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05/11/2008

Hier, maintenant, demain

sgoubert.jpgBackground

Simon Goubert
Le Chant du Monde CDM 131

 

(par Jacques Chesnel)

 

Autant l’avouer ici, je ne suis pas un grand lecteur de ces textes laudateurs souvent anonymes ou de ces déclarations d’attention et d’intention de musiciens qui accompagnent les envois de disques (identiques aux quatrièmes de couvertures des livres) ; mais il peut y avoir exception, surtout pour un artiste qu’on aime et apprécie. C’est le cas pour moi avec Simon Goubert dont, rappelons–le, j’avais chroniqué en juin 2005 le disque intitulé et après (d’où le « chapeau » de cet article) en insistant sur la complétude de son travail (compositeur, arrangeur, leader, interprète).


Ce qu’écrit Simon : d’abord une question que pose le musicien : « Quoi de plus fondateur, de plus utile et parfois de plus encombrant que ce que l’on a coutume d’appeler le background, c’est-à-dire l’expérience acquise durant notre vie passée ?... » Puis une affirmation : « cet album est donc à la fois un regard vers mon passé mais c’est surtout un constat : mon background m’a aidé à regarder autour de moi et à comprendre l’importance de ceux avec qui je fais la route… aujourd’hui et maintenant. » Saluons la lucidité, la probité, la modestie de l’artiste ; ce n’est pas courant dans un monde où l’égocentrisme prolifère et dans lequel les déclarations essaient trop souvent de valider le projet artistique.

 

La musique de Goubert : d’abord, la fidélité ; on retrouve en effet les musiciens du quartet qu’il dirige depuis l’an 2000 auquel s’ajoutent deux des récentes révélations le saxophoniste alto Pierrick Pedron et le guitariste Manu Codjia. Le batteur, également clavièriste, peut donc s’appuyer sur un socle solide pour présenter cette musique d’aujourd’hui d’une évidente majesté qui doit tant au passé et se projette vers le futur. Il y a tant de musiciens qui, (je me répète mais j’assume), préfèrent se servir du jazz plutôt que le servir, qu’il faut ici saluer la nouvelle démarche d’authenticité d’un créateur incontestable.

 

Sans que cela soit uniforme, univoque, l’exigence (une certaine oblativité envers la musique, également) du musicien se manifeste tout au long de ses compositions, de l’ensemble et des interventions. Si l’on connaît bien tous les membres de cet octet au travers d’autres formations, j’attire l’attention sur Boris Blanchet, trop discret à mon goût, qui mérite plus qu’un succès d’estime (son solo impétueux dans Background). A signaler l’hommage que S.G. rend à son ami Elton Dean (Mister Dean), saxophoniste britannique (l’un des fondateurs de Soft Machine) aujourd’hui disparu, avec lequel il avait formé le groupe Soft Bounds ; à remarquer aussi une version à la fois repectueuse et débridée du monkisimme Hackensack en trio avec un Manu Codjia survolté et le fidèle et précis Michel Zenino.

 

Parmi les batteurs trop souvent éclipsés par leurs confrères étrangers, Simon Goubert, au si beau son de batterie, représente à mes oreilles (avec Louis Moutin, Christophe Marguet, François Merville, Franck Agulhon et bien entendu André Ceccarelli qui fait figure de vétéran), ce qui se joue de mieux dans le domaine de la percussion contemporaine.

Cet opus remarquable, que je vous invite à découvrir, fera partie de ma sélection des meilleurs disques écoutés en 2008.

 

Pierrick Pedron (saxophones alto & soprano), Boris Blanchet (saxophone ténor), Emmanuel Codjia (guitare), Sophia Domancich (piano), Michel Zenino (contrebasse), Simon Goubert (compositions sauf 5 & 6, batterie, piano, claviers)

 

1/ Organum IV.  2/ For yesterday.  3/ Mister Dean.  4/ C’est là, quelquefois. 5/ Hackensack (Th.Monk).  6/ Souvenirs d’Almati (M.Zenino & S.Goubert). 7/ Quelqu’un… et eux.  8/ Background.

 

http://www.simongoubert.com/simongoubert/index.html

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