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Le pont des rats...

tsepeneag3.jpgPont des arts

Dumitru Tsepeneag
Éditions P.O.L.
Traduit du roumain par Alain Paruit

 

(par Jean-Pierre Longre)

 

Dumitru Tsepeneag, après avoir publié trois ouvrages en français (Le mot sablier, qui relate le difficile passage d'une langue à l'autre, Roman de gare et Pigeon vole) est revenu au roumain avec Hôtel Europa, puis Pont des arts.

On peut soupçonner l'auteur de profiter de son bilinguisme pour, tout en rédigeant dans sa langue natale, penser en français des passages entiers du roman. Pont des arts se présente comme une suite d'Hôtel Europa, aussi bouillonnante dans l'écriture et les relations des personnages entre eux. Personnages que l'on retrouve d'un roman à l'autre, mais qui mêlent sans vergogne l'Auteur à leurs intrigues (Auteur qui, par là, prend le statut de personnage fictif, d'autant plus qu'il s'adjoint un double, Ed Pastenague - anagramme de D. Tsepeneag et pseudonyme sous lequel il publia Pigeon vole...).

Où est la fiction, où la réalité? Celle-ci, en tout cas, est bien présente, sous la forme de faits divers soigneusement découpés dans les journaux par le narrateur et sa compagne, et transcrits dans le corps du roman; sous la forme aussi d'échappées dans l'actualité la plus immédiate: la guerre de Bosnie, la situation en Roumanie, et même l'affaire du Pont des Arts dont Jacques Chirac a voulu faire cadeau à la ville de Kyoto, initiative contre laquelle des communistes japonais viennent manifester à Paris !

Récit foisonnant, mais rythmé par des images récurrentes : les pigeons sur la fenêtre, le chat du foyer, le couple d'étrangers qui se fait alpaguer par une escouade de contrôleurs de la RATP, ce qui donne lieu à une page mémorable concernant l'image des Roumains en France... Images, et jeux anagrammatiques sur les mots: alors que le prénom bien français de Marianne, compagne de l'auteur, semble se superposer à ceux des figures fictives Maria et Ana, les lettres dansent sur le Pont des Arts qui est aussi celui des Rats et, pourquoi pas, du Tsar... Soyons en sûrs, chaque lecture de Pont des arts serait l'occasion de débusquer d'autres secrets, qui laissent transparaître leurs silhouettes sans se dévoiler entièrement.

http://www.pol-editeur.fr/

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