparation, la peur au ventre lors de l’invasion des topinambours, tout ça a refait surface là-dessous, si je puis m’exprimer ainsi, et d’un coup.

Et puis hier, Bernard a dit le truc qu’il fallait pour que je remue :
- Monique, arrête de tirer une tête de cinq kilomètres, ou va t’enterrer ailleurs où j’y suis pas.

Bref. Il était temps de réagir. Je lui ai fichu un bon coup de patte dans le museau, et je suis montée. Tu devineras jamais sur quel livre je suis tombée, direct ! La cave aux oiseaux. Une histoire où justement, de sales bombes obligent les p’tits piou-piou à se terrer dans le noir en attendant que ça passe. J’ai eu la glotte qu’a joué des castagnotte-gnettes et les quenottes qu’ont eu la tremblette-blotte. C’était tout comme moi, ça, vindiou ! Heureusement, à la fin, dans cette histoire pas rigolote, il est question de liberté. Ouf ! Sauvée, Monique.

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05/06/2008

Tu seras notable, mon fils

tstorm3.jpgLe fils du marin (Hans et Heinz Kirch)

Theodor Storm

Traduit de l’allemand par Roland Fuentès

Syros, collection « Les uns les autres », 2007

Dès 14 ans

 

(par Myriam Gallot)

  

En mer baltique, Hans Kirch a travaillé très dur pour réussir à devenir propriétaire de son navire et à s’enrichir grâce au commerce et à la navigation. C’est tout naturellement qu’il ambitionne pour son fils unique, Heinz, de développer l’affaire familiale et de se hisser aux plus hautes fonctions politiques locales, consécration d’une ascension sociale sur plusieurs générations. Comme beaucoup de parents, il envisage l’existence de son fils comme la continuation de sa propre existence et fonde de grands espoirs en son rejeton. Tel est le point de départ de ce roman dense et poignant, un classique de la littérature allemande du XIXème siècle qui paraît dans une nouvelle traduction française.

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25/04/2008

Inquiétante étrangeté

extraterrestres mode d'emploi.gifExtraterrestres, mode d’emploi

Jérôme Boivin

Syros (collection les uns les autres), 2008, à partir de 12 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

L’histoire part d’une idée peu banale : un jeune adolescent, Zacharie, soupçonne ses parents, naturistes adeptes de la bio-attitude, d’être des extraterrestres. Cette inquiétante étrangeté le pousse à mener une enquête, afin d’en avoir le cœur net. Pourtant, très vite, le récit donne une impression d’inconsistance et ne se révèle pas aussi captivant qu’il le laissait supposer au premier abord. On a du mal à croire à ces personnages trop caricaturaux, allant du motard tatoué au jeune homosexuel qui se fait appeler « Suzanne ». On a du mal à croire que Zacharie continue à se persuader de l’appartenance de ses parents à une race extraterrestre au fil des mois. Ce fil rouge, rigolo au départ, s’effiloche vite, et semble délivrer une morale somme toutes très convenue (savoir apprécier l’originalité, et ne pas croire que c’est toujours mieux chez les autres). L’auteur pédale dans l’encrier pour essayer de faire tenir l’ensemble, et qui n’est sauvé que par quelques pointes d’humour.

 

www.syros.com 

10/03/2008

Grandir, c’est renoncer

ailes contrebasse.jpgLes ailes de la contrebasse

Hervé Mestron

Syros (tempo +), 2008

A partir de 12 ans

 

(par Myriam Gallot)

 

Il n’est pas facile d’avoir 13 ans et de quitter son moi enfant, surtout quand l’adolescence vous surprend au saut du lit. Evans, le personnage d’Hervé Mestron découvre du jour au lendemain cette dure réalité : son doudou disparaît et ses parents lui offrent un nécessaire à rasage pour son anniversaire. Quand en plus son professeur de contrebasse lui demande d’abandonner sa chère « Denise » pour un nouvel instrument plus adapté à sa taille, c’en est trop et Evans ne sait comment gérer autant de bouleversements simultanés.

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04/03/2008

La grande aventure de Champlain

champlain3.jpgVoyages
Samuel de Champlain

Abrégé par Marie-Hélène Sabard
Classiques abrégés, L’Ecole des Loisirs, 2008

 

(par Jean-Pierre Tusseau)

Alors qu’on s’apprête à célébrer le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, si on en profitait pour se replonger dans la grande aventure de Champlain telle qu’il l’a lui-même racontée ?

De 1603 à 1635, ce navigateur, découvreur, cartographe, a relaté dans le détail ses douze voyages entre la France et la Nouvelle-France, ses explorations et ses relations avec les « sauvages » dont il décrit les habitations, le mode de vie, les croyances, les rivalités entre tribus. Il évoque aussi la complexité des problèmes, évidemment d’ordre climatique, mais aussi techniques et politiques, rencontrés dans sa tentative d’installation d’une véritable colonie et l’édification d’une ville française, celle dont on va célébrer le 400e anniversaire et qu’il ne désigne encore que par « l’habitation ». Le découvreur, gouverneur, gestionnaire porte sur le monde qui l’entoure un véritable regard d’ethnologue.
Chose exceptionnelle, en publiant ses récits dès 1613 puis entre 1619 et 1632, il a été le premier découvreur et fondateur à diffuser largement, presque « en direct » la progression de ses découvertes.

