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07/02/2009

Blanche-neige au miroir

E113792.gifBelle comme le jour
Gail Carson Levine
Traduit par Agnès Desarthe
L’école des loisirs (Neuf), 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Depuis Ella l’ensorcelée, Gail Carson Levine s’est fait une spécialité des contes revisités. Ici, on ne devine qu’assez tard qu’il s’agit de Blanche Neige (le titre anglais, « Fairest » était plus parlant) malgré les indices livrés dès les premières pages : l’héroïne est une enfant trouvée fort laide ; trop brune dans un pays de gens clairs, trop pâle, aux lèvres trop rouges, mais aussi trop grande. Elevée par des aubergistes, elle arrive au château par une succession de hasard et devient la confidente de la belle princesse au miroir (« dis moi, miroir… »). Cette femme si belle est aussi la perversité même et entraîne la pauvre Aza dans son sillage, amenant le royaume au bord de la ruine, et empoisonnant Aza (avec une pomme, et on connaît la suite) lorsque celle ci devient plus belle qu’elle.


Le conte est ingénieux. Les coutumes du pays d’Ayortha sont charmantes : l’occupation favorite des habitants, celle qui est aussi indispensable à une position sociale, est le chant, il y a des oiseaux partout. L’idylle entre le prince et la laide Aza est rafraîchissante, juste à la limite du roman pour midinette. Dans le même registre, l’attention portée aux toilettes et à la question de l’apparence est extrême, allant de la dérision à la délectation. Les aventures sont nombreuses et variées : entre les intrigues de cour, les rencontres des ogres, le séjour chez les gnomes, on ne s’ennuie pas. Le miroir est très réussi, effrayant, vivant. La psychologie des personnages féminins est complexe et intéressante (on ne peut pas dire la même chose des hommes qui sont clairs comme de l’eau de roche, à la limite du transparent). Et la morale est sauve : les critères de beauté sont variables, acceptez vous tel(le)s que vous êtes : à vous voir ils s’habitueront (et un jour votre prince viendra !).

http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

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