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Tribulations d’un ethnolinguiste en Afrique de l’Est

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Le serval noir

Marc Vassart

Au diable Vauvert, 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

Somerset Bienvenue est ethnolinguiste au musée de l’homme, menacé de fermeture suite à l’inauguration du musée du quai Branly. Un éclair de génie – à moins que ce soit de folie - le conduit au Kenya, dans le berceau de l’humanité, alors sous les bombes américaines, pour y dénicher une poterie ancienne. L’un de ses confrères a en effet découvert une machine permettant de lire dans les sillons d’une poterie comme sur ceux d’un disque vinyle, et donc de restituer les paroles prononcées pendant la fabrication d’une poterie. Si Somerset Bienvenue réussit à ramener la poterie hadzabé, il pourra peut-être remonter à la langue-mère, à l’origine de toutes les autres, et – qui sait ? – parvenir ainsi à sauver le musée de l’homme par cette découverte majeure.

Tel est l’argument de cet étonnant roman d’aventure au goût de terre africaine. On y rencontre pêle-mêle des rats flaireurs de mines dont le carburant est la banane, une super journaliste-reporter de guerre un peu trop parfaite, un vieux gardien de musée échevelé et roublard, un explorateur britannique prêt à tout, surtout au pire, un couple de paléontologue nazis à la recherche du premier homme, un pisteur hadzabé rendu sourd par les coups de fusil des clients de safaris, et toutes sortes d’animaux tapis dans le cratère du Ngorongoro.

 

Remarquablement documenté sur la faune et la flore, l’histoire des ethnies locales et des langues africaines, Le serval noir est un roman plein de surprises, dans lequel on apprend beaucoup. Rien de pesamment didactique pour autant, mais plutôt un ton décalé, volontiers humoristique, et bien de notre époque.  Somerset pourrait bien n’être qu’un sympathique loser, s’il ne parlait 14 langues dont le swahili et le hadzabé, et n’était mû par une passion inoxydable pour l’origine des langues, prêt à risquer sa vie pour une poterie. Ses aventures interrogent le rapport des blancs à l’Afrique, entre paternalisme et brutalité, autoritarisme et humilité, incompréhension et amitié… sans oublier le rapport des blancs aux Africaines, qui l’intéresse en premier chef. Quand en plus, il s’avère que revenir en Afrique, c’est aussi remonter sur les pas de son histoire familiale, la boucle est bouclée, et le scénario impeccablement maîtrisé.

 

Vétérinaire de formation, Marc Vassart aime « explorer les frontières » entre animalité et humanité, entre homme et femme, entre générations. Il s’amuse à retranscrire le passé en inventant le futur pour notre plus grand plaisir.

 

http://www.audiable.com

 

http://www.marcvassart.com

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