Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/02/2009

Brosses à dents en folie

9782070620982.gifLes Brosses à dents
De Pittau et Gervais

Gallimard jeunesse (Giboulées), 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Variations sur les brosses à dents. Elle sont portraiturées comme dans une encyclopédie qui les montre de profil, en couleur, et sous toutes les formes jusqu’aux plus improbables : de la brosse à dents noire de l’aveugle à celle hérissée d’aiguilles du couturier, plantée de tulipes du fleuriste, nuageuse du météorologue…

Lire la suite

Deux titres Tourbillon

danslenoir.jpgDans le noir, de Gita wolf, Sirish Rao, Rathna Ramanathan - Editions Tourbillon

 

(par  Frédérique Mattès)

 

Alors qu’ils rentrent chez eux par une nuit sans lune, cinq amis heurtent quelque chose. Chacun, en face d’une partie de la chose, donne son avis, persuadé d’avoir raison. Le jour qui se lève leur offre une vision globale et la réponse à la question « De quoi s’agit-il ? » Un conte de sagesse traditionnel dans une version originale qui s’appuie sur une fabrication entièrement artisanale : les illustrations sont sérigraphiées sur papier fait à la main. Un bel objet.

 

Une autre version de ce conte : Sept souris dans le noir, d’Ed Young (Milan)

 

Les histoires d’amour ne sont pas toujours simples, de Hubert Ben Kemoun, Isabelle Chatellard - Editions Tourbillon

 

Les enfants aussi sont amoureux et c’est pour eux parfois aussi compliqué que pour les adultes. Marie pense que le gros Bruno est amoureux de la petite Emilie qui elle-même aime le grand Nicolas. Lequel ne regarde que la belle Coline qui n’a d’yeux que pour Hugo le malin… On se croirait dans la cour de l’école, où les histoires d’amour ne comptent pas pour du beurre.

 

http://www.editions-tourbillon.fr/

27/02/2009

Shakespeare exhaustif

Cymbeline.jpgCymbeline
William Shakespeare
Mise en scène de Bernard Sobel et Sophie Vignaux
ENSATT, 68ème promotion
Du 16 au 27 février 2009

(par Nicolas Cavaillès)


C’est sur une longue scène étroite aux teintes d’or et de terre, divisant le public, que s’étend la longue trame rocambolesque, de long texte tissue, de Cymbeline dans la mise en scène de Bernard Sobel et de Sophie Vignaux. À rebondissements, la trame sait s’amuser de son exubérance dramatique, et s’offrir de joyeux coups d’accélérateur (à défaut d’autres astuces de mise en scène) : il faut parfois que les têtes tombent vite, ou que les dénouements heureux hâtent leurs vertigineux délires trop beaux pour être vrais (G.B. Shaw réécrivit ainsi la curieuse fin de la pièce dans Cymbeline refinished, en 1936, pour en corriger le « burlesque assez ridicule »).

Lire la suite

26/02/2009

Fait divers

julie telle que.jpg

Julie telle que
Nadia Xerri-L.
Actes Sud Junior, 2008

(Par Caroline Scandale)

La collection « D’une seule voix » chez Actes Sud Junior rassemble des monologues d’adolescents aux thèmes très forts. Entre émotions secrètes et révoltes partagées, elle propose aux jeunes adultes une approche de la littérature par l’oralité, d’ailleurs les gros caractères qui égrènent le texte sont spécialement pensés pour faciliter la lecture à haute voix.
Dans Julie telle que, l’auteure fait entendre la voix de Julie dans les minutes qui précèdent le procès d’Alex son grand frère. Un an auparavant, sous l’effet de l’alcool, il aurait tué un homme à la sortie d’un bar. L’arme du crime, un couteau à cran d’arrêt, s’est volatilisée et
Alex ne semble pas se souvenir de ce qui s’est passé cette nuit-là. 

