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09/01/2009

Ping-pong verbal

diablogues.jpgLes Diablogues

Roland Dubillard

Théâtre des Célestins, du 7 au 18 janvier 2009 et en tournée

Mise en scène Anne Bourgeois, avec Jacques Gamblin et François Morel

 

(Par Jean-Pierre Longre)

 

A la fin du premier tableau, après maintes hésitations et tentatives de dérobades, après une longue dispute sur la nature du « hop » qui doit entraîner le mouvement, ils se décident à plonger dans le flux du spectacle. Spectacle, à vrai dire, d’une grande sobriété visuelle, à la Beckett : un monticule, deux fauteuils, un éphémère placard, un ou deux accessoires. Selon une mise en scène très adéquate, tout est dans le jeu scénique et dans la parole, cette fameuse parole qui tient dans le mot-valise du titre : diablerie et dialogues.

 

Entre UN et DEUX – Jacques Gamblin et François Morel qui, jouant de tous les registres, de toutes les formes de complicité et d’incompréhension mutuelles, se complètent admirablement dans leurs échanges dubitatifs, naïfs et logiques jusqu’à l’absurde – entre UN et DEUX donc, s’engage une partie de ping-pong verbal où la balle peut se glisser dans le moindre recoin.


Les sujets les plus inattendus se déclinent dans tous les sens. La musique, bien sûr, qui sous-tend l’ensemble (Beethoven et sa surdité, la composition et l’exécution d’un morceau de « musique de placard » - il y a bien une musique de chambre !), le sport (alpinisme ou bilboquet ? Il y a de quoi hésiter.), les souvenirs d’enfance, aussi flous que le film qui les déclenche, la pluie (dont le désagrément est dû soit à l’eau, soit à la chute, soit encore à la peur de la police… On s’y perd.), mais aussi, tout simplement, l’existence, dont il ne faut pas abuser…

 

Les Diablogues, issus du théâtre radiophonique, ne datent pas d’aujourd’hui. Ils sont sans âge, toujours d’actualité. Leur moteur, leur force, ce sont les mots, ces mots qui, poussés dans leurs retranchements, peuvent tout construire et tout démolir. Comme chez Ionesco ou Tardieu, c’est eux qui occupent la scène ; c’est bien là le talent de l’auteur, servi par celui des deux comédiens : donner toute sa place au langage, qui devient l’unique et véritable personnage, pour le plus grand plaisir du spectateur.

 

www.celestins-lyon.org

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