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  • « Comment effacer la vitre »

    9782213637587-V.jpgFrankie, Le sultan des pâmoisons
    Alain Gerber

    Fayard, 2008

    (par Jean-Pierre Longre)

    On connaît l’érudition musicale d’Alain Gerber. On connaît les grands romans qu’il a consacrés au jazz et à certains de ses héros (Louis Armstrong, Chet Baker, Charlie Parker, Billie Holiday, Paul Desmond, Miles Davis…). Erudition et récit romanesque font encore bon ménage dans Frankie, dont l’auteur précise bien qu’il ne s’agit pas d’une biographie.
    Effectivement. Le récit se fait portrait ; ou plutôt, les récits se font portraits : celui de Frank Sinatra, bien sûr, mais aussi – puisque, selon un type de composition maintenant bien ancré dans l’écriture de l’auteur, celui-ci donne la parole aux proches du héros – ceux des proches en question, triés sur le volet : Dolly, la mère aimante et décidée, Bernard « Buddy » Rich le batteur, Ava Gardner, pour qui il quitta la mère de ses enfants, Sam Giancana le mafieux.

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  • Au pays du grand n'importe quoi

    img_321.jpgGombrowiczshow
    Mise en scène de Sophie Perez et Xavier Boussiron
    Compagnie du Zerep
    Les Subsistances, Lyon
    Du 5 au 7 novembre 2008

    (par Nicolas Cavaillès)

    Witold Gombrowicz, anti-conformiste rageur, théoricien surdéployé, romancier libéré, mais aussi dramaturge malgré lui, Gombrowicz le Polonais chaotique fait peur. Il faut une bonne dose d’auto-critique et d’audace pour se lancer dans la gageure d’un spectacle inspiré par son œuvre. Sophie Perez et Xavier Boussiron relèvent le défi, et, s’armant d’une incontrôlable folie ne lésinant sur rien, parviennent à rendre hommage sans dénaturer, à faire vivre sans statufier, à dynamiter sans trahir. Gorgé de Gombrowicz, leur Gombrowiczshow déborde de second degré, d’intelligence et d’ironie ; truffé d’allusions à la vie et à l’œuvre du maître (Les envoûtés, Opérette, des entretiens), il respecte parfois la lettre, et toujours l’esprit.

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  • De la vie des abeilles rêveuses

    E111512.gifLes rêves de Pauline
    De Chris Donner

    L’Ecole des loisirs (Mouche), 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Pauline est une abeille qui n’a pas d’ailes et qui s’endort à tous moments. Mais elle a un talent : elle rêve et ses rêves distraient la reine qui la favorise et la protège. Cette fable pourrait soutenir de nombreux propos lénifiants sur le handicap, ou d’autres qui le sont moins, sur les délices de la paresse, la place des artistes dans un monde utilitariste, la vie en collectivité, le caprice des puissants…
    Mais Chris Donner ne la prend pas au sérieux et mène son récit avec humour, désinvolture, et un ton délicieusement narquois qui évite à cette histoire de tomber dans la leçon de morale à l’usage des écoles. Le dernier rêve de Pauline est d’ailleurs un cauchemar d’école. « Comment peux-tu rêver des choses aussi affreuses ?» dit la maîtresse. « Je ne sais pas. Il faudrait demander à celui qui écrit le livre sur moi ». Nous le direz-vous, Chris Donner ? Pauline est-elle un masque de l’écrivain? Nous le saurons (peut-être) au prochain épisode.
    En attendant, ce tout petit récit est délicieux.

    http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

  • Authentique ?

    djaidani.jpgBoumkoeur

    Rachid Djaïdani

    Le Seuil, collection « Points Virgule »,  2005
    (édition originale : 1999)

     

    (par Christophe Rubin)

     

    Rachid Djaïdani, employant les mots de la cité mélangés à ceux de l’école, alliant tendresse et obscénité, pourrait sembler bien vulgaire et surtout bien insignifiant au premier regard. Voici comment le narrateur du roman présente son projet d’écriture : « J’ai toujours voulu écrire sur les ambiances et les galères du quartier et j’ai toutes les cartes en main. Ma sœur m’a même offert un carnet, avec un stylo de moyenne qualité, mais, comme on dit, c’est le geste qui compte. Elle dit : si j’y mets mon cœur, je pourrais faire un joli travail. »

     

    Il y a pourtant un talent certain dans Boumkoeur, un talent reconnu assez vite, une fois n’est pas coutume. Dès la sortie de ce roman, une place inattendue lui avait été accordée par les institutions littéraires de la télévision et de la presse, notamment par un Bernard Pivot étonné face au texte et au personnage qui se tenait sur son plateau.