Lire la suite

25/02/2009

Livres de pouces

bigoudi.jpgClic ! et Bigoudis
Santiago Malazzini
Thierry Magnier, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Deux « livres de pouce », c’est-à-dire des tout petits cahiers souples faits d’images séquentielles rapprochées (ici des photos en noir et blanc) que l’on fait défiler rapidement pour donner une impression de mouvement. Le premier, Clic !, nous montre un photographe, le photographe peut-être, coiffé d’un bob et vêtu d’une chemise à carreaux, brandissant devant nous un énorme polaroïd démodé : tout y est du geste invitant à la pose, du flash éblouissant et au développement de notre image, que l’on nous montre d’un air triomphant et dans laquelle chacun se reconnaîtra : celle d’un chimpanzé.

Lire la suite

24/02/2009

Du groove, encore du groove, toujours du groove

ericl.jpgEric Legnini
Trio   trippin'
(B flat recordings, Discograph)

 

(par Jacques Chesnel)

 

Commencé avec Miss Soul (2005), poursuivi par Big Boogalo l'année dernière voici, ce Trippin' clôt cette trilogie dédiée à lart du trio façon Legnini.
Répertoire rôdé alternant avec maestrio huit compositions personnelles et standards (quatre) plus (excusez du peu) Dizzy Gillespie (Con Alma), Stevie Wonder (The Secret Lif of Plants) et Ray Charles (Them That Got) ; le tout rempli ras bord de l'esprit du blues, du gospel, de la soul sans revivalisme et que résume parfaitement sa déclaration d'intention : " il faut assumer et se servir de tout ce passé pour construire l'actualité…" tout en se libérant des modèles afin de proposer quelque chose de bien à soi (Rock the Days au fender ou sa version de ce thème sublimissime A Sleepin' Bee, magnifiquement intériorisée en piano solo, moment de grande poésie comme l'est également le délicat Darn that Dream où Frank Agulhon m'a fait penser, ô compliment, au grand Vernell Fournier du trio Ahmad Jamal de sa plus grande époque (1958), le tout suivi d'un énergique Bullitt Mustang Fastback, composition du pianiste sur un train d'enfer, à fond la caisse).

Lire la suite

23/02/2009

Lettres en rogne

9782844206817.gifL’abécédaire de la colère
Emanuelle Houdart

Thierry Magnier, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

De Abdomen, Bagarre, Cris, à Koala, Guerre, puis objets, ou zygomatiques, l’exercice de l’abécédaire n’a pas permis une vraie exploration de ce qu’est la colère, de ses effets, de sa maîtrise, mais offre cependant quelques belles fenêtres dont on espère que les psychologues se régaleront.
Un album qui dérange, tant par ses affirmations complexes et pleines de sous-entendus ou au contraire très claires, que par ses images, pas sages du tout. L’utilisation quasi exclusive des diverses nuances du rouge et du brun, les visions infernales et agressives, les insectes et animaux divers qui parcourent les corps et les vêtements provoquent une belle explosion, à l’image de celle des objets qu’on brise et des paroles qu’on hurle. Explosif !

Le pays réel...

cuba.gifLe Roman de Cuba
Louis-Philippe Dalembert
Editons du Rocher, 2009

(par Annie Forest-Abou Mansour)

La genèse de Cuba, bien que d'une extrême richesse, est peu connue du  public. Le panorama historique et culturel de cette grande île des Caraïbes proposé  par Louis-Philippe Dalembert, au moment où sortent au cinéma deux films sur le Che, arrive opportunément. Dans son dernier ouvrage,  il nous  fait pénétrer l'âme de la société cubaine en dehors de tous les mythes et de tous les préjugés circulant depuis fort longtemps sur ce « pays (qui) a existé avant et continuera d'exister après la Révolution et après Castro ». Ce dossier historique dense, au vaste travail de recherche dont témoigne l'imposante bibliographie,  relève de la thèse de doctorat. C'est Grannie, sa grand mère tendrement aimée, qui donna à l'auteur « le goût de Cuba, à une époque où l'île voisine était à la mode partout ou presque, sauf en Haïti, (s)on pays natal ».   Elle  lui parlait  de ce pays utopique  et  l'appelait, pour sa plus grande joie, « mi Cubano ! ». De ce rêve d'enfant  sont nés une passion et un rigoureux travail de recherche sur le « pays réel et non celui de la propagande des deux bords », (les pro et les anti-castristes).

