Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Culpabilité collective

lward.jpgOutside Valentine

Liza Ward

Traduit de l’américain par Françoise Jaouën, coll. « Domaine étranger », Editions 10/18

 

(par Madeline Roth)

 

Au début on ne comprend rien. « Dans mon rêve, la neige tombait partout dans mon bon vieux Nebraska. » On a en tête la très belle image de couverture, ce rouge sang dans la neige blanche, et pendant toute la lecture on a froid. Au début on ne comprend rien mais on est embarqué. Trois années, 1991, 1957, 1962, et trois voix, trois personnes dont on essaie de deviner les liens, jusqu’à ce que tout se mette en place. Et c’est magistral.
 En 1958, dans l’hiver du Nebraska, Charles Starkweather, 19 ans, et Caril Ann Fugate, 14 ans, tuent onze personnes, au terme d’une des plus célèbres tragédies américaines. Liza Ward, l’auteure du texte, a perdu ses grands-parents dans ce drame.

Elle est parvenue à construire un roman à la fois sensible et terriblement efficace. En alternant les voix et les années, elle a réussi à dépasser le seul cadre de l’événement et bien à s’interroger sur cette phrase terrible déposée en quatrième de couverture : « à quoi tient une existence ? »

 

« Ce n’est pas le genre de choses qu’on peut expliquer, comment on peut aimer et aimer jusqu’à ce qu’on se retrouve enfermés dans la même peau et qu’on soit forcé d’avaler la même chose et de respirer le même air glacial, parce qu’il vous a choisie, et que vous l’avez choisi. Et petit à petit, ses choix à lui vous empêchent de choisir, vous, jusqu’à ce qu’on se retrouve embarquée avant même de comprendre qu’on aurait pu faire un choix ».

 

C’est une écriture belle et tendue, sensuelle et troublante. On s’accroche aux vies que l’on sait condamnées, en avançant dans l’histoire comme sur la pointe des pieds, terrifiés mais les yeux grand ouverts.

Commentaires

  • heureuse de te trouver ici... et que la chaîne continue !

Les commentaires sont fermés.