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06/01/2009

Secrets de famille

Vermot.jpgQuelque chose à te dire
Marie-Sophie Vermot
L’École des loisirs, coll. « Médium », 2008

(par Joannic Arnoi)

Ariane, 16 ans, se rend sur l’île bretonne où vit sa grand-mère, Julia Legohen, artiste peintre renommée. Elle ne se sont jamais rencontrées : une brouille aux ressorts inconnus sépare la mère d’Ariane, Dominique, de sa propre mère. La jeune fille a pris prétexte d’une recherche scolaire pour prendre contact avec Julia. Elle a été immédiatement invitée à lui rendre visite. Le roman commence à son arrivé sur l’île de Sainte-Barbe et se clôt avec son départ. Sur place, elle fait la connaissance de la compagne de Julia, Marthe, et d’un « jeune homme » qui fut longtemps leur voisin, Nathan. Au fil de promenades avec ce dernier et d’échanges artistiques avec sa grand-mère, Ariane semble s’installer dans un décor tranquille, sans aspérités. Tout bascule dans le dernier tiers du roman, quand un orage vient aiguillonner la curiosité de la jeune fille.


Quelque chose à te dire est complètement focalisé sur l’expérience d’Ariane, héroïne sans qualités d’une enquête quasi policière, fil jeté maladroitement entre des existences qui s’avèrent profondément clivées. Au-delà de son regard, le hors-champ est vaste : on y devine peu à peu l’océan d’incompréhension qui sépare Julia et Marthe (ce couple improbable) de la vie actuelle (incarnée par Ariane), et l’impasse à laquelle leur rapprochement est voué. La fin très abrupte du roman sonne d’ailleurs comme une conséquence logique de cette configuration.

Peu aimable est le qualificatif qui vient spontanément pour caractériser cette histoire, assez emblématique du timbre très particulier de Marie-Sophie Vermot dans certains de ses romans (veine qu’illustrait déjà Comme le font les garçons). À l’écart de tout euphémisme, elle essaie de dire le vinaigre sur une plaie, les nœuds trop serrés pour être défaits, les échecs qui ne seront pas surmontés. Cela pourra sembler banal, ou d’un courage peu commun : la littérature jeunesse n’est pas coutumière de ce réalisme du gâchis. À ce titre, la tentative est exemplaire, même si elle constitue une expérience-limite, sous ses dehors limpides.

http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

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