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Guignol a 200 ans

embiernes_01.jpgLes embiernes recommencent

Spectacle proposé par Emilie Valantan / Théâtre du Fust

Théâtre des Célestins, du 10 au 28 décembre 2008

Avec Franck Adrien/Gaston Richard, Jean Sclavis, Pierre Saphores, Emilie Valantan et Elie Granger au piano.

 

(Par Françoise Anthonioz)

 

Nous avions un peu oublié que la marionnette française la plus populaire est née à Lyon dans le quartier des Canuts : Guignol, avec son inséparable compagnon Gnafron…. C’est Laurent Mourguet, un ancien Canut, qui créa ce personnage ; il essayait ses réparties sur un de ses amis de Saint-Paul, et lorsque celui-ci s’amusait beaucoup, il s’écriait : « C’est guignolant ». Guignol, avec ses petits yeux arrondis, son sourcil épais, sa longue natte, ses joues rondes et son sourire sympathique, est devenu populaire grâce à son esprit frondeur, sa naïveté, son bon sens et son aversion pour les bourgeois : «  Les bargeois, ça vaut pas grand-chose ! ».

C’est avec grand plaisir que le public peut assister à la représentation de trois textes typiques de différentes époques, qui en montrent un échantillonnage très réussi dans un beau décor de maisons lyonnaises se transformant à la demande. Pour la circonstance, les textes ont été remaniés et revisités afin de se rapprocher des origines mais aussi de s’adapter au temps présent. Et puis, il y a ce parler local, ces mots pittoresques et cet accent savoureux. La Redingote avec ses quiproquos d’une grivoiserie traditionnelle et la description de tout un monde implanté dans le quartier, les gens de la rue, les serviteurs et les bourgeois. L’univers social y est décrit à petites touches, mais très vite les personnages sont bien campés. Choisissez et multipliez, satire des propriétaires radins et à l’esprit étroit ; La Pépie, où Guignol, faisant un fort usage de son bâton, tente de ramener Gnafron à la sobriété pour qu’il sauve son héritage. De toute façon, tout se termine toujours très bien, de façon consensuelle.

On avait oublié que Guignol n’est pas seulement destiné aux enfants, comme bien souvent le folklore a voulu le faire croire, mais qu’il était, il y a 200 ans, le porte-parole du petit peuple, des travailleurs et des opprimés.

Commentaires

  • Spectacle excellent pour la qualité également de la manipulation. On voit Gnafron coller une semelle, Puvis Deschavanne peindre, Madelon passer le balai, Edouard Herriot fumer sa pipe ... Grand bravo à Emilie Valantin, à son professionalisme, à sa délicatesse...

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