Lire la suite

21/02/2009

Conte à régler, conte à rebours

vanc.jpgLa nuit dernière au XVème siècle
Didier Van Cauwelaert

Albin Michel, 2008

 

(par Radu Bataturesco)

 

 

Qu’est-ce qu’un écrivain digne de ce nom? Évidemment, pas celui qui noircit les pages à la queue leu leu, ni celui qui publie et même vend des dizaines de milliers d’exemplaires. Un écrivain digne de ce nom a le style (limpide), le savoir-faire (au zénith) et la liberté (intérieure), construit un monde et une œuvre propres, avec des thèmes et des livres singuliers et complémentaires pour soutenir l’édifice, et surtout, surtout, un écrivain digne de ce nom est touché par la grâce. À travers cette grille, les écrivains, les vrais, se comptent sur les doigts d’une main en territoire francophone. À travers cette grille, malgré leur imposante stature (médiatique), Houellebecq et Sollers (par exemple) paraissent tout à coup un tantinet laborieux ou trop appliqués pendant que Modiano et Van Cauwelaert se retrouveraient tout naturellement aux premières loges. Deux plumes, deux mesures : chez Modiano, entre les lignes, se dessinent des couchers de soleil, des univers sépia et des temps suspendus entre chien et loup, chez Van Cauwelaert, entre les lettres, danse le feu follet des petites lumières : éclairs généreux, regards d’intelligence, connivences rayonnantes rendent l’écriture de ce dernier ensoleillée, habitée. Habités sont aussi ses personnages principaux, miroirs de l’auteur projetés dans une double dimension.  

Lire la suite

20/02/2009

Gros animaux

9782020983327.gifLes sciences naturelles de Tatsu Nagata (L’Ours, La Vache)
De Tatsu Nagata

Seuil, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

L’Ours (ne pas confondre avec le nounours, ni avec l’ourson) vit souvent dans une grotte, dort tout l’hiver (certains) peut marcher dans la neige sans s’enfoncer, a un cousin tout blanc sur la banquise… La vache, elle, a bien des soucis : piquée par les mouches, dérangée par les trains (en Inde, bien sûr), elle fournit le lait, les peaux, la viande, mais tout cela une page après l’autre, et avec humour, celui des dessins charmants et colorés de Tatsu Nagata qui renouvelle toutes les évidences.

Attention, humour !

mon père en slip.jpgMon père en slip

Taï-Marc Le Thanh, illustrations de Barroux

Gautier-Languereau, 2008

A partir de 5 ans

 

(par Myriam Gallot)

  

Mais que fait le père de ce petit garçon en slip toute la journée ? C’est qu’il est catcheur, ma bonne dame ! Un métier comme un autre, après tout… et qui rend très fier son fils. Combat Super, c’est son nom d’artiste, est certes dix fois plus grand et plus fort que (presque) tous les autres parents, mais c’est aussi un papa très présent.
Ce récit un peu toqué est débordant de tendresse et de petites anecdotes mignonnes. L’album déploie une esthétique très catch, donc très kitsch : la couverture est matelassée dans du papier argenté brillant, la technique mêle dessin, peinture, collages et humour. Une originale déclinaison du sempiternel « mon papa, c’est le plus fort ! »

 

http://www.barroux.info/

Jules Blyton

9782259208970R1.gifLes Cryptides. A la poursuite du Kraken, t. 1
De Alexandre Moix

Plon jeunesse, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Il y a un peu du Jules Verne dans ce premier volume d’une série : un savant (fou ?), des jeunes gens avides de savoirs (d’ailleurs l’un d’eux lit L’ïle mystérieuse), des phénomènes naturels étranges et monstrueux mais si grandioses qu’on s’y attache. Il y a aussi un peu du Club des cinq : la bande de cousins embarqués dans l’aventure mène l’enquête malgré les adultes et fait mieux que toutes les polices et services secrets réunis. La vraisemblance psychologique ou matérielle est très peu le souci de l’auteur. Et il y a même un animal embarqué.
De l’ambiance (ah ! la Norvège l’hiver, la nuit du Nord…), du gothique, de belles descriptions, cela ne manque pas de charme, même si on préfère l'un des versants (Jules) à l'autre et si cette alternance bizarre donne un peu le mal de mer.

