Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Archéofuturisme

afranklin.jpgLes Ruines de Paris en 4908

Alfred Franklin

L'Arbre vengeur, 2008

 

(par Frédéric Saenen)

 

On ne se méfie jamais assez des bibliothécaires. Quand ils ne s’amusent pas à empoisonner le coin des pages des ouvrages sulfureux ou à se débaucher égoïstement dans l’Enfer dont on leur a confié la clef, ils affabulent, inventent des livres qui n’existent pas, signalent des cotes introuvables et échafaudent des uchronies apocryphes.

 

Là résidait sans doute le plaisir majeur d’Alfred Franklin (1831-1917) qui fut longtemps Conservateur de la prestigieuse Mazarine, mais aussi typographe à ses heures. Dans l’une de ses nombreuses brochures, joliment rééditée par les Éditions de l’Arbre vengeur, Franklin imagine sur quoi tomberait les archéologues partis à la recherche des ruines de l’antique cité de Paris… en 4908 !

Cela donne un petit texte plaisant, dans le sillage de Louis-Sébastien Mercier, une manière d’échange épistolaire entre savants, tournés en dérision quand ils s’évertuent à interpréter les restes de la statue équestre de la Pucelle d’Orléans ou les inscriptions de l’« Arc triomphal » du dernier empereur Poléon… L’exercice manque hélas un peu de souffle mais témoigne d’une tonifiante veine satirique à l’égard des institutions universitaires et des doctes, imbus et imbuvables, de tout crin. Rien que pour cela, cette promenade dans une Ville-Lumière qu’on imaginerait éteint depuis deux millénaires vaut le détour.

 

http://www.arbre-vengeur.fr/

 

 

 

 

 

 

 

Les commentaires sont fermés.