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Diversité des cultures, unicité de la langue

francophoniefeminin3.jpgLa francophonie au féminin
Elena-Brandusa Steiciuc

Universitas XXI, Iasi, 2008

                            

(par Jean-Pierre Longre)

 

A Suceava, capitale de la Bucovine, cette belle région de l’extrême nord roumain, l’Université abrite un département de français particulièrement dynamique ; revues francophones (La Lettre R, Atelier de Traduction), colloques, tables rondes et rencontres diverses sont à mettre à l’actif d’un petit groupe d’enseignantes qui non seulement défendent la tradition francophone de la Roumanie, mais illustrent et renouvellent la connaissance de la littérature mondiale de langue française.

A la tête de cette équipe, Elena-Brandusa Steiciuc poursuit avec La francophonie au féminin une exploration de ce domaine déjà entamée dans plusieurs ouvrages antérieurs, dont Panorama des littératures francophones. Roman (2001) et Horizons et identités francophones (2006). Ici, l’étude tourne autour d’un double axe : l’écriture féminine (comme l’indique le titre) et la « situation bilingue » avec le français en tant que langue d’élection. Ainsi, comme le signale Liliana Ramorosoa dans l’avant-propos, se construit « la parfaite harmonie des points de vue et des voix de la « francophonie au féminin » et mieux encore, celle de la vision du monde qu’elle met en partage ».

Cette harmonie s’assortit – sans que ce soit contradictoire – d’une pluralité qui reflète parfaitement la raison d’être de la littérature francophone : la diversité des cultures et des langages dans l’unicité de la langue. Les onze textes qui composent l’ouvrage relèvent de deux formes, l’essai et l’entretien, et dans tous les cas concernent des écrivaines actuelles et des œuvres récentes. A côté d’études fouillées sur Nancy Huston (Lignes de faille), Brina Svit (Moreno et Un cœur de trop), Agota Kristof (La trilogie des jumeaux), Eveline Caduc (La maison des chacals) et Malika Mokeddem (L’interdite, Les hommes qui marchent et Le siècle des sauterelles), venues respectivement du Canada anglophone, de Slovénie, de Hongrie et d’Algérie, c’est tout naturellement la littérature d’origine roumaine qui est à l’honneur. Oana Orlea avec Rencontres au fil du rasoir, Rodica Iulian avec Le repentir et Cornelia Petrescu avec Semper stare sont, chacune dans son genre (construction formelle, récit-réflexion sur l’art, témoignage personnel), représentatives de plusieurs aspects de cette littérature. Et les dialogues avec Felicia Mihali (qui relate son expérience de l’autotraduction), Irina Mavrodin (figure emblématique de la francophonie roumaine, dont les multiples ouvrages permettent de réfléchir à la compatibilité de la traduction avec la création) et Angela Furtuna (qui insiste sur la francophilie au sein de l’Europe d’aujourd’hui) ne font que confirmer la richesse de la littérature franco-roumaine. La francophonie au féminin est un livre essentiel pour qui veut approfondir la double problématique de l’écriture féminine et de l’écriture d’expression française. Livre essentiel qui, espérons-le, n’est qu’une étape de plus tout au long d’un parcours exploratoire qui doit se poursuivre.

 

http://www.litere.usv.ro/cv/ebsteiciuc.html

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