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Tentation, prison, évasion !

zooclub3.jpgZoo Club
Julie Mercier
Editions Points de Suspension, 2005


(par B. Longre)

 

Nul parmi les animaux n'a encore deviné ce que dissimule « Le Paradis du zoo » et l'annonce publicitaire particulièrement alléchante : « 100 % bonheur, 100 % vacances » ; elle atteint néanmoins sa cible et les animaux du monde, de la girafe africaine au tigre de Chine, en passant par la famille suricate et les pingouins du pôle, partent de suite à la découverte de ce «séjour d’enfer»... en toute confiance. Chacun, selon son origine ou sa fantaisie, choisit un moyen de transport lui permettant d’arriver à bon port : en car-brousse, en tandem, en trottinette ou autres roulettes, en montgolfière, en fusée, en pousse-pousse ou plus simplement à pattes, tous les véhicules sont de la partie ; le flot d’animaux se rendant au zoo gonfle à vue d’œil, au travers des illustrations belles et chaleureuses de Julie Mercier, entre art naïf et effets de matière (peinture ou pastels gras).

La mise en couleur est ici inséparable du style graphique développé par l'auteure, comme si elle souhaitait nous faire voyager nous aussi d’un univers à l’autre et proposer un dépliant touristique (le format de l'album y fait penser) qui permette aux lecteurs de s’évader par procuration et de partager l’enthousiasme des touristes. On l'aura compris : tout n’était qu’un beau guet-apens et le retour à la réalité concentrationnaire du zoo peut paraître abrupt, mais est sobrement évoqué par le biais des tons chauds que tranchent soudain le bleu froid des barreaux. Toutefois, une fois revenus de leur surprise, les animaux préparent un infaillible plan d'évasion (dont la drôlerie rappelle, entre autres, les tentatives du poulailler de Chicken Run…).

 

Emprunteront-ils, pour rentrer chez eux, le même itinéraire qu’à l’aller, ou bien les avis de recherche placardés sur la dernière double page de l'album les forceront-ils à faire montre de prudence ? Le lecteur aura tendance à rester sur sa faim mais les plus jeunes seront heureux d'apprendre que les prisonniers ont pu échapper à leurs geôliers si bien organisés et rompus à l'agressivité des stratégies publicitaires...

 Au-delà de la trame de surface, cette histoire exemplaire se lit comme une métaphore filée s'attachant à dénoncer à la fois le leurre que peut représenter la notion de club de vacances et l'uniformisation qui s'ensuit, et les méfaits de la publicité mensongère : la duplicité commerciale est présentée de manière suffisamment explicite pour que les enfants assimilent le message lancé par l'auteur ; un point de vue certes engagé mais qui ne nuit en rien aux qualités artistiques de cet album cocasse sous le charme duquel il semble bien difficile de ne pas tomber, tout âge confondu.

 

http://www.pointsdesuspension.com/

 

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