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03/04/2009

Ça fait du bon Théâtre

Les_Tribunaux_Rustiques.jpgLes Tribunaux rustiques
Guy de Maupassant

Mise en scène de Philippe Clément
Théâtre de l’Iris, Villeurbanne
Du 1er au 4 avril 2009

(par Nicolas Cavaillès)

On fête les vingt ans de la Compagnie de l’Iris, en son théâtre de quartier de Villeurbanne – et on les fête bien, sans fard ni pompe, avec un sympathique happening populaire extra muros, et avec la reprise des Tribunaux rustiques, l’une des 35 créations de la Compagnie, excellent montage de textes de Maupassant, agrémenté de chansons du montmartrois Gaston Coudé (1880-1911). Dans un patois robuste et vivace, avec une verve retentissante et précise, une débandade de drames tragi-comiques disent tout le bien et tout le mal qu’on peut pas dire de c’te pauv’ créature qu’est l’être humain…


Il lui arrive de tuer, il lui arrive d’aimer, il y peut jamais grand’chose, à part essayer de défendre sa cause, en racontant sa petite vie : l’être humain tel qu’on le rencontre dans nos campagnes les plus indécrottables, l’être humain qui gît sous nos velours citadins, l’être humain reste une brave bête, parfois même traversée d’inspirations transcendantes dont elle aimerait bien savoir quoi faire, en plus de les ressentir intensément. Et puis y a ce lot de souffrances, dont on se fâcherait bien vite si on le pouvait ; et la misère et la bêtise, le travail et la solitude, la vulnérabilité, la vieillesse, les rêves d’exotisme auxquels il faut renoncer, et les cruelles récompenses suivant les rares aléas heureux qui nous tombent parfois dessus. Tel est le dur et touchant tableau de ces Tribunaux rustiques, saynètes et plaidoyers composites saisis sur le vif, non sans une compassion un peu mordante, avec toute la générosité tacite du sombre et sensible Maupassant, ici attisée par le jeu de Béatrice Avoine et de Didier Vidal, sous la houlette solide et humble du metteur en scène et comédien Philippe Clément. Car cet animal pas piqué des hannetons qu’est l’homme, il réussit parfois à si bien raconter son fait, à si bien débrider son inspiration, que ça fait du bon Théâtre, et que ça peut se mêler à d’autres histoires et à d’autres inspirations, et que ça peut former des spectacles, et rassembler une Compagnie, et gagner du public, et que ça peut durer vingt années, voire plus encore…

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