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  • Notre chaos politique

    coriolan.jpgCoriolan
    William Shakespeare
    Mise en scène de Christian Schiaretti

    Créée en novembre 2006 au TNP, Villeurbanne

    Reprise de la pièce en novembre-décembre 2008 au Théâtre Nanterre-Amandiers.
    Cycle de débats, conférences, projections et lecture : “La fin de la démocratie ?” Autour de Coriolan (Shakespeare/Schiaretti) - Un contrechamp conçu et animé par Gérald Garutti ; les lundi 8 et mercredi 10 décembre 2008 de 14h à 19h30 à la Cité Internationale Universitaire de Paris (Collège Franco-Britannique), le samedi 13 décembre de 13h à 18h au Théâtre Nanterre-Amandiers.

    (par Nicolas Cavaillès)

    Drame politique d’une stimulante complexité, Coriolan montre l’ascension puis les revers d’un guerrier invincible et inflexible, Caïus Martius Coriolan, héros trouble que Shakespeare oppose à un peuple et à une classe politique et aristocratique non moins troubles. C’est Wladimir Yurdanoff, égal dans l’excellence, qui profère la rage de Coriolan, au centre d’une impressionnante distribution, Christian Schiaretti rassemblant 30 comédiens, et non des moins connus (on retrouve ainsi Roland Bertin, Nada Strancar), pour son Coriolan résolument grand spectacle. Mise en scène épique et souple de la lutte des classes, dans un vif souci du texte, baigné de pénombres colorées comme les affectionne Schiaretti, ce Coriolan a le rare mérite de détourner le théâtre de lui-même et de son nombril de vendu, pour le diriger vers le public et vers le monde réel ; et la pièce de Shakespeare, tableau vertigineux, chaotique, de l’organisation politique du monde, épouse à merveille cette cause, tant la portée de ce drame latin dépasse largement le cadre de la décadence romaine, et s’offre de plain-pied avec la décadence contemporaine.

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  • La vie en vers

    1098029996.jpgTransatlantique
    Daniel Labedan

    Editions Les Carnets du Dessert de Lune, 2008

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Au-delà des mers, dans les pays du Sud, les espaces naturels et urbains forment comme des toiles de fond pour courts-métrages et clichés saisissant la vie telle qu’elle est, sans fioritures ni arrangements esthétiques, au risque d’estomper les reliefs,

     

    « comme la photo d’une maison

    en lieu et place d’une vraie maison ».

     

    Daniel Labedan fait de chaque poème une tranche d’existence, de la même manière qu’Apollinaire, par exemple, saisissait telle conversation, telle scène quotidienne et la transcrivait sous forme de poème.

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  • L’obsession et l’obstination d’une mère

    9782714444714.jpgAilleurs, plus loin

    Amy Bloom

    Traduit de l’anglais (U.S.A) par Michèle Lévy-Bram

    Belfond, 2008

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Que faire lorsqu’une jeune mère juive russe apprend que sa fille est vivante quelque part en Sibérie alors qu’elle la croyait tuée avec toute sa famille lors d’un progrom en 1924 ?… tandis qu’elle a trouvé refuge à New York, s’y est établi et a recommencé à vivre. Partir illico, sans un sou vaillant, avec une carte de l’Ouest du continent nord-américain donnée par un amoureux et cousue dans son manteau, traverser le pays, des bas-fonds du Lower East Side jusqu’en Alaska et le détroit de Béring pour rejoindre la Sibérie orientale.

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  • Archéofuturisme

    afranklin.jpgLes Ruines de Paris en 4908

    Alfred Franklin

    L'Arbre vengeur, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    On ne se méfie jamais assez des bibliothécaires. Quand ils ne s’amusent pas à empoisonner le coin des pages des ouvrages sulfureux ou à se débaucher égoïstement dans l’Enfer dont on leur a confié la clef, ils affabulent, inventent des livres qui n’existent pas, signalent des cotes introuvables et échafaudent des uchronies apocryphes.