Des amis impossibles

vdayre.jpgTes petits camarades
Valérie Dayre

Thierry Magnier (petite poche), 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Tout petit roman, et pourtant grand sujet. L’enfant est nouveau dans le quartier, dans l’école : solitude, aggravée par un physique peu avenant. Tout cela empire au moment de son anniversaire car sa mère n’accepte pas la situation et veut absolument qu’il invite « des petits camarades ». Stratagème malheureux de l’enfant pour attirer ceux qui ne le cherchaient pas, mais fin heureuse car il trouve au bout du compte ceux qu’il n’avait pas su chercher. Beaucoup d’implicite, un petit mystère, et de la chaleur humaine.

19/02/2009

Fugues et labyrinthes

9782296076174r.jpgEst
Laura T. Ilea

Traduit du roumain par Nicolas Cavaillès
Préface de Marcel Moreau

L’Harmattan, 2008

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

Dans l’une des nouvelles qui composent ce recueil, « EscriTore », un vieil écrivain se souvient de ce que lui disait une amie de New York : « Un jour tu rencontreras tes mots en chair et en os. Un jour ce ne seront plus les exhalaisons douloureuses de ton esprit, mais des présences réelles. Alors tu comprendras tout ».

 

Visiblement, Laura T. Ilea, née en Roumanie, vivant actuellement à Montréal, a fait entre deux continents l’expérience de l’incarnation des mots. Ses personnages, si différents les uns des autres, si semblables dans leur humaine aspiration à trouver la sortie du tunnel, se construisent sur le verbe – les paroles qu’ils échangent, celles qu’ils n’échangent pas mais qui peuplent leur monde, qui hantent leurs rêves et qui guident leurs mouvements.

Lire la suite

18/02/2009

Karpe diem...

karmasutra.jpgKarma Sutra, 30 positions à fantasmer
Maïa Brami et Barroux

Magellan & Cie, 2008

 

Entretien avec l'auteure.

 

(par B. Longre)

 

Caractérisé par un humour léger et un ton vivifiant, cet ouvrage atypique, unique en son genre, énumère des positions sexuelles fantasques tout en égrenant quelques conseils (à ne pas suivre pour certains !) permettant de jouir au mieux de la rencontre amoureuse et/ou charnelle…

Les textes, courts poèmes subtils qui évitent habilement l’écueil de la vulgarité, décrivent chaque acrobatique position (de celle du petit-beurre à celle du bourdon ardent…), et sont accompagnés d’illustrations graphiquement sobres, qui suggèrent plus qu’elles ne montrent – et, quand elles montrent, la fantaisie l’emporte haut la main. Attention, ne vous méprenez pas sur l’objectif de ce beau livre, qui prend le contrepied des guides et autres manuels susceptibles d’éradiquer toute spontanéité : ici, la lecture stimule avant tout le cerveau et l’imagination de chacun.

 

Lire la suite

17/02/2009

Glissements vers le pire

hlacroix.jpgDix-sept histoires de dolce vita
Hugo Lacroix
La Différence, collection « Littérature », 2008

 

(par Éric Vauthier)

 

Parmi les livres de récits brefs parus ces derniers mois, Dix-sept histoires de dolce vita fait figure d’œuvre singulière et quelque peu dérangeante. Romancier plutôt éclectique, Hugo Lacroix débute en 1976 au Seuil, dans la collection « Fiction et Cie », avec l’original Raideur digeste, avant d’intégrer la vogue « néo-polar » grâce à Zizanie dans le métro paru en 1979 chez Jean Goujon. Trente ans et une poignée d’ouvrages plus tard, dont deux livres sur l’architecture, il donne à lire aujourd’hui son premier recueil de nouvelles.