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  • Un marginal biblique

    samson3.jpgSamson, le nazir
    Vladimir Jabotinsky

    traduit du russe par Luba Jurgenson
    Éditions des Syrtes, 2008

    (par Françoise Genevray)

    Le lecteur français connaît peu Vladimir Jabotinsky (1880-1940), journaliste et nouvelliste natif d'Odessa. Après Les Cinq, dont la traduction par J. Imbert (2006) obtint une mention du prix Russophonie, voici avec Samson, le nazir son premier roman, publié en 1925. Il s'agit d'un volet, le seul finalement écrit, d'une trilogie prévue sur Jacob, Samson et David. Le nazir (la racine du mot hébreu signifie « séparer ») est un homme lié par un vœu qui le consacre à Dieu et qui lui impose une vie à part faite d'abstinence. Samson, juge en terre de Dan, porte une «tignasse » hirsute et des tresses qui ne sont pas le siège de sa vigueur physique, mais l'insigne de cette pureté rituelle. Jabotinsky tire du Livre des Juges le cadre général ainsi que les principaux épisodes relatifs à Samson, y compris la mâchoire d'âne brandie pour frapper l'ennemi et la monumentale porte en fer arrachée aux murailles de Gaza. Son roman traite ces données de manière à la fois libre et fidèle.

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  • Hier, maintenant, demain

    sgoubert.jpgBackground

    Simon Goubert
    Le Chant du Monde CDM 131

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Autant l’avouer ici, je ne suis pas un grand lecteur de ces textes laudateurs souvent anonymes ou de ces déclarations d’attention et d’intention de musiciens qui accompagnent les envois de disques (identiques aux quatrièmes de couvertures des livres) ; mais il peut y avoir exception, surtout pour un artiste qu’on aime et apprécie. C’est le cas pour moi avec Simon Goubert dont, rappelons–le, j’avais chroniqué en juin 2005 le disque intitulé et après (d’où le « chapeau » de cet article) en insistant sur la complétude de son travail (compositeur, arrangeur, leader, interprète).

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  • Candide en enfer

    9782702139219-V.jpgAu paradis de Candide
    Paul Melki
    Calmann-lévy, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Présenté à la façon du dix-huitième siècle à travers une fiction éditoriale ( un manuscrit perdu et retrouvé par un homme de ménage), ce récit propose une suite des aventures de Candide sous le titre « chapitres inconnus des aventures de Candide ». Frappé par la chute d’une poutre, Candide se retrouve à notre époque, paralysé et bavant, sous l’échangeur de Bagnolet. S’ensuivent toute une série de quiproquos dans lesquels Candide peine à communiquer avec ceux qu’il rencontre.

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  • Merveilleux continent

    roubaud.jpgLa Princesse Hoppy ou le conte du Labrador
    Jacques Roubaud

    Illustrations de François Ayroles et Etienne Lécroart

    Editions Absalon, 2008

     

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Que le lecteur ne compte pas sur le critique pour raconter le conte du Labrador ; il faut qu’il compte sur lui-même, le lecteur, pour se diriger dans le labyrinthe où Jacques Roubaud se complait à conter les aventures du Comte du Labrador, qu’il ne faut pas pour autant prendre pour argent comptant. Dans sa recherche, il sera peut-être content, le lecteur, de lire « L’épluchure du conte-oignon » d’Elvira Laskowski-Caujolle, qui contient un certain nombre d’explications complétant utilement « Le Conte conte le conte et compte » de Jacques Roubaud soi-même, rattachant clairement La Princesse Hoppy à l’influence de Queneau et aux contraintes oulipiennes.

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  • Territoires du deuil

    rien que l'arctique.jpgRien que l’Arctique

    Hanne Ørstavik
    traduit du norvégien par Terje Sinding

    illustrations de Pierre Duba

    Six pieds sous terre, 2008

     

    (par Myriam Gallot) 

     

    Pendant le solstice d’été 2004, des artistes français et norvégiens furent réunis par le centre culturel français d’Oslo à l’archipel du Svalbard (à 500km à l’Est du Groenland). Au cours de ce séjour, l'écrivaine norvégienne Hanne Ørstavik et le dessinateur Pierre Duba – connu en particulier dans le milieu de la bande dessinée - travaillent ensemble. Dans la froidure nordique et ses lumières barrées de noir naît un livre singulier, « Rien que l’Arctique ».