     

    Là résidait sans doute le plaisir majeur d’Alfred Franklin (1831-1917) qui fut longtemps Conservateur de la prestigieuse Mazarine, mais aussi typographe à ses heures. Dans l’une de ses nombreuses brochures, joliment rééditée par les Éditions de l’Arbre vengeur, Franklin imagine sur quoi tomberait les archéologues partis à la recherche des ruines de l’antique cité de Paris… en 4908 !

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  • Paroles échappées de Mai

    68.jpgMai 68. Soyons réalistes, demandons l’impossible
    Philippe Godard
    Syros, collection « Les documents », 2008

    (par Olivier Orain)

    Ce recueil de réflexions autobiographiques (cinq au total) s’inscrit dans un mouvement de « retour aux sources » de Mai 68, qui essaie de s’affranchir des discours idéologiques abstraits pour serrer au plus près les expériences vécues. Les témoins choisis par Philippe Godard ne sont ni de parfaits inconnus (comme dans le livre de Nicolas Daum, Mai 68 raconté par des anonymes aux éditions Amsterdam) ni les vedettes obligées que l’on retrouve un peu partout (Daniel Cohn-Bendit, Serge July, etc.). L’ouvrage est accompagné par la chronologie de rigueur, quelques images (photographies, affiches) et une bibliographie qui fait la part belle aux souvenirs militants, un peu au détriment des références savantes.

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  • Refusez de la faire

    2soldats.jpgLes deux soldats

    Michel Piquemal, illustrations de Julien Billaudeau

    Rue du monde (collection Pas comme les autres), 2008

    A partir de 5 ans

     

    (par Myriam Gallot)

     

    Ils étaient deux « braves gars », celui de chez nous s’appelait Thomas, celui de là-bas Tibo. Tous deux goûtaient la vie, aimaient la nature et une belle jeune fille de leur pays. Tous deux moururent au front, sacrifiés par la mère patrie, absurdement opposés l’un à l’autre. Sans savoir qu’ils étaient frères. C’était il y a 90 ans. C’était la première guerre mondiale, racontée aux enfants avec des mots simples, dans cet album-miroir aux couleurs de fraternité et de poésie.
    Mais ce sont aussi toutes les guerres, dont les bénéfices reviennent aux puissants. La manipulation et la souffrance seront toujours dans les deux camps et il n’y aura jamais qu’un vainqueur : les marchands d’armes scandaleusement enrichis sur le sang des « petits gars d’ici et de là-bas ». Du moins jusqu’au jour où les « petits gars » refuseront d’y aller et préfèreront « compter les étoiles réunies, celles de là-bas et celles d’ici, dans le grand mystère de la nuit ». Un message de paix universel porté par les illustrations-collages vibrantes, au style très personnel d’un tout jeune artiste-dessinateur, Julien Billaudeau, et les rimes de Michel Piquemal.

     

    Présentation de la maison d'édition Rue du monde

  • Fragmenter le naturaliste

    acc-photo-therese.jpgThérèse Raquin
    d'après Émile Zola
    Mise en scène de Philippe Faure
    Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon
    21-29 novembre, 9-19 décembre 2008

    (par Nicolas Cavaillès)


    C’est à la transformation du célèbre roman de Zola en petit conte morbide que s’est essayé Philippe Faure pour sa Thérèse Raquin, proposant un enchaînement de moments clefs et de dialogues symboliques fondus dans les alternances binaires d’une lumière crue – le lit sans étreintes et le sol des tourments. Purger Zola le truculent, est-ce lui bien rendre hommage ? La difficulté de la simplification narrative trouve souvent sa réponse dans des spectacles à la pâleur squelettique, à la Carmelo Bene, expérimentaux et périlleux.

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  • La batterie pense elle aussi

    0794881899821_230.jpgDrums immersion
    Gérard Siracusa  

    (Radio France, Signature  SIG 11065; distr. Harmonia Mundi HM CD 83

     

    (par Jacques Chesnel)

     

    Gérard Siracusa un inconnu, loin de là ; né en 1957 à Tunis, il participe à Marseille en 1978 à la création du GRIM (Groupe de Recherche et d’Improvisation Musicales) qu’il quittera sept ans plus tard, collabore à divers projets dont le Tour de France de Louis Sclavis, fait partie de l’ensemble Musique Vivante de Diégo Masson et du groupe Un Drame Musical Instantané. Particularité, et non des moindres, il est bien le premier percussionniste improvisateur français à enregistrer tout un disque en solo, Jardins de paille (1983). Il a travaillé avec de nombreux réalisateurs de radio (France Culture) et avec des comédiens et des écrivains.

