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Contact Direct avec les morts

cprice3.jpgCe qu’ils savent

Charlie Price

traduit de l’anglais (US) par Pierre Charras

éditions Thierry Magnier, 2008

 

(par Myriam Gallot)

 

La disparition d’une adolescente à la sortie du gymnase où elle s’entraîne en tant que pom-pom girl est le point de départ de ce roman noir, qui se distingue par sa subtilité.

 

L’inspecteur Gates mène l’enquête, et il est bien forcé de constater que la réalité n’est pas nécessairement réduite à sa stricte rationalité : pour résoudre cette tragique énigme, il lui faudra aussi tenir compte de récits a priori invérifiables, au risque d’être moqué par sa hiérarchie. Celui d’un jeune homme souffrant d’amnésie, d’abord, mais aussi les voix qu’entend Murray, adolescent ombrageux qui aime fréquenter la nécropole et s’entretenir avec ses morts, qu’il considère comme des amis.

« Je me promenais dans un vieux cimetière, près d’une rivière, en Californie septentrionale, lorsque je me surpris à lire les épitaphes sur les tombes. De nombreux enfants étaient morts au début du siècle dernier à la suite d’une épidémie de grippe. Les parents avaient demandé à ce qu’on grave des textes tous plus inventifs les uns que les autres. Je me suis mis à imaginer les êtres humains derrière les mots » explique l’auteur.

 

Murray, alias « Contact Direct », est-il dérangé ou extralucide ? C’est en tout cas un garçon attachant qui ne s’oublie pas facilement après la lecture. Charlie Price travaille dans le milieu psychiatrique et s’intéresse de près à la maladie mentale. Cela se sent dans son roman, où le psychisme des personnages est prépondérant, et où il n’est simple pour personne d’être soi-même et d’agir pour le mieux. Familles déstructurées, alcoolisme, isolement, les difficultés sociales en tout genre viennent compliquer chaque situation personnelle. Pas de misérabilisme pour autant, ni rien de glauque. Plutôt une remarquable sensibilité à l’humain et à ses troubles, ses peurs, mais aussi à sa grandeur et sa capacité à tresser des liens avec les autres pour s’en sortir.

 

Le roman entrecroise les points de vue des personnages, non sans lien de parenté avec l’art narratif de Russel Banks (« De beaux lendemains »). Il démultiplie le réel, dont le relief se précise au fil des pages, à mesure que le suspense s’accentue. Le récit, s’il prend son temps au début, devient de plus en plus addictif, jusqu’à son astucieuse résolution. Mais chut ! Seuls eux le savent…

 

 

http://www.deadconnection.com/

 

http://www.editions-thierry-magnier.com/

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