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Dans le mal se trouve toute volupté…

gordon3.jpgGordon

Edith Templeton

traduit de l'anglais par Marie-Hélène Sabard
10/18, 2007

 

(par Caroline Scandale) 

 

« Quand il me possédait avec un acharnement tel qu’il m’entraînait au bord des ténèbres, il me donnait cette extase : savoir que j’avais atteint la chose, la seule chose que j’eusse jamais voulue... » Le ton de cette scandaleuse histoire d’amour est donné.

Louisa Walbrook, 28 ans, rencontre dans un pub un inconnu de vingt ans son aîné, dont elle devient la maîtresse ou, plutôt, l’unique objet de perversion. L’inconnu, Gordon, qui est psychiatre, entraîne Louisa dans un rapport de domination/soumission et prend plaisir à exhumer les souvenirs refoulés dans l’inconscient de sa partenaire. Entre chaque séance d’intrusions mentales, Gordon la pénètre froidement et en tire une satisfaction éclair. A son corps défendant, Louisa jouit comme jamais de cette exquise sensation d’impuissance et quand, à deux reprises, Gordon la viole, elle est heureuse d’être mortifiée de la sorte car son emprise lui donne la « délicieuse impression d’être à l’abri ».

Plus le récit avance, plus Louisa se laisse diriger par Gordon et se sent sereine et libérée. Les motivations psychanalytiques du masochisme de Louisa semblent évidentes, notamment la recherche du père et la culpabilité. Mais une telle relation ne peut durer car le soumettant développe trop de perversion avec sa victime consentante. Pris au piège de son amour excessif, Gordon doit rompre avec Louisa…

Ces personnages déviants prennent un plaisir indécent à torturer et à être humiliés, et on comprend aisément que ce récit autobiographique, publié à l’origine sous pseudonyme, fit scandale lors de sa parution en 1966. L’auteure, Edith Templeton, est depuis reconnue pour avoir « commis » un chef-d’œuvre de la perversité anglaise. Pourtant, Gordon ne comporte pas de scènes de sévices, la torture y est beaucoup plus subtile et mentale… Une main trop serrée, un ton menaçant. Servie par une écriture froide et mécanique, cette brûlante histoire d’amour destructrice se lit avec un plaisir non feint… Âmes sensibles s’abstenir !

 

http://www.10-18.fr/ 

 

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