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Passion et nécessité

R. Sterian.jpgL’âme tatouée
Raluca Sterian-Nathan

Préface de Samuel Pisar
L’Archipel, 2008

                            

(par Jean-Pierre Longre)

 

« Parmi mes nombreux défauts, le plus important est mon manque d’ambition. Il est compensé par une énorme soif de vivre. Je n’agis que par passion ou curiosité, souvent par nécessité. Ce dont j’ai le plus envie, c’est de liberté. » Voilà comment Raluca Sterian-Nathan se définit. Il est vrai que la destinée de cette Franco-Roumaine aux origines multiples fut exceptionnelle : née avec une sorte de réticence peu avant la guerre, elle vécut les dictatures du nazisme et du communisme qui, ajoutées aux tourmentes familiales et amoureuses, lui tissèrent une enfance et une jeunesse marquées par l’accumulation des malheurs. Entre ceux-ci, des appétits insatiables, des rencontres heureuses, des joies profondes, l’amour maternel, le rire jeté « par-dessus les larmes ».

Mariée très jeune pour, entre autres, échapper à son père, divorcée, en butte aux exclusions, aux pressions morales et aux tortures physiques de la Securitate roumaine, en proie aux assiduités de nombreux hommes, dont certains haut placés dans la nomenklatura politique et culturelle, remariée à un Français qui lui permit de s’exiler en France, d’y trouver d’autres difficultés : celles de la vie quotidienne, celles qu’elle éprouve à renouer avec son métier de comédienne, et les questions : « Est-ce bien moi qui ai vécu tout cela ? Comment dérouler le fil si fragile d’une existence sans le casser ? ». Puis le grand amour, avec lequel le livre se conclut.

L’âme tatouée est un livre patchwork rédigé comme un journal personnel, au rythme d’une vie particulièrement mouvementée, un récit individuel, mais aussi la mémoire collective de toutes les séquelles que laissent les totalitarismes. Livre en forme de point d’interrogation, aussi : « J’ai l’âme tatouée par toutes mes vies antérieures. Le hic : je n’arrive pas à en faire le décryptage. Ce manque de connaissance de moi-même me déçoit. » Ce regard tourné vers le passé semble bien être une tentative pour déchiffrer le présent et l’avenir, et pour y trouver l’espoir.

 

http://www.editionsarchipel.com

 

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