Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Où il ne peut plus être question du roman policier

v_book_27.jpgUne brève histoire du Roman Noir
Jean-Bernard Pouy
L’œil Neuf, 2009

(par Jean-Pierre Longre)

 

Il n’y va pas de main morte, Jean-Bernard Pouy : « Ça fait un paquet de temps et de textes que le roman noir a gagné. Le roman policier est à enfoncer dans les poubelles de l’Histoire, le thriller dans les chiottes du néo-freudisme et le roman à énigme dans le compost du sudoku ». S’il peut se permettre ce genre de constat, c’est qu’il est lui-même auteur (La petite écuyère a cafté, La belle de Fontenay, L’homme à l’oreille croquée, Nous avons brûlé une sainte, RN 86, Spinoza encule Hegel), et qu’ainsi son expérience de lecteur (et de compulseur du « seul dictionnaire mondial » des littératures policières, celui de Claude Mesplède) se double de celle de l’écrivain chevronné.

Cette « brève histoire » du Roman Noir, catégorie transversale du « Polar », est donc l’œuvre d’un connaisseur, c’est le moins que l’on puisse dire. Selon lui, six sortes d’auteurs se partagent le butin : les « aiguilleurs » ou « chefs de file », comme Dashiel Hammet, Raymond Chandler, James Cain, Jean-Patrick Manchette ou Manuel Vasquez Montalban, sans parler des Italiens et des Scandinaves ; les « forcenés » ou « graphomanes invétérés », dont Georges Simenon et Jean Meckert sont les grands aînés ; les « pessimistes (voire nihilistes) », parmi lesquels David Goodis, Patricia Highsmith, Robin Cook ; les « allumés », qui souvent dépassent le genre : James Hadley Chase, Charles Williams, Francis Mizio, d’autres encore ; les « étoiles filantes », que l’on oublie mais dont l’éclat peut revenir inopinément ; les « intellos » qui, issus de « la Littérature Générale, la Grande, la Vraie », s’essaient parfois avec réussite au genre : on se souvient par exemple de Raymond Queneau ou Boris Vian publiant sous pseudonyme des pastiches de romans noirs, ou de Truman Capote tirant De sang froid d’un fait divers.

Jean-Bernard Pouy, dont le souci d’objectivité historique ne l’empêche pas de laisser deviner ses goûts, profite de l’occasion pour rendre hommage à Pascal Garnier et à sa Théorie du Panda, et pour rappeler à juste titre que Marcel Duhamel, qui avait bien d’autres cordes à son arc, jua un rôle prépondérant en créant la Série Noire en 1945. Il en profite aussi pour nous faire cadeau d’une nouvelle à la fois noire et morale, en guise de conclusion à ce petit traité érudit et pratique.

www.oeil9.com

Les commentaires sont fermés.