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Un baiser ou la vie

18 baisers.jpgDix-huit baisers plus un

Rachel Corenblit

Editions du Rouergue, 2008

 

(Par Caroline Scandale)

 

Pourquoi Alex, un adolescent de 17 ans, a-t-il tenté de se suicider par pendaison, dans le local à poubelles de son immeuble? A partir d’un sujet plutôt sinistre, Rachel Corenblit nous livre un roman sensible et enthousiasmant, dont le traitement littéraire n’est jamais larmoyant et se révèle même souvent drôle. Dix-sept personnages féminins dressent le portrait du jeune homme au comportement étrange. La détresse qu’il cache se dessine au fil des chapitres, dans une chronologie déconstruite, tandis que s’entrecroisent les points de vue des êtres qui ont traversé sa vie. Il en a agacé, affolé et inquiété plus d’une, mais surtout, il les a toutes embrassées… Pourquoi cette ronde des baisers ?

Si chaque baiser est important, certains sont capitaux. Celui donné par sa mère, dépressive et folle. Celui déposé sur le ventre de sa voisine enceinte, qui fait réagir le fœtus de manière étonnante. Puis celui de la renaissance, après son suicide raté, petit bonus d’amour et de vie, qui permet à Alex de refermer la boucle. Dix-huit baisers plus celui-ci, le baiser de la vie, donné à une petite fille qui vient de naître.

 

Un mot également de la pomme rouge illustrant ce roman «psychanalytique », fruit étroitement lié à la question de la femme idéale dont elle possède les rondeurs, la carnation douce et la chair tendre et parfumée. Cette pomme à croquer évoque aussi une belle paire de fesses, sensuelles et charnues. Comment ne pas associer ce symbole féminin par excellence et l’admiration que porte Alex aux filles, son besoin incessant de les embrasser, son envie touchante d’être dépucelé par elles. Amour et sexe se confondent, comme très souvent à l’adolescence.

 

La construction originale de ce troisième roman de Rachel Corenblit maintient le suspens autour du personnage d’Alex, puisqu’il parle le dernier et donne le fin mot de son mal-être. L’habileté de l’auteure est d’avoir su varier les personnages aux vécus et âges très différents, tout en gardant une trame narrative globale simple et cohérente. Son style vif - et parfois cru - donne à son écriture un ton résolument moderne. L’évocation de l’amour et du sexe se fait sans tabou ni malaise. Un très beau roman pour adolescents, un très beau roman tout court !

 

http://www.lerouergue.com

 

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