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Fauchage central

matiere.jpgMatières à Poésie, Gazette de chantiers poétiques
Hors série n° 12 et 13
Jacques Bernimolin (1923-1995), Des inédits – Des parutions

 

(par Frédéric Saenen)

 

L’œuvre et la personnalité de Jacques Bernimolin méritaient d’être enfin sorties de leur purgatoire. Voilà qui est chose faite grâce à l’initiative de la revue liégeoise Matières à poésie, qui a mis les bouchées doubles en consacrant ses deux dernières livraisons à cette figure éminemment protéiforme.

 

C’est en effet en jazzman ésotériste, en collagiste burroughsien, en highjacker des sens et des sons, en encreur sauvage, en diseur de malaventure, enfin en rappeur sans musique, sans personne, sans rien, que ce pharmacien-chimiste de formation aura traversé la vie. Son activité créatrice, peu reconnue, étouffée par un positionnement résolument marginal, est marquée par un bouillonnement et une audace qui se situent à la convergence du surréalisme, du mouvement et de l’oralité. Chaud devant donc : nitroglycérine verbale en veux-tu en voilà, dans ces proses déhanchées où déboulent calembours et bouts rimés, où giguent phonèmes et monèmes, où hallucinations et associations libres de mots se superposent aux images d’un zapping infini.

Cette publication fera date, parce qu’elle constitue une salutaire exhumation, attendue depuis des lustres par de trop rares connaisseurs. Mais aussi parce qu’elle est avant tout un geste d’amitié posé à travers temps, un aveu de reconnaissance sans faille, un don pur. On y entend la voix des amis, des fidèles, de ceux qui crurent et croient encore en l’envergure de cet homme : Francis Edeline et Jacques Izoard, pour l’évocation du poète ; Jean-Paul Schroeder pour le portrait, fondu au bleu, du musicien. Mais c’est dès la première page que l’on est conquis par le projet, en lisant l’avant-propos dans lequel Pierre Husson évoque l’intimité immédiate qui naît à la fréquentation de « Berni », et l’envie de partager que suscite son « oraliture ».

 

À vous donc maintenant de vous débattre dans le rêve n° 272, de suivre ce terroriste discret dans ses commandos d’« inaction directe » et de mordre à belles dents « le sommeil translucide ». Vous verrez que la rencontre en vaut la chandelle : « À force de rompre la glace elle s’humanise ».

 

 

sur commande à Ben Arès
4, rue Surlet, 4020 Liège (Belgique)
ben1970ares@yahoo.fr

 

http://www.lalibre.be/dossier.phtml?id=10&folder_id=292

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