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Friandises littéraires
choisies par Joseph Vebret
Éditions Écritures, 2008

 

(par Frédéric Saenen)

 

Au royaume de l’érudition, l’anecdote est reine ! L’anecdote… Ce trait d’esprit gratuit, acidulé juste ce qu’il faut pour pimenter une conversation ou la relancer si elle vient à s’engourdir. Le sac plein de Friandises littéraires que nous tend Joseph Vebret regorge de ces faits divers en trois lignes, bons mots, réparties et ultima verba que le sens de l’à-propos, conjugué à une certaine sagesse, amène à resservir. Enfilées sans ordre réel, ces perles de culture permettront, à celui qui s’en (em)parera, de briller en société. À une table d’amis, au comptoir d’un bar ou entre deux zakouskis chauds, le petit doigt levé ou les coudes sur la table, livrez-vous donc à l’exercice...

À votre petite amie qui vous annonce qu’on rediffuse L’Été meurtrier : « Eh, tu savais que Sébastien Japrisot, eh ben, c’est l’anagramme de Jean-Baptiste Rossi ? » À un ami malade : « Une opération des reins, mon vieux ? Fais gaffe à l’anesthésiste… Albertine Sarrazin y est restée, suite à une narcose mal dosée… » En visite : « Oh, tu ne m’avais pas dit que tu avais un chat ! Et il s’appelle… ? Moumoute ! Ça alors, comme celui de Huysmans ! » Entre la poire et le fromage : « Délicieux, votre civet, ma Chère. J’ai rarement aussi bien mangé, si ce n’est ce jour où je me suis accommodé un pied d’éléphant façon Alexandre Dumas. Je vous en enverrai la recette… » Ou encore, rue Tournon, à une belle passante : « Quel plaisir de voir passer une si charmante personne en face de la maison où Balzac demeura de 1829 à 1830… »

 

Tout ce savoir vif et pétillant ne se retrouve guère dans les encyclopédies ou les pensums des thésards. Il faut, pour les compiler, la patience d’authentiques amoureux du verbe, d’infatigables caresseurs de papier. Joseph Vebret est de cette trempe, mi-libertin mi-honnête homme. Du coup, son ouvrage n’est que pur plaisir. Ses statistiques, ses listes de noms, ses chronologies provoquent à chaque page un nouvel éclat de sourire. Quelle fable de Lafontaine au juste se clôt par la moralité « Tel est pris qui croyait prendre » ? Quel auteur est le plus recherché sur le Net ? A-t-on jamais recensé les pseudonymes de Simenon ou les noms des personnages de la Commedia dell’Arte ? Que dit le poète Chénier, une fois devant l’échafaud ? Qu’est-ce qui différencie un zeugme d’une prosopopée ? Combien d’auteurs furent atteints de la syphilis ? Vous n’y aviez jamais pensé, vous ne vous étiez jamais posé la question, mais…la réponse existe et vous attend !

Ce petit livre, ponctué d’illustrations et de culs-de-lampe délicats, est léger, savoureusement anarchique et, à qui prétend décrocher un diplôme ou un quelconque certificat de bonnes vie et mœurs, loin d’être nécessaire. C’est d’ailleurs ce qui le rend indispensable.

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