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  • Saloperie d’existence

    jpmartinet.jpgCeux qui n’en mènent pas large
    Jean-Pierre Martinet

    Le Dilettante, 2008

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    Sur la couverture du livre, un dessin de Tardi en noir et blanc campe non seulement l’atmosphère, mais, peut-on dire, la réalité de ce roman aussi fulgurant que désespéré : la tête entre les mains, un homme – Georges Maman, le (très) anti-héros – fait face à son imposant Frigidaire, que l’on devine aussi vide que le compte en banque de son propriétaire (il s’avérera que ce Frigidaire n’est pas tout à fait vide, puisqu’il contient le dénouement du récit). Entre eux, quelques bouteilles de mauvais vin, une boîte de Canigou, le paysage déprimant d’une cuisine inutile.

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  • Un apprentissage doux-amer

    v_book_3.jpgLa Petite Cloche au son grêle
    Paul Vacca
    Philippe Rey, 2008

    (par Joannic Arnoi)

    Cela se passe dans une bourgade du nord de la France, « le long de la Solène, la tendre Solène qui coule entre les villas fleuries de la bourgeoisie de Montigny ». Le narrateur, fils unique d’« Aldo » et « Paola », a treize ans à l’époque et des origines plutôt plébéiennes : ses parents tiennent un café où tout est « bleu, de la couleur des tenues de travail des clients qui se massent en une bourdonnante mêlée autour du comptoir ». Car à Montigny, la rivière sépare les « deux côtés » qui se regardent en chien de faïence. Mais l’horizon premier de l’adolescent, c’est d’abord une complicité sans tâche avec sa mère, et, de plus en plus, une attraction irrésistible pour « le monde mystérieux des femmes ».

    L’histoire se noue autour d’un exemplaire de Du côté de chez Swann, oublié par Suzanne Maréchal, une actrice, célébrité locale de la petite ville. Le jeune narrateur s’est emparé du livre abandonné, qui semble lui offrir un passage secret vers cette femme inaccessible qui le trouble. Mais quand Paola découvre le larcin, c’est son rêve d’avoir un fils écrivain qui se trouve conforté, malgré des résultats scolaires calamiteux. Proust devient la grande affaire du triangle familial : miroir des fantasmagories du fils, symbole pour la mère, source d’anxiétés pour le père. De cette rencontre improbable chacun ressortira transformé.

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  • Miracle de l'écriture

    remington.jpgRemington
    Joseph Incardona
    Fayard Noir, 2008

     

    (par B. Longre)

    « On a beau dire, on écrit pour se raconter soi-même, le plus souvent, les autres ne sont qu’un prétexte. Meubler le vide est une imposture. »

    On s’attend parfois à lire un polar (et tout l’indique – ne serait-ce que le titre de la collection ou le titre tout court), et on se trouve littéralement pris de court, plongé dès les premières pages dans une chronique désenchantée où la froideur de ton le dispute à la désespérance, où le quotidien du narrateur, cadré, organisé, ne suffit pas à nous duper sur le mal-être qui l’habite, ni sur les émotions qui le malmènent. Matteo Greco n’est ni flic, ni voyou. Il mène au contraire une vie réglée, disciplinée, même, et sans drames (si l’on omet les faits divers qu’il découpe dans les journaux) et parvient à cumuler plusieurs activités, alternant brèves missions pour une agence de sécurité (par nécessité financière), entraînements de boxe et séances d’écriture, qui se déroulent à sa table de cuisine, sur laquelle séjourne une vieille Remington portative. Il écrit des nouvelles (inspirées, justement, des petites coupures qu’il collectionne) et, bientôt, un roman, sur lequel il reste malgré tout très discret.