Lire la suite

16/02/2009

Sauce Potter

84626100243960M.gifAbracadagascar
Ménéas Marphil

Au Diable Vauvert, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Un jeune orphelin découvre qu’il est un sorcier, qu’il doit aller dans une école pour parfaire ses dons (immenses bien sûr) au plus vite afin de sauver le monde… Cela a beau se passer dans un cadre un peu différent, on se lasse vite de voir toujours cette même histoire resservie à différentes sauces. On est encore plus las quand on voit que là aussi le jeune sorcier est aussi immédiatement pourvu d’un gros compte en banque mais qu’à la différence de Harry Potter cela lui donne droit (à quoi rêvent les enfants) à une carte de crédit. Et quand les stéréotypes sexistes s’affirment avec une telle franchise, on se demande quelle œuvre est en avance sur l’autre et, répondant à cette question, on se demande si ce livre est utile à quelque chose.

Un vrai beau cauchemar

9782844207012.gifLa Fois où j’ai eu si peur
Martine Laffond et Fabienne Burckel
Thierry Magnier, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Une sortie à la fête foraine est interrompue par l’orage. Une fillette suit un garçon plus âgé pour se mettre à l’abri dans une usine désaffectée. Là, le caractère désolé du lieu, les bruits, et les récits du garçons sur ce qui s’y est passé au moment de la fermeture (une attaque de poissons qui se vengent de l’empoisonnement qu’elle produisait), plongent la petite fille dans un état de panique qui lui fait voir toutes sortes de choses.
On ne sait à quel moment la réalité bascule, tout se fait insensiblement, aussi bien au niveau du texte que des images. L’atmosphère inquiétante est d’ailleurs présente dès les premières lignes (cette fête est triste) et demeure même après le retour : un vrai cauchemar subtil, et des illustrations délicieusement inquiétantes.

http://www.editions-thierry-magnier.com

Maman en solo

ma mère.gif

Ma mère dans tous ses états

Gwendoline Raisson, illustré par Magali Bardos

L’école des loisirs, 2008

 

(Par Caroline Scandale)

 

Voici un petit album très drôle écrit du point de vue de l’enfant, qui met en scène le quotidien d’une maman célibataire et de son petit garçon. On s’amuse de l’interprétation qu’il fait des états d’âme de l'adulte et on rit du décalage entre la réalité et le ressenti de l’enfant, perception tantôt judicieuse, tantôt déformée, mais toujours pleine de bon sens. A travers trois petites histoires indépendantes les unes des autres on découvre que sa mère a peur du noir et tente de lui cacher, qu’elle est prête à se ridiculiser pour lui faire manger des légumes verts et qu’elle a un amoureux secret. Mais le petit garçon n’est pas dupe, il lit en elle comme dans de l’eau de roche… Enfin, c’est ce qu’il croit…

Ma mère dans tous ses états est publié dans la collection Off-Pastel. Cette collection réunit des livres d'humeur et d'humour qui parlent aux enfants et aussi aux plus grands. « Des livres singuliers avec un brin de folie ou de philosophie, qui sortent des rails sans toutefois dérailler. »

 

http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

15/02/2009

Impossible justice

9782732039275.gifLe Mauvais Juge
Blaise Cendrars, Illustré par Merlin

Le Sorbier, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Cette histoire fait partie des célèbres Petits Contes nègres pour les enfants des blancs de Cendrars et mêle récit étiologique et fable moderne. Pourquoi le chien déteste-t-il le chat ? Pourquoi le feu brûle-t-il le bois, est éteint par l’eau, qui est bue par l’éléphant, qui est piqué par la fourmi et surtout pourquoi le babouin marche-t-il de biais ? Pourquoi le destin de l’homme est-il de toujours travailler, de souffrir pourtant de la faim et de subir les injustices ?
Le tailleur, représentant de l’humanité, en appelle à la justice, incarnée par le Babouin, une justice paresseuse et qui se soucie plus des châtiments à infliger aux éventuels coupables que des victimes. La complexité du cas avec  des responsabilités en chaîne (l’homme accuse la souris qui accuse le chat, qui accuse le chien…) sont mises en valeur par les illustrations de Merlin avec de beaux effets colorés de pastel gras sur des fonds beiges moins bruts qu’ils n’en ont l’air.