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  • La part manquante

    calouan.jpgCe héros n’est pas mon père

    Calouan

    Les 400 coups, collection Connexion, 2008

     

    (par Caroline Scandale)

     

    Ce livre est l’histoire d’une absence, celle du père. Caroline, jeune adolescente, n’a jamais connu ce dernier. Il les a abandonnées lorsqu’elle était bébé. Ce manque perturbe terriblement son existence au point qu’elle doute constamment d’elle. Préférant cacher la vérité à ses camarades plutôt que de leur faire pitié, elle s’invente un père héroïque trop occupé à sauver le monde pour l’élever. Le mensonge se transforme en déni, sorte de carapace de protection contre le désespoir…

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  • Guère littéraire

    djacob.jpgLa Guerre littéraire
    Didier Jacob
    Ed. Héloïse d’Ormesson, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Sous titré « critique au bord de la crise de nerfs », ce texte est un texte de crise. Plutôt que d’une crise de la littérature, il est traité ici presque exclusivement d’une crise de sa médiatisation.
    Auteurs paranos (il y a de quoi), critiques harcelés, prix truqués, bonnes pages de Match ou VSD… on est loin de la littérature elle-même. Les auteurs cités ne sont pas ceux auxquels on penserait comme sujet de l’écriture de notre temps mais plutôt ceux dont on parle (Angot, Beigbeder, BHL…).

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  • Deux contes minuscules chinois

    pince coeur.gif

    Pince-cœur
    d’après Guo Ju-Jing, illustrations de Selma Mandine
    Mûres mûres

    d’après Guo Ju-Jing, illustrations de Gaëlle Duhazé
    HongFei Cultures (collection Cœur vaillant), 2008
    A partir de 3 ans

     

     (par Myriam Gallot)

      

    Hong Fei, « grand oiseau en vol », en chinois, est une toute jeune maison d’édition interculturelle qui cherche à « favoriser la rencontre des cultures européennes et extrême-orientales ». Parmi ses premières publications figurent deux « contes minuscules » à destination des tout-petits, adaptés de classiques chinois du XIIIème siècle.

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  • Fouilles tragiques

    v_book_104.jpgLa Chute de Troie
    De Peter Ackroyd
    Traduit de l'anglais par Bernard Turle
    Ed.Philippe Rey, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Auteur de merveilleuses biographies (dont celle de Shakespeare chroniquée l'an dernier), Peter Ackroyd propose ici un roman, proche du roman d’aventures comme du roman historique. Un archéologue allemand autodidacte, persuadé d’avoir retrouvé le site de Troie, mène des fouilles à la manière de l’époque (fin XIXe siècle) c’est à dire sans beaucoup de précautions, en échafaudant de nombreuses hypothèse hardies sur ce qu’il trouve, lorsque cela correspond à ce qu’il veut trouver et en détruisant ce qui risque de contredire sa théorie. Derrière ce personnage mégalomane et excessif, proche de la folie, se dessine le personnage du fameux Heinrich Schliemann, l’ «inventeur » de Troie qui n’est guère flatté par son avatar.
    Le récit est mené avec allant, mêlant évocations de l’Illiade, fragments du texte d’Homère, amours, mystères, découvertes, drames, catastrophes en tous genres et il donne une vision des premières fouilles de Troie vivante et étonnante.

    http://www.philippe-rey.fr/f/index.php

  • Chroniques d’une vieille taupe - 4e épisode.

    tigrr.jpgMonique la taupe vous invite à découvrir quelques albums...

     

    (par Monique)

     

     

    Me revoilà !

     

    En pleine forme.

    J’vous avais prévenus que je reviendrais vous embêter après les vacances. Et me revoili me revoilou. Ça sent encore les vacances dans la maison des livres. Une petite odeur de vert. Sens un coup, vas-y donc de la reniflette, pour une fois qu’on t’autorise, et « on » c’est pas n’importe qui, c’est Monique. Alors, tu sens ?

    Tu dis ? Un parfum délicat de… bouse ? Tu… tu crois ? J’aurais enfin trouvé ?

    Raté. Encore raté ! C’est l’Arlésienne, ma taupe à la tête crottée. Voilà ce que c’était :

    Une vache dans ma chambre. Meuh non ! moi c’est une taupe, que j’ai dans ma chambre, Bernard de mon cœur. Mais tout de même, par curiosité, j’ai ouvert le livre avec sa vache de couverture à l’envers, dans l’eau, comme en apesanteur et là, c’est ma tête qui s’est mise à tourner, avec les mots, avec les vers libres, ah ! la poésie, ça nous rend la vie plus douce, tout de même. « J’aimerais être un ruminant pour manger l’herbe de ma chambre et digérer le silence de la nuit .» Et moi, Monique, qu’est-ce que j’aimerais être ? J’aimerais être… Si t’as une idée, aide-moi. Tu peux. J’aimerais être… Bidiou ! Je peux avoir un joker, appeler Bernard ? Pas tout de suite ? Je dois réfléchir un peu, avant ? J’aimerais être…

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