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  • Vies vécues, vies rêvées

    phpThumb.jpgLa maison des temps rompus
    Pascale Quiviger

    Editions du Panama, 2008

                                

    (par Jean-Pierre Longre)

     

    La « maison des temps rompus » existe-t-elle ? Son « plus-que-jardin » grouillant d’animaux, d’arbres et de plantes souriants est-il bien accroché à la réalité du bord de mer ? Adrienne Chantre, l’ancienne propriétaire qui paraît toujours occuper les lieux est-elle une vraie, bonne et vieille femme, un fantôme, une fée, une sorcière ?

    En tout cas, les temps sont vraiment rompus, dans ce récit lui aussi plein de ruptures, de retours et d’anticipations. Plutôt plusieurs récits, qui évoquent des existences féminines, celles d’Aurore et de Suzanne, de leurs filles respectives Lucie et Claire – noms lumineux voués aux promesses de bonheur et à la tragédie –, celle d’Odyssée, le bébé dramatiquement transformé en Ophélie…

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  • Un baiser ou la vie

    18 baisers.jpgDix-huit baisers plus un

    Rachel Corenblit

    Editions du Rouergue, 2008

     

    (Par Caroline Scandale)

     

    Pourquoi Alex, un adolescent de 17 ans, a-t-il tenté de se suicider par pendaison, dans le local à poubelles de son immeuble? A partir d’un sujet plutôt sinistre, Rachel Corenblit nous livre un roman sensible et enthousiasmant, dont le traitement littéraire n’est jamais larmoyant et se révèle même souvent drôle. Dix-sept personnages féminins dressent le portrait du jeune homme au comportement étrange. La détresse qu’il cache se dessine au fil des chapitres, dans une chronologie déconstruite, tandis que s’entrecroisent les points de vue des êtres qui ont traversé sa vie. Il en a agacé, affolé et inquiété plus d’une, mais surtout, il les a toutes embrassées… Pourquoi cette ronde des baisers ?

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  • Envie d'une gâterie ?

    Vebret.jpg

    Friandises littéraires
    choisies par Joseph Vebret
    Éditions Écritures, 2008

     

    (par Frédéric Saenen)

     

    Au royaume de l’érudition, l’anecdote est reine ! L’anecdote… Ce trait d’esprit gratuit, acidulé juste ce qu’il faut pour pimenter une conversation ou la relancer si elle vient à s’engourdir. Le sac plein de Friandises littéraires que nous tend Joseph Vebret regorge de ces faits divers en trois lignes, bons mots, réparties et ultima verba que le sens de l’à-propos, conjugué à une certaine sagesse, amène à resservir. Enfilées sans ordre réel, ces perles de culture permettront, à celui qui s’en (em)parera, de briller en société. À une table d’amis, au comptoir d’un bar ou entre deux zakouskis chauds, le petit doigt levé ou les coudes sur la table, livrez-vous donc à l’exercice...

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  • Amour partagé

    stjean.jpgL’amant de Saint-Jean
    Vedrana Donić

    Vedrana éditions, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    En accord avec l’un des objectifs de la petite structure éditoriale montée par l’auteure, qui entend inciter les lecteurs « à trouver, lier, relier, tisser les éléments pour tisser lui-même sa propre lecture », ce livre en apparence déstructuré se présente comme un puzzle amoureux et ludique à éventuellement reconstituer, à feuilleter, à lire dans le désordre (ou non). Pas de trame narrative à proprement parler, mais des instantanés évoquant des sensations, quelques gestes, des moments captés en quelques mots (« Comme deux fleurs d’églantiers, nos tiges sont enlacées », « Tu te cambres, parfum d’ambre »…). Les poèmes en vers libres sont accompagnés de créations visuelles réussies, composées de papiers déchirés, collages, découpages, gribouillages, pochoirs, superpositions, où les corps, morcelés ou non, se devinent. Ce livre atypique m’a rappelé, peut-être pour sa liberté de ton et son audace formelle, Amourons-nous de Geert De Kockere et Sabien Clement (Le Rouergue), un ouvrage poétique en images qui lui aussi parlait d’amour partagé.

