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13/04/2009

Beauté fulgurante

creve.jpgCrève-l’Amour

Asa Lanova

Bertrand Campiche Editeur

 

(par Annie Forest-Abou Mansour)

 

 

Venir au monde sans être désirée (« le coup de foudre fut (...) réciproque. Mais infiniment moins romanesques les conséquences immédiates »), de surcroît sous le signe de l’angoisse et de la mort (« il fallait choisir entre la mère et l’enfant »)  présage une vie endolorie et difficile à poursuivre.

 

L’autobiographie d’Asa Lanova naît d’un sentiment d’angoisse intense et d’une brûlure intérieure qui consume l’être. Avec une écriture soignée d’esthète, Asa Lanova enfant, puis femme écorchée vive raconte les événements marquants de sa vie : une enfance tourmentée,  fascinée par le corps et la sexualité sous l’aura de deux grands mères pimpantes, extravagantes et fascinantes (« Si la découverte de l’angoisse et de la volupté remonte à ma prime enfance, elle est inévitablement liée à mes grands-mères »), une adolescence et une vie adulte souvent plongées dans une déréliction totale, (« De heurts en éblouissements, de tentations en échecs, j’ai glissé dans l’adolescence. Avec un sentiment de solitude absolue ») bouleversées par des états paroxystiques.


Crève-l’Amour donne à lire un portrait lyrique et doloriste d’une jeune femme sensuelle remplie de grâce. A défaut de maternité physique, cette femme à la sexualité maudite, au flux cataménial incessant, à la maternité déçue, (« L’angoisse se saisit de mon corps entier : de ma bouche scellée à mes membres glacés et à mon ventre stérile, indifférent, qu’un flux de sang presque ininterrompu arrachait seul au dessèchement ».) trouve l’idéalité dans la danse, le tissage puis l’écriture, une écriture jubilatoire lorsqu’elle décrit ses passions conjuratoires. Constamment s’opère en elle un combat douloureux entre la mort, l’amour et la vie. La narratrice n’échappe au néant que par l’intensité de la sensation et la mise en fonction d’une écriture compensatoire, porteuse de vie et d’espoir : « ...les mots me tendent leur renaissance, et cette grâce-ci, je ne la laisserai me fuir sous aucun prétexte ».

 

http://www.campiche.ch/

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