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16/04/2009

Lueurs de l’intérieur

dvc.jpgLa maison des lumières

Didier Van Cauwelaert

Albin Michel, 2009

 

(par Radu Bataturesco)

 

 

L’illusion prend le pas sur le réel. Dans “Mille et une nuits” comme dans la vie. 

Didier Van Cauwelaert, amphitryon d’un établissement à stroboscope ! Le nouveau numéro d’illusionnisme concocté par “Magic Didier” s’appelle, à plus d’un titre, La maison des lumières. Encore un tour de passe-passe littéraire (voir sur www.sitartmag.com la chronique de “La nuit dernière au XVème siècle”) et pas des moindres, si l’on en juge le pitch : un apprenti boulanger d’Arcachon, Jérémie Rex (!), entre dans un tableau de maître pour revivre pendant 4 minutes 30 le bonheur paroxystique de son histoire d’amour, passion qui se trouve en cul-de-sac ! La ficelle est grosse et pourtant, on la mange comme du petit pain chaud, s’il vous plaît. D’un trait, d’un seul. D’une mastication. Pétrie par DVC, la pâte du paranormal a, dans votre assiette, le goût du soleil et du croissant de lune.


Les clins d’œil souriant de belles dents (au lecteur), les sentences claires comme un jour radieux (de printemps), les éclairantes trouvailles qui expliquent TOUT (même l’invraisemblable) - “le tunnel de lumière blanche”, la réverbération chamanique de l’ayahuasca, le “moi surlumineux”, etc. - l’intrigue étincelante (avec des retournements qui feraient rougir les plus astucieux auteurs de polars), les personnages hauts en couleurs, la fin au four et aux “éclats”, le style ludique et chaleureux habillent l’en-tête (du livre) d’une mise en abîme des plus savoureuses. Sous la baguette du maestro, le célèbre tableau de Magritte revit une fougueuse jeunesse et le coup de la presqu’éponymie (la toile porte bien le nom de “L’empire des lumières”) vaut son pesant de 24 carats. Du pain béni.

 

Fictionner c’est, bien sûr, imaginer des personnages et des univers parallèles (à la réalité), inventer, étymologiquement, des mondes paranormaux. Or, DVC en connaît la mythologie sur les bouts des doigts - son gymkhana romanesque en est le miroir parlant. Marier le quotidien banal et la manifestation anormale (de l’esprit) est tout naturellement un accouplement jubilatoire sous la plume luminescente de “Magic Didier”. Une marque de fabrication. Dans les volutes dorées de son écriture, l’ombre d’une mélancolie douce s’efface sous les feux croisés de l’humour et de l’amour. Amour des mots et des gens ordinaires à qui il confie “la clé des songes” de sa maison, qu’il bonifie à travers des “histoires extraordinaires”, qu’il encourage dans les mirages...

Magritte était belge et surréaliste. Il croyait dans les rêves et il les illustrait. Il jonglait avec les mots et il jouait avec son art. DVC aussi.   

    

“L’illusion n’est pas là où l’on croit” disait Magritte.

Il avait mille fois raison.

 

 

Nota “bene” : Le petit bémol dans le chœur des louanges vise le graphisme : sur la surcouverture, le tableau est plus sombre que l’original et coupé du reflet de l’eau ; un bandeau rouge l’enrubanne incongrûment. Étrangement, le visuel a plus de mal à faire entrer dans le Magritte des yeux clairs que la typo neutre des lettres ! 

 

 

 

PS : DVC et Magritte en prises avec l’actualité

 

Double nuit américaine pour Didier Van Cauwelart : l’hyperfuté pourvoyeur de blockbusters, le hollywoodien Joel Silver fera transposer sur écran “Hors de moi” de Didier Van Cauwelaert, sous le titre “Unknown White Male”. Aux manettes de la mise en scène : Juame Collet-Serra. “L’évangile de Jimmy” du même DVC sera elle aussi adaptée au cinéma, toujours aux États-Unis, par Alexandre Aja. Pressenti pour le rôle principal, l’acteur Seth Rogen.

 

Le bon vieux René est à la fête en 2009 : le Musée Magritte ouvre ses portes à Bruxelles, ce 2 juin.

  

http://www.van-cauwelaert.com/homepage.htm

 

http://www.albin-michel.fr/ 

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