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Fifi, un modèle… d’anticonformisme

fifi3.jpgFifi Brindacier, l’intégrale
de Astrid Lindgren
Hachette jeunesse, 2007

(Par Caroline Scandale)

L’impertinente et audacieuse Fifi revient sur le devant de la scène éditoriale. A l’occasion des 100 ans de l’écrivaine suédoise Astrid Lindgren, Hachette jeunesse réédite les trois titres de la série des Fifi (Fifi Brindacier, Fifi Princesse et Fifi à Couricoura) sous forme d’un beau livre relié grand format, illustré par Ingrid Vang Nyman. L’occasion est donnée de faire à nouveau connaissance avec l’héroïne suédoise au caractère très affirmé, ravissante de modernité malgré son demi-siècle.

Pour la petite piqure de rappel, Fifi Brindacier vit seule dans une grande maison, avec un poney et un singe. Autrefois, elle a eu une maman, mais elle ne s’en souvient plus. Cette dernière est morte quand Fifi n’était qu’un tout petit bébé « qui braillait tellement fort que personne n’arrivait à rester à côté d’elle ». Par contre, la petite fille n’a pas oublié son papa, capitaine au long cours. Elle l’avait accompagné sur son navire, jusqu’au jour de sa disparition en mer, emporté par une terrible vague. Mais elle est sûre qu’un jour il reviendra et que, pour le moment, il est le roi d’une tribu de cannibales sur une île perdue…

Fifi est un modèle féministe car son seul mot d’ordre est la liberté et qu’elle fait fi des identités de genres et des rôles sociaux. Enfin un personnage féminin non conventionnel, insolite et audacieux. Elle ose et n’a peur de rien… Les policiers, les brutes de son âge ou les voleurs ne lui inspirent même pas l’ombre d’une crainte. Elle s’offre même le luxe de terrasser « Arthur le costaud ». A son amie Annika, qui tente de la dissuader de combattre avec lui sous prétexte qu’il est l’homme le plus fort du monde, elle répond fort audacieusement : « Oui, j’entend bien, l’homme. Mais n’oublie pas que, moi, je suis la petite fille la plus forte du monde. » Puis elle lui fait mordre la poussière devant le public du cirque conquis. Fifi n’est pas pour autant un garçon manqué, elle est une petite fille réussie.

En plus de ne pas être stéréotypée, elle est financièrement indépendante, ce qui pour l’époque est complètement révolutionnaire. Elle possède en effet une valise pleine de pièces d’or que son père lui a données et se débrouille parfaitement seule. Elle refuse la tyrannie des adultes, de l’école, des policiers et des voleurs. Toute tentative de l’enchaîner échoue car Fifi ne rentre dans aucun moule, impossible donc de la formater. D’ailleurs, la tentative de lui faire suivre des cours à l’école s’avère peu probante : se conformer à des horaires, à une discipline stricte et au vouvoiement lui est impossible, puisqu’elle n’a pas reçu une éducation conventionnelle. Au contraire, elle a toujours fait tout ce qu’elle voulait. L’apparence même de Fifi est novatrice : tenue vestimentaire unisexe et fantaisiste, loin du cliché de la robe rose des petites filles modèles. Elle porte des bas dépareillés et arbore une chevelure flamboyante, coiffée en tresses dressées de chaque côté de sa tête. On lui devine des yeux pétillant et un regard malicieux. Son allure est celle d’une petite fille espiègle et tonique qui préfère être « chercheuse d’objets » que brodeuse.

Fifi Brindacier n’a qu’un seul mot d’ordre, la liberté… Libre de vivre comme elle l’entend, sans aucune oppression. Fifi va jusqu’au bout d’elle-même, elle est entière. Fifi est un modèle… d’anticonformisme et elle ouvre le champ des possibles féminins, ce qui est réjouissant !

www.hachette-livre.fr

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