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05/05/2009

Où il ne peut plus être question du roman policier

v_book_27.jpgUne brève histoire du Roman Noir
Jean-Bernard Pouy
L’œil Neuf, 2009

(par Jean-Pierre Longre)

 

Il n’y va pas de main morte, Jean-Bernard Pouy : « Ça fait un paquet de temps et de textes que le roman noir a gagné. Le roman policier est à enfoncer dans les poubelles de l’Histoire, le thriller dans les chiottes du néo-freudisme et le roman à énigme dans le compost du sudoku ». S’il peut se permettre ce genre de constat, c’est qu’il est lui-même auteur (La petite écuyère a cafté, La belle de Fontenay, L’homme à l’oreille croquée, Nous avons brûlé une sainte, RN 86, Spinoza encule Hegel), et qu’ainsi son expérience de lecteur (et de compulseur du « seul dictionnaire mondial » des littératures policières, celui de Claude Mesplède) se double de celle de l’écrivain chevronné.


Cette « brève histoire » du Roman Noir, catégorie transversale du « Polar », est donc l’œuvre d’un connaisseur, c’est le moins que l’on puisse dire. Selon lui, six sortes d’auteurs se partagent le butin : les « aiguilleurs » ou « chefs de file », comme Dashiel Hammet, Raymond Chandler, James Cain, Jean-Patrick Manchette ou Manuel Vasquez Montalban, sans parler des Italiens et des Scandinaves ; les « forcenés » ou « graphomanes invétérés », dont Georges Simenon et Jean Meckert sont les grands aînés ; les « pessimistes (voire nihilistes) », parmi lesquels David Goodis, Patricia Highsmith, Robin Cook ; les « allumés », qui souvent dépassent le genre : James Hadley Chase, Charles Williams, Francis Mizio, d’autres encore ; les « étoiles filantes », que l’on oublie mais dont l’éclat peut revenir inopinément ; les « intellos » qui, issus de « la Littérature Générale, la Grande, la Vraie », s’essaient parfois avec réussite au genre : on se souvient par exemple de Raymond Queneau ou Boris Vian publiant sous pseudonyme des pastiches de romans noirs, ou de Truman Capote tirant De sang froid d’un fait divers.

Jean-Bernard Pouy, dont le souci d’objectivité historique ne l’empêche pas de laisser deviner ses goûts, profite de l’occasion pour rendre hommage à Pascal Garnier et à sa Théorie du Panda, et pour rappeler à juste titre que Marcel Duhamel, qui avait bien d’autres cordes à son arc, jua un rôle prépondérant en créant la Série Noire en 1945. Il en profite aussi pour nous faire cadeau d’une nouvelle à la fois noire et morale, en guise de conclusion à ce petit traité érudit et pratique.

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