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29/11/2008

Archéofuturisme

afranklin.jpgLes Ruines de Paris en 4908

Alfred Franklin

L'Arbre vengeur, 2008

 

(par Frédéric Saenen)

 

On ne se méfie jamais assez des bibliothécaires. Quand ils ne s’amusent pas à empoisonner le coin des pages des ouvrages sulfureux ou à se débaucher égoïstement dans l’Enfer dont on leur a confié la clef, ils affabulent, inventent des livres qui n’existent pas, signalent des cotes introuvables et échafaudent des uchronies apocryphes.

 

Là résidait sans doute le plaisir majeur d’Alfred Franklin (1831-1917) qui fut longtemps Conservateur de la prestigieuse Mazarine, mais aussi typographe à ses heures. Dans l’une de ses nombreuses brochures, joliment rééditée par les Éditions de l’Arbre vengeur, Franklin imagine sur quoi tomberait les archéologues partis à la recherche des ruines de l’antique cité de Paris… en 4908 !


Cela donne un petit texte plaisant, dans le sillage de Louis-Sébastien Mercier, une manière d’échange épistolaire entre savants, tournés en dérision quand ils s’évertuent à interpréter les restes de la statue équestre de la Pucelle d’Orléans ou les inscriptions de l’« Arc triomphal » du dernier empereur Poléon… L’exercice manque hélas un peu de souffle mais témoigne d’une tonifiante veine satirique à l’égard des institutions universitaires et des doctes, imbus et imbuvables, de tout crin. Rien que pour cela, cette promenade dans une Ville-Lumière qu’on imaginerait éteint depuis deux millénaires vaut le détour.

 

http://www.arbre-vengeur.fr/

 

 

 

 

 

 

 

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