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No future

maltescarrels.jpgScarrels
de Marcus Malte
Syros, 2008

(par Anne-Marie Mercier)

Roman étrange et noir, Scarrels se situe dans un monde lui aussi étrange et sombre. On y vit la nuit, il y pleut sans cesse, la ville est un univers clos où la foule erre sans but, les chemins sont des traits de lumière entre la maison et la ville. De curieux oiseaux, des faucons, font la police et traquent et mettent en pièces les mal pensants, les fauteurs de trouble.
Si le narrateur est un adolescent assez proche de ceux qui pourraient être ses lecteurs, pris entre son amour pour son amie d’enfance et ses relations avec ses parents, ses amis, jeunes comme lui, sont plus improbables : Abel le géant simplet, Jona l’amie mystérieuse, Karen orpheline de nulle part de la classe des « perles », à l’allure de poupée qui teint entre ses bras son double, Tina, une poupée vivante et parlante, changeant à tout moment de costume et de personnalité (Tina-Star, Tina Baila…), un genre de Barbie animée et puissante, Steve l’adolescent borné, Tommy, celui qui sait tout… un clan des six uni par des relations fortes, mais aussi par beaucoup de non dits.

L’intrigue tourne autour d’une rébellion possible, de phrases écrites sur les murs, dont Tommy sait qu’elles sont un signe de ralliement. Leur départ proche d’une fuite les entraîne dans un autre univers clos, celui d’une tour immense, d’où ils ont des aperçus sur une autre vie, un autre monde, et rêvent, un temps, d’une autre vie. En rencontrant le maître de ce monde, un être doté d’étranges facultés, ils y découvrent – ou croient y découvrir –  la vérité sur leur ville et sur leur destin. Mais les leurres succèdent aux leurres, Tommy le révolté est lui-même un esclave,  et le livre entier est un labyrinthe.

Labyrinthique aussi, le style du narrateur qui parle à travers la voix du jeune Luc, passant du factuel au lyrique ou à l’hallucinatoire, avec des pages de poésie, des visions, des rêves d’amour et de bonheur, des extases et des angoisses. Un livre beau, étrange, dont on se demande s’il aurait gagné à être plus explicite : le narrateur, qui présente le plus souvent son quotidien comme allant de soi, sans beaucoup le décrire ni l’expliquer, laisse le lecteur aussi perdu que lui, mais l’entraîne avec lui dans cette fable en forme de cauchemar.

http://www.syros.fr/nouveautes.asp

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