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17/02/2009

Glissements vers le pire

hlacroix.jpgDix-sept histoires de dolce vita
Hugo Lacroix
La Différence, collection « Littérature », 2008

 

(par Éric Vauthier)

 

Parmi les livres de récits brefs parus ces derniers mois, Dix-sept histoires de dolce vita fait figure d’œuvre singulière et quelque peu dérangeante. Romancier plutôt éclectique, Hugo Lacroix débute en 1976 au Seuil, dans la collection « Fiction et Cie », avec l’original Raideur digeste, avant d’intégrer la vogue « néo-polar » grâce à Zizanie dans le métro paru en 1979 chez Jean Goujon. Trente ans et une poignée d’ouvrages plus tard, dont deux livres sur l’architecture, il donne à lire aujourd’hui son premier recueil de nouvelles.


À travers ces fictions généralement très courtes, éclats tendres ou cruels, parfois même très crus, arrachés à une certaine réalité de l’Italie, l’écrivain propose un ensemble de scènes fulgurantes nourries de désirs assez malsains. Qu’il s’attache à une partie de baignade troublée par l’irruption d’un groupe de bergers libidineux dans « Italiens en action », qu’il ressuscite une soirée passablement décadente avec « Une bacchanale fasciste », ou bien qu’il raconte une sorte de battue érotique en pleine campagne dans « Le Serpent étrusque », Hugo Lacroix se plaît dans les situations équivoques, que l’on sent toujours prêtes à dégénérer dans le pire.

 

Il règne en effet dans la plupart de ces nouvelles à l’écriture âpre un sentiment de crainte ou de malaise, l’impression d’une menace qui, pour être parfois infondée, n’en installe pas moins, le temps bref du récit, une indéniable tension. Et ce même si toutes les nouvelles ne sont pas toujours pleinement abouties et exemptes de maladresses… Il en résulte pour le lecteur de ces histoires inconfortables un sentiment ambivalent qui participe à la fois de la fascination et de l’irritation. Mais jamais de l’indifférence.

 

http://www.ladifference.fr

 

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