     

    http://www.vedranaeditions.com/

  • Contes khantys

    Couv%20ROUGUINE.jpgLa Chatte qui a sauvé le monde

    Roman Rouguine

    traduit du russe par Carine Puigrenier et Dominique Samson Normand de Chambourg

    Paulsen,  2008

     

    (par Françoise Genevray)

     

    Les Khantys sont l'un des peuples autochtones les plus occidentaux de la Sibérie. Appelés Ostiaks à l'époque tsariste, d'un mot local signifiant « le peuple du grand fleuve » (l'Ob), ils occupent deux districts autonomes de la région de Tioumen. C'est de là qu'est issu Roman Rouguine. Né en 1939, il a fait ses études à Leningrad et donné ses premiers textes dans les années soixante à des revues de langue russe. De retour dans son pays, il a enseigné l'histoire et la langue khantyes, milité pour la sauvegarde de l'environnement et repris son activité littéraire. Un certain nombre d'écrivains khantys s'expriment et publient comme lui dans les deux langues. Le texte ici traduit du russe provient du troisième volet (Volchebnaïa zemlja : La terre enchantée) d'une trilogie parue en 1996-1997, œuvre scellant les retrouvailles de l'auteur avec la culture traditionnelle de son peuple, assez malmenée sous le régime communiste.

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  • Rêver la terre

    livredesterres.jpgLe livre des terres imaginées

    Guillaume Duprat

    Seuil jeunesse, 2008

     

    (par B. Longre)

     

    Il n’existait pas, jusqu’à présent (du moins à ma connaissance), d’ouvrage jeunesse répertoriant aussi précisément les visions passées (parfois récentes) que les êtres humains ont pu avoir de la terre qui, on le sait, n’a pas toujours été ronde, mais triangulaire (selon le moine bouddhiste Vasubandhu), semblable à un bouclier (celle des mythes grecs), un plateau en équilibre sur un serpent (chez les Fons du Bénin), aplatie aux pôles (théorie de Newton), un bol renversé (dans la Chine du Ier siècle) ou encore une bille creuse (selon Edmund Haley, dans l’Angleterre du XVIIe)…

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  • Le cuisinier, le coiffeur, le peintre, leurs femmes et leur maître

    cdovey.jpgLes liens du sang
    De Ceridwen Dovey
    traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Jean Guiloineau
    Editions Héloïse d’Ormesson, 2008

    (par Anne-Marie Mercier)

    Roman à la façon de Garcia Marquez qui évoque le renversement d’une dictature dans un pays non identifié, l’entrecroisement des destinées, le perpétuel retour du même, le livre de Ceridwen Dovey est tout cela. Mais il est radicalement autre à bien des égards et on peut comprendre que des critiques aient trouvé aussi une parenté avec les romans de Coetzee, compatriote de l’auteure (qui est née en Afrique du Sud et vit à New York) : les rapports entre hommes et femmes, parents et enfants, maîtres et serviteurs sont remarquablement esquissés à travers toute une série de tableaux d’abord bien distincts, puis qui se mêlent de façon inextricable.

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  • J'ai le coeur en hiver quand tu es loin de moi

    atout coeur.jpgAtout cœur

    Nathalie Collon et Maria J. Mola

    Editions Anna Chanel, 2008

     

    (Par Caroline Scandale)

     

    A travers seize petits textes poétiques, empreints de sagesse et de tolérance, cet album égrène les émotions nées de situations joyeuses ou plus tristes. Il invite le jeune lecteur à découvrir l'intelligence du cœur. D’un esthétisme enthousiasmant, il offre une jolie leçon de vie philosophique.

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  • La trajectoire de Gecko

    Blacklaws oranges2.jpgOranges sanguines
    Troy Blacklaws
    traduit de l'anglais par Pierre Guglielmina
    Flammarion, 2008

    (par Joannic Arnoi)

    Oranges sanguines est le deuxième roman traduit en français du Sud-africain Troy Blacklaws (après le splendide Karoo Boy, qui vient de reparaître en « Points roman »). Les deux livres relèvent du même genre — le récit de jeunesse — même si Oranges sanguines embrasse une période de temps et des horizons géographiques plus vastes. Le héros-narrateur, Gecko, a sept ans lors des premières scènes et vit dans une ferme au Natal, « collines parsemées de vaches et de huttes d’argile », à l’Est du pays. Et l’histoire se clôt une douzaine d’années plus tard au Danemark, où il est parti rejoindre Zelda, sa muse.

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