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10/02/2008

Fifi, un modèle… d’anticonformisme

fifi3.jpgFifi Brindacier, l’intégrale
de Astrid Lindgren
Hachette jeunesse, 2007

(Par Caroline Scandale)

L’impertinente et audacieuse Fifi revient sur le devant de la scène éditoriale. A l’occasion des 100 ans de l’écrivaine suédoise Astrid Lindgren, Hachette jeunesse réédite les trois titres de la série des Fifi (Fifi Brindacier, Fifi Princesse et Fifi à Couricoura) sous forme d’un beau livre relié grand format, illustré par Ingrid Vang Nyman. L’occasion est donnée de faire à nouveau connaissance avec l’héroïne suédoise au caractère très affirmé, ravissante de modernité malgré son demi-siècle.

Pour la petite piqure de rappel, Fifi Brindacier vit seule dans une grande maison, avec un poney et un singe. Autrefois, elle a eu une maman, mais elle ne s’en souvient plus. Cette dernière est morte quand Fifi n’était qu’un tout petit bébé « qui braillait tellement fort que personne n’arrivait à rester à côté d’elle ». Par contre, la petite fille n’a pas oublié son papa, capitaine au long cours. Elle l’avait accompagné sur son navire, jusqu’au jour de sa disparition en mer, emporté par une terrible vague. Mais elle est sûre qu’un jour il reviendra et que, pour le moment, il est le roi d’une tribu de cannibales sur une île perdue…

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21/01/2008

De l’introduction des Nursery rhymes dans la culture française

goose3.jpgComptines de ma mère l’oie/ Mothergoose. The old nursery rhymes
Bilingue (traduction de l’anglais de Françoise Morvan)
Chantées par Susie Morgenstern et Isa Fleur
Illustré par A. Rackham
Actes Sud Junior, 2007

 

(par Anne-Marie Mercier)

 

Ce très joli livre accompagné d’un CD part d’une belle idée : donner aux enfants français un accès aux Nursery Rhymes, grand classique des comptines anglaises, en leur en proposant une version en langue originale et en traduction française. Se faisant face sur le livre, les deux versions s’entrelacent dans les chants, ce qui facilite l’accès aux paroles et à la musique. On y trouve de grands classiques : Hickory, Dickory, dock, Ring-a-ring-a-roses, Black sheep… la traduction de Françoise Morvan se donne assez de liberté pour rechercher la musicalité, les rimes et le rythme tout en gardant une certaine fantaisie. Ses choix ont de beaux effets et l’ensemble est charmant.


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16/01/2008

De la modernité et du jeu dans un album (1910)

pnewell3.jpgLe livre en pente
Peter Newell
traduit de l’anglais par Michelle Nikly
Albin Michel, 2007

 

(par Anne-Marie Mercier)

 

L’originalité n’est pas synonyme de nouveauté, la preuve, cet album de 1910 (The slant book), réédité en italien puis en français, toujours aussi surprenant. Son format surtout étonne, non par sa taille mais par la forme choisie, celle d’un parallélogramme sans aucun angle droit, qui donne d’emblée une impression de vertige. Le texte s’inscrit dans la même pente, donnant à ce livre, une fois ouvert, une allure de ligne de fuite perpétuelle.

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07/01/2008

L’art de prendre des gants… avec les mots

almassy1.jpgAutobiographie d’un fantôme et autres fictions
Eva Almassy

Médium de l'Ecole des loisirs, 2007

(Par Caroline Scandale)

Madeleine Delande est la seule écrivaine au monde à n’écrire qu’avec des gants. Ses contes, nouvelles, lettres ou récits rivalisent d’inventivité. Les pensées surgissent à vau-l’eau, comme furieusement inspirées par la matière, l’apparence et l’utilisation de l’habit. D’ailleurs qu’il soit de tissu, de laine ou de cuir, l’écrin lui va comme un gant.

Il suffit à Madeleine de glisser ses mains dans des mitaines en cuir pour qu’elle devienne un instant la jeune Emma, éprise d’un bel inconnu à l’odeur sauvage. Parée de gants délicatement œuvrés en dentelle d’Irlande, Annaig, apprentie dentellière sur son île bretonne, est convoquée à la table d’écriture. Affublée de gants rouges très longs, Madeleine imagine la romance cruellement délicieuse de Zita et Antonio. L’insaisissable amoureux disparaît subitement de l’existence de sa belle en lui laissant d’ardents messages de rupture : « Mon amour, mon âme, mon tout. Ma demoiselle, ma Zita, mon orageuse…Si tu me regrettes, tu me reverras. Si tu me revois, tu le regretteras… »

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13/12/2007

Fine bluette

chaixnord3.jpgMais qui a volé le Maillot de la Maîtresse en maillot de Bain ?
Lilas Nord et Carole Chaix

Après la lune jeunesse, 2007

(par B. Longre)

 

Après le lancement des premiers romans jeux (collection Des vacances toute l'année) en juin dernier, Christine Beigel, directrice de la collection jeunesse des éditions Après La Lune, propose un premier titre dans la nouvelle collection Z'Alboum ! joyeusement intitulé Mais qui a volé le Maillot de la Maîtresse en maillot de Bain ? Clin d'oeil, sans nul doute, à une autre collection du même éditeur, La Maîtresse en maillot de bain, dont nous avions déjà parlé, et dans laquelle on trouve entre autres des textes signés Christine Beigel et Lilas Nord (mais aussi Caryl Férey, Jean-Pierre Andrevon ou encore Paul Fournel).

 

L'heure est grave : la maîtresse, sans son maillot à fleurs, ne peut rejoindre ses élèves au bord de la piscine, tandis que ces derniers attendent (assez sagement, il faut le dire) de pouvoir entrer dans le grand bain pour la première fois... Le jeune narrateur et ses camarades s'interrogent (mines perplexes des petits qui ont un peu froid...), mais aucun des personnages imaginaires ou des animaux-bouées qui leur vient en tête ne semble coupable... L'occasion pourtant de rêver la piscine autrement, histoire de patienter, ou de se demander, en fin de compte, à quoi peut bien servir un maillot de bain...

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29/11/2007

Yllavu, le sauveur

yllavu3.jpgYllavu

Gambhiro Bhikkhu, illustrations de Samuel Ribeyron

Editions Hongfei, 2007

 

(par Blandine Longre)

 

Toute nouvelle maison d’édition fondée par Chun-Liang Yeh et Loïc Jacob, HongFei (littéralement, « Grand oiseau en vol » en chinois) souhaite « s’engager dans l’édition des lettres chinoises » en se concentrant sur des textes qui n’ont pas encore été traduits, une façon de créer une synergie entre deux cultures. Trois albums ont déjà parus en octobre dernier, dont Yllavu, conte philosophique composé par Gambhiro Bhikkhu, un moine bouddhiste d’origine hawaïenne, installé à Taiwan, illustré par Samuel Ribeyron (qui signe déjà, dans un tout autre genre, 38 Perroquets de Grigori Oster chez Points de Suspension, ou encore les illustrations qui accompagnent les CD d’Amélie-Les-Crayons).

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19/11/2007

Tu ne me connais pas

klass.jpgTu ne me connais pas
David Klass

traduit de l’anglais par
Jean et Claude Demanuelli
Seuil jeunesse, 2002

(Par Catherine Gentile)

Dès l’entrée dans le roman, on entre de plein fouet dans le désarroi du narrateur, John, un adolescent malheureux qui s’adresse à sa mère et ne s’exprime que par la négation : elle ne le connaît pas, l’homme qui vit avec elle n’est pas son vrai père, son école est une anti-école, sa maison n’est pas la sienne… John souffre de l’apparente indifférence de sa mère, une femme usée par le travail en usine et surtout, de la violence de son beau-père, qui le « corrige » sans laisser de traces. John n’épargne donc personne, pourtant son récit n’est pas un règlement de comptes.

Ouvrir le roman, c’est surtout entendre la voix de cet adolescent, une voix fière et forte, un garçon malheureux qui s’avère pourtant plein de ressources. Il montre une lucidité étonnante et raconte le monde qui l’entoure avec un humour décapant, ce qui lui permet de le trouver sans doute plus supportable. Il a aussi recours à son imaginaire en s’inventant une tribu exotique, les Palulu du Lashasa, et en se demandant ce que ferait cette tribu dans telle situation vécue par lui. Il raconte aussi ses premiers pas dans le domaine amoureux, d’une manière à la fois très pudique et désopilante.

On a rarement aussi bien parlé de l’adolescence et ce roman mérite vraiment le détour. Un texte étonnant et juste qui montre bien la difficulté de se construire à cette période de la vie. A conseiller à de bons lecteurs à partir de 13 ans, garçons et filles.

12/11/2007

Savoir, plutôt que "croire"

servais3.jpgServais des Collines, un aventurier de la Renaissance
d'Anne Percin
Oskar jeunesse, 2007 - à partir de 13 ans

(par B. Longre)

 À première vue, le nouveau roman d’Anne Percin est bien différent, voire aux antipodes du précédent (Point de côté) : il s’agit là d’un roman historique, fresque vivante, foisonnante, érudite et très vraisemblable d’une Renaissance tumultueuse telle qu’elle est vécue, l’espace de deux années (fin 1532- début 1535), par Servais, jeune lyonnais que son père imprimeur, adepte d’Erasme, envoie faire des études à Paris afin de réaliser par procuration son propre rêve d’